Un capitaine taïwanais condamné à 20 ans de prison pour « shark finning » en Tanzanie

Le F/V Buah Naga 1, un navire de pêche battant pavillon malaisien, a été arraisonné et confisqué par les forces de l’ordre tanzaniennes dans le cadre de l’Opération Jodari, son propriétaire et son capitaine ont plaidé coupable à l’accusation de « possession illégale d’ailerons de requin », dans le cadre d’une négociation de peine conclue avec les procureurs tanzaniens.

L’inspecteur de police tanzanien et le capitaine du Buah Naga 1, lors de son arrestation, le 25 janvier dernier. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdL’inspecteur de police tanzanien et le capitaine du Buah Naga 1, lors de son arrestation, le 25 janvier dernier. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Le capitaine taïwanais, M. Han Ming Chuan, est en détention préventive depuis janvier 2018, date à laquelle il a été accusé de cinq crimes : complot en vue de commettre des actes criminels, possession illégale d’ailerons de requin, pollution du milieu marin, possession illégale d’une arme à feu, et possession illégale de munitions. Le propriétaire, M. Dato Seri Lee Yee Yee Jiat, et son agent, M. Abubakar Salum Hassan, ont rejoint le capitaine du F/V Buah Naga 1 en détention préventive, après leur arrestation en juin dernier.

Le 4 décembre, les inculpés ont conclu une négociation de peine avec le procureur général tanzanien pour éviter un procès, plaidant coupable pour l’une des cinq accusations : « possession illégale d’ailerons de requin ».

La Haute Cour de Tanzanie a condamné les trois accusés à vingt ans d’emprisonnement ou à une amende d’un milliard de shillings tanzaniens (l’équivalent de 382 000 €). Tous trois ont été transférés dans la prison de Lilungu, à Mtwara, pour commencer à purger leur peine. Si l’amende est payée, la peine sera suspendue.

La Haute Cour a remis les ailerons de requin saisis à l’autorité tanzanienne chargée de la pêche en eaux profondes, pour qu’ils soient détruits. Le bateau de pêche F/V Buah Naga 1 reste quant à lui à Mtwara.

Lorsque qu’il a été arraisonné le 25 janvier par les forces de l’ordre tanzaniennes qui travaillaient à bord du M/Y Ocean Warrior, le navire de Sea Shepherd, les inspecteurs ont découvert que le navire transportait une cargaison illégale d’ailerons de requin. Une arme à feu sans permis – un pistolet Beretta 9 mm – a été trouvée dans la cabine du capitaine. Selon les pêcheurs indonésiens qui travaillaient à bord, cette arme était régulièrement utilisée pour les menacer de travailler : si aucun poisson n’était pêché, l’équipage ne serait pas nourri.

« Sea Shepherd félicite le gouvernement tanzanien pour le succès des poursuites engagées contre le navire F/V Buah Naga 1 et pour le message fortement dissuasif que la Haute Cour de Tanzanie a envoyé aux braconniers d’ailerons de requins, où qu’ils soient. Alors que les populations de requins s’effondrent dans le monde entier, la Tanzanie est en train de devenir un leader international dans la lutte contre la pêche illégale« , a déclaré Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

L’Opération Jodari, est un partenariat entre Sea Shepherd, Fish-i Africa et le gouvernement de Tanzanie destiné à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

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Le petit bateau de Sea Shepherd Ocean Warrior amène des fusiliers marins tanzaniens sur le Buah Naga 1 pour une inspection. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdLe petit bateau de Sea Shepherd Ocean Warrior amène des fusiliers marins tanzaniens sur le Buah Naga 1 pour une inspection. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Sea Shepherd et les autorités de São Tomé arrêtent un navire Européen pour pêche illégale d’ailerons de requins

Une opération conjointe entre les autorités locales et les défenseurs de la mer a permis une descente sur une opération de shark finning (découpe d’ailerons de requins) par un navire de pêche européen au large des côtes d’Afrique Centrale.

Le 22 septembre, au cours d’une intervention baptisée Opération Albacore III, les autorités de São Tomé et Príncipe, un Etat insulaire d’Afrique centrale, ont abordé le palangrier Vema, battant pavillon sénégalais mais rattaché à l’Espagne, avec le concours de Sea Shepherd et des forces de l’ordre gabonaises.

