Sea Shepherd France

Ministère de la Mer : les 7 engagements qui n’engagent à rien

Ce mois-ci, la ministre de la Mer Annick Girardin, a présenté son  » plan de lutte contre les captures de dauphins » à travers 7 « engagements « .

Nous revenons ici sur ces 7 pseudo engagements qui témoignent de l’inaction chronique d’un gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses responsabilités envers l’ensemble de ses citoyens dont la survie dépend directement de celle de l’océan.

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Aujourd’hui en kiosque dans Libération. Deux pleines pages sur l’opération #dolphinbycatch menée par Sea Shepherd pour la défense des dauphins tués par milliers par des engins de pêche. Des journalistes ont embarqué avec nous pendant 3 jours au large de La Rochelle, ils ont pu être témoins des agressions de certains pêcheurs à notre encontre, comme cela arrive régulièrement.

A l’heure actuelle, plusieurs plaintes ont été déposées. Les seules jugées recevables sont celles qui émanent de nos équipes envers les pêcheurs qui nous ont agressé ou menacé de mort. Aucune plainte contre Sea Shepherd n’a pu être retenue, Madame Annick Girardin.

Nous précisons toutefois que tous les pêcheurs n’ont pas une telle attitude et il arrive également que notre présence soit très bien tolérée et que les échanges avec les pêcheurs observés restent tout à fait cordiaux.

Aidez nous à rester sur le front pour alerter sur le sort des dauphins dans le Golfe de Gascogne, soutenez nous sur : www.seashepherd.fr MERCI !

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Sea Shepherd France

Opération Dolphin ByCatch 5
HECATOMBE DE DAUPHINS EN FRANCE : MAINTENONS LA PRESSION !

Pour la quatrième année consécutive, après trois hivers et un été au large des côtes françaises, nous sommes de retour dans le Golfe de Gascogne pour alerter sur le sort des dauphins.

Malgré les recommandations des scientifiques et une condamnation de l’État français par le Tribunal Administratif pour son manque d’action en matière de protection des dauphins, la Ministre de la Mer, Annick Girardin, a refusé de mettre en place des fermetures spatio-temporelles pour éviter une nouvelle hécatombe cet hiver.

L’observatoire Pelagis indique que « depuis le 1er janvier, près de 450 petits cétacés se sont échoués sur la façade Atlantique (…). A date équivalente, le premier mois de 2021 représente des effectifs presque deux fois supérieur à 2020 (…). La plupart de ces animaux a été examinée par les correspondants du RNE, une nouvelle fois fortement mobilisés, et l’équipe de Pelagis a pu en examiner une centaine en Vendée et Charente-Maritime, dont la quasi-totalité présentait des traces de captures externes et ou internes ».

Publication disponible ici : https://ift.tt/3jHGhDU

Nous sommes déterminés à rester aux côtés des dauphins tant que le problème des captures ne sera pas résolu !

NOUS SOMMES 100% INDEPENDANTS DES ETATS, 100% DEPENDANTS DE VOUS !

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Témoignages d’observateurs embarqués à bord de navires de pêche.

Dans le cadre de sa récente campagne visant à exposer et faire cesser les massacre de milliers de dauphins par certains navires français sur la façade atlantique, Sea Shepherd publie les témoignages d’observateurs embarqués sur des opérations de pêche dans le cadre du programme OBSMER, un programme d’observation mis en avant par l’Etat comme un moyen de suivi des pratiques de la profession… En raison de la clause de confidentialité et de non divulgation d’informations imposée par contrat aux observateurs, ces derniers ont souhaité garder l’anonymat.

Programme OBSMER : Témoignage observateur n°1

J’ai été observateur en Atlantique à bord de chalutiers pendant plusieurs mois sur le programme OBSMER. Afin de couvrir le littoral français Manche et Atlantique, les observateurs sont répartis sur différents quartiers maritimes.

