Opération Jeedara – Coup de projecteur sur les lions de mer australiens en voie de disparition

Dernière mise à jour par Jeff Hansen, Responsable de campagne, Opération Jeedara 2018, notre campagne actuelle de défense de la Baie

L’une des espèces les plus rares de lions de mer au monde

Le lion de mer australien (Neophoca cinerea) est la seule espèce d’otarie du genre Neophoca. Il est endémique à l’Australie, ce qui signifie qu’il n’existe que dans ce pays. De fait, en tant qu’Australiens, nous avons la responsabilité de le protéger. Des milliers de lions de mer australiens ont péri au cours de la grande époque de la chasse aux phoques au XIXème siècle. Cependant, leur peau, recouverte de poils durs, n’était pas aussi convoitée que la fourrure des phoques, et l’espèce a donc été moins impactée en comparaison à d’autres. Historiquement, les lions de mer australiens ont été la cible des pêcheurs parce qu’ils constituaient des concurrents à la ressource que ces premiers venaient chercher en mer, et l’abattage de phoques était une pratique acceptée jusqu’au milieu des années 70, ce qui a conduit à la diminution, voire à l’extinction de nombreuses colonies.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le lion de mer australien figure sur la liste rouge des espèces en voie de disparition, avec une population en déclin constant, comptant au total moins de 12 000 individus.

Sur ce nombre, 85 % vivent en Australie-Méridionale, et 15 % en Australie-Occidentale. La Loi de 1999 sur la protection de l’environnement et la préservation de la biodiversité les a listés dans la catégorie des espèces vulnérables, et ils sont protégés par l’Acte de 1972 sur les parcs nationaux et les espèces sauvages.

Les lions de mer australiens (Neophoca cinerea) font partie d’un groupe d’otaries à pavillons auditifs. Leurs nageoires pectorales leur permettent de se déplacer rapidement dans l’eau et ils peuvent se mouvoir facilement sur le sol en marchant sur leurs quatre nageoires. Le lion de mer australien (aussi appelé otarie australienne) diffère des otaries ou des phoques « vrais », tels que le phoque léopard, le phoque de Weddell ou le phoque du Groenland qui ne possèdent pas de pavillons auditifs externes et ne peuvent que difficilement utiliser leurs pattes arrières (réunies pour former une sorte de nageoire) lorsqu’ils sont sur le sol. Le cycle de reproduction du lion de mer australien est le plus original de toute la famille des Otariidés. La durée de gestation est de 18 mois mais la période de mise bas varie selon les colonies : elle s’étale sur 5 à 7 mois et peut même atteindre 9 mois à « Seal Bay » (la baie des otaries) sur Kangaroo Island.

Un lion de mer australien mâle sur les Îles Pearson (Pearson Isles). Crédit photo : Sea Shepherd / Simon AgerUn lion de mer australien mâle sur les Îles Pearson (Pearson Isles) – Crédit photo : Sea Shepherd/Simon Ager

Lions de mer mâles

Les mâles n’ont pas de territoire particulier pendant la saison de reproduction. Dès leur plus jeune âge, ils se battent entre eux pour établir une hiérarchie et les mâles dominants auront le droit de s’accoupler avec les femelles lorsqu’elles seront fécondables (Œstrus). Une femelle devient fertile pendant 24 heures, 7 à 10 jours après la mise bas. Après mise bas, elle ne s’occupe que de son dernier petit et va chasser celui de la précédente portée s’il vient chercher à la téter.

Malheureusement, les lions de mer australiens sont aussi connus pour tuer les plus jeunes dans le but de défendre leur territoire. Mais ils ont aussi ce que l’on appelle des comportements alloparentaux, à savoir l’adoption d’un ou de plusieurs petits par un adulte. Cela peut avoir lieu si les parents d’origine meurent ou si, pour une raison quelconque, ils en sont séparés.

