Encore 98 dauphins massacrés aux iles Féroé - grâce au renfort militaire du Danemark

Jeudi 29 août 2019

PhotoLamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, assiste impuissante au massacre

Mardi 27 Aout, nos équipes ont dû assister impuissantes au rabattage puis à la mise à mort de 98 dauphins globicéphales. Parmi eux de nombreux bébés et des femelles gestantes. C'est déjà le onzième massacre de l'année qui porte à 641 le nombre de dauphins tués depuis Janvier. Les dauphins sont strictement protégés dans les eaux de l’Union Européenne et le Danemark est signataire des conventions de Bern et de Bonn qui protègent les mammifères marins. Pourtant, il a décidé de déroger à ses obligations pour satisfaire les exigences de l'archipel féringien placé sous son protectorat. Les habitants des iles Féroé refusent d'abandonner une pratique qui a permis à leurs ancêtres de survivre mais qui n'est plus nécessaire à cette population qui jouit aujourd'hui d'un des niveaux de vie les plus élevés en Europe.

Sea Shepherd, seule association à être intervenue activement sur place a régulièrement mobilisé ses navires au cours des trente dernières années dans le but d'empêcher les massacres en éloignant les dauphins ou en perturbant les rabattages.

Mais le Danemark a finalement décidé de mobiliser ses frégates militaires contre nos navires et a commencé dès 2014 à procéder à l'arrestation de nos activistes allant jusqu'à confisquer nos bateaux d'intervention pour les offrir aux féringiens.

"Quand on est contraint, comme je viens de le faire, d'assister impuissant au massacre de ces familles entières de dauphins, c'est finalement plus envers le Danemark qu'envers les féringiens que va mon ressentiment" - déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France et en charge de l'opération GrindStop en 2014. "Les féringiens s'accrochent à une tradition obscure issue d'un autre âge mais qu'ils considèrent comme faisant partie de leur identité. Le gouvernement danois lui est bien plus cynique, ses motivations sont purement politiques". En effet, le Danemark cherche avant tout à calmer les velléités d'indépendance d'un archipel dont il convoite les importantes richesses maritimes. Face à des intérêts économiques colossaux, les dauphins ne font pas le poids et pour montrer aux féringiens qu'ils peuvent compter sur le gouvernement danois pour défendre leurs traditions, il n'hésite pas à mobiliser ses frégates militaires contre des activistes pacifiques. En faisant cela, le Danemark viole ses obligations et nos diverses plaintes devant la Commission Européenne à ce sujet n'ont jamais rien donné.

Tant que l'Union Européenne ne demandera pas des comptes au Danemark sur le déploiement d'une force militaire qui va à l'encontre des réglementations européennes, nous serons contraints d'assister impuissants au massacre de centaines de dauphins qui chaque année, auront eu la malchance de s'aventurer trop près de l'archipel. Notre seule possibilité d'action se limite à l'heure actuelle à mettre sous les feux des projecteurs une tradition obscure qui - à l'instar de bien d'autres pratiques cruelles et inutiles - ne devrait plus exister que dans les livres d'Histoire.