Contexte

Il faut dans un premier temps savoir que les patrons pêcheurs n’ont pas l’obligation de prendre à leur bord des observateurs. Ces derniers doivent donc sillonner les ports de leurs quartiers maritimes, appeler ou envoyer des mails afin de pouvoir embarquer et de mener à bien leur travail. Le pourcentage de refus varie d’un quartier à un autre, pour ma zone, ces refus variaient de 80% à 90% sur la totalité des navires référés. Par moment, il m’était difficile de m’approcher de certains navires car les équipages m’insultaient ou m’esquivaient. Ces observations sont donc réparties uniquement sur une poignée de navires comparés au nombre réelle de la flotte française.

Une fois le navire parti à la mer avec l’observateur à son bord, notre travail est de remplir des fiches informatives. Elles comportent le type d’engin de pêche, les positions GPS, leur temps de pêche, les espèces halieutiques gardées à bord pour la commercialisation ainsi que le tonnage, et les mesures biométriques effectuées sur les individus pêchés. Un échantillonnage est également effectué sur les poissons rejetés à la mer, poissons qui dans 98% des cas sont rejetés morts.

La tâche d’observer et de prendre note est très souvent mal vue de la part de l’équipage. En effet, si le patron nous accorde la venue à bord, les marins, eux, doivent juste « nous subir » entraînant par moment des tensions entre pêcheurs et observateur. Nous sommes considérés comme les responsables de la diminution des quotas de pêche alloués.

Lors de la remontée du chalut, les poissons sont étalés dans le parc. Commence alors le travail de tri. L’observateur ne doit pas gêner les opérations de pêche et note les informations précédemment citées.

Menaces et Intimidations

Accomplissant le travail pour lequel je fus embarqué, je subissais des pressions de la part de certains équipages lorsque je notais des espèces qui n’avaient rien à faire à bord. Mais également des pressions lorsque l’on chalutait sur des zones non autorisées. Un jour, alors que j’étais à l’arrière du bateau, finissant mes mesures, un marin voyant la zone notée sur ma fiche me lança « tu sais un accident ça arrive vite en mer ».

Il m’arrivait de travailler plusieurs jours et nuits sur le même bateau, la pression exercée peut être difficilement soutenable quand seul observateur à bord vous êtes confronté à un équipage de 4 à 20 marins. Une nuit lorsque j’effectuais des mesures ichtyométriques sur le pont, l’équipage dans mon dos m’avait braqué une rampe d’eau de mer sur moi. Complètement trempé j’avais ainsi dû stopper mon travail. Le jour suivant ils avaient recommencé malgré mon agacement.

Pratiques illégales et falsifications

Lorsque des poissons issus d’une espèce protégée ou hors quota sont remontés à bord et gardés, ils font l’objet d’un « arrangement », c’est à dire que les parties permettant d’identifier l’espèce sont supprimées (nageoires, tête, etc). Cette technique permet d’éviter la reconnaissance de l’espèce si un contrôle devait être mené à bord par les autorités compétentes.

Une autre fois alors que j’étais assis dans le carré de l’équipage, données sur la table, le capitaine les prit et effaça les relevés de tonnage d’animaux rejetés à la mer que j’avais récoltées sur le chalutage précédent, pour les remplacer par un tonnage moins élevé.

Souffrance animale

Carcasses de dauphins communs évacuées des plages de Vendée. Photo: Observatoire PELAGISCarcasses de dauphins communs évacuées des plages de Vendée. Photo: Observatoire PELAGIS

De nombreuses fois, j’ai pu assister à des scènes d’agonies de poissons issues d’espèces protégées. Certains requins en sont le parfait exemple : ils n’étaient pas gardés à bord du fait de l’absence de valeur commerciale mais ils n’étaient pas non plus remis à l’eau immédiatement. Le tri est l’ordre premier, la remise à l’eau des espèces non désirées vient ensuite, parfois après une heure, ne laissant aucune chance de survie à l’animal. Le respect de l’animal une fois pêché est absent sur la plupart des navires sur lesquels j’ai embarqué. D’une part l’animal agonise sur le pont avant d’être rejeté mort à l’eau, d’autre part il arrive très fréquemment qu’il soit frappé avec un maillet, une botte, ou directement contre l’armature du bateau. Cette pratique est normale à bord et ne choque personne, alors qu’elle serait fortement condamnée à terre dans un abattoir.

Un pêcheur m’a raconté qu’il lui arrive de manger des dauphins, et par moment de tirer à la carabine sur les goélands, fous de Bassan, fulmars qui volent en bancs derrière le navire*.