Lions de mer femelles

Les femelles ne se reproduisant qu’une fois tous les 18 mois, il faudra beaucoup de temps pour que les lions de mer australiens se rétablissent, même si nous avons mis les meilleurs systèmes de protection en place, car de nombreuses menaces demeurent. Les grands requins par exemple, en particulier le grand requin blanc, attaquent et mangent les lions de mer (une bonne raison pour ne pas nager près des îles de reproduction). Parmi les autres risques, mentionnons l’enchevêtrement dans des filets de pêche, la collision avec des bateaux, les perturbations humaines, la pollution et l’épuisement des proies causées par la surpêche.

Plus récemment, un dispositif d’exclusion des lions de mer (SLED), système adaptable aux chaluts de pêche aux crevettes notamment, a été mis au point afin de permettre aux jeunes otaries prisonnières du filet de s’échapper, mais aussi pour que toutes les prises accessoires de plus de 10 cm sortent indemnes des filets. Le lion de mer se nourrit uniquement en mer, où il chasse le calmar, le poulpe, la seiche, le poisson, de petits requins et la langoustine. Les mâles adultes peuvent se nourrir à des profondeurs allant jusqu’à 150 mètres !

Des lions de mer australiens, menacés de disparition, sur les Îles Pearson (Pearson Isles). Crédit photo: Sea Shepherd / Eliza MuirheadDes lions de mer australiens, menacés de disparition, sur les Îles Pearson (Pearson Isles) – Crédit photo : Sea Shepherd/Eliza Muirhead

Les menaces actuelles pesant sur les lions de mer australiens

L’une des plus grandes menaces pour les lions de mer est la pêche au requin au filet maillant au large de l’Australie-Méridionale et de l’Australie-Occidentale. La raison en est que la répartition des colonies d’otaries australiennes et de la recherche de nourriture chevauche une pêcherie gérée par l’Autorité australienne de gestion des pêches (AFMA). Cette pêcherie utilise des filets maillants en vue de capturer des émissoles gommées (espèce de requin connue également sous le nom de Mustelus antarcticus dans les fish and chips). Or, les filets maillants sont invisibles, en mailles fines, suspendus dans la colonne d’eau proche du benthos, là où les lions de mer se nourrissent principalement ; des émissoles gommées et autres poissons restent accrochés dans le maillage.

Mais malheureusement, les lions de mer australiens en font de même et se noient. Avec le taux de mortalité élevé des prises accessoires dans les filets et les faibles chances de rétablissement de l’espèce, l’AFMA – sous la pression du secteur de l’environnement, y compris l’Association de Conservation marine australienne (AMCS), la Humane Society International (HSI) et le grand public – a accepté de réduire son « seuil limite » de lions de mer pouvant être tués lors des activités de pêche en Australie-Méridionale. Des fermetures spatiales excluant la pêche au filet maillant, entre 4 et 10 milles nautiques, ont également été mises en place autour de la plupart des colonies de lions de mer dans l’état.

Un lion de mer australien, menacé de disparition, sur une plage des Îles Pearson (Pearson Isles). Crédit photo: Sea Shepherd / Eliza Muirhead.Un lion de mer australien, menacé de disparition, sur une plage des Îles Pearson (Pearson Isles) – Crédit photo : Sea Shepherd/Eliza Muirhead.

Les menaces actuelles pesant sur les lions de mer australiens

À l’heure actuelle, la zone de pêche est divisée en sept zones différentes, dans lesquelles un certain nombre d’animaux peuvent être tués avant que la zone ne soit fermée à la pêche. Un total de 15 lions de mer australiens tués est dorénavant considéré comme un bilan acceptable. À la suite d’informations indiquant que les pêcheurs ne notifiaient pas les interactions avec les lions de mer, l’AFMA a mis en place un système de surveillance électronique sur chaque bateau se livrant à des activités de pêche dans la région des colonies d’otaries. Cependant, il existe des moyens de contourner la surveillance par caméra, en fonction de la façon dont le filet est remonté quand un lion de mer est pris au piège.

Souvent, lorsqu’une femelle est tuée, c’est la vie du petit resté à terre ou du fœtus en gestation qui est perdue, ce qui porte un coup dévastateur au rétablissement de l’espèce.

