Opération Albacore : Deux chalutiers transportant plus d’une tonne de raies et de nageoires ont été arrêtés au Gabon

Le 8 août, les autorités gabonaises qui travaillent à bord du Bob Barker de Sea Shepherd ont procédé à l’arrestation de deux chalutiers qui transportaient plus d’une tonne métrique de raies et de nageoires de raies dans les eaux du Centre Ouest de l’Afrique.

Au cours d’une inspection de routine du chalutier local, le GuoJi 826, menée dans le cadre de l’Opération Albacore V – une collaboration entre le gouvernement gabonais et Sea Shepherd dans la conduite de patrouilles conjointes en mer ayant pour objectif de mettre un terme à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) – les inspecteurs de pêche ont découvert une capture comprenant deux espèces de raies interdites à la pêche, dont l’une à laquelle les nageoires avaient été coupées. Les inspecteurs ont également mis la main sur cinq tonnes métriques de poissons-chats de mer à tête rugueuse, une espèce dont la pêche est interdite dans les eaux gabonaises.

L’abordage du chalutier voisin, le Guoji 866, a conduit à la découverte de nageoires de raies supplémentaires, le capitaine ayant révélé aux enquêteurs que davantage de caisses de nageoires se trouvaient dans la cale frigorifique, dissimulées sous d’autres cartons de poissons.

Afin de garantir que les preuves ne puissent être ni altérées, ni détruites, l’honorable Biendi Maganga-Moussavou, ministre gabonais de la pêche, a ordonné que les Guo Ji 826 et Guo Ji 866 soient placés sous arrêt et escortés par la marine gabonaise et le Bob Barker jusqu’au port de Libreville.

Une investigation plus poussée menée après l’arrivée au port a mis à jour un total de 40 caisses (800kg) de raies et de 13 caisses (260 kg) de nageoires, comptant notamment la Dasyatis margarita, une espèce protégée et menacée d’extinction.

« L’arrestation de ces deux chalutiers souligne la nécessité de continuer à mener des contrôles des pêches en mer malgré la pandémie. Ces crimes n’ont pu être détectés que grâce à la diligence des autorités chargées de l’application de la loi au Gabon, assistées par l’équipage du Bob Barker de Sea Shepherd, qui poursuivent courageusement leurs activités au large, malgré la crise du COVID-19 », a déclaré Byron Carter, capitaine du Bob Barker.

Depuis 2019, la découpe des ailerons et des nageoires de requins, de raies et de rajidés a été strictement interdite dans les eaux gabonaises.

Sea Shepherd Legal, un cabinet de loi environnementale associé à Sea Shepherd, soutient actuellement le gouvernement gabonais dans la création du premier sanctuaire pour requins africains.

« Sea Shepherd félicite le leadership du Gabon pour la protection des requins et des raies, ainsi que pour sa volonté de continuer à faire observer l’application des règles de pêche en mer en période de pandémie. Les braconniers opèrent sans relâche, même en temps de pandémie. Il en va de même de notre vaillante coalition d’inspecteurs des pêches, d’éco-gardes et de la Marine du Gabon avec l’équipage de Sea Shepherd », a déclaré Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd.

À propos de l’Opération Albacore

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont attribués à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) chaque année. Les pays en voie de développement sont particulièrement vulnérables face à cette pratique : jusqu’à 40 % du poisson pêché dans les eaux Centre Ouest d’Afrique sont le fait d’exploitants criminels.

En 2016, Sea Shepherd s’est associé au gouvernement gabonais dans le cadre de la première Opération Albacore. La collaboration compte à son actif des centaines d’inspections en mer de navires de pêche ainsi que les arrestations ultérieures de 12 navires de pêche illégale. Le partenariat inclut le Département pour la Pêche et l’Aquaculture du Gabon, la Marine gabonaise et l’Agence des parcs nationaux du pays.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille en collaboration avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, du Sao Tomé-et-Principe, du Bénin et de Tanzanie pour combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en mettant à la disposition des états africains côtiers des navires civils de patrouilles en mer, de façon à ce que les autorités puissent appliquer les réglementations et les lois de conservation ayant trait à la pêche dans leurs eaux souveraines. À ce jour, ces partenariats, uniques en leur genre, ont conduit à l’arrestation de 54 navires dans le cadre d’une pêche illégale ou d’autres crimes associés.