Pollution

Un énorme problème est également celui de la gestion des pollutions en mer malgré des règles très strictes. Les poubelles sont le plus souvent jetées à la mer. Plastiques, morceaux de filets, bouts, ou tout autre détritus finissent rarement sur le quai.

Le cas spécifique des dauphins

Récemment, l’association Sea Shepherd a mené une action pour démontrer la prise importante de dauphins dans les chaluts pélagiques. Les communiqués, notamment celui du CNPMEM (Comité National des Pêches) défiant les arguments de l’ONG sont arrivés rapidement sur la toile. En tant qu’ancien Observateur des pêches il est de mon devoir de donner mon point de vue sur ce qui est rapporté.

Le Comité des pêches déclare « qu’il n’y a pas de pêche dirigée sur cette espèce », et ceci est vrai car le Dauphin commun (Delphinus delphis) est une espèce protégée non seulement en France mais également dans toute l’Europe. Différents textes permettent cette classification : convention de Berne, convention de Bonn, liste rouge de l’IUCN, et annexe II de la CITES. Mais leur protection effective est plus ardue puisque les contrôles par les autorités compétentes sont trop rares notamment dans le Golfe de Gascogne, où la zone la plus fortement impactée par ces prises accidentelles et 10 fois plus grande que la Charente-Maritime. La survie de cette espèce est maintenant jugée critique en Méditerranée (source : GREC).

Evaluation des captures de dauphins, l’inefficacité du programme OBSMER

Les observateurs à bord reçoivent des consignes à propos de ces prises. J’avais en ma possession des bordereaux en plastique à attacher à la caudale des cétacés en cas de prise accidentelles remontées sans vie. Une partie de ces bordereaux pouvaient être donnés aux capitaines afin qu’en cas de prise, elles soient marquées et remis à la mer. Une fois atteint le rivage si les courants le permettaient, l’animal pouvait être identifié. Toutefois, en 2016 ce sont plusieurs centaines de dauphins qui se sont échoués sur les plages de Vendée et de Charente-Maritime suite à des prises accidentelles. Combien d’entre eux portaient ces fameux bordereaux d’autant que comme le souligne le comité de pêche, les observateurs OBSMER étaient présents à bord pour reporter ces observations ?

La vérité étant que la présence d’observateurs n’étant nullement obligatoire, les navires pêchant sur des zones (ou à des périodes) au risque élevé de prises accessoires dans leurs chalut/filets ne prendront que peu ou pas d’observateurs à bord. Cela aboutit à des données quasi nulles, voir non-exploitables. Voilà pourquoi les dauphins ou prises accessoires, plus éthiquement parlant, n’apparaissent pas significativement dans les résultats OBSMER.

Quelques exceptions

Un dauphin pris dans un filet de pêche. Photo: S. GautierUn dauphin pris dans un filet de pêche. Photo: S. Gautier

J’aimerais préciser que j’ai été amené à effectuer des observations sur des navires où la réglementation était appliquée avec un réel amour pour la mer et pour le métier. La plupart du temps, il s’agissait d’armements familiaux, d’un bateau ou de petites unités de pêche. Ces petits marins pêcheurs sont à ajouter à la liste des victimes collatérales des armements peu scrupuleux, souvent constitués de plusieurs chalutiers, irrespectueux de la mer, de la loi et de leurs collègues. Ce sont pourtant ceux-là que défend aujourd’hui le Comité des pêches. »

* Chaque année des cadavres de dauphins avec des coupes caractéristiques pour une consommation humaine sont retrouvés sur les plages françaises. Sea Shepherd s’est porté partie civile sur plusieurs cas.

Programme OBSMER : Témoignage observateur n°2

J’ai été observateur des pêches plusieurs années dans le cadre de la mission OBSMER. Il m’a été donné d’observer un certain nombre de pratiques de pêche illégale et d’atteinte à l’environnement marin. Ces pratiques étaient dans certains cas, étendues à presque tous les bateaux de pêche.

Pratiques illégales régulièrement observées :

La pêche à terre, pratique consistant à chaluter dans la zone des 3 miles depuis la terre afin de capturer dans des stocks plus importants de poisson. Mais ces poissons étaient également plus petits car c’était des zones de nourricerie. Cette pêche a lieu généralement de nuit afin de ne pas attirer l’attention.