Ce palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », mais les inspections menées par les autorités de São Tomé embarquées sur le navire Bob Barker de Sea Shepherd ont mis au jour des cales remplies exclusivement de requins, principalement des Requins bleus, espèce classée comme « quasi menacée » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Les lignes secondaires des palangres, ces câbles qui supportent les hameçons, étaient renforcées de fil d’acier. Cet élément laisse supposer que les espèces ciblées par le Vema étaient principalement des requins et non pas des thons. Les bas de lignes en acier sont faites pour résister aux mâchoires des requins, les empêchant ainsi de s’échapper.

Les poissons trouvés à bord étaient éviscérés et préparés ce qui, sans délivrance d’une autorisation préalable, constitue une infraction aux lois sur la pêche de São Tomé. Le Vema ne l’avait pas obtenue.

Environ deux tonnes de requins, dont des ailerons séparés des corps, ont été découverts par les inspecteurs, soit une fraction de ce qu’ils auraient pu découvrir si le Vema n’avait pas fait escale précédemment à Walvis Bay (en Namibie), un port souvent utilisé pour décharger les ailerons de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet dans le trafic d’ailerons en deux ans, les trois autres étant le résultat d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon avec l’assistance des bateaux et des équipages de Sea Shepherd.

En août 2016, les autorités de São Tomé, qui intervenaient déjà à bord du Bob Barker, ont arrêté un palangrier espagnol, le Alemar Primero. A son bord, 87 tonnes, de requins et d’ailerons de requin. La direction générale des Affaires maritimes et de la pêche (DG Mare) de l’UE a décidé de ne pas engager de poursuites pour violation de l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, et ce malgré des plaintes déposées par le ministère de la pêche de São Tomé.

En octobre 2017, le ministère de la pêche de São Tomé a publié une notice d’infraction aux règles de pêche à l’encontre d’un autre armateur de bateau espagnol, ainsi qu’à la Commission européenne pour enquêter sur une autre infraction à l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, cette fois commise par un palangrier espagnol, le Baz.

Le 12 septembre 2018, soit une semaine avant l’arrivée du Bob Barker dans les eaux de São Tomé-et-Príncipe, les garde-côtes santoméens, aidés par la marine portugaise, ont arrêté un navire taïwanais, le Shang Fu.

Les espèces de requins sont particulièrement vulnérables à la surpêche car leur croissance est lente, leur maturité tardive et elles n’engendrent qu’un faible nombre de petits.

Les lois sur les pêches de São Tomé qui interdisent le traitement des requins en mer et l’interdiction européenne de pêche aux ailerons sont des mesures de conservation qui garantissent que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire place à davantage d’ailerons, de plus grande valeur commerciale. De plus en plus de requins sont tués pour satisfaire la demande d’ailerons, essentiellement destinés à finir en soupe.

Les patrouilles en mer, fruit d’une étroite collaboration entre Sea Shepherd et les autorités des États côtiers africains, permettent d’intervenir sur des opérations de pêche aux ailerons en abordant et en inspectant les navires.

« Etant donné la sensibilité des espèces de requins à la surpêche, sachant qu’en plus 15% des espèces de requins dans l’Atlantique sont désormais en danger, il est inquiétant que des bateaux de pêche industrielle, dont beaucoup viennent d’Europe, continuent de massacrer les requins sous couvert de licence de pêche au thon« , dénonce Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd. « Ces licences de pêche aux airs de chevaux de Troie induisent volontairement en erreur les pays côtiers d’Afrique car les bateaux de pêche massacrent les requins sans retenue. Sea Shepherd félicite les autorités de São Tomé et Príncipe pour leur collaboration avec le Gabon et Sea Shepherd afin d’amener les braconniers de la faune marine africaine devant la justice.« 

Sea Shepherd demande à Starbuck’s Corporation de rompre ses liens avec le commerce d’ailerons de requins de Hong Kong

« L’industrie de l’aileron de requin ne se limite pas aux revendeurs d’ailerons. Elle s’étend des pêcheurs qui tuent les requins jusqu’aux restaurants qui servent de la soupe d’ailerons de requins. En associant sa marque à celle de Maxim’s Caterers Limited, connu pour proposer des ailerons de requins à sa carte, Starbucks s’est associé au commerce d’ailerons de requins tout entier« , a déclaré Gary Stokes Directeur Asie pour Sea Shepherd Global.

Starbucks a ouvert une licence au Maxim’s Caterers Limited de Hong Kong en 2000. Maxim’s est l’une des plus grandes enseignes de traiteurs de la région, à la tête de plus de 980 boutiques à Hong Kong, Macau, en Chine, au Vietnam et au Cambodge. Leurs boutiques s’articulent autour de concepts occidentaux, de sushi bars japonais, de fast food à emporter, de cantines et d’une large variété de restaurants chinois. Plus de 50 des restaurants chinois de Maxim’s servent ouvertement de la soupe d’ailerons de requins.

« Les entreprises qui travaillent sous une licence de Starbucks doivent sûrement se conformer à la déclaration de mission de Starbucks ? », interroge Stokes.

Déclaration de mission environnementale.

Starbucks s’attache à l’excellence environnementale dans tous les aspects de notre activité :

– Comprendre les enjeux environnementaux et partager des informations avec nos partenaires

– Développer des solutions innovantes et adaptables pour favoriser le change

– Prendre soin d’acheter, vendre et utiliser des produits écologiques

– Reconnaitre que la responsabilité financière est essentielle pour l’avenir de notre environnement

– Instiller la responsabilité environnementale comme valeur d’entreprise

– Mesurer et suivre nos progrès dans chaque projet

– Encourager tous nos partenaires à œuvrer à cette mission

Source – Site web de Starbucks Corporation

La soupe d’ailerons de requins au menu de Maxim'sLa soupe d’ailerons de requins au menu de Maxim’s, chez Symphony by Jade

« Aucun des points de cette déclaration de mission ne permet ni ne justifie la vente de soupe d’ailerons. Aucune entreprise qui vend de la soupe d’ailerons ne peut se prétendre écologique ou responsable quand 100 à 200 millions de requins sont tués chaque année. Ce n’est plus une question culturelle, mais environnementale ! Sea Shepherd demande à Starbuck’s Corporation de ne pas se contenter d’encourager ses partenaires de Maxim’s Limited à partager sa déclaration de missions. S’associer au commerce d’ailerons de requins ne saurait être envisageable pour toute entreprise qui se respecte. Cela ne cadre pas avec les convictions profondes de Starbuck’s et nous sommes certains que cela ne correspond pas non plus aux attentes de sa clientèle internationale. »

« Starbuck’s doit demander à Maxim’s Caterers Limited de retirer la soupe d’ailerons de ses menus dans l’ensemble du groupe ou annuler la licence qui leur permet de vendre du Starbuck’s en Asie« , a conclu Stokes.

Aidez Sea Shepherd à faire plier Starbucks et à porter un coup au commerce d’ailerons de requins, signez la pétition :

https://www.change.org/p/demand-starbucks-sever-its-ties-with-hk-shark-fin-trade

Sea Shepherd Hong Kong met au jour des cargaisons illégales d’ailerons de requins

Le 11 mai 2018 Sea Shepherd Hong Kong a découvert une importante cargaison d’ailerons de requins en provenance du Sri Lanka pour l’entreprise Win Lee Fung Ltd de Hong Kong. La cargaison totale atteignait 980kg et a été envoyée à Hong Kong par avion sur un vol de Singapore Airlines, une compagnie qui avait déjà rejoint d’autres compagnies responsables et interdit le transport d’ailerons de requins sur tous ses vols.

« Singapore Airlines est une victime supplémentaire de ces trafiquants d’ailerons de requins qui ont leurré la compagnie en déclarant le chargement en tant que « fruits de mer séchés » pour passer les contrôles internes de celle-ci. » – Gary Stokes, Directeur Asie pour Sea Shepherd Global.

L’année dernière, Sea Shepherd a mené pendant trois mois une enquête à Hong Kong et découvert des cargaisons de Maersk, Virgin Australia Cargo et Cathay Pacific, qui ont toutes été victimes des tromperies de l’industrie de l’aileron de requin. A chaque fois les chargements étaient déclarés sous de vagues descriptions telles que « fruits de mer séchés » ou « produits de la mer ».

