Quatre chalutiers arrêtés dans les eaux protégées du Bénin

Le 8 décembre, avec l’aide de l’équipage de Sea Shepherd, des marins armés de la marine béninoise ont appréhendé et arrêté secrètement quatre chalutiers industriels qui pêchaient illégalement dans les eaux du Bénin, un pays d’Afrique de l’ouest. Photos de Leon Greiner/Sea Shepherd.

Un agent de la Marine béninoise place un navire de pêche illégale en détention.
Un agent de la Marine béninoise place un navire de pêche illégale en détention.

Les navires de pêche, Fada 10, Tian Yu 5, Tian Yu 6 et Tian Yu 8, ont été arraisonnés après avoir été repérés par le radar du Bob Barker en train de pêcher dans une zone de gestion spéciale, réservée aux pêcheurs artisanaux locaux, qui s’étend jusqu’à 5 milles marins du littoral du Bénin. Les chalutiers pêchaient si près de la côte qu’ils pouvaient être vus depuis le rivage.

Un petit bateau de Sea Shepherd s’approche de l’un des bateaux de pêche illégale.
Un petit bateau de Sea Shepherd s’approche de l’un des bateaux de pêche illégale.

Les trois Tian Yu ont également été interceptés alors qu’ils pêchaient dans la réserve écologique de la Bouche du Roi. Cette réserve est constituée de mangroves et de lagons vitaux pour les frayères et fait partie de la Réserve de biosphère du Mono figurant sur la liste MAB (programme de l’Homme et de la Biosphère) de l’UNESCO. Elle accueille près de 2 millions de personnes au Bénin et au Togo ainsi qu’une biodiversité particulièrement riche de par sa situation dans un corridor faunique où migrent les thons et les baleines à bosse.
Les quatre chalutiers ont été escortés vers le port de Cotonou où ils sont retenus.

Agent de la Marine béninoise sur le pont arrière de l’un des bateaux de pêche illégale arrêtés.
Agent de la Marine béninoise sur le pont arrière de l’un des bateaux de pêche illégale arrêtés.

Les arrestations ont eu lieu après le retour du Bob Barker dans les eaux béninoises pour effectuer des patrouilles conjointes en mer avec la Marine de Bénin et Sea Shepherd sous la direction du capitaine de la Marine F. M. Ahoyo, le préfet maritime du Bénin.

Agent de la marine béninoise sur le point d’aborder l’un des bateaux de pêche illégale.
Agent de la marine béninoise sur le point d’aborder l’un des bateaux de pêche illégale.

Plus tôt cette année, dans le cadre de l’Opération Guegou ( » gros thon  » en langue locale Xla), menée conjointement avec le gouvernement du Bénin afin de lutter contre la pêche illégale dans le golfe de Guinée, l’équipage de Sea Shepherd et l’association locale Eco-Bénin ont collaboré avec des représentants de l’Etat Action sur la Mer, la marine béninoise et le ministère des Pêches à bord du navire Bob Barker de Sea Shepherd pour mettre fin au braconnage.

Le capitaine de l’un des bateaux de pêche quitte le pont alors la Marine béninoise inspecte le navire.
Le capitaine de l’un des bateaux de pêche quitte le pont alors la Marine béninoise inspecte le navire.

Le Bénin est le quatrième Etat du Golfe de Guinée à nouer un partenariat avec Sea Shepherd, s’ajoutant ainsi à un mouvement croissant contre la pêche illégale dans la région à travers des patrouilles en mer conjointes.

Le capitaine Anteo Broadfield observe l’inspection du Fada 10.
Le capitaine Anteo Broadfield observe l’inspection du Fada 10.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille en partenariat avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, de São Tomé et Príncipe, de Tanzanie, de Namibie et de la Gambie en mettant à disposition de l’Afrique des navires de patrouilles civils pour combattre les crimes liés à la pêche.

Le ministre des Pêches du Gabon se joint aux patrouilles du Bob Barker

Le ministre Maganga Moussavou a accompagné les inspecteurs des pêches, les éco-gardes du parc national et la marine gabonaise, lors d’arraisonnements et d’inspections en mer aux côtés de l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales du Gabon, incluant le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

Le ministre Maganga Moussavou et le Bob Barker en arrière-plan Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd

C’est à bord d’un senneur industriel que le ministre Maganga Moussavou s’est rendu compte des effets de la pêche au thon sur les populations locales de requins. Alors que la cible principale des senneurs industriels opérant dans les eaux du Gabon est le thon, des chercheurs ont démontré que l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP) avait pour conséquence la mort d’un grand nombre de requins et de poissons juvéniles. Les DCP consistent en des sortes de flotteurs en plastique munis de sonars high-tech et de dispositifs de communication satellite qui appâtent les poissons.