L’utilisation de la chaussette était également utilisée. La chaussette est un bout de chalut plus petit que la taille autorisée qui est fixée à l’intérieur des chaluts afin de capturer des individus en dessous de la taille légale. J’ai personnellement constaté les effets dévastateurs de ces pratiques : la vase et les cailloux colmatent très vite le cul du chalut. Il en résulte des captures de très petits individus qui mourront sur le pont sans avoir eu la possibilité de se reproduire.

Une pratique observée sur la pêche de raie. Quand une capture d’une espèce interdite avait lieu, certains pêcheurs coupaient les ailes pour les vendre sous un autre nom (d’une autre espèce commercialisée).

Une pratique que je n’ai pas vu personnellement mais que les pêcheurs ont raconté c’est la pêche de mammifère marin (filet ou chalut). Quand l’animal était encore en vie, ils perforaient les poumons afin qu’ils se remplissent d’eau et les rejetaient en mer.

Sur les espèces de morue avec une taille en dessous de la taille limite, les pêcheurs coupaient la tête afin qu’en cas de contrôle, les Affaires Maritimes ou la Gendarmerie Maritime ne puissent pas définir la taille initiale.

Certains bateaux à tonnage important pêchaient des espèces où la pêche était fermée. Ils livraient à des camions qui les vendaient aux Pays-Bas, ils échappaient ainsi aux quotas en vigueur dans leur zone de pêche. De nombreux trafics avaient lieu sur ce principe.

Dans un autre registre, des pêcheurs nettoyaient leur bateau avec de l’acide ou des produits très corrosifs et allaient rincer en pleine mer et ainsi éviter la cale sèche. Par ailleurs, la gestion des déchets en mer est quasi inexistante à bord.

Pressions et conditions d’observations :

Certaines missions étaient particulièrement difficiles, les patrons ne voyant pas d’un bon oeil notre présence à bord. On m’a demandé de ne pas noter la capture de telle ou telle espèce en fonction des traits de chalut. Parfois on ne nous donnait pas la bonne quantité de poissons pêchés (sur des espèces petits pélagiques). J’étais obligé d’estimer moi même les captures. PCertaines espèces n’apparaissaient même plus sur le papier déclaratif qu’ils gardaient pour les Affaires Maritimes (bar, morue, raie). Sur certains bateaux, notre présence dans la passerelle n’était pas acceptée. Nous devions juste noter les coordonnées GPS et puis redescendre.

Je tiens à préciser que malgré une grande majorité de pratiques illégales, j’ai aussi pu embarquer dans une moindre mesure, avec des pêcheurs qui respectaient les tailles et les zones de pêche.

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Lever l’omerta sur le massacre des dauphins en France

Mardi, 6 mars 2018

« Provocation, diffamation, populisme de bas étages, propos nauséabonds », le Comité des pêches n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’opération « Dolphin By Catch » lancée par Sea Shepherd le 23 Février dernier. Le Comité des pêches affirme dans un communiqué « rétablir quelques vérités ». En parallèle, les Ministères de l’Agriculture et de la Transition Ecologique disent rester mobilisés pour réduire les captures de dauphins. Parlons-en.

Comité Des Pêches

« Il n’y a pas de « pêche dirigée » Les dauphins échoués sont morts en raison de facteurs multiples « Causes naturelles : mort consécutive à l’échouage vivant accidentel, compétition interspécifique, prédation, autres morts naturelles. »

Sea Shepherd

Certes, comme toute espèce vivante, les dauphins meurent de cause naturelle mais d’après les analyses scientifiques établies sur les 800 cadavres échoués en 2017, plus de 90% d’entre eux montraient des traces caractéristiques de captures dans des filets.
Une présentation honnête des faits devrait donc commencer par ce qui est de loin, la principale cause de mortalité des dauphins en France. Par ailleurs, si les dauphins ne sont pas ciblés intentionnellement, ils sont des dommages collatéraux non assumés par les principaux responsables et cachés au grand public grâce à la complicité du Ministère de l’Agriculture qui entretient une confortable omerta.

Comité Des Pêches

La population n’est pas en voie d’extinction. La population de Delphinidés presents dans le Golfe de Gascogne en hiver est estimée à 300 000 individus (Laran et al. 2016, Observatoire Pelagis).

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Dauphins communs capturés accidentellement dans un chalut pélagique – crédit : CRMM)

D’après les estimations plus récentes, les dauphins communs (principales victimes en Atlantique) seraient environ 200 000 en hiver sur le plateau continental, s’étendant de la Manche Ouest au Sud du Golfe de Gascogne (Laran et al. 2017). Mais surtout, « les estimations de mortalité fournies par les échouages indiquent une mortalité supérieure au seuil soutenable pour la population » (Laran et al. 2016). En 2017, suite à l’échouage de 800 dauphins en 1 mois et demi sur la côte atlantique, Hélène Peltier de l’Observatoire Pélagis s’exprimait ainsi la presse : « La situation est extrêmement préoccupante et nous tirons la sonnette d’alarme sur les perspectives de conservation du dauphin commun sur la façade atlantique, une espèce qui se reproduit lentement ». Au-delà de la viabilité de l’espèce, de tels niveaux de mortalité « accidentelle » posent une vraie question éthique.

Pour rappel au CDP, le Dauphin commun (Delphinus delphis), principale victime « accessoire » des filets de pêche en sur la côte atlantique française, est une espèce protégée non seulement en France mais également dans toute l’Europe. Différents textes entérinent cette protection : convention de Berne, convention de Bonn, liste rouge de l’IUCN, et annexe II de la CITES. La survie de l’espèce est maintenant jugée critique en Méditerranée (source : GREC).

Comité Des Pêches

Le nombre d’échouages comptabilisés en 2017 et les estimations de captures accidentelles en 2016 s’élèvent à 4000 (Peltier et al.)

Sea Shepherd

Vu que les pêcheurs ne déclarent pas leurs captures, les scientifiques sont contraints de baser leurs estimations sur les dauphins qui sont rejetés par la mer. Or, en 2017, les estimations basées sur les 800 échouages ont fait état d’un chiffre allant jusqu’à 10 000 dauphins tués. En effet, du fait des tempêtes Leiv, Marcel et Zeus l’océan a rejeté 30 fois plus de dauphins qu’habituellement. Les scientifiques sont très clairs sur le fait que les tempêtes ne sont pas responsables de la mortalité des dauphins (dont plus de 90% portaient des traces de capture) mais qu’elles ont simplement rendu celle-ci plus visible. Si 2017 n’a d’exceptionnel que la visibilité sur la mortalité et non le taux de mortalité en lui-même, alors, le nombre de dauphins qui meurt chaque année sur nos côtes est vraisemblablement supérieur aux estimations moyennes faites sur les 20 dernières années sur la seule base des dauphins échoués.

 

Ministère de l’Agriculture et de la Transition Ecologique :

« La France reste mobilisée pour limiter les captures accidentelles de dauphins » .

Sea Shepherd

Carcasses de dauphins communs évacuées des plages de Vendée – crédit : observatoire Pélagis

Une « mobilisation » qui ne donne aucun résultat puisque d’après le rapport de l’Observatoire Pélagis, CNRS et l’Université de La Rochelle, « Les échouages de mammifères marins n’ont cessé d’augmenter le long de nos côtes depuis 20 ans ».
Hormis des déclarations de posture, comment le Ministère en charge de la pêche se mobilise-t-il concrètement ? Pourquoi n’a-t-il alloué aucun fond à l’équipement des navires de pêche en techniques sélectives (pingers par exemples (IFRMER) ) alors que le problème est bien connu de ses services depuis 30 ans ? Pourquoi persiste t-il à autoriser la pêche au chalut sur les zones de frayère du bar en pleine période de reproduction ?

Ministère de l’Agriculture et de la Transition Ecologique :

« De nouveaux outils vont être progressivement mis en oeuvre pour permettre aux professionnels de la pêche de déclarer les captures accidentelles de mammifères marins » .

Sea Shepherd

Comment se fait-il que la DPMA (Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture, rattachée au Ministère) n’ai toujours pas nommé d’organisme en charge de recueillir ces déclarations alors que la loi oblige les pêcheurs à déclarer leurs captures de dauphins depuis 2012 ? Cela revient à obliger chacun à déclarer ses impôts tout en omettant de mettre en place un Trésor Public. En faisant cela, la DPMA entretient volontairement l’opacité autour de ces captures.

Ministère de l’Agriculture et de la Transition Ecologique :

Ce suivi complète les relevés réalisés par les observateurs scientifiques embarqués à bord de certains navires de pêche (programme OBSMER).

Sea Shepherd

Le programme OBSMER est à l’heure actuelle une fumisterie qui donne l’illusion d’un contrôle mais qui ne peut pas rendre compte des pratiques d’une majorité de navires. D’abord parce qu’il repose uniquement sur la bonne volonté du patron de pêche qui peut tout à fait refuser un observateur ou choisir ses sorties en mer.

Mais aussi parce que les observateurs embarqués ne sont pas toujours dans des conditions qui leur permettent de travailler sereinement et d’avoir accès à toutes les informations dont ils ont besoin. Plusieurs observateurs nous ont rapporté avoir été victimes de menaces, de pressions, déclarent avoir    assisté   à    des   activités   illégales à bord de certains navires, à des falsifications de déclarations et à captures d’espèces protégées sans pouvoir en témoigner librement du fait de la pression et des intimidations exercées à leur encontre. Nous publierons prochainement deux témoignages d’observateurs dans leur intégralité.

Conclusion
Les solutions existent. Ne manque que la volonté du Ministère.
          Moratoire sur la pêche au chalut sur les zones de frayère de bars entre janvier et mars.
On parle principalement d’une trentaine de navires responsables qui agissent au détriment de l’écosystème marin, d’une majorité de pêcheurs et des générations futures.
         Obligation pour les navires à fort taux de captures accidentelles de cétacés, d’être équipés d’outils de répulsion acoustique. L’IFREMER travaillant étroitement avec des entreprises de développement acoustiques a démontré que l’utilisation de pingers diminue considérablement les captures de cétacés. Dans d’autres pays, des essais ont amenés les taux de captures accidentelles de delphinidés jusqu’à 0% en présence de pingers sur les engins de pêche (Source : Stephen M. Dawson et Al. 2013).
Précision : tous les pêcheurs ne sont pas dans le même bateau.
Le Comité des pêches accuse Sea Shepherd de vouloir faire passer les pêcheurs pour des méchants, mais il se rend par cette déclaration coupable d’un amalgame que nous ne faisons pas nous-mêmes.Si nous ne faisons l’apologie d’aucune forme de pêche et incitons les gens à manger moins de poissons, nous faisons une différence entre une petite pêche sélective et des techniques de pêche aussi destructrices que le chalutage ou la pêche à la senne.Ce ne sont pas « des amis des animaux » qui nous ont alertés sur cette problématique, mais des pêcheurs. Ils sont nombreux à se mobiliser depuis des années contre la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar dont ils sont en réalité, les plus farouches opposants.

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Levons l’omerta sur l’extermination des dauphins en France

Avec une estimation basse de 3500 dauphins tués chaque année le long de la façade atlantique française et jusqu’à 10 000 pour les estimations les plus élevées, les eaux françaises sont devenues un charnier pour les dauphins en Europe. Même pour la tranche la plus basse, ces chiffres sont plus importants que les massacres sanglants des iles Féroé et de Taiji (Japon) combinés.

Une hécatombe occultée par l’Etat et le Comité des Pêches depuis les années 90.

Si le grand public ignore largement le problème, les Ministères de l’Agriculture et de la Pêche et de la Transition Ecologique sont bien conscients de ces captures si importantes que d’après l’observatoire scientifique Pélagis, elles mettent en péril la survie des dauphins le long des côtes françaises. Les chalutiers pélagiques ont été identifiés par les scientifiques depuis 30 ans comme étant les principaux responsables de la mortalité des dauphins sur la façade atlantique.

L’Etat hors la loi

Si une directive européenne rend obligatoires les déclarations de captures accidentelles de cétacés, cela n’a été transcript en droit français qu’en 2011 et l’application effective de la loi est toujours impossible en 2018 car le Ministère de l’Agriculture et de la pêche refuse de nommer un organisme indépendant chargé de reccueillir ces données. Un peu comme si l’on demandait aux citoyens de déclarer leurs impôts tout en refusant de mettre en place un Trésor Public. En faisant cela, le Ministère (DPMA) entretient volontairement l’opacité autour de la mortalité des dauphins.

Les mesures fumeuses dans les tuyaux des Ministères : le log Book et le programme OBSMER

Les Ministères de l’Agriculture et de la Transition Ecologique publient dans un communiqué du 28 Février 2018 leurs solutions pour un meilleur suivi des captures. Mais il s’agit une fois encore de simulacres de mesures dont on sait depuis des années qu’elles sont inefficaces.

1 : Les déclarations de captures de dauphins par Log Book sont une façon de noyer le poisson. Imaginez que l’on dise aux automobilistes de télécharger sur leur téléphone une application qui leur permet de déclarer leurs dépassements de vitesse eux mêmes. La Gendarmerie en concluerait certainement qu’il n’y a jamais de dépassement de vitesse en France.

2 : Le programme OBSMER, censé embarquer des observateurs à bord des navires de pêche. A moins d’être complètement modifié, OBSMER ne pourra jamais rendre compte de la situation réelle. D’abord parce qu’il repose sur la bonne volonté du patron de pêche qui peut tout à fait refuser un observateur ou choisir ses sorties en mer (seulement 5% de l’effort de pêche est suivi). Mais aussi parce que les observateurs embarqués sont rarement dans des conditions qui leur permettent de travailler sereinement. Plusieurs observateurs nous ont rapporté avoir été victimes de menaces et disent avoir avoir assisté à des activités illégales à bord de certains navires, falsifications de déclarations, captures d’espèces protégées sans pouvoir en témoigner librement du fait de la pression et des intimidations exercées à leur encontre.

En l’absence d’une pression du grand public, les alertes des scientifiques continueront de rester lettre morte

“Les estimations de mortalité fournies par les échouages indiquent une mortalité supérieure au seuil soutenable pour la population” (Laran et al. 2016) En 2017, suite à l’échouage de 800 dauphins en 1 mois et demi sur la côte atlantique, Hélène Peltier de l’Observatoire Pélagis s’exprimait ainsi dans la presse : “La situation est extrêmement préoccupante et nous tirons la sonnette d’alarme sur les perspectives de conservation du dauphin commun sur la façade atlantique, une espèce qui se reproduit lentement”.

Jusqu’où peut on qualifier d’”accidentelles” des captures qui sont prévisibles et évitables

Les dauphins sont une espèce protégée par différents textes : convention de Berne, convention de Bonn, liste rouge de l’IUCN, et annexe II de la CITES. Pourtant, ils sont tués en masse avec des méthodes dont on connait l’impact depuis de nombreuses années. De plus, une fois capturés dans les filets, les dauphins survivants une fois remontés sont achevés sur le pont des navires.

Des méthodes accoustiques d’effarouchement des dauphins (pingers) ont été développés par l’IFREMER avec des résultats probants dès 2004. En 2018, les chalutiers identifiés comme responsables ne sont toujours pas équipés.

Nous exigeons 4 mesures concrètes pour que nos enfants puissent encore voir des dauphins en France demain :

1. L’interdiction de la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar et sur toute zone identifiée par les scientifiques comme abritant une importante concentration de cétacés.

2. L’obligation pour tous les navires dont les méthodes de pêche ont été identifies comme à risque pour les cétacés d’être équipés de moyens de repulsion accoustiques (pingers)

3. La nomination de PELAGIS ou d’un autre observatoire scientifique comme organisme habilité à recevoir les déclarations de captures de cétacés

4. La refonte du programme OBSMER pour lui donner un caractère obligatoire tout en s’assurant que les observateurs embarqués puissent travailler efficacement et sans menaces de représailles.

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Sea Shepherd lance l´Opération « Dolphin ByCatch » pour alerter sur le sort des dauphins le long des côtes françaises.

En France, sur les seules côtes de Vendée et Charente Maritime sur la seule période de Janvier à Mars, c’est une moyenne de 6000 dauphins (et jusqu’à 10 000 d’après les estimations de Pelagis) qui sont tués par les chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (filet traîné par deux chalutiers) mais aussi par les grands chalutiers industriels à grande ouverture verticale. C’est bien plus que les massacres des îles Féroé et de la baie de Taiji (Japon) combinés.

Ces navires pêchent principalement le bar, sur les zones de frayère et en pleine période de reproduction. Si l’espèce du bar est-elle même menacée de ce fait, les dauphins en font également les frais. Le Bob Barker, navire de Sea Shepherd, en patrouille sur le plateau de Rochebonne le week-end dernier a pu filmer, les chalutiers Jérémi Simon et Prométhée en train de remonter leur filet avec à l’intérieur deux dauphins pris au piège. L’un des dauphins semblait déjà mort noyé mais l’autre, encore vivant émettait des sifflements de détresse que l’on peut entendre sur la vidéo. Les deux dauphins ont été montés à bord d’un des deux navires et n’ont pas été rejetés à la mer devant notre équipage. Cette scène macabre se reproduit toutes les nuits, toute l’année le long de la côte, avec un pic entre janvier et mars.

Vers une disparition des dauphins le long de nos côtes ?

L’observatoire Pelagis basé à La Rochelle lance des bouteilles à la mer depuis plusieurs années sans être entendu. Dans un rapport de 2016 signé par le CNRS, Pélagis et l’université de la Rochelle, il est clairement stipulé que la mortalité infligée aux dauphins par les bateaux de pêche met en péril la survie de la population à moyen terme. Les mammifères marins sont particulièrement vulnérables, avec une faible fécondité et une grande sensibilité à la pollution chimique et plastique, ils doivent aussi affronter la raréfaction de leur nourriture en raison de la surpêche. Si nous voulons encore voir des dauphins en France demain, il est donc urgent de prendre des mesures drastiques de protection dès aujourd’hui. Pour l’instant, l’Etat fait la sourde oreille à toutes les alertes des scientifiques sur le sujet et les pêcheurs impliqués profitent de l’ignorance du grand public.

Le calvaire des dauphins capturés

Les dauphins qui évoluent souvent avec les bars sont capturés dans les filets qui ne sont pas suffisamment sélectifs. De là s’en suit une mort agonique dans le filet (par noyade). Les dauphins qui sont remontés vivants meurent des blessures infligées par les pêcheurs à bord des navires. Les cadavres échoués montrent des fractures du rostre, la queue et les nageoires sectionnées, des entailles profondes dues au filet…

Une opacité volontaire sur des captures qui n’ont plus rien d´« accessoire »

Sous le pudique terme de « captures accessoires », c’est une véritable hécatombe de dauphins qui a lieu le long de nos côtes dans une opacité totale et entretenue.

En effet, si la loi oblige en théorie les pêcheurs à déclarer leurs captures de dauphins, dans les faits, l’État n’a habilité aucun organisme à recevoir ces données. Un vide bien pratique pour empêcher tout suivi de la mortalité infligée aux mammifères marins par les chalutiers. L’Observatoire Pélagis de La Rochelle est pourtant tout à fait apte et légitime à recueillir ces données mais n’a pas obtenu l’autorisation de le faire.

Quelles solutions pour sauver les dauphins?

CE QUE DOIT FAIRE L’ETAT :

1/ Interdire la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar. La France donne des autorisations pour une pêche particulièrement destructrice sur des zones fragiles mais ne met pas en parallèle les mesures de surveillance adéquates.

2/ Mettre en place une meilleure surveillance des pêcheries et empêcher concrètement la vente de poissons juvéniles. La France a déjà écopé de plusieurs millions d’euros d’amende pour sa grande tolérance à la vente de poissons sous tailles, interdits par l’Union Européenne, dans un but évident de préserver les populations.

3/ Désigner enfin un organisme (Pélagis par exemple) pour recevoir les données liées aux captures de dauphins par les engins de pêche.

CE QUE PEUT FAIRE LE GRAND PUBLIC :

1/ Manger moins de poisson

2/ Boycotter systématiquement les poissons de petite taille.

3/ Boycotter les poissons issus de la pêche au chalut et s’en tenir exclusivement aux poissons pêchés à la ligne.

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