Il est important de faire remarquer que ces programmes de surveillance n’existent qu’en Australie-Méridionale, et qu’il reste beaucoup à faire pour la protection des lions de mer australiens en Australie-Occidentale, où les populations de lions de mer et les pêcheries à filets maillants partagent les mêmes territoires. Des différences sont à noter aussi concernant la distance autorisée à laquelle le public peut approcher les lions de mer : 30 mètres en Australie-Méridionale, et seulement 5 mètres en Australie-Occidentale. Cette distance doit être augmentée en Australie-Occidentale, pour permettre aux otaries de se reposer et se remettre des nombreuses heures de chasse. Nous savons tous à quel point nous humains avons besoin d’une bonne nuit de sommeil. Il en va de même pour nos lions de mer australiens en voie de disparition. Gardez bien cela à l’esprit la prochaine fois que vous verrez l’un de nos petits batailleurs australiens se reposer sur une plage ou une île.

Pourquoi les zones de sanctuaire comme les Îles Pearson sont importantes pour les lions de mer australiens

Les lions de mer femelles ont tendance à rester près de l’endroit où elles sont nées et à y retourner pour mettre bas. Ceci signifie que chaque petite population se distingue génétiquement de sa voisine, et que la mort non naturelle d’une seule et même femelle peut avoir un impact important sur la survie d’une colonie.

Un jeune lion de mer australien. Crédit photo: Sea Shepherd / Eliza Muirhead.Un jeune lion de mer australien – Crédit photo : Sea Shepherd/Eliza Muirhead.

Plus la population est petite, plus l’incidence d’un décès est forte. Un endroit comme les Îles Pearson a vu, depuis des milliers d’années, des générations de lions de mer venir sur les côtes pour se reposer, récupérer, s’accoupler et donner naissance. Sachant que les lions de mer australiens ne se reproduisent que tous les deux ou trois ans, et que cette espèce lutte déjà pour sa survie, ces zones de sanctuaire telles que les Îles Pearson sont essentielles pour maintenir un refuge sûr pour la survie de cette espèce emblématique, merveilleuse et joueuse, tant dans l’eau que sur terre.

Que pouvez-vous faire pour protéger le lion de mer australien ?

Admirez les lions de mer depuis une distance de sécurité de 30 mètres à terre et dans l’eau. Pendant la saison de reproduction, les femelles défendent leurs petits vigoureusement et n’hésiteront pas à attaquer qui s’en approcherait : restez éloignés des îles où elles mettent bas. Ne nourrissez pas les lions de mer, il est important qu’ils se procurent leur nourriture par eux-mêmes et ne deviennent pas dépendants de la nourriture distribuée

Repartez avec vos déchets : chaque année, des lions de mer meurent d’une mort lente et douloureuse due à l’enchevêtrement et à l’ingestion de déchets plastiques et autres. Déplacez-vous lentement pour ceux qui sont sous la surface quand vous êtes sur un bateau à la recherche d’une de ces créatures joueuses et charismatiques.

Sous les vagues : des lions de mer australiens en voie de disparition. Crédit photo: Sea Shepherd / Eliza Muirhead.Sous les vagues : des lions de mer australiens en voie de disparition – Crédit photo : Sea Shepherd/Eliza Muirhead.

Sanctuaire marin des îles Pearson – une arche de Noé des temps modernes

Commentaire de Jeff Hansen, chef d’expédition, Opération Jeedara 2018

L’équipage du Steve Irwin de Sea Shepherd facilite actuellement une étude d’écologie marine de deux semaines en collaboration avec des scientifiques marins dans les zones reculées du sanctuaire marin offshore des îles de l’Investigator.

La zone de protection de la faune sauvage des îles de l’Investigator est une zone protégée située dans l’archipel de l’Investigator, au large de la côte ouest de la péninsule d’Eyre en Australie du Sud, dans un rayon de 25 à 70 kilomètres au sud-ouest d’Elliston. La zone de protection de la faune sauvage a été décrétée en 2011 aux termes du Wilderness Protection Act 1992 afin de protéger « d’importantes zones d’échouage du lion de mer australien menacé d’extinction et de phoques à fourrure de Nouvelle-Zélande » et l’habitat d’espèces telles que les pétrels à tête blanche, les céréopses cendrés, les Shearwater à queue courte (mouton oiseau) et le wallaby des rochers à pattes noires des îles Pearson. La zone de protection de la faune sauvage est classée zone protégée IUCN de catégorie Ib.

L’Australie du Sud compte 19 parcs marins et 83 zones sanctuarisées. Les limites du parc marin ont été décrétées en 2009, et des plans de gestion déterminés en 2012, dont la mise en œuvre date de 2014, lorsque les restrictions de pêche sont entrées en vigueur dans les zones sanctuarisées. Environ 85 pour cent de la faune marine d’Australie du Sud est unique au monde. En 2012, le réseau de parcs marins d’Australie du Sud a été dédié à la préservation à long terme de cette importante biodiversité.

Les études marines prendront place au large des îles de Top Gallant, Ward, Flinders et Pearson, qui font toutes partie de la zone de protection de la faune sauvage de l’archipel de l’Investigator. Ces îles se sont formées il y 8750 à 10500 ans à la suite de la montée du niveau des mers, au début de l’Holocène.

Les scientifiques effectueront jusqu’à quatre plongées quotidiennes sur chaque site insulaire, afin de comparer leurs études marines avec des données antérieures (mesurant la taille, l’abondance, la biodiversité, etc.) afin de vérifier si les sanctuaires donnent des résultats.

Le poisson-zèbre (ou daurade rayée) atteint 51 cm et se trouve fréquemment dans les récifs rocheux des eaux côtières peu profondes jusqu'à 20 m de profondeur - Zone du sanctuaire des îles Pearson (Photo: Sea Shepherd/Tim Watters)Le poisson-zèbre (ou daurade rayée) atteint 51 cm et se trouve fréquemment dans les récifs rocheux des eaux côtières peu profondes jusqu’à 20 m de profondeur – Zone du sanctuaire des îles Pearson (Photo: Sea Shepherd/Tim Watters)

Les îles Pearson constituent le joyau du réseau de parcs marins d’Australie du Sud, dont les terres forment une zone de protection de la faune sauvage, entourées d’une zone de sanctuaire marin, eu égard à la richesse de la biodiversité qui l’habite.

Les îles Pearson présentent une signification exceptionnelle pour la préservation. La spectaculaire île Pearson émerge abruptement jusqu’à une altitude de 200 mètres. Les eaux sont abondamment occupées par de grands poissons comme les requins blancs, les émissoles gommées, Achoerodus gouldii, poissons arlequins, Paraplesiops meleagris et d’invertébrés comme les coraux mous et les éponges, alors que les îles abritent des oiseaux migrateurs et la plus grande colonie de reproduction de petits pingouins d’Australie du Sud. Les abritent en outre les charismatiques lions de mer australiens menacés d’extinction, des phoques à fourrure de Nouvelle-Zélande ainsi que des dragons de mer.

Un poisson napoléon et des algues fucoïdes ont été repérés dans la zone du sanctuaire de l'île Pearson après notre toute première plongée d'étude lors de l'Opération Jeedara 2018 ! (crédit photo: Sea Shepherd - Tim Watters)Un poisson napoléon et des algues fucoïdes ont été repérés dans la zone du sanctuaire de l’île Pearson après notre toute première plongée d’étude lors de l’Opération Jeedara 2018 ! (crédit photo: Sea Shepherd – Tim Watters)

Dans les zones de sanctuaire en place comme au large de l’île Kangaroo, des espèces comme le homard de rocher du sud, trois à quatre fois plus gros que qui se trouvent hors des zones sanctuarisées (où les activités de pêche sont autorisées) ont été découverts, et ceci seulement un peu plus de deux ans après l’entrée en vigueur du sanctuaire. Qu’il s’agisse de poissons ou de crustacés, plus l’espèce peut croître, plus elle pond d’œufs, soulignant une fois encore l’importance essentielle des sanctuaires marins. C’est pourquoi de nombreux pêcheurs soutiennent les sanctuaires marins lorsqu’ils constatent que leurs bienfaits débordent des limites des zones sanctuarisées.

Nos océans assurent deux sur trois de chaque respiration de l’humanité ; en d’autres termes, ils constituent notre principal système de survie. En revanche, nos océans sont en grand danger tout autour du globe, sachant qu’un océan sain dépend de la richesse de sa biodiversité. Il est essentiel de préserver des sanctuaires de faune marine pour la survie de nos océans, en particulier pour des espèces comme le malicieux lion de mer Australien, malgré tout menacé d’extinction.

Un Achoerodus gouldii atteint 1,75 mètre ; profondeurs jusqu'à 40 mètres - très curieux de nature ! (Crédit photo : Sea Shepherd - Tim Watters)Un Achoerodus gouldii atteint 1,75 mètre ; profondeurs jusqu’à 40 mètres – très curieux de nature ! (Crédit photo: Sea Shepherd – Tim Watters)

Notre faune marine, qui maintient nos principaux systèmes de survie dans les océans, doit disposer d’un refuge sûr, de lieux où se reposer, se rétablir, atteindre sa pleine maturité, se reproduire et en un mot prospérer. Préserver des zones sanctuarisées pour la faune marine profite à l’ensemble de l’humanité, qu’il s’agisse des secteurs de l’éco-tourisme, de la pêche ou de la capacité pour la planète d’assurer la vie.

Nos océans peuvent se rétablir, si cette chance leur est donnée ; les sanctuaires marins offrent cette chance aux océans et à leur précieuse faune marine.

Sea Shepherd espère que les sanctuaires marins protégés nous offriront un jour un aperçu de ce que nos océans étaient avant nous.

Un Horseshoe Leatherjacket (ou Purple People Eater) atteint 70 cm, se trouve dans les eaux littorales et les récifs rocheux ! Photo prise hier dans les îles Pearson (crédit photo: Sea Shepherd - Tim Watters)Un Horseshoe Leatherjacket (ou Purple People Eater) atteint 70 cm, se trouve dans les eaux littorales et les récifs rocheux ! Photo prise hier dans les îles Pearson (crédit photo: Sea Shepherd – Tim Watters)

Sea Shepherd remercie tous ses soutiens qui font partie de notre vision pour défendre, préserver et protéger nos océans partout dans le monde, pour l’amour de la nature et pour défendre notre principal système de survie.

Merci d’avoir rendu possible l’Opération Jeedara 2018, notre campagne ininterrompue pour la défense de la Grande baie australienne.

Opération Jeedara 2018 : Le Steve Irwin part vers la Grande Baie Australienne

La Grande Baie Australienne, l’UNE des zones les plus spectaculaires d’Australie, formant une aire marine sauvage, est toujours menacée par l’exploitation pétrolière et gazière en mer. Il y a tout juste une semaine, une nouvelle demande tendant à entamer des essais sismiques dans les eaux au large de Kangaroo Island et de Port Lincoln a été déposée auprès de l’Autorité nationale de la sécurité des extractions pétrolières extracôtières et de la gestion de l’environnement (NOPSEMA).

Le Steve Irwin naviguera dans la région, en documentant quelques unes des zones sauvages et pittoresques de la Baie, afin de démontrer ce que nous pourrions perdre si de telles activités destructrices étaient autorisées.

« Nous savions déjà que les essais sismiques peuvent être mortels pour les baleines et les dauphins. De nouvelles preuves scientifiques nous montrent que l’impact peut également être catastrophique à l’égard du plancton, qui est fondamental à la vie dans nos océans, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les écosystèmes marins et sur la pêche« , a déclaré Jeff Hansen, le Directeur de Sea Shepherd Australie.

« Les petits rorquals, les rorquals communs, les baleines à bosse, les cachalots et les baleines bleues ont élu domicile à la Grande Baie et c’est également un des lieux les plus importants au monde pour la reproduction de la baleine franche australe. En 2016, notre campagne Opération Jeedara a illustré ce qui serait susceptible d’arriver si cette zone était transformée en exploitation pétrolière et qu’une fuite de pétrole arrivait.« 

« Les travaux de modélisation des déversements présentés par la compagnie BP ont démontré qu’une fuite de pétrole dans les eaux pures de la Baie affecterait une grande partie de l’Australie du sud; de l’Australie occidentale, de l’Australie méridionale, de l’état de Victoria et de la Tasmanie, jusqu’à la Nouvelle-Galles du Sud. Peu importe l’exploitant, les risques liés au déversement de pétrole restent les mêmes, menaçant plus de 10 000 emplois dans les domaines du tourisme et de la pêche, évalués à 2,1 milliards de dollars« , a ajouté Jeff.

« La nouvelle campagne poursuivra l’immense travail qui a été mené lors de l’Opération Jeedara. En partant à la découverte des îles éloignées du groupe de l’Investigator (Les îles Pearson, Top Gallant, Ward et Flinders), nous allons explorer cette fois les fonds marins et rencontrer l’incroyable vie marine qui y a élu domicile.

« Sea Shepherd, en collaboration avec des océanographes, mènera des levés marins portant sur des zones sanctuaires, en tenant compte de la biodiversité qui y est établie, et du fait que 85% de la faune et flore marine de la Baie est singulière. Les déversements de pétrole et les essais sismiques ne respectent pas les zones sanctuaires, ce pourquoi Sea Shepherd compte sur les études marines pour réaffirmer l’importance de ces sanctuaires marins, essentiels pour les générations futures« , d’après Jeff.

Le capitaine du Steve Irwin, Anteo Broadfield, poursuit en disant que « Sea Shepherd remercie et salue tous ceux qui ont contribué au travail et ont mené des efforts considérables durant le séjour du Steve Irwin au Port Adelaide, ainsi que les milliers d’Australiens du Sud, venus visiter le bateau et ayant soutenu l’Association financièrement et en nature. Votre soutien et vos encouragements voyageront avec nous jusqu’à la Grande Baie Australienne, conformément à l’esprit des australiens. »

La Great Australian Bight Alliance à Canberra dans le cadre de l’ Opération Jeedara

La Great Australian Bight Alliance se rend au Parlement australien cette semaine dans le cadre de la campagne visant à protéger la Grande Baie australienne. Le documentaire Jeedara y sera diffusé et des exposés détaillés sur les menaces actuelles qui pèsent sur la région seront présentés à un large éventail de députés et de sénateurs.

« La nurserie des baleines de la Grande Baie australienne est un lieu totalement inapproprié pour entreprendre des forages pétroliers risqués en eaux profondes, en raison, en particulier, du changement climatique catastrophique qui se profile. Promouvoir le développement de l’industrie pétrolière relève de l’irresponsabilité la plus totale et n’est pas envisageable si nous souhaitons transmettre à nos enfants un climat vivable« , a déclaré Peter Owen, responsable de cette campagne au sein de la Wilderness Society South Australia.

« Jusqu’à présent, six conseils de l’Australie-Méridionale ont adopté des résolutions soulevant de vives inquiétudes concernant les forages pétroliers envisagés, et invoquant un risque inacceptable pour leurs communautés, ainsi que pour le tourisme, la pêche et le littoral vierge. Les autorités doivent défendre les intérêts des citoyens qu’elles représentent, pas ceux des compagnies pétrolières. Il n’y a pas de permis social« , a conclu Peter Owen.

Jeff Hansen, directeur général de Sea Shepherd Australie, a déclaré : « L’Alliance est ici à Canberra pour représenter les citoyens et communautés concernés, de plus en plus nombreux, qui sont très inquiets de la menace d’une marée noire. Avant que la société BP n’abandonne son projet de forage pétrolier dans la Baie, elle a rendu public son modèle de marée noire. Celui-ci montrait qu’une marée noire dans la Baie pourrait s’étendre aux côtes des États de l’Australie-Occidentale, de l’Australie-Méridionale, du Victoria, de Tasmanie, voire de la Nouvelle-Galles du Sud.« 

« Une marée noire provoquée par le géant pétrolier norvégien Statoil serait tout aussi catastrophique pour la Baie, les communautés, ainsi que le tourisme et les emplois liés au secteur de la pêche, qui représentent 2,1 milliards de dollars australiens (AUD).« 

« Lorsque le Steve Irwin a mis le cap sur la Baie, en 2016, ce qui nous a le plus frappé, c’était le désespoir, la tension et le stress que ressentaient alors les communautés locales sous la menace de l’arrivée des pétrolières. La Baie était un endroit qui non seulement leur tenait à cœur depuis l’enfance, mais dont leurs existences entières dépendait.« 

« L’expédition du Steve Irwin dans la Baie, en 2016, a donné lieu à un documentaire intitulé Jeedara, couronné d’une récompense internationale, dont le but était de mettre en lumière l’une des dernières grandes aires marines sauvages de la planète, et ce que l’on pourrait perdre tous si l’on laisse les pétrolières investir la Baie. Nous ne pouvons pas emmener Canberra dans la Baie, toutefois, grâce à la diffusion de Jeedara au Parlement, nous espérons apporter à la capitale australienne la beauté, la splendeur et le merveilleux qui constituent le véritable esprit australien de la Baie » a déclaré Jeff Hansen.

« Environ 85 % de la biodiversité marine de l’Australie-Méridionale est unique au monde. La Baie constitue également l’une des plus importantes nurseries au monde pour les baleines franches australes, sans oublier le cachalot, le rorqual commun, le petit rorqual et les baleines bleues menacées d’extinction« , a poursuivi Jeff Hansen.

« Puisque le gouvernement australien n’a pas l’intention de s’attaquer au problème de la flotte baleinière japonaise dans l’Antarctique, le moins qu’il puisse faire est de mettre un terme à la folie du forage pétrolier dans les eaux pures, et pourtant éloignées, profondes et dangereuses, de la Baie« , a encore déclaré Jeff Hansen.

Le Steve Irwin paré à reprendre la mer en direction de la Grande Baie australienne

Opération Jeedara : cette fois, nous comptons bien immerger nos appareils photos pour révéler les secrets de ce paradis sous-marin.

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Quand Sea Shepherd a mis le cap sur la Grande Baie australienne en août 2016, nous n’avions aucune idée de ce que nous allions découvrir dans des lieux tels que l’archipel de Nuyts, l’île Saint-François, les falaises de Bunda, Head of Bight ou encore les îles Pearson.

« Ce que nous avons trouvé là s’est avéré être l’un des secrets les mieux gardés au monde. La Baie, d’une biodiversité incroyablement riche, héberge de nombreuses espèces comme la baleine bleue, le petit rorqual, le rorqual commun et la baleine à bosse. De plus, il s’agit de l’une des plus importantes nurseries de la planète pour la baleine franche australe« , nous informe Jeff Hansen, directeur général de Sea Shepherd Australie.

Le thon rouge du Sud – une espèce en danger critique d’extinction –, le grand requin blanc, le requin mako, le lion de mer et le dauphin ont fait de la Baie leur habitat. On y trouve également des aigles pêcheurs très rares, tel que le pygargue blagre, ainsi que des pingouins. Cette zone grouille de vie. Il s’agit d’un endroit extraordinaire, unique et d’une importance capitale pour la planète ; la plupart des îles de la Baie possèdent clairement de quoi rivaliser avec les îles Galápagos, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

« L’Opération Jeedara met en vedette une région remarquable – l’un des spectacles les plus beaux et les plus impressionnants de Mère Nature sur Terre. Cela a poussé BP et Chevron à cesser leurs activités de forage dans la Baie« , déclare encore Jeff.

Si nous parvenons à lever les fonds nécessaires pour terminer la révision du moteur du Steve Irwin, Sea Shepherd pourra lancer une nouvelle expédition avec un équipage de volontaires internationaux dans la Grande Baie australienne en mars 2018.

« Cette fois, nous comptons bien immerger nos appareils photo pour révéler les secrets de ce paradis sous-marin. Nous allons explorer et documenter cette incroyable étendue sauvage protégée par plusieurs sanctuaires marins, dont celui des îles Pearson« , ajoute Jeff.

Au retour de cette nouvelle expédition dans la Baie, le Steve Irwin et son équipage s’attaqueront au problème de la mine de charbon du groupe Adani dans le cadre de l’Opération Reef Defence.

« Au nom de toute l’équipe de Sea Shepherd, merci pour votre aide dans la remise à flot de notre navire, le Steve Irwin. Il nous reste encore du chemin à parcourir, mais, grâce à votre aide sans faille, nous serons bientôt de retour dans la Grande Baie australienne« , conclut Jeff.