Quatre chalutiers arrêtés dans les eaux protégées du Bénin

Le 8 décembre, avec l’aide de l’équipage de Sea Shepherd, des marins armés de la marine béninoise ont appréhendé et arrêté secrètement quatre chalutiers industriels qui pêchaient illégalement dans les eaux du Bénin, un pays d’Afrique de l’ouest. Photos de Leon Greiner/Sea Shepherd.

Un agent de la Marine béninoise place un navire de pêche illégale en détention.
Un agent de la Marine béninoise place un navire de pêche illégale en détention.

Les navires de pêche, Fada 10, Tian Yu 5, Tian Yu 6 et Tian Yu 8, ont été arraisonnés après avoir été repérés par le radar du Bob Barker en train de pêcher dans une zone de gestion spéciale, réservée aux pêcheurs artisanaux locaux, qui s’étend jusqu’à 5 milles marins du littoral du Bénin. Les chalutiers pêchaient si près de la côte qu’ils pouvaient être vus depuis le rivage.

Un petit bateau de Sea Shepherd s’approche de l’un des bateaux de pêche illégale.
Un petit bateau de Sea Shepherd s’approche de l’un des bateaux de pêche illégale.

Les trois Tian Yu ont également été interceptés alors qu’ils pêchaient dans la réserve écologique de la Bouche du Roi. Cette réserve est constituée de mangroves et de lagons vitaux pour les frayères et fait partie de la Réserve de biosphère du Mono figurant sur la liste MAB (programme de l’Homme et de la Biosphère) de l’UNESCO. Elle accueille près de 2 millions de personnes au Bénin et au Togo ainsi qu’une biodiversité particulièrement riche de par sa situation dans un corridor faunique où migrent les thons et les baleines à bosse.
Les quatre chalutiers ont été escortés vers le port de Cotonou où ils sont retenus.

Agent de la Marine béninoise sur le pont arrière de l’un des bateaux de pêche illégale arrêtés.
Agent de la Marine béninoise sur le pont arrière de l’un des bateaux de pêche illégale arrêtés.

Les arrestations ont eu lieu après le retour du Bob Barker dans les eaux béninoises pour effectuer des patrouilles conjointes en mer avec la Marine de Bénin et Sea Shepherd sous la direction du capitaine de la Marine F. M. Ahoyo, le préfet maritime du Bénin.

Agent de la marine béninoise sur le point d’aborder l’un des bateaux de pêche illégale.
Agent de la marine béninoise sur le point d’aborder l’un des bateaux de pêche illégale.

Plus tôt cette année, dans le cadre de l’Opération Guegou ( » gros thon  » en langue locale Xla), menée conjointement avec le gouvernement du Bénin afin de lutter contre la pêche illégale dans le golfe de Guinée, l’équipage de Sea Shepherd et l’association locale Eco-Bénin ont collaboré avec des représentants de l’Etat Action sur la Mer, la marine béninoise et le ministère des Pêches à bord du navire Bob Barker de Sea Shepherd pour mettre fin au braconnage.

Le capitaine de l’un des bateaux de pêche quitte le pont alors la Marine béninoise inspecte le navire.
Le capitaine de l’un des bateaux de pêche quitte le pont alors la Marine béninoise inspecte le navire.

Le Bénin est le quatrième Etat du Golfe de Guinée à nouer un partenariat avec Sea Shepherd, s’ajoutant ainsi à un mouvement croissant contre la pêche illégale dans la région à travers des patrouilles en mer conjointes.

Le capitaine Anteo Broadfield observe l’inspection du Fada 10.
Le capitaine Anteo Broadfield observe l’inspection du Fada 10.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille en partenariat avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, de São Tomé et Príncipe, de Tanzanie, de Namibie et de la Gambie en mettant à disposition de l’Afrique des navires de patrouilles civils pour combattre les crimes liés à la pêche.

Le ministre des Pêches du Gabon se joint aux patrouilles du Bob Barker

Le ministre Maganga Moussavou a accompagné les inspecteurs des pêches, les éco-gardes du parc national et la marine gabonaise, lors d’arraisonnements et d’inspections en mer aux côtés de l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales du Gabon, incluant le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

Le ministre Maganga Moussavou et le Bob Barker en arrière-plan Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd

C’est à bord d’un senneur industriel que le ministre Maganga Moussavou s’est rendu compte des effets de la pêche au thon sur les populations locales de requins. Alors que la cible principale des senneurs industriels opérant dans les eaux du Gabon est le thon, des chercheurs ont démontré que l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP) avait pour conséquence la mort d’un grand nombre de requins et de poissons juvéniles. Les DCP consistent en des sortes de flotteurs en plastique munis de sonars high-tech et de dispositifs de communication satellite qui appâtent les poissons.

Une étude menée par le programme d’observation des pêches gabonaises a identifié que 83,5 % des albacores pêchés à l’aide de DCP étaient juvéniles (n’ayant pas encore atteint leur maturité sexuelle), contre 10,5 % lorsque ce type de dispositifs n’est pas utilisé. En d’autres termes, les senneurs qui pêchent à l’aide de DCP capturent huit fois plus de poissons n’ayant pas atteint leur maturité sexuelle. De plus, le nombre de prises accessoires de requins augmente. En effet, des espèces de requins vulnérables sont attirées par les poissons juvéniles et s’en nourrissent.

Le Gabon pense actuellement à supprimer progressivement la pêche à l’aide de DCP, devenant ainsi le premier pays au monde à abolir cette pratique.

Le docteur Mike Fay, explorateur-résident à la National Geographic, membre de la Wildlife Conservation Society et conseiller du président gabonais Ali Bongo Ondimba, est aussi monté à bord du Bob Barker.

Il y a maintenant deux ans, le président gabonais constituait le plus grand réseau d’aires marines protégées en Afrique en déclarant la création de neuf nouveaux parcs marins nationaux et de onze nouvelles réserves aquatiques lors de la Conférence des Nations Unies sur l’océan à New York.

« La présence d’un ministre gabonais à bord d’un navire de Sea Shepherd en patrouille montre que le Gabon ne se repose pas sur ses acquis, mais qu’il continue d’écrire l’histoire de la conservation. Sea Shepherd félicite le ministre Maganga Moussavou d’avoir montré l’exemple en se joignant aux inspecteurs des pêches sur le terrain. Le Gabon s’illustre autant au niveau régional que mondial en matière de gestion des pêches.« 

Peter Hammarstedt, directeur de campagnes pour Sea Shepherd Global.

En septembre, au cours d’un raid nocturne, des agents des forces de l’ordre gabonais armés travaillant à bord du Bob Barker, ont pris d’assaut le Tchilassi. Ce vaisseau, battant pavillon congolais, mouillait alors illégalement une senne coulissante dans les eaux protégées du parc national de Mayumba à la frontière du Gabon et du Congo-Brazzaville. En juillet, c’est le Haixin 27, un chalutier battant pavillon chinois, qui a été arraisonné dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon.

Le départ du Bob Barker des eaux gabonaises a marqué la fin de l’Opération Albacore IV, mais Sea Shepherd s’engage à continuer d’aider le Gabon et d’autres partenaires régionaux à défendre, conserver et protéger le golfe de Guinée des pêches illégales et destructrices. À la suite de l’Opération Albacore IV, plusieurs chalutiers ont été arrêtés et traduits en justice, des cadres légaux pour protéger l’océan ont été renforcés, d’innombrables créatures marines ont été sauvées et le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique continue d’être protégé.

Le ministre des Pêches du Gabon, Biendi Maganga Moussavou, a rejoint l’équipage du Bob Barker lors de la dernière patrouille de la saison dans le cadre de l’Opération Albacore IV. Sea Shepherd et le gouvernement gabonais ont lancé cette campagne pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique du Centre-Ouest.

Le ministre Maganga Moussavou et le Bob Barker en arrière-plan Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou avec le capitaine Julian McGale Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou dans la cale à poisson d'un senneur Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou aux côtés d'un inspecteur des pêches sur le pont d'un senneur Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
La marine gabonaise accueille monsieur le ministre à bord du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
La marine gabonaise accueille monsieur le ministre à bord du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou aux côtés de Mike Fay sur le pont du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd

Un quatrième chalutier arrêté en Gambie pour pêche illégale

Une opération menée en partenariat avec le gouvernement gambien pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique de l’Ouest, qui a déjà permis l’arrestation de trois chalutiers industriels pour un certain nombre de délits de pêche, a conduit à l’arrestation d’un quatrième chalutier par les forces de l’ordre représentant le ministère gambien de la Pêche et la marine gambienne présentes à bord du Sam Simon de Sea Shepherd.