Une étude menée par le programme d’observation des pêches gabonaises a identifié que 83,5 % des albacores pêchés à l’aide de DCP étaient juvéniles (n’ayant pas encore atteint leur maturité sexuelle), contre 10,5 % lorsque ce type de dispositifs n’est pas utilisé. En d’autres termes, les senneurs qui pêchent à l’aide de DCP capturent huit fois plus de poissons n’ayant pas atteint leur maturité sexuelle. De plus, le nombre de prises accessoires de requins augmente. En effet, des espèces de requins vulnérables sont attirées par les poissons juvéniles et s’en nourrissent.

Le Gabon pense actuellement à supprimer progressivement la pêche à l’aide de DCP, devenant ainsi le premier pays au monde à abolir cette pratique.

Le docteur Mike Fay, explorateur-résident à la National Geographic, membre de la Wildlife Conservation Society et conseiller du président gabonais Ali Bongo Ondimba, est aussi monté à bord du Bob Barker.

Il y a maintenant deux ans, le président gabonais constituait le plus grand réseau d’aires marines protégées en Afrique en déclarant la création de neuf nouveaux parcs marins nationaux et de onze nouvelles réserves aquatiques lors de la Conférence des Nations Unies sur l’océan à New York.

« La présence d’un ministre gabonais à bord d’un navire de Sea Shepherd en patrouille montre que le Gabon ne se repose pas sur ses acquis, mais qu’il continue d’écrire l’histoire de la conservation. Sea Shepherd félicite le ministre Maganga Moussavou d’avoir montré l’exemple en se joignant aux inspecteurs des pêches sur le terrain. Le Gabon s’illustre autant au niveau régional que mondial en matière de gestion des pêches.« 

Peter Hammarstedt, directeur de campagnes pour Sea Shepherd Global.

En septembre, au cours d’un raid nocturne, des agents des forces de l’ordre gabonais armés travaillant à bord du Bob Barker, ont pris d’assaut le Tchilassi. Ce vaisseau, battant pavillon congolais, mouillait alors illégalement une senne coulissante dans les eaux protégées du parc national de Mayumba à la frontière du Gabon et du Congo-Brazzaville. En juillet, c’est le Haixin 27, un chalutier battant pavillon chinois, qui a été arraisonné dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon.

Le départ du Bob Barker des eaux gabonaises a marqué la fin de l’Opération Albacore IV, mais Sea Shepherd s’engage à continuer d’aider le Gabon et d’autres partenaires régionaux à défendre, conserver et protéger le golfe de Guinée des pêches illégales et destructrices. À la suite de l’Opération Albacore IV, plusieurs chalutiers ont été arrêtés et traduits en justice, des cadres légaux pour protéger l’océan ont été renforcés, d’innombrables créatures marines ont été sauvées et le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique continue d’être protégé.

Le ministre des Pêches du Gabon, Biendi Maganga Moussavou, a rejoint l’équipage du Bob Barker lors de la dernière patrouille de la saison dans le cadre de l’Opération Albacore IV. Sea Shepherd et le gouvernement gabonais ont lancé cette campagne pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique du Centre-Ouest.

Le ministre Maganga Moussavou et le Bob Barker en arrière-plan Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou avec le capitaine Julian McGale Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou dans la cale à poisson d'un senneur Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou aux côtés d'un inspecteur des pêches sur le pont d'un senneur Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
La marine gabonaise accueille monsieur le ministre à bord du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
La marine gabonaise accueille monsieur le ministre à bord du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le ministre Maganga Moussavou aux côtés de Mike Fay sur le pont du Bob Barker Photos de Tara Lambourne/Sea Shepherd

Un quatrième chalutier arrêté en Gambie pour pêche illégale

Une opération menée en partenariat avec le gouvernement gambien pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique de l’Ouest, qui a déjà permis l’arrestation de trois chalutiers industriels pour un certain nombre de délits de pêche, a conduit à l’arrestation d’un quatrième chalutier par les forces de l’ordre représentant le ministère gambien de la Pêche et la marine gambienne présentes à bord du Sam Simon de Sea Shepherd.

L'inspecteur des pêches gambien examine l'historique d’itinéraire du Niam Niokho

Le 11 septembre, le navire de pêche Niam Niokho a été arrêté par les inspecteurs de pêche gambiens et la marine gambienne, avec le soutien de l’équipage de Sea Shepherd, pour plusieurs chefs d’accusation de pêche dans la zone de gestion spéciale de neuf milles marins de la Gambie réservée aux pêcheurs artisanaux le mois dernier.

Un soldat de la marine gambienne à bord du Niam Niokho

Les incursions ont été confirmées à la fois par le journal de pêche du navire et par le journal de l’observateur du ministère de la Pêche. Des observateurs représentant l’État gambien accompagnent de nombreux bateaux de pêche au large des côtes du pays et servent de contrepoids aux informations consignées par les capitaines des navires.

Un soldat de la marine gambienne à bord du Niam Niokho

La biodiversité est particulièrement abondante dans les eaux gambiennes, car le pays est situé au confluent du fleuve Gambie, riche en nutriments, et du courant des Canaries. Les vies de plus de 200 000 Gambiens dépendent directement ou indirectement de la pêche locale, tandis que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA) estime que plus de 46 % des populations de poissons étudiées dans la zone Atlantique Centre-Est souffrent de surpêche.

Le conducteur d'un petit bateau de Sea Shepherd intercepte le Niam Niokho

La sardinelle et d’autres espèces de petits pélagiques représentent une ressource cruciale pour les Gambiens. C’est pourquoi le ministère de la Pêche et des ressources aquatiques a instauré une zone de gestion spéciale de neuf milles marins visant à préserver les eaux fréquentées par les pêcheurs artisanaux. Mais des chalutiers s’approchent régulièrement des côtes et les pêcheurs artisanaux se plaignent quotidiennement au ministère, lui demandant une compensation pour les filets perdus à cause des chalutiers qui renversent leurs embarcations. Ces incursions quotidiennes participent également à la diminution brutale des populations de sardinelles.

Les pêcheurs artisanaux manifestent leur soutien aux mesures d'application de la législation dans le domaine de la pêche

« L’Opération Défense des côtes gambiennes a permis de capturer quatre chalutiers, dont trois ont participé à des activités de pêche dans une zone spéciale réservée aux communautés locales qui dépendent des ressources du littoral pour subvenir à leurs besoins. Le radar du Sam Simon montre maintenant que les chalutiers naviguent loin de la zone protégée, ce qui permet aux populations de poissons subissant une forte pression de se rétablir. Ces quatre arrestations, et l’effet dissuasif qui a suivi, montrent que les décisions du ministre de la Pêche et des ressources aquatiques en matière de lutte contre les opérations illégales ont une véritable influence sur la population locale« , a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Un membre de la marine gambienne à bord du Niam Niokho avec le Sam Simon en arrière-plan

Baptisé « Opération Défense des côtes gambiennes« , le partenariat de Sea Shepherd avec la Gambie marque la coopération d’un septième État côtier africain à une politique conjointe d’abolition de la pêche illégale autour du continent africain.

La marine gambienne embarque le bateau de pêche Niam Niokho en mer

Le Niam Niokho est actuellement détenu dans le port gambien de Banjul.

Depuis 2016, Sea Shepherd collabore avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, de Sao Tomé-et-Principe, de la Tanzanie, du Bénin et de la Namibie pour lutter contre la pêche INN en mettant à la disposition des États côtiers africains des navires civils de patrouille en mer qui aident les autorités à faire respecter les lois et règlements en matière de pêche et de protection de la mer dans leurs eaux territoriales. À ce jour, ces partenariats uniques ont permis l’arrestation de 36 navires pour pêche illégale et autres crimes liés à la pêche.

Un chalutier arrêté pour braconnage sur la « terre des hippos surfeurs » au Gabon

Le 24 juillet dernier, alors que le navire Bob Barker était en visite au Port-Gentil, dans le cadre de l’Opération Albacore IV – un partenariat entre Sea Shepherd et l’Etat gabonais visant à combattre la pêche illicite – l’Agence nationale des parcs nationaux du Gabon (ANPN) procédait à l’arrestation d’un chalutier local, le Guoji 827, qui pêchait illégalement dans les eaux protégées du parc national de Loango.

Le Guoji 827 arrive à Port-Gentil sous l’oeil vigilant des marines. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le Guoji 827 détenu aux côtés du Haixin 27 à Port-Gentil. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd.
Le Captaine Julian McGale de Sea Shepherd visite le Guoji 827. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd
Les Marines montent la garde sur le Guoji 827 à Port-Gentil. Par Tara Lambourne/Sea Shepherd

Le parc national de Loango , dernier éden de l’Afrique, est une zone faunique unique, rendue célèbre par Mike Fay, l’explorateur en résidence du National Geographic, et par le photographe Mike Nichols, qui a qualifié Loango de « terre des hippos surfeurs » en raison de la tendance des hippopotames du Gabon à quitter la forêt pour aller s’ébattre dans les vagues, se laissant porter par les courants. C’est l’un des rares endroits au monde où cohabitent éléphants, hippopotames et gorilles sur les plages sauvages.

Le Guoji 827 a été détecté dans le parc marin à quatre reprises à l’aide de technologies de surveillance à distance, ce qui a conduit les autorités gabonaises à émettre un mandat d’arrêt contre le navire. Peu de temps après, un bateau d’interception d’éco-gardes de l’ANPN a exécuté ledit mandat et mis le bateau aux arrêts. Le navire et sa cargaison de 20 tonnes de poissons sont actuellement retenus à Port-Gentil, au Gabon.

Un des “ hippos surfers ” du Gabon, par Mike Nichols/National Geographic Society Un des “ hippos surfers ” du Gabon, par Mike Nichols/National Geographic Society

« La réussite de l’Opération Albacore IV est en grande partie le fruit de la coopération entre Sea Shepherd et l’Etat gabonais à travers trois ministères clés : le ministère de la Pêche, de l’Environnement et de la Défense. Il est probable que le Guoji 827 ait été informé de la présence du Bob Barker au port par son navire-jumeau. L’arrestation du chalutier envoie donc un message fort aux pécheurs : les éco-gardes et les inspecteurs de pêche maritime protègent avec vigilance les parcs marins jour et nuit. Sea Shepherd félicite l’Etat gabonais pour l’arrestation réussie et la protection continuelle de sa faune marine exceptionnelle« , a déclaré Peter Hammarstedt, le directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Il y a deux ans, le chef de l’Etat a annoncé la création de neuf (9) nouveaux parcs nationaux marins et 11 nouvelles réserves aquatiques lors de la conférence des Nations Unies sur les Océans à New York ; ce qui représente le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

L’Opération Albacore IV a pour objectif de protéger les aires marines protégées, de repérer et prévenir les activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) tout en s’assurant du respect des lois par les pêcheurs détenant une licence, et de renforcer les mesures de suivi, de contrôle et de surveillance.

Pour rappel, le 5 juillet 2019, le Bob Barker, a prêté main-forte aux autorités locales dans l’arrestation du Haixin 27, un chalutier étranger pêchant illégalement et capturé dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon. Le Haixin 27 demeure détenu à Port-Gentil aux côtés du Guoji 827.

L’Opération Albacore de Sea Shepherd

Notre troisième campagne pour mettre fin à la pêche illégale au Gabon, en Afrique de l’Ouest

Un partenariat fructueux pour protéger l’Eden de l’Afrique.

En 2016, Sea Shepherd s’est associé au gouvernement du Gabon pour mettre fin à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans ses eaux côtières. Sao Tomé-et-Principe s’est rapidement joint à la campagne, ce qui a permis l’arrestation de cinq navires opérant illégalement dans le golfe de Guinée. Sea Shepherd a poursuivi la campagne de protection de leurs eaux côtières en 2017, avec l’arrestation de deux chalutiers et d’un palangrier qui pêchaient illégalement. En 2018, Sea Shepherd est de retour pour reprendre les patrouilles avec les autorités gabonaises de la plus grande aire marine protégée d’Afrique.

Logo de l'opération Albacore

Logo de l’opération Albacore

À propos de l’Opération Albacore III

Un partenariat en cours pour lutter contre la pêche illégale au Gabon

Depuis 2016, Sea Shepherd Global met à disposition le M/Y Bob Barker comme patrouilleur civil offshore pour défendre, préserver et protéger l’habitat essentiel du thon dans le Centre de l’Afrique de l’Ouest. En juillet 2018, un an après que le Gabon a déclaré la création du plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique, Sea Shepherd a lancé sa troisième campagne en partenariat avec les autorités gabonaises.

Un partenariat pour mettre fin à la pêche INN

Travailler avec les autorités locales au Gabon

La Marine Nationale du Gabon, des inspecteurs des pêches de l’Agence Nationale des Pêches et de l’Aquaculture (ANPA) et des rangers de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) seront stationnés à bord du M/Y Bob Barker, et travailleront avec l’équipage du M/V Bob Barker de Sea Shepherd pour surveiller les eaux territoriales du Gabon. Ces patrouilles permettront aux forces de l’ordre de défendre, préserver et protéger l’habitat essentiel du thon dans le centre de l’Afrique de l’Ouest.

En août 2016, l’Opération Albacore a été étendue à Sao Tomé-et-Principe, en Afrique centrale. Avec l’aide de Sea Shepherd, les autorités de cet l’État insulaire ont arraisonné un palangrier battant pavillon espagnol et détenteur d’un permis de pêche au thon. Elles ont découvert des cales remplies de requins dont les ailerons avaient été découpés, ce qui représente une violation de l’interdiction de l’Union Européenne contre le shark finning.

Sea Shepherd conclut l’Opération Albacore III contre la pêche illégale en Afrique centrale

Le départ du navire Bob Barker de Port Gentil au Gabon marque officiellement la fin de l’Opération Albacore III. De même qu’au cours de précédentes campagnes de l’Opération Albacore, la marine gabonaise (Marine Nationale) et les inspecteurs de l’autorité de contrôle des pêches (ANPA) étaient présents à bord du Bob Barker, travaillant avec Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales du Gabon. Le pays disposant du plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique, dont 9 nouveaux parcs marins nationaux et 11 nouvelles réserves aquatiques créées à l’initiative du Président Ali Bongo Ondimba pour la préservation de plus de 26% des eaux du Gabon, des rangers de l’Agence nationale des parcs nationaux ont participé aux quatre mois de patrouilles en mer.

L’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo : Flavio Gasperini/ Sea ShepherdL’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo: Flavio Gasperini/ Sea Shepherd

Trois chalutiers illégaux arrêtés dans des réserves aquatiques

L’Opération Albacore III a débuté avec l’arrestation du Hua Yi 5, un chalutier battant pavillon congolais pris en flagrant délit de pêche non déclarée dans les eaux gabonaises dans la réserve marine du Grand Sud du Gabon, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

Cette arrestation a précédé celle de deux autres chalutiers, cette fois-ci à la frontière nord entre le Gabon et la Guinée Equatoriale. Les bateaux de pêche Jin Li 961 et Jin Li 962, deux chalutiers sous pavillon chinois, ont été surpris par le Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière entre la Guinée Equatoriale et le Gabon pour braconner dans la réserve marine du Cap Esteria, une zone interdite à la pêche. A bord de l’un de ces chalutiers, les inspecteurs gabonais ont découvert un requin tigre dont les ailerons avaient été coupés. Les deux bateaux sont toujours détenus dans le port de Libreville.

Après les arrestations aux frontières nord et sud du Gabon, les patrouilles ont permis, comme escompté, de dissuader les pêcheurs pirates, puisqu’aucune intrusion n’a été relevée par la suite.

Un navire européen de pêche commerciale appréhendé pour pêche aux ailerons de requin.

Après ce coup d’arrêt à la pêche illégale dans les réserves marines du Gabon, le Gabon et Sea Shepherd se sont une fois de plus associés avec l’Etat insulaire d’Afrique centrale São Tomé et Príncipe pour patrouiller dans les eaux de ce pays. Opérant à bord du Bob Barker, les garde-côtes et les inspecteurs des pêches de São Tomé et Principe ont procédé à l’arrestation d’un palangrier, battant pavillon sénégalais, mais rattaché à l’Espagne, pour pêche aux ailerons de requins.

Bien que le palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », les inspections ont révélé que les cales du Vema étaient remplies de deux tonnes de requins uniquement, principalement des requins bleus, classés comme « quasi menacés » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les ailerons étaient séparés des corps.

La règlementation de São Tomé de la pêche qui interdit le traitement des ailerons en mer est une mesure de préservation qui assure que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire de la place aux ailerons, bien plus rentables, ce qui conduirait à la mort de bien plus de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet mené ces quatre dernières années, dont trois sont le fruit d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon, avec l’assistance de Sea Shepherd.

Interdiction de mise en place délibérée de filets pour la capture des baleines et des requins baleines

Trois années de patrouilles dans le cadre de l’Opération Albacore, associées aux suivis réalisés par les observateurs gabonais, ont révélé que certains senneurs industriels encerclaient délibérément les baleines et les requin-baleines avec leurs sennes, sachant que les thons, à la recherche de nourritures similaires, se regroupent autour d’eux.

Les baleines et les requin-baleines pouvaient rester coincés plusieurs heures dans les filets car les pêcheurs n’ouvraient les filets qu’une fois les poissons à bord. A ce moment-là, les chances de survie étaient faibles pour les baleines et requin-baleines pris de panique.

D’après la nouvelle règlementation, si des baleines ou des requins-baleines sont capturés accidentellement dans une senne coulissante, les filets doivent être immédiatement ouverts, même si le navire de pêche risque d’y perdre l’intégralité de sa capture de thon. Ces règles vont sauver la vie de nombreux mammifères marins et requin-baleines et illustrer l’importance des abordages et des inspections menés par les autorités en mer.

Dispositifs de concentration de poisson bientôt interdits

Avant l’Opération Albacore, les dispositifs de concentration de poissons, appelés DCP, n’étaient pas règlementés. Un DCP est un objet flottant, généralement en plastique, qui attire les poissons. Les équipements de communication sonar et satellite adaptés à la technologie de pointe des DCP alertent les bateaux de pêche de la présence de poissons. Les DCP posent problème parce qu’ils conduisent à un plus grand nombre de prises accessoires, ou prises accidentelles, de requins et de poissons juvéniles. En ce qui concerne ces derniers, la pêche avec DCP dans les eaux du Gabon a fait grimper à près de 80% le taux d’individus immatures capturés chez les thons, contre 12% sur des bancs de thons non concentrés. Le Gabon régule désormais le nombre de DCP qui peuvent être déployés par bateau et un mouvement émerge au Gabon qui souhaite interdire totalement les DCP. Cette initiative sauvera d’innombrables requins.

L’Opération Albacore continue

L’Opération Albacore III se termine avec le départ du Bob Barker des eaux gabonaises, néanmoins Sea Shepherd est déterminée à poursuivre sa collaboration avec le Gabon et les autres partenaires régionaux pour défendre, préserver et protéger le Golfe de Guinée de pratiques de pêche illégales et destructrices.

Sea Shepherd et les autorités de São Tomé arrêtent un navire Européen pour pêche illégale d’ailerons de requins

Une opération conjointe entre les autorités locales et les défenseurs de la mer a permis une descente sur une opération de shark finning (découpe d’ailerons de requins) par un navire de pêche européen au large des côtes d’Afrique Centrale.

Le 22 septembre, au cours d’une intervention baptisée Opération Albacore III, les autorités de São Tomé et Príncipe, un Etat insulaire d’Afrique centrale, ont abordé le palangrier Vema, battant pavillon sénégalais mais rattaché à l’Espagne, avec le concours de Sea Shepherd et des forces de l’ordre gabonaises.

Ce palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », mais les inspections menées par les autorités de São Tomé embarquées sur le navire Bob Barker de Sea Shepherd ont mis au jour des cales remplies exclusivement de requins, principalement des Requins bleus, espèce classée comme « quasi menacée » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Les lignes secondaires des palangres, ces câbles qui supportent les hameçons, étaient renforcées de fil d’acier. Cet élément laisse supposer que les espèces ciblées par le Vema étaient principalement des requins et non pas des thons. Les bas de lignes en acier sont faites pour résister aux mâchoires des requins, les empêchant ainsi de s’échapper.

Les poissons trouvés à bord étaient éviscérés et préparés ce qui, sans délivrance d’une autorisation préalable, constitue une infraction aux lois sur la pêche de São Tomé. Le Vema ne l’avait pas obtenue.

Environ deux tonnes de requins, dont des ailerons séparés des corps, ont été découverts par les inspecteurs, soit une fraction de ce qu’ils auraient pu découvrir si le Vema n’avait pas fait escale précédemment à Walvis Bay (en Namibie), un port souvent utilisé pour décharger les ailerons de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet dans le trafic d’ailerons en deux ans, les trois autres étant le résultat d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon avec l’assistance des bateaux et des équipages de Sea Shepherd.

En août 2016, les autorités de São Tomé, qui intervenaient déjà à bord du Bob Barker, ont arrêté un palangrier espagnol, le Alemar Primero. A son bord, 87 tonnes, de requins et d’ailerons de requin. La direction générale des Affaires maritimes et de la pêche (DG Mare) de l’UE a décidé de ne pas engager de poursuites pour violation de l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, et ce malgré des plaintes déposées par le ministère de la pêche de São Tomé.

En octobre 2017, le ministère de la pêche de São Tomé a publié une notice d’infraction aux règles de pêche à l’encontre d’un autre armateur de bateau espagnol, ainsi qu’à la Commission européenne pour enquêter sur une autre infraction à l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, cette fois commise par un palangrier espagnol, le Baz.

Le 12 septembre 2018, soit une semaine avant l’arrivée du Bob Barker dans les eaux de São Tomé-et-Príncipe, les garde-côtes santoméens, aidés par la marine portugaise, ont arrêté un navire taïwanais, le Shang Fu.

Les espèces de requins sont particulièrement vulnérables à la surpêche car leur croissance est lente, leur maturité tardive et elles n’engendrent qu’un faible nombre de petits.

Les lois sur les pêches de São Tomé qui interdisent le traitement des requins en mer et l’interdiction européenne de pêche aux ailerons sont des mesures de conservation qui garantissent que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire place à davantage d’ailerons, de plus grande valeur commerciale. De plus en plus de requins sont tués pour satisfaire la demande d’ailerons, essentiellement destinés à finir en soupe.

Les patrouilles en mer, fruit d’une étroite collaboration entre Sea Shepherd et les autorités des États côtiers africains, permettent d’intervenir sur des opérations de pêche aux ailerons en abordant et en inspectant les navires.

« Etant donné la sensibilité des espèces de requins à la surpêche, sachant qu’en plus 15% des espèces de requins dans l’Atlantique sont désormais en danger, il est inquiétant que des bateaux de pêche industrielle, dont beaucoup viennent d’Europe, continuent de massacrer les requins sous couvert de licence de pêche au thon« , dénonce Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd. « Ces licences de pêche aux airs de chevaux de Troie induisent volontairement en erreur les pays côtiers d’Afrique car les bateaux de pêche massacrent les requins sans retenue. Sea Shepherd félicite les autorités de São Tomé et Príncipe pour leur collaboration avec le Gabon et Sea Shepherd afin d’amener les braconniers de la faune marine africaine devant la justice.« 

Opération Albacore III : Trois bateaux arrêtés pour pêche illégale

Un an après que le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé la création de neuf nouveaux parcs nationaux marins et 11 nouvelles réserves aquatiques à la Conférence des Nations Unies sur les océans qui se tenait à New York, le groupe de conservation marine Sea Shepherd est retourné au Gabon pour assister le gouvernement dans la lutte contre la pêche illégale dans ce qui est désormais le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

L’Opération Albacore III est la troisième campagne de Sea Shepherd en partenariat avec le gouvernement gabonais pour s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique du Centre-Ouest. Tout au long de la saison de pêche au thon 2018, la Marine gabonaise, les inspecteurs de l’Agence Nationale des Pêches et l’Aquaculture (ANPA) et les rangers de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) seront à bord du navire de Sea Shepherd, le M/Y Bob Barker, collaborant avec l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales gabonaises. Ces patrouilles offrent un moyen supplémentaire aux autorités judiciaires pour défendre, préserver et protéger l’habitat fragile du thon en Afrique centrale.

Les nouvelles de la campagne ont été officiellement publiées après l’arrestation de deux chalutiers, le F/V Jin Li 961 et le F/V Jin Li 962, qui pêchaient illégalement dans les eaux septentrionales du Gabon. Les chalutiers ont été détectés par le radar du M/Y Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière de la Guinée Equatoriale voisine pour pêcher dans des réserves marines protégées par la loi gabonaise. Des militaires armés de la Marine gabonaise ont abordé et sécurisé les deux chalutiers sans heurts ni encombres tandis que les agents de l’ANPA et de l’ANPN procédait aux inspections, au cours desquelles ils ont découvert un requin tigre aux ailerons coupés dans la cale de l’un des bateaux, et des preuves de pêche dans la réserve du Cap Esterias. Les deux bateaux sont maintenant détenus dans le port de Libreville.

Un autre navire, le F/V Hua Yi 5, a été arrêté plus tôt cette année à la frontière congolaise dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon, pour avoir pêché au Gabon sans autorisation.

L’Opération Albacore III vise à défendre les aires marines protégées du Gabon nouvellement créées, à repérer et prévenir les activités de pêche INN, à surveiller la légalité des licences de pêche des opérateurs et à étendre les mesures actuelles de surveillance et de contrôle.

Equipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea ShepherdEquipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea Shepherd

Le combat contre la pêche INN

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés chaque année dans le monde à travers la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN : jusqu’à 40% des poissons pris dans les eaux d’Afrique de l’ouest le sont par des opérateurs criminels.

Le capitaine du M/Y Bob Barker, Peter Hammarstedt de Sea Shepherd a déclaré : « Les nouvelles lois et mesures de conservation supposent une augmentation des capacités de police, c’est pourquoi Sea Shepherd est déterminée à poursuivre son partenariat avec le gouvernement du Gabon, pour contribuer à la protection de la plus grande aire marine protégée d’Afrique. Le Gabon est une figure de proue régionale en matière de gestion des espaces protégés et c’est un privilège de s’associer avec les autorités gabonaises sur le front de la défense de la vie marine d’Afrique.« 

En 2016, Sea Shepherd a noué un partenariat avec le gouvernement du Gabon pour la première Opération Albacore, qui a depuis permis l’inspection en mer de plus de 80 navires et l’arrestation ultérieure de neuf navires de pêche illégale.

Sea Shepherd lance l´Opération « Dolphin ByCatch » pour alerter sur le sort des dauphins le long des côtes françaises.

En France, sur les seules côtes de Vendée et Charente Maritime sur la seule période de Janvier à Mars, c’est une moyenne de 6000 dauphins (et jusqu’à 10 000 d’après les estimations de Pelagis) qui sont tués par les chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (filet traîné par deux chalutiers) mais aussi par les grands chalutiers industriels à grande ouverture verticale. C’est bien plus que les massacres des îles Féroé et de la baie de Taiji (Japon) combinés.

Ces navires pêchent principalement le bar, sur les zones de frayère et en pleine période de reproduction. Si l’espèce du bar est-elle même menacée de ce fait, les dauphins en font également les frais. Le Bob Barker, navire de Sea Shepherd, en patrouille sur le plateau de Rochebonne le week-end dernier a pu filmer, les chalutiers Jérémi Simon et Prométhée en train de remonter leur filet avec à l’intérieur deux dauphins pris au piège. L’un des dauphins semblait déjà mort noyé mais l’autre, encore vivant émettait des sifflements de détresse que l’on peut entendre sur la vidéo. Les deux dauphins ont été montés à bord d’un des deux navires et n’ont pas été rejetés à la mer devant notre équipage. Cette scène macabre se reproduit toutes les nuits, toute l’année le long de la côte, avec un pic entre janvier et mars.

Vers une disparition des dauphins le long de nos côtes ?

L’observatoire Pelagis basé à La Rochelle lance des bouteilles à la mer depuis plusieurs années sans être entendu. Dans un rapport de 2016 signé par le CNRS, Pélagis et l’université de la Rochelle, il est clairement stipulé que la mortalité infligée aux dauphins par les bateaux de pêche met en péril la survie de la population à moyen terme. Les mammifères marins sont particulièrement vulnérables, avec une faible fécondité et une grande sensibilité à la pollution chimique et plastique, ils doivent aussi affronter la raréfaction de leur nourriture en raison de la surpêche. Si nous voulons encore voir des dauphins en France demain, il est donc urgent de prendre des mesures drastiques de protection dès aujourd’hui. Pour l’instant, l’Etat fait la sourde oreille à toutes les alertes des scientifiques sur le sujet et les pêcheurs impliqués profitent de l’ignorance du grand public.

Le calvaire des dauphins capturés

Les dauphins qui évoluent souvent avec les bars sont capturés dans les filets qui ne sont pas suffisamment sélectifs. De là s’en suit une mort agonique dans le filet (par noyade). Les dauphins qui sont remontés vivants meurent des blessures infligées par les pêcheurs à bord des navires. Les cadavres échoués montrent des fractures du rostre, la queue et les nageoires sectionnées, des entailles profondes dues au filet…

Une opacité volontaire sur des captures qui n’ont plus rien d´« accessoire »

Sous le pudique terme de « captures accessoires », c’est une véritable hécatombe de dauphins qui a lieu le long de nos côtes dans une opacité totale et entretenue.

En effet, si la loi oblige en théorie les pêcheurs à déclarer leurs captures de dauphins, dans les faits, l’État n’a habilité aucun organisme à recevoir ces données. Un vide bien pratique pour empêcher tout suivi de la mortalité infligée aux mammifères marins par les chalutiers. L’Observatoire Pélagis de La Rochelle est pourtant tout à fait apte et légitime à recueillir ces données mais n’a pas obtenu l’autorisation de le faire.

Quelles solutions pour sauver les dauphins?

CE QUE DOIT FAIRE L’ETAT :

1/ Interdire la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar. La France donne des autorisations pour une pêche particulièrement destructrice sur des zones fragiles mais ne met pas en parallèle les mesures de surveillance adéquates.

2/ Mettre en place une meilleure surveillance des pêcheries et empêcher concrètement la vente de poissons juvéniles. La France a déjà écopé de plusieurs millions d’euros d’amende pour sa grande tolérance à la vente de poissons sous tailles, interdits par l’Union Européenne, dans un but évident de préserver les populations.

3/ Désigner enfin un organisme (Pélagis par exemple) pour recevoir les données liées aux captures de dauphins par les engins de pêche.

CE QUE PEUT FAIRE LE GRAND PUBLIC :

1/ Manger moins de poisson

2/ Boycotter systématiquement les poissons de petite taille.

3/ Boycotter les poissons issus de la pêche au chalut et s’en tenir exclusivement aux poissons pêchés à la ligne.

Soutenez l’opération Dolphin Bycatch en signant et en partageant notre pétition en ligne :Signez la Pétition

Les navires de pêche industrielle et les prises accessoires : Sea Shepherd aux côtés des autorités gabonaises contre les navires de pêche qui cachent la mort d’espèces menacées

Un label qui protège les dauphins : c’est en 1990 que le tollé provoqué par le nombre de dauphins tués dans les filets de pêche des thoniers a conduit à la création du label « Dolphin Safe ». Plus de 25 ans plus tard, des espèces non ciblées et souvent en voie d’extinction sont toujours tuées en tant que « prises accessoires » dans les filets de pêche au thon du monde entier. Au Gabon, le thon jaune est pêché dans une mer riche en dauphins, tortues, raies et requins. Ici, les prises accessoires sont courantes, rarement évitées et souvent non déclarées par les thoniers.

Une espèce menacée de requin-marterau prise dans le filet du thonier. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Cet été, pendant une inspection de routine à bord du bateau de pêche Montecelo, les agents de surveillance des pêches gabonais, assistés par la Marine Gabonaise et Sea Shepherd, ont découvert que ce navire battant pavillon salvadorien ne déclarait systématiquement pas les prises accessoires. La non-déclaration des captures accidentelles est une violation de la législation gabonaise, car le suivi des volumes des prises accessoires est une composante déterminante de la mesure de l’impact environnemental total d’une pêcherie.

Les agents gabonais des pêches ont pu observer qu’une tortue marine, un grand requin-marteau, un requin bleu et sept requins soyeux étaient chargés à bord du senneur en même temps que l’espèce cible, le thon. Au moment du rejet en mer, tous les requins paraissaient morts, y compris le requin-marteau et les requins soyeux, des espèces menacées.

Le 9 août, le navire Bob Barker de Sea Shepherd est resté près du Montecelo et a pu documenter six rejets en mer de requins, écartés comme prises accessoires.

Le F/V Montecelo et le Bob Barker de Sea Shepherd dans les eaux Gabonaises. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Montés à bord du Montecelo deux jours plus tard, les agents ont constaté que deux requins-marteau pris ce jour-là ainsi que six requins pêchés le jour précédent n’avaient pas été documentés comme l’exige la loi. Suite à ce constat, une procédure d’infraction a été lancée contre le Montecelo, avec pour conséquences : une amende, la suspension de la licence de pêche en cours et/ou le non-renouvellement de la licence de pêche pour l’année suivante.

Interrogé, le capitaine du Montecelo a expliqué que ces prises accessoires n’avaient pas été déclarées parce qu’il était « trop occupé », qu’il ne « savait pas que c’était obligatoire » et que de toute manière il était « incapable d’identifier les espèces ».

Le filet est hissé sur le pont du F/V Montecelo. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Cette découverte de Sea Shepherd à bord du Montecelo fait partie d’un problème bien plus grand, dévoilé par l’Opération Albacore : la non-déclaration et la sous-déclaration (ne sont déclarés qu’un tiers voire seulement un quart) des prises accessoires des thoniers opérant en eaux gabonaises.

Le Bob Barker patrouille dans la région depuis le mois de mai dans le cadre de l’Opération Albacore, une campagne qui vise à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) sous la direction du gouvernement du Gabon. En fournissant suivi et documentation, Sea Shepherd assiste les autorités gabonaises dans leurs efforts pour réduire la mortalité et les blessures sérieuses causées par les prises accessoires.

Le F/V Montecelo hissant son filet à bord. Photo Tara Lamboune/Sea Shepherd