Ce qui rend le dernier cas en date encore pire, c’est que Sea Shepherd a découvert des ailerons de requin-baleine et de requin-corail. Ces espèces figurent sur l’Annexe 2 de la CITES et doivent être avalisées par un permis d’exportation de CITES Sri Lanka. Ces ailerons d’espèces protégées étaient cachés parmi d’autres ailerons pour passer inaperçus.

En utilisant des libellés inappropriés, ces trafiquants servent deux objectifs. Premièrement, ils parviennent à faire transporter la cargaison par une compagnie qui a mis en place une interdiction pour ce type de produits. Deuxièmement, cela permet au chargement de figurer en bas de la liste des priorités des douanes de Hong Kong déjà surchargées et qui ne peuvent contrôler qu’à peine 1% des conteneurs qui arrivent. Un conteneur estampillé « fruits de mer séchés » ne sera probablement jamais contrôlé, les contrebandiers peuvent donc y placer ce qu’ils veulent.

Sea Shepherd Global a demandé au gouvernement de Hong Kong de recourir obligatoirement au système harmonisé de codification des marchandises avant embarquement pour tous les produits issus de la faune et de la flore à destination de Hong Kong. Alors seulement, les douanes de Hong Kong et l’AFCD (ministère de l’agriculture et la pêche et de l’écologie) seront à même de conduire des inspections plus efficaces, car elles auront connaissance des contenus avant leur arrivée. Actuellement, les trafiquants d’ailerons de requins doivent déclarer ce qu’ils ont transporté 14 jours APRÈS l’arrivée du conteneur à Hong Kong sous peine d’une amende de retard de 80$HK (10$US). Au moment où ils déclarent la cargaison, cette dernière est déjà dispersée et plus aucune inspection n’est possible.

« Ils ne devraient plus être appelés négociants, mais trafiquants d’ailerons de requin car c’est exactement ce qu’ils sont, et ils devraient être appréhendés en tant que trafiquants au lieu d’être choyés par peur de bouleverser les modes de vie. Ce sont des criminels« , a déclaré Gary Stokes. « Les agents de l’AFCD devraient pouvoir entrer, perquisitionner et poursuivre, pourtant ils n’en ont pas les pouvoirs ou bien ils manquent d »initiative et de motivation pour le faire.« 

Cette semaine, Sea Shepherd a fait état de ce cas au conseil législatif de Hong Kong (Legco) pour illustrer auprès du gouvernement de Hong Kong les failles et les lacunes actuelles, que les organisations criminelles internationales de trafic d’espèces sauvages exploitent, et montrer la possibilité qu’a ce territoire de peser fortement contre les crimes liés aux espèces sauvages sur la scène internationale à condition de doter les douanes et l’AFCD des bons outils pour leur permettre de faire leur travail efficacement. (Gary Stokes commence à 46:45) https://youtu.be/_j0FMUTnZMw

Opération Apex Harmony : Pas de condamnation pour l’exploitant d’ailerons de requins qui sévit sur la Sunshine Coast

Sea Shepherd suit de près l’affaire de l’exploitant d’ailerons de requins, Gregory Bruce Pearce, depuis août 2016, lorsque son domicile de Rainbow Beach a été perquisitionné et qu’il a été découvert qu’il détenait, en plus d’autres prises illégales, des ailerons de requins très probablement destinés au marché noir.

L’aileron de requin peut atteindre des prix très élevés, alimentant ainsi un commerce dévastateur qui transite principalement par Hong-Kong où s’approvisionnent les restaurants de soupes d’ailerons de requins. La pêche qui consiste à couper l’aileron d’un requin puis à rejeter l’animal vivant en mer est très probablement la pratique qui a le plus grand impact au niveau mondial sur la baisse globale du nombre de requins, puisqu’elle en massacre environ 100 millions chaque année. C’est une pratique répugnante qui doit cesser. Un océan sans requin est un océan mort.

Bien que soumis à 19 chefs d’inculpation dont la possession d’ailerons de requins pêchés alors qu’il était sous contrat avec le gouvernement et qu’il n’avait pas conservé de traces écrites, Gregory Pearce a écopé cette semaine d’une amende de 3500 dollars au tribunal de Gympie, sans qu’aucune condamnation ne soit enregistrée à son casier judiciaire.

Cette réponse molle de notre système de justice n’aide en rien à la préservation de la vie marine menacée par cette pratique écœurante au large de la côte du Queensland. Ne rien inscrire au casier n’est pas dissuasif et Pearce ou d’autres pourront reprendre leurs activités lucratives en tirant profit des requins prisonniers des filets obsolètes et inefficaces du programme de contrôle des requins du Queensland. Nous ne pouvons pas croire que des fonctionnaires et des entreprises seraient traités avec tant de clémence dans d’autres ministères du gouvernement.

Sea Shepherd demande un examen complet des pratiques des contractuels et la mise en place immédiate d’une surveillance effective de leur travail par un programme d’observation indépendant. Il n’est pas tolérable de voir ces graves transgressions prouvées rester impunies. La Nouvelle-Galle du Sud dispose d’un programme de vigie requin, bien que ses niveaux d’observation soient faibles. Le Queensland peut faire tellement mieux en agissant en transparence à travers un programme d’observateurs et la publication régulière de données sur les captures et les prises accessoires.

Sea Shepherd estime que ces activités présumées sont systématiques parmi les contractuels du Programme de contrôle de requins du Queensland depuis des années et qu’elles devraient faire l’objet d’enquêtes et de mesures de dissuasion.

L’Opération Apex Harmony de Sea Shepherd lève le voile sur les pratiques et les dommages provoqués par le programme de contrôle de requins du Queensland depuis quatre ans, et elle se poursuivra jusqu’à la fin des filets destructeurs et des palangres de surface.

Suite à ces comportements illégaux prouvés au sein du programme de contrôle de requins du Queensland, le gouvernement travailliste de l’Etat doit maintenant appliquer son programme électoral qui prévoyait un engagement « pour une étude et une évaluation scientifique continue des mesures non létales de surveillance, de contrôle et de prévention des incidents liés aux requins. » Il n’est pas acceptable de faire une promesse électorale pour ensuite l’enterrer. Le ministre de la pêche, Mark Furner, doit prendre des mesures immédiates pour réparer ce fiasco qu’est le programme de régulation de requins du Queensland.

Le gouvernement du Queensland a peut-être une opportunité à saisir pour se détourner des filets et des palangres et entamer un programme alternatif sérieux de technologies non létales efficaces contre les morsures de requins.

Mise à jour d’une vaste opération espagnole de pêche aux ailerons de requin à São Tomé et Príncipe

Les autorités de São Tomé intentent une action en justice au sein de l’UE

Le 5 septembre, le palangrier espagnol Baz était arraisonné dans les eaux territoriales de São-Tomé-et-Príncipe, état insulaire d’Afrique centrale, par la garde côtière et les inspecteurs des pêches de São Tomé, soutenus par les autorités gabonaises et l’équipage de Sea Shepherd au cours d’une opération conjointe appelée Opération Albacore.

Le palangrier détenait un permis pour pêcher « des thons et espèces similaires », or l’inspection de ses cales a révélé qu’il avait presque exclusivement capturé des requins, principalement des requins bleus, une espèce considérée comme “quasi-menacée” selon l’UICN, mais également des requins-taupe bleu, classés comme « vulnérables » ; catégorie précédant « en danger ». De nombreux ailerons avaient déjà été séparés des corps, une violation présumée du règlement de l’Union européenne 1185/2003 et de l’amendement 605/2013 relatifs à l’enlèvement des ailerons et exigeant que les requins soient débarqués avec leurs ailerons naturellement attachés au corps.

Les mâchoires de requin s’alignent sur le pont du Baz alors que le Bob Barker arrête le navire pour inspection. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Il se trouvait presque autant de requins que de thons à bord du Baz, le navire transportant 62 730 kilogrammes de requins bleus et 6 242 kilogrammes de requins-taupe bleue, pour 36 943 kilogrammes de thons obèses et 5 387 kilogrammes de thons jaunes.

Les avançons, qui sont les segments en monofilament qui soutiennent les hameçons, ont été renforcés à l’aide de fils d’acier, augmentant de ce fait les soupçons de ciblage spécifique des requins par l’équipe du Baz en lieu et place du thon. Les avançons en acier sont employés afin que les requins ne mordent pas la ligne de pêche et s’échappent.

On a également retrouvé à bord des poissons éviscérés et transformés, en infraction à la législation de São Tomé relative à la pêche en l’absence de demande d’approbation préalable, laquelle n’a pas été obtenue par le Baz.