L'inspecteur des pêches gambien examine l'historique d’itinéraire du Niam Niokho

Le 11 septembre, le navire de pêche Niam Niokho a été arrêté par les inspecteurs de pêche gambiens et la marine gambienne, avec le soutien de l’équipage de Sea Shepherd, pour plusieurs chefs d’accusation de pêche dans la zone de gestion spéciale de neuf milles marins de la Gambie réservée aux pêcheurs artisanaux le mois dernier.

Un soldat de la marine gambienne à bord du Niam Niokho

Les incursions ont été confirmées à la fois par le journal de pêche du navire et par le journal de l’observateur du ministère de la Pêche. Des observateurs représentant l’État gambien accompagnent de nombreux bateaux de pêche au large des côtes du pays et servent de contrepoids aux informations consignées par les capitaines des navires.

Un soldat de la marine gambienne à bord du Niam Niokho

La biodiversité est particulièrement abondante dans les eaux gambiennes, car le pays est situé au confluent du fleuve Gambie, riche en nutriments, et du courant des Canaries. Les vies de plus de 200 000 Gambiens dépendent directement ou indirectement de la pêche locale, tandis que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA) estime que plus de 46 % des populations de poissons étudiées dans la zone Atlantique Centre-Est souffrent de surpêche.

Le conducteur d'un petit bateau de Sea Shepherd intercepte le Niam Niokho

La sardinelle et d’autres espèces de petits pélagiques représentent une ressource cruciale pour les Gambiens. C’est pourquoi le ministère de la Pêche et des ressources aquatiques a instauré une zone de gestion spéciale de neuf milles marins visant à préserver les eaux fréquentées par les pêcheurs artisanaux. Mais des chalutiers s’approchent régulièrement des côtes et les pêcheurs artisanaux se plaignent quotidiennement au ministère, lui demandant une compensation pour les filets perdus à cause des chalutiers qui renversent leurs embarcations. Ces incursions quotidiennes participent également à la diminution brutale des populations de sardinelles.

Les pêcheurs artisanaux manifestent leur soutien aux mesures d'application de la législation dans le domaine de la pêche

« L’Opération Défense des côtes gambiennes a permis de capturer quatre chalutiers, dont trois ont participé à des activités de pêche dans une zone spéciale réservée aux communautés locales qui dépendent des ressources du littoral pour subvenir à leurs besoins. Le radar du Sam Simon montre maintenant que les chalutiers naviguent loin de la zone protégée, ce qui permet aux populations de poissons subissant une forte pression de se rétablir. Ces quatre arrestations, et l’effet dissuasif qui a suivi, montrent que les décisions du ministre de la Pêche et des ressources aquatiques en matière de lutte contre les opérations illégales ont une véritable influence sur la population locale« , a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Un membre de la marine gambienne à bord du Niam Niokho avec le Sam Simon en arrière-plan

Baptisé « Opération Défense des côtes gambiennes« , le partenariat de Sea Shepherd avec la Gambie marque la coopération d’un septième État côtier africain à une politique conjointe d’abolition de la pêche illégale autour du continent africain.

La marine gambienne embarque le bateau de pêche Niam Niokho en mer

Le Niam Niokho est actuellement détenu dans le port gambien de Banjul.

Depuis 2016, Sea Shepherd collabore avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, de Sao Tomé-et-Principe, de la Tanzanie, du Bénin et de la Namibie pour lutter contre la pêche INN en mettant à la disposition des États côtiers africains des navires civils de patrouille en mer qui aident les autorités à faire respecter les lois et règlements en matière de pêche et de protection de la mer dans leurs eaux territoriales. À ce jour, ces partenariats uniques ont permis l’arrestation de 36 navires pour pêche illégale et autres crimes liés à la pêche.

Un chalutier arrêté pour braconnage sur la « terre des hippos surfeurs » au Gabon

Le 24 juillet dernier, alors que le navire Bob Barker était en visite au Port-Gentil, dans le cadre de l’Opération Albacore IV – un partenariat entre Sea Shepherd et l’Etat gabonais visant à combattre la pêche illicite – l’Agence nationale des parcs nationaux du Gabon (ANPN) procédait à l’arrestation d’un chalutier local, le Guoji 827, qui pêchait illégalement dans les eaux protégées du parc national de Loango.

Le Guoji 827 arrive à Port-Gentil sous l’oeil vigilant des marines. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le Guoji 827 détenu aux côtés du Haixin 27 à Port-Gentil. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd.
Le Captaine Julian McGale de Sea Shepherd visite le Guoji 827. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd
Les Marines montent la garde sur le Guoji 827 à Port-Gentil. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd

Le parc national de Loango , dernier éden de l’Afrique, est une zone faunique unique, rendue célèbre par Mike Fay, l’explorateur en résidence du National Geographic, et par le photographe Mike Nichols, qui a qualifié Loango de « terre des hippos surfeurs » en raison de la tendance des hippopotames du Gabon à quitter la forêt pour aller s’ébattre dans les vagues, se laissant porter par les courants. C’est l’un des rares endroits au monde où cohabitent éléphants, hippopotames et gorilles sur les plages sauvages.

Le Guoji 827 a été détecté dans le parc marin à quatre reprises à l’aide de technologies de surveillance à distance, ce qui a conduit les autorités gabonaises à émettre un mandat d’arrêt contre le navire. Peu de temps après, un bateau d’interception d’éco-gardes de l’ANPN a exécuté ledit mandat et mis le bateau aux arrêts. Le navire et sa cargaison de 20 tonnes de poissons sont actuellement retenus à Port-Gentil, au Gabon.

Un des “ hippos surfers ” du Gabon, par Mike Nichols/National Geographic Society Un des “ hippos surfers ” du Gabon, par Mike Nichols/National Geographic Society

« La réussite de l’Opération Albacore IV est en grande partie le fruit de la coopération entre Sea Shepherd et l’Etat gabonais à travers trois ministères clés : le ministère de la Pêche, de l’Environnement et de la Défense. Il est probable que le Guoji 827 ait été informé de la présence du Bob Barker au port par son navire-jumeau. L’arrestation du chalutier envoie donc un message fort aux pécheurs : les éco-gardes et les inspecteurs de pêche maritime protègent avec vigilance les parcs marins jour et nuit. Sea Shepherd félicite l’Etat gabonais pour l’arrestation réussie et la protection continuelle de sa faune marine exceptionnelle« , a déclaré Peter Hammarstedt, le directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Il y a deux ans, le chef de l’Etat a annoncé la création de neuf (9) nouveaux parcs nationaux marins et 11 nouvelles réserves aquatiques lors de la conférence des Nations Unies sur les Océans à New York ; ce qui représente le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

L’Opération Albacore IV a pour objectif de protéger les aires marines protégées, de repérer et prévenir les activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) tout en s’assurant du respect des lois par les pêcheurs détenant une licence, et de renforcer les mesures de suivi, de contrôle et de surveillance.

Pour rappel, le 5 juillet 2019, le Bob Barker, a prêté main-forte aux autorités locales dans l’arrestation du Haixin 27, un chalutier étranger pêchant illégalement et capturé dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon. Le Haixin 27 demeure détenu à Port-Gentil aux côtés du Guoji 827.

Opération Solla Stella : 15eme arrestation pour crime de pêche

Dans le cadre d’une opération conjointe avec le ministère de la défense du Libéria pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes libériens dans l’arrestation d’un navire senneur immatriculé à l’étranger et au passé criminel chargé en matière de pêche illégale au Libéria.

Le Solevant pêchant dans les eaux libériennes. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le 7 avril, le navire de pêche (F/V) Solevant, senneur de 55 mètres battant pavillon sénégalais, a été abordé pour une inspection par la Garde côtière libérienne qui se trouvait à bord d’un petit bateau envoyé depuis le Bob Barker de Sea Shepherd. Ce navire était connu pour avoir été condamné à une amende en 2012 par les autorités libériennes pour pêche illégale, prises non déclarées et usage d’une licence de pêche au Libéria falsifiée.

Garde-côtes libériens à bord du Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Au cours de l’inspection, le capitaine du Solevant a fourni aux garde-côtes libériens une copie d’une prétendue licence de pêche du Libéria. La règlementation de la pêche au Libéria impose d’être muni de l’original ou d’une copie certifiée.

Le numéro de licence attribué à cette copie était le même que celui d’un autre navire, le F/V Panofi Discoverer.

Garde-côtes libérien sécurisant le Solevant avec le Bob Barker à l’arrière-plan. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

« Deux navires ne peuvent pas circuler avec le même numéro de licence et les soupçons des garde-côtes libériens ont été confirmés par la précédente condamnation du navire pour usage d’une licence de pêche factice en 2012. Les garde-côtes libériens n’ont pas eu d’autre choix que d’arrêter le bateau« , a expliqué l’honorable Daniel Ziankahn Jr., ministre de la défense du Libéria.

Prise accidentelle d’un requin à bord du Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le capitaine était en outre incapable de produire un registre de pêche, utilisé pour prouver où le poisson a été capturé, ni une déclaration de chargement, obligation légale pour comptabiliser le poisson déjà à bord. C’est une pratique courante chez les braconniers de ne pas enregistrer officiellement leurs prises et leur chargement.

Le Bob Barker intercepte le Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

« En 2012, un suivi par satellite a prouvé que le Solevant, alors exploité sous le nom de Santa Maria, pêchait illégalement dans la zone économique exclusive du Libéria aux mois de février, juin, juillet et septembre. Le navire avait été interpelé en possession d’une fausse licence de pêche du Libéria. Il est aujourd’hui de retour dans les eaux du pays, utilisant le numéro de licence d’un autre navire. Le subterfuge n’a pas échappé à la vigilance des garde-côtes libériens, aidés par le capitaine australien Anteo Broadfield et l’équipage duBob Barker », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur de campagnes de Sea  Shepherd Global.

Garde-côtes libérien  à bord du Solevant avec le Bob Barker à l’arrière-plan. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le Solevant a été arrêté et escorté par la Garde côtière libérienne et le Bob Barker jusqu’au port de Monrovia.

C’est la 15ème arrestation d’un navire pour crime de pêche dans les eaux libériennes depuis février 2017, quand a débuté le partenariat – baptisé Opération Sola Stella – entre le ministère de la Défense nationale du Libéria et Sea Shepherd.

Le 11 février 2019, Sea Shepherd a été récompensée de l’Ordre du service distingué (OSD) par le président Dr. George Manneh Weah en reconnaissance du succès de l’Opération Sola Stella. L’OSD est la plus haute distinction militaire décernée par le ministère de la Défense nationale et les Forces armées du Libéria, en reconnaissance de services exceptionnels rendus à la République.

Le Solevant en route vers la détention à Monrovia. Photo de Rodolphe Villevieille/Sea Shepherd
Le bateau et les petites embarcations de Sea Shepherd interceptent le Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

La Namibie s’allie à Sea Shepherd pour lutter contre les crimes de pêche

Les responsables de la conformité du Ministère namibien des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) et l’équipage de Sea Shepherd, à bord de l’Ocean Warrior, ont mené avec succès des activités de surveillance dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Namibie entre le 26 avril et le 15 juin 2019, obligeant les chalutiers-usines illégaux à abandonner la côte des Squelettes.

Officiers de la Namibie et l’équipage de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd

L’objectif premier de ces patrouilles conjointes consistait à s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ayant cours dans les eaux namibiennes. Ces initiatives ont accompagné le Ministère et d’autres autorités policières et judiciaires namibiennes dans le processus qui consistait à repousser les chalutiers-usines illégaux et étrangers en dehors de la zone économique exclusive du pays, parce qu’ils étaient suspectés d’avoir ciblé les stocks de chinchard par le biais d’activités INN.

Le capitaine de Giorgi avec les officiers de la police Namibienne sur l’Ocean Warrior

Les grands chalutiers-usines étrangers -anciennement fabriqués en Union soviétique- se sont montrés particulièrement actifs aux frontières, se sont introduits de nuit dans la zone économique exclusive, et ont pillé les ressources en poissons, majoritairement du chinchard, au large de la célèbre côte des Squelettes. Ces incursions illégales ont été compliquées par un brouillard épais et des naufrages dans la zone, des circonstances qui ont rendu la détection difficile.

Officier de la police Nimibienne sur l'Ocean Warrior

Les prises illégales ont ensuite été transbordées jusqu’à des navires cargo réfrigérés, connus sous le nom de navires frigorifiques, qui attendaient de pouvoir charger le poisson pêché illégalement en dehors de la ZEE namibienne. Ces navires cargo réfrigérés sont l’un des contributeurs majeurs à la pêche INN : ils mélangent les prises légales aux prises illégales, rendant ainsi impossible la vérification de l’origine des prises. C’est pourquoi l’Acte sur les ressources marines namibiennes interdit le transbordement en mer : celui-ci n’est autorisé à avoir lieu que dans un port et en présence d’agents de la force publique.

Sea Shepherd poursuit un navire de pêche suspect la nuit

A la suite de ces intrusions, l’Ocean Warrior a commencé, sous le commandement de l’Amiral bénévole de Sea Shepherd Giuseppe de Giorgi (Ret.), ancien chef de l’équipage de la marine italienne (2013-2016), à patrouiller dans les eaux se trouvant au nord de la Namibie le 26 avril, ceci sous la direction de responsables namibiens de l’application des lois (inspecteurs des pêcheries et officiers de police), afin de mettre un terme aux incursions des grands chalutiers-usines étrangers qui avaient passé la frontière maritime au nord pour entrer dans les eaux nationales et braconner du chinchard. L’opération conjointe a été baptisée “Opération Vanguard”.

Inspection du  F/V Cavemas Star

Le 26 avril, cette opération a intercepté un navire de pêche illégale se déplaçant à une vitesse de chalutage, à 20 milles nautiques au sud de la frontière angolaise. Lorsqu’il a aperçu l’Ocean Warrior, le navire a immédiatement changé de cap en vue de fuir l’arrestation. L’Ocean Warrior s’est approché à 300 mètres, opérant à petite distance afin de ralentir le grand navire. Ce dernier, non identifié, ne présentait aucune inscription visible, et il a malheureusement été impossible de monter à son bord, du fait de conditions météorologiques défavorables.

Inspection du  F/V Cavemas Star

Cependant, la confrontation et la vue d’une patrouille au large de la côte des Squelettes a eu un effet dissuasif sur les braconniers puisqu’aucune incursion n’est survenue depuis l’interception, ce qui apporte la preuve que les patrouilles conjointes ont un effet dissuasif qui pourra permettre aux stocks de chinchard du nord de la Namibie de se reconstituer après la pression exercée par ces actes criminels.

Inspection du  F/V Cavemas Star

La Namibie possède l’une des plus riches zones de pêche au monde, notamment depuis que le gouvernement namibien a considérablement réduit le nombre de navires de pêche pêchant le chinchard sous licence légale dans les eaux namibiennes. Mais la pêche illégale a récemment connu une augmentation depuis que les navires de pêche, autrefois sous licence légale, ont monté des opérations dans d’autres pays en vue de braconner dans les eaux situées au nord de la Namibie.

Inspection du F/V Noverdorn

Le chinchard figure sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme espèce vulnérable, avec une population décroissante dans les zones de pêche illégale. Néanmoins, les ressources namibiennes en chinchard, au même titre que toutes les ressources issues de la pêche, sont prélevées sur une base durable, d’où l’importance de maintenir les pêcheurs pratiquant la pêche INN en dehors des eaux namibiennes.

Inspection du F/V Noverdorn

« Le gouvernement namibien a certes pris des mesures de conservation pour protéger le chinchard, et celles-ci sont essentielles à l’économie et à la santé de l’écosystème du pays. Mais lesdites mesures doivent également inclure des patrouilles en mer. Avec l’Opération Vanguard, les criminels qui pillent les eaux namibiennes au large de la côte des Squelettes ont reçu le message que le gouvernement est vigilant dans la défense de ses pêcheries« , a déclaré Son Excellence Bernhard Esau, le Ministre des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) après avoir donné des instructions au Directeur des Opérations du Ministère.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille avec les gouvernements du Gabon, du Liberia, de Sao Tomé-et-Principe, du Bénin et de Tanzanie pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée en mettant à disposition des états africains côtiers l’utilisation de navires de patrouille côtiers civils. Ainsi, les autorités peuvent faire appliquer les réglementations et les lois de conservation liées aux pêcheries au sein de leurs eaux territoriales. A ce jour, ces partenariats uniques ont permis l’arrestation de 30 navires impliqués dans la pêche illégale ou d’autres crimes ayant trait aux pêcheries.

Le Ministère des Pêches et des Ressources Marines considère que ce partenariat est d’une grande importance dans le processus d’éradication de la pêche INN au sein de la zone économique exclusive et continuera d’avoir recours à la généreuse contribution de Sea Shepherd. Le Ministère a par ailleurs ajouté que les sanctions juridiques infligées aux braconniers seraient sévères.

Le Libéria arrête des braconniers high-tech pour pêche illégale et tentative de corruption

Le 15 janvier 2018, le navire de pêche sous pavillon ghanéen F/V Panofi Fore Runner a été arrêté dans les eaux territoriales du Libéria par la Garde côtière de ce pays, assistée par Sea Shepherd. Le senneur de 71m a été appréhendé en possession de neuf Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) alors qu’il pêchait dans les eaux libériennes sans licence de pêche libérienne.

Les DCP fonctionnent comme des “aimants à poissons” et ceux déployés par le F/V Panofi Fore Runner sont des équipements dernier cri qui indiquent au navire l’activité des poissons. Le navire peut donc déployer son filet de deux kilomètres sur le DCP et ramasser le poisson qui se trouve en dessous.

Pêcher sans licence de pêche libérienne constitue la plus grave infraction aux lois des autorités des pêches libériennes. L’amende pour un tel forfait peut atteindre 1 million de dollars US. Chaque DCP déployé constitue une infraction distincte, pour une amende pouvant s’élever à 9 000 000 dollars US.

Dans une tentative malheureuse d’échapper à la justice, le capitaine et son second ont proposé aux représentants de la Garde côtière libérienne qui les ont abordés, un pot-de-vin de 1 450,45 et 6 911,80 dollars US. Cet incident conduira à des poursuites supplémentaires à l’encontre du navire.

Le F/V Panofi Fore Runner est maintenant détenu au port de Monrovia, dans l’attente des poursuites légales.

« La tentative du capitaine et de son second de corrompre les marins de la Garde côtière libérienne constitue un acte répréhensible et une preuve indubitable qu’ils avaient quelque chose à cacher. Il est courant de constater d’autres activités criminelles telles que la contrefaçon, l’évasion fiscale et la corruption associées à des infractions de pêche. C’est pourquoi le ministère de la Défense nationale est décidé à lutter contre la pêche illégale en tant que crime organisé transnational »
Brownie Samukai,ministre libérien de la Défense nationale

Le F/V Panofi Fore Runner fait partie d’une flotte propriété de Panofi Company Ltd, entreprise basée au Ghana bénéficiant d’investissements provenant de Corée du Sud, qui a été condamnée par le passé d’infraction de pêche au Libéria. Un navire jumeau du F/V Panofi Fore Runner, le F/V Panofi Dicoverer, a été arrêté pour pêche illégale au Libéria en 2013, en même temps que deux navires frigorifiques de Panofi, le M/V Volta Victory et le M/V Volta Glory, qui ont été pris en train de transborder illégalement du poisson dans les eaux libériennes. 700 tonnes de thon ont été découvertes à bord du F/V Panofi Fore Runner. Les documents trouvés à bord du Panofi Fore Runner pendant l’inspection ont révélé que ce navire transborde régulièrement avec les deux navires frigorifiques précédemment condamnés pour délit de pêche au Libéria.

« Cela fait cinq ans que les bateaux de Panofi Company Ltd ont été arrêtés et condamnés pour pêche illégale dans les eaux libériennes. L’arrestation rapide d’un navire Panofi, qui a tenté sa chance en contournant une fois de plus les lois libériennes, met en évidence l’incroyable capacité de la Garde côtière libérienne à conserver et protéger ses eaux et illustre l’importance de la collaboration entre gouvernement et société civile pour l’éradication de la pêche illégale, » a déclaré le directeur des campagnes Peter Hammarstedt.

Les FAD à bord du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea ShepherdLes FAD à bord du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd

Depuis février 2017, Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en mettant à disposition un navire civil pour patrouiller dans leurs eaux, sous la direction du Ministre libérien de la Défense. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui représente jusqu’à 40% du poisson pêché dans les eaux d’Afrique de l’ouest.

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore, qui a permis l’inspection en mer de plus de 80 navires de pêche et l’arrestation de cinq chalutiers congolais de pêche INN et un palangrier espagnol. L’Opération Sola Stella permet à Sea Shepherd de poursuivre son engagement aux côtés des gouvernements nationaux et des organismes chargés de l’application de la loi pour combattre la pêche INN, tel que stipulé à travers notre Engagement volontaire pour les Océans énoncé à la Conférence des Nations Unies sur l’Océan de juin 2017.

La garde-côitère libérienne sécruise le pont du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd.: La garde-côitère libérienne sécruise le pont du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd