La Namibie s’allie à Sea Shepherd pour lutter contre les crimes de pêche

Jeudi 25 juillet 2018

Les responsables de la conformité du Ministère namibien des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) et l’équipage de Sea Shepherd, à bord de l’Ocean Warrior, ont mené avec succès des activités de surveillance dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Namibie entre le 26 avril et le 15 juin 2019, obligeant les chalutiers-usines illégaux à abandonner la côte des Squelettes.

Officiers de la Namibie et l’équipage de l’Ocean Warrior de Sea ShepherdLe capitaine de Giorgi avec les officiers de la police Namibienne sur l’Ocean WarriorOfficier de la police Nimibienne sur l'Ocean WarriorSea Shepherd poursuit un navire de pêche suspect la nuitInspection du  F/V Cavemas StarInspection du  F/V Cavemas StarInspection du  F/V Cavemas StarLe Capitaine Giuseppe de Giorgi de Sea Shepherd et les responsables de la conformité du Ministère namibien des Pêches et des Ressources Marines sur la passerelle de l’Ocean WarriorInspection du F/V NoverdornInspection du F/V Noverdorn

L’objectif premier de ces patrouilles conjointes consistait à s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ayant cours dans les eaux namibiennes. Ces initiatives ont accompagné le Ministère et d’autres autorités policières et judiciaires namibiennes dans le processus qui consistait à repousser les chalutiers-usines illégaux et étrangers en dehors de la zone économique exclusive du pays, parce qu’ils étaient suspectés d'avoir ciblé les stocks de chinchard par le biais d'activités INN.

Les grands chalutiers-usines étrangers -anciennement fabriqués en Union soviétique- se sont montrés particulièrement actifs aux frontières, se sont introduits de nuit dans la zone économique exclusive, et ont pillé les ressources en poissons, majoritairement du chinchard, au large de la célèbre côte des Squelettes. Ces incursions illégales ont été compliquées par un brouillard épais et des naufrages dans la zone, des circonstances qui ont rendu la détection difficile. Les prises illégales ont ensuite été transbordées jusqu’à des navires cargo réfrigérés, connus sous le nom de navires frigorifiques, qui attendaient de pouvoir charger le poisson pêché illégalement en dehors de la ZEE namibienne. Ces navires cargo réfrigérés sont l’un des contributeurs majeurs à la pêche INN : ils mélangent les prises légales aux prises illégales, rendant ainsi impossible la vérification de l’origine des prises. C’est pourquoi l’Acte sur les ressources marines namibiennes interdit le transbordement en mer : celui-ci n’est autorisé à avoir lieu que dans un port et en présence d’agents de la force publique.

A la suite de ces intrusions, l’Ocean Warrior a commencé, sous le commandement de l’Amiral bénévole de Sea Shepherd Giuseppe de Giorgi (Ret.), ancien chef de l’équipage de la marine italienne (2013-2016), à patrouiller dans les eaux se trouvant au nord de la Namibie le 26 avril, ceci sous la direction de responsables namibiens de l’application des lois (inspecteurs des pêcheries et officiers de police), afin de mettre un terme aux incursions des grands chalutiers-usines étrangers qui avaient passé la frontière maritime au nord pour entrer dans les eaux nationales et braconner du chinchard. L’opération conjointe a été baptisée “Opération Vanguard”. Le 26 avril, cette opération a intercepté un navire de pêche illégale se déplaçant à une vitesse de chalutage, à 20 milles nautiques au sud de la frontière angolaise. Lorsqu’il a aperçu l’Ocean Warrior, le navire a immédiatement changé de cap en vue de fuir l’arrestation. L’Ocean Warrior s’est approché à 300 mètres, opérant à petite distance afin de ralentir le grand navire. Ce dernier, non identifié, ne présentait aucune inscription visible, et il a malheureusement été impossible de monter à son bord, du fait de conditions météorologiques défavorables.

Cependant, la confrontation et la vue d’une patrouille au large de la côte des Squelettes a eu un effet dissuasif sur les braconniers puisqu’aucune incursion n’est survenue depuis l’interception, ce qui apporte la preuve que les patrouilles conjointes ont un effet dissuasif qui pourra permettre aux stocks de chinchard du nord de la Namibie de se reconstituer après la pression exercée par ces actes criminels.

La Namibie possède l’une des plus riches zones de pêche au monde, notamment depuis que le gouvernement namibien a considérablement réduit le nombre de navires de pêche pêchant le chinchard sous licence légale dans les eaux namibiennes. Mais la pêche illégale a récemment connu une augmentation depuis que les navires de pêche, autrefois sous licence légale, ont monté des opérations dans d’autres pays en vue de braconner dans les eaux situées au nord de la Namibie.

Le chinchard figure sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme espèce vulnérable, avec une population décroissante dans les zones de pêche illégale. Néanmoins, les ressources namibiennes en chinchard, au même titre que toutes les ressources issues de la pêche, sont prélevées sur une base durable, d’où l’importance de maintenir les pêcheurs pratiquant la pêche INN en dehors des eaux namibiennes.

"Le gouvernement namibien a certes pris des mesures de conservation pour protéger le chinchard, et celles-ci sont essentielles à l’économie et à la santé de l’écosystème du pays. Mais lesdites mesures doivent également inclure des patrouilles en mer. Avec l’Opération Vanguard, les criminels qui pillent les eaux namibiennes au large de la côte des Squelettes ont reçu le message que le gouvernement est vigilant dans la défense de ses pêcheries", a déclaré Son Excellence Bernhard Esau, le Ministre des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) après avoir donné des instructions au Directeur des Opérations du Ministère.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille avec les gouvernements du Gabon, du Liberia, de Sao Tomé-et-Principe, du Bénin et de Tanzanie pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée en mettant à disposition des états africains côtiers l’utilisation de navires de patrouille côtiers civils. Ainsi, les autorités peuvent faire appliquer les réglementations et les lois de conservation liées aux pêcheries au sein de leurs eaux territoriales. A ce jour, ces partenariats uniques ont permis l’arrestation de 30 navires impliqués dans la pêche illégale ou d’autres crimes ayant trait aux pêcheries.

Le Ministère des Pêches et des Ressources Marines considère que ce partenariat est d’une grande importance dans le processus d’éradication de la pêche INN au sein de la zone économique exclusive et continuera d’avoir recours à la généreuse contribution de Sea Shepherd. Le Ministère a par ailleurs ajouté que les sanctions juridiques infligées aux braconniers seraient sévères.