À peine plus d’une année plus tôt, en août 2016, les autorités de São Tomé, qui opéraient de nouveau à bord du Bob Barker de Sea Shepherd, avaient arrêté un palangrier espagnol, l’Alemar Primero, Il avait à son bord 87 tonnes de requins et d’ailerons de requins. En conséquence, le navire avait été saisi, avant d’être relâché au bout de trois semaines, suite au paiement d’une amende pour diverses infractions sans rapport avec la pêche aux ailerons de requin; en effet, bien qu’elle tombe sous le coup de l’interdiction européenne, cette pratique n’est pas encore expressément interdite par la législation nationale de São Tomé.

« Le ministère de la Pêche de São Tome a déposé une plainte auprès de la direction générale des Affaires maritimes et de la pêche de l’UE (DC MARE) pour initier des poursuites relatives à l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins. Curieusement, aucune action conséquente n’a cependant été engagée en Espagne, pays d’immatriculation du navire, le principe non bis ne idem servant de prétexte, des peines ayant prétendument été infligées à São Tomé, bien qu’il ne s’agisse pas de peines pour pêche aux ailerons de requins » a déclaré Peter Hammarstedt, directeur de campagne de Sea Shepherd.

Le 10 octobre 2017, le ministère de la Pêche de São Tomé a émis un avis d’infraction aux règles de pêche à l’égard de l’armateur du navire espagnol et déposé auprès de la Commission européenne une demande d’enquête sur la violation de l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins.

Arraisonnement du Baz par la garde côtière de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Aux yeux de Sea Shepherd, l’abordage et l’inspection du Baz donnent à l’Espagne, état du pavillon, l’occasion de maîtriser enfin les activités criminelles de sa flotte de palangriers.

« La responsabilité de poursuivre l’Alemar Primero pour violation de l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins incombait aux autorités européennes ; en s’y soustrayant, elles ont nourri au sein de la flotte de palangriers espagnole le sentiment de pouvoir poursuivre en toute confiance la pêche au requin dans les eaux santoméennes, en infraction à la réglementation européenne en matière de conservation, » a déclaré Peter Hammarstedt. « À la DG Mare européenne de montrer l’exemple en se chargeant du Baz. S’il n’est pas sanctionné par l’Espagne, son pays d’immatriculation, justice ne sera pas rendue pour São-Tomé-et-Príncipe et l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins restera lettre morte. »

L’Opération Albacore

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement gabonais pour la première Opération Albacore. Cette campagne s’est soldée par plus de quarante inspections en mer de bateaux de pêche et par la saisie conséquente de trois chalutiers congolais pratiquant la pêche INN ainsi que d’un palangrier espagnol. L’Opération Albacore a repris le 5 juillet 2017, lorsque le Bob Barker a rejoint le Gabon.

En septembre, São-Tomé-et-Príncipe a rétabli son association à l’Opération Albacore, dépêchant deux marins et un observateur des pêches qui ont rejoint l’équipage de Sea Shepherd, les membres de la marine nationale du Gabon et les agents gabonais des Pêches (ANPA) à bord du M/Y Bob Barker, afin de repérer et de contrecarrer la pêche INN dans le golfe de Guinée.

La campagne a pour objet d’amplifier les mesures de suivi, de contrôle et de surveillance existantes, de repérer et contrecarrer toute activité de pêche INN ainsi que de vérifier que les exploitants détenant une licence de pêche respectent la législation. Tout au long de la saison de pêche au thon 2017, la marine nationale et l’ANPA sont restés en poste sur le Bob Barker, patrouillant dans les eaux territoriales du Gabon en collaboration avec l’équipage de Sea Shepherd.

L’Europe a adopté cette interdiction de l’enlèvement des ailerons de requins dans un objectif de conservation, afin de s’assurer que les carcasses de requins ne soient pas rejetées en mer pour gagner de l’espace où entreposer les ailerons, plus profitables, ce qui conduirait à tuer bien plus de requins qu’en l’absence de cette mesure. Le nombre des requins mis à mort pour répondre à la demande asiatique d’ailerons, ingrédient de la soupe aux ailerons de requins, ne cesse de croître. Un tiers des espèces de requins fait l’objet d’une surpêche assez importante pour les menacer d’extinction.

Le Baz arraisonné par des garde-côtes et des inspecteurs des pêches de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd