Un capitaine taïwanais condamné à 20 ans de prison pour « shark finning » en Tanzanie

Le F/V Buah Naga 1, un navire de pêche battant pavillon malaisien, a été arraisonné et confisqué par les forces de l’ordre tanzaniennes dans le cadre de l’Opération Jodari, son propriétaire et son capitaine ont plaidé coupable à l’accusation de « possession illégale d’ailerons de requin », dans le cadre d’une négociation de peine conclue avec les procureurs tanzaniens.

L’inspecteur de police tanzanien et le capitaine du Buah Naga 1, lors de son arrestation, le 25 janvier dernier. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdL’inspecteur de police tanzanien et le capitaine du Buah Naga 1, lors de son arrestation, le 25 janvier dernier. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Le capitaine taïwanais, M. Han Ming Chuan, est en détention préventive depuis janvier 2018, date à laquelle il a été accusé de cinq crimes : complot en vue de commettre des actes criminels, possession illégale d’ailerons de requin, pollution du milieu marin, possession illégale d’une arme à feu, et possession illégale de munitions. Le propriétaire, M. Dato Seri Lee Yee Yee Jiat, et son agent, M. Abubakar Salum Hassan, ont rejoint le capitaine du F/V Buah Naga 1 en détention préventive, après leur arrestation en juin dernier.

Le 4 décembre, les inculpés ont conclu une négociation de peine avec le procureur général tanzanien pour éviter un procès, plaidant coupable pour l’une des cinq accusations : « possession illégale d’ailerons de requin ».

La Haute Cour de Tanzanie a condamné les trois accusés à vingt ans d’emprisonnement ou à une amende d’un milliard de shillings tanzaniens (l’équivalent de 382 000 €). Tous trois ont été transférés dans la prison de Lilungu, à Mtwara, pour commencer à purger leur peine. Si l’amende est payée, la peine sera suspendue.

La Haute Cour a remis les ailerons de requin saisis à l’autorité tanzanienne chargée de la pêche en eaux profondes, pour qu’ils soient détruits. Le bateau de pêche F/V Buah Naga 1 reste quant à lui à Mtwara.

Lorsque qu’il a été arraisonné le 25 janvier par les forces de l’ordre tanzaniennes qui travaillaient à bord du M/Y Ocean Warrior, le navire de Sea Shepherd, les inspecteurs ont découvert que le navire transportait une cargaison illégale d’ailerons de requin. Une arme à feu sans permis – un pistolet Beretta 9 mm – a été trouvée dans la cabine du capitaine. Selon les pêcheurs indonésiens qui travaillaient à bord, cette arme était régulièrement utilisée pour les menacer de travailler : si aucun poisson n’était pêché, l’équipage ne serait pas nourri.

« Sea Shepherd félicite le gouvernement tanzanien pour le succès des poursuites engagées contre le navire F/V Buah Naga 1 et pour le message fortement dissuasif que la Haute Cour de Tanzanie a envoyé aux braconniers d’ailerons de requins, où qu’ils soient. Alors que les populations de requins s’effondrent dans le monde entier, la Tanzanie est en train de devenir un leader international dans la lutte contre la pêche illégale« , a déclaré Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

L’Opération Jodari, est un partenariat entre Sea Shepherd, Fish-i Africa et le gouvernement de Tanzanie destiné à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

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« Sea Shepherd lance l’Opération Jodari avec la Tanzanie : les trois premières arrestations » (5 février 2018)

« L’Opération Jodari de Sea Shepherd mène à deux nouvelles arrestations en Tanzanie » (5 juin 2018)

Le petit bateau de Sea Shepherd Ocean Warrior amène des fusiliers marins tanzaniens sur le Buah Naga 1 pour une inspection. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdLe petit bateau de Sea Shepherd Ocean Warrior amène des fusiliers marins tanzaniens sur le Buah Naga 1 pour une inspection. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Opération Jodari : Six mois de patrouilles conjointes pour contrecarrer les activités de pêche illégale en Tanzanie

Les forces de l’ordre tanzaniennes, Fish-i-Africa et l’équipage de Sea Shepherd ont patrouillé durant six mois à bord de leur navire, l’Ocean Warrior. Une coalition qui a permis de mettre à mal la pêche illégale dans les eaux tanzaniennes. L’Opération Jodari, la première campagne menée par ce partenariat unique entre des organisations civiles et un gouvernement, a conduit à l’arrestation de deux palangriers pour pêche illégale d’ailerons de requin et de vingt-sept boutres pour contrebande, ainsi qu’à la condamnation de dix-neuf navires à une amende pour avoir fui les eaux territoriales tanzaniennes afin d’éviter les arraisonnements et les inspections. Les patrouilles reprendront après un arrêt planifié pour la maintenance et les réparations de l’Ocean Warrior.

« Les six mois de patrouilles chapeautées par un gouvernement tanzanien impliqué dans la lutte contre les crimes de pêche ont porté leurs fruits : les braconniers ont définitivement mis les voiles. Cette victoire montre l’importance de former de nouveaux partenariats dans la région de l’océan Indien occidental, tout en continuant à travailler à l’unisson avec les autorités tanzaniennes qui constituent un exemple dans la lutte contre la pêche illégale, aussi bien localement que mondialement. La Tanzanie a montré la voie au monde entier« , a déclaré le directeur de campagnes de Seai Shepherdi Global, Peter Hammarstedt.

Deux palangriers arrêtés pour pêche illégale d’ailerons de requin

Des patrouilles dans la zone économique exclusive (ZEE) tanzanienne, auparavant en dehors de la juridiction des autorités de pêche, ont conduit à l’arrestation de deux navires de pêche battant pavillon étranger pour pêche illégale d’ailerons de requin. À bord de l’un des navires, le Buah Naga 1, les forces de l’ordre tanzaniennes ont découvert une arme à feu non déclarée dont le capitaine se servait pour menacer son équipage. À l’heure actuelle, le capitaine, l’armateur et l’agent maritime du Buah Naga 1 sont toujours en détention et font l’objet d’accusations criminelles.

Dix-neuf navires de pêche condamnés à une amende pour s’être soustraits à la justice

Depuis l’arraisonnement de deux navires de pêche et la condamnation à une amende de 19 milliards de shillings tanzaniens (6 865 160 euros) de dix-neuf autres navires qui avaient fui la Tanzanie pour éviter les inspections post-pêche obligatoires, on n’a observé pratiquement aucune activité de pêche dans les eaux tanzaniennes.

L’équipe d’intervention multi-agences (la MATT, Multi-Agency Task Team), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Celle-ci estime que ces 19 navires en règle ont fui le pays parce qu’ils transportaient des cargaisons illégales d’ailerons de requin, alors qu’ils ne possédaient qu’une licence pour pêcher le thon.

Vingt-sept boutres arrêtés pour contrebande

Depuis le début de l’Opération Jodari, l’Ocean Warrior a également surveillé les routes les plus fréquentées par les contrebandiers entre l’île de Zanzibar et la partie continentale de la Tanzanie.

Vingt-sept boutres – ces bateaux de marchandise traditionnels qui commercent habituellement dans l’océan Indien – ont été arrêtés pour avoir fait passer des chargements illégaux de bois de mangrove destinés à être vendus sur le marché noir et pour la traite de personnes, entre autres accusations.

La loi tanzanienne protège strictement les marais à mangroves, car ce sont des habitats essentiels pour de nombreuses espèces de mollusques et de poissons qui y fraient et s’y nourrissent. Ces milieux sont donc également importants pour l’économie des communautés locales, en particulier les pêcheurs artisanaux.

Malgré les efforts assidus du gouvernement tanzanien pour protéger ces marais à mangroves, l’exploitation abusive de certaines zones a rendu la régénération naturelle impossible sans l’intervention des services de l’État. Le démantèlement des opérations de contrebande de bois en mer représente une part importante de cette intervention humaine et a permis de fournir des renseignements pouvant être utilisés par les autorités pour entreprendre des opérations à terre contre le commerce très lucratif de la contrebande du bois de mangrove.

Opération Jodari

L’Opération Jodari vise à contrôler toutes les activités des navires évoluant dans les eaux tanzaniennes, en arraisonnant ceux suspectés de pêche INN et en formant les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS) de la pêche dans les eaux territoriales, notamment l’inspection des bateaux et les procédures d’abordages.

À bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd, les forces de l’ordre, les autorités tanzaniennes de pêche hauturière, la marine tanzanienne, l’agence tanzanienne pour le contrôle des stupéfiants et une équipe d’intervention multi-agences (la MATT) travaillent aux côtés du capitaine Adam Meyerson et de l’équipage de Sea Shepherd pour surveiller les eaux territoriales de Tanzanie. Les représentants de la loi ont le droit d’aborder, d’inspecter et d’arrêter les navires qui violent la loi tanzanienne. L’équipe d’intervention multi-agence (la MATT), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Sa mission consiste à surveiller les individus et les réseaux à la tête de la criminalité environnementale et du commerce illégal d’espèces sauvages.

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés annuellement à travers le monde par la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables ce type de pêche, au profit de laquelle la région de l’océan Indien occidental perd chaque année environ 1 milliard de dollars.

Il est également important de mentionner le soutien de Fish-i-Africa dans l’Opération Jodari. En effet, ce partenariat entre huit pays d’Afrique de l’Est (dont les Comores, le Kenya, Madagascar, la République de Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) favorise l’échange d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche illégale de grande envergure dans l’océan Indien occidental.

L’Opération Jodari de Sea Shepherd mène à deux nouvelles arrestations en Tanzanie

Le propriétaire et l’affréteur du Buah Naga 1, navire de pêche battant pavillon malaisien ont tous deux été arrêtés dans l’archipel de Zanzibar. Le navire avait été arraisonné par les forces de l’ordre tanzaniennes dans le cadre de l’Opération Jodari, une collaboration entre le gouvernement tanzanien, Fish-i Africa et Sea Shepherd, pour lutter contre la pêche INN (Illicite, Non déclarée et Non réglementée). Les investigations contre ce navire suspecté de pêcher illégalement continuent.

Le Buah Naga 1 a été contrôlé et saisi le 25 janvier dernier par des agents tanzaniens travaillant à bord du navire de Sea Shepherd, l’Ocean Warrior. La fouille avait permis de découvrir une cargaison illégale d’ailerons de requins et une arme à feu non déclarée dans la cabine du capitaine. Selon les travailleurs indonésiens à bord, le capitaine se servait régulièrement de ce Beretta 9mm pour les menacer lorsque la pêche était mauvaise. Ils affirment également avoir été privés de nourriture.

Le Buah Naga 1 reste donc aux mains des autorités tanzaniennes et le capitaine a été inculpé lui aussi pour trafic d’ailerons de requin et de pollution volontaire. L’éventail complet des accusations est à déterminer par le directeur des poursuites pénales.

Selon la loi de l’autorité de pêche en haute mer de la Tanzanie, un navire de pêche autorisé à pêcher dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Tanzanie doit être représenté par un agent enregistré en Tanzanie. Les enquêtes menées par le groupe de travail multi-agences tanzanien ont révélé que le prétendu agent figurant sur les documents fournis par le Buah Naga 1 lors de la demande de licence de pêche n’était pas un agent enregistré et n’était en aucun cas lié à l’agence Zanzibar, présumée représenter le navire.

Le propriétaire et l’affréteur seront eux poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes criminels.

La course-poursuite d’un navire braconnier de légine se termine par une arrestation en Indonésie

Le matin du 6 avril, un navire de la marine indonésienne a intercepté le F/V STS-50, un navire de braconnage de légine apatride qui s’était évadé de la baie de Maputo, au Mozambique, le 17 mars, alors qu’il était en garde légale. Cette arrestation marque la fin d’une incroyable course-poursuite de trois semaines dans l’océan Indien, où les efforts coordonnés de Fish-i Africa, du Project Scale d’Interpol, des Fusion Centers de Madagascar et Singapour, de Sea Shepherd, de la République unie de Tanzanie et de la République d’Indonésie ont finalement mené ce braconnier notoire devant la justice.

Le STS-50, un navire braconnier de légine australe et antarctique figurant sur la liste noire d'INTERPOL et visé par une ''notice violette''. Photo : Jax Oliver/Sea ShepherdLe STS-50, un navire braconnier de légine australe et antarctique figurant sur la liste noire d’INTERPOL et visé par une  »notice violette ». Photo : Jax Oliver/Sea Shepherd

Le F/V STS-50, un navire braconnier de légines australe et antarctique bien connu des autorités, a été arrêté en République du Mozambique pour avoir présenté des certificats d’enregistrement falsifiés, prétendant appartenir à la République du Togo. Les inspecteurs ont découvert 600 filets maillants à bord, alors que ce matériel de pêche est interdit par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR).

Le F/V STS-50, inscrit depuis 2016 sur la liste noire de la CCAMLR et visé par une notice violette d’INTERPOL pour la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), est mieux connu sous des noms qu’il a portés par le passé : « Ayda« , « Sea Breez 1 » ou encore « Andrey Dolgov« .

Le Mozambique a demandé l’aide de tous les pays membres de Fish-i Africa pour appréhender le navire fugitif. Huit pays d’Afrique de l’Est (dont les Comores, le Kenya, Madagascar, la République de Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) font aujourd’hui partie de Fish-i Africa, un partenariat qui favorise l’échange d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche INN.

L’Ocean Warrior, un navire de Sea Shepherd patrouillant actuellement en Tanzanie contre la pêche INN dans le cadre de l’Opération Jodari avec des agents de l’autorité de la pêche en eau profonde, de la marine tanzanienne et de l’équipe spéciale multi-agences (MATT), a été chargé par la MATT d’intercepter le F/V STS-50.

« C’est une belle initiative de la part du gouvernement tanzanien d’avoir pris la responsabilité de poursuivre le F/V STS-50 au-delà de sa juridiction nationale, faisant ainsi preuve d’un leadership énorme dans la lutte régionale contre la pêche INN« , a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Pendant plusieurs jours, le F/V STS-50 a été poursuivi dans les eaux des Seychelles, où la marine tanzanienne n’avait malheureusement pas le pouvoir d’arraisonner et d’inspecter le navire fugitif. Cependant, des photos et d’autres preuves recueillies au cours de la poursuite – par exemple, le cap et la vitesse du STS-50 – ont été transmises aux autorités indonésiennes et ajoutées aux renseignements dont elles disposaient déjà, leur permettant ainsi d’intercepter et d’arrêter le navire.

L'équipage de Sea Shepherd et leurs partenaires tanzaniens à bord de l'Ocean Warrior dans le cadre de l'Opération Jodari. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdL’équipage de Sea Shepherd et leurs partenaires tanzaniens à bord de l’Ocean Warrior dans le cadre de l’Opération Jodari. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

À la poursuite de navires de braconniers notoires : une histoire collective

De 2014 à 2016, Sea Shepherd a mené l’opération Icefish, une campagne visant à faire tomber les « Bandit Six ». Ce groupe, formé par les six derniers opérateurs de pêche illégaux braconnant la légine à travers l’Antarctique, a fait les gros titres lors de la poursuite historique (longue de 110 jours) du Thunder par les navires Bob Barker et Sam Simon, battant le pavillon Sea Shepherd. Le Thunder a finalement été coulé par son propre capitaine dans le but de détruire des preuves, tandis qu’un autre des « Bandit Six », le Viking, a été intercepté et coulé par la marine indonésienne.

L’opération Icefish a mené les gouvernements à prendre des mesures qui ont entraîné la disparition du reste des « Bandit Six ». Toutefois, il semblerait que le F/V STS-50 ait suivi leurs traces en démarrant des opérations de braconnage dans l’océan Austral.

Sea Shepherd félicite le gouvernement indonésien, la marine indonésienne et le ministère indonésien des Affaires maritimes et de la Pêche d’avoir montré l’exemple dans l’application de la loi sur la pêche. Sous la direction du ministre Susi Pudjiastuti, les autorités indonésiennes ont saisi et détruit 363 bateaux de pêche illégale.

Lors d’une conférence de presse à Jakarta, Susi Pudjiastuti a souligné que « le gouvernement indonésien pourrait saisir le STS-50 afin de l’utiliser pour le bien public ou encore le démolir, comme il l’avait fait avec le Viking. Le sort de ce navire doit être décidé au plus tôt ».

« Cette course-poursuite dans l’océan Indien et l’arrestation du navire de pêche F/V STS-50 qui a suivi sont un bel exemple de ce qui est rendu possible par la coopération entre les gouvernements, les forces de l’ordre et la société civile dans la lutte contre la pêche INN« , a déclaré Peter Hammarstedt. « Sea Shepherd soutient pleinement l’approche pragmatique de l’Indonésie à l’égard des braconniers et est très heureux que le STS-50 soit maintenant aux mains de l’Indonésie. Sea Shepherd est également fier d’avoir contribué à la poursuite et à l’appréhension de ce navire braconnier notoire dans le cadre de son partenariat avec le gouvernement tanzanien, en lui fournissant des renseignements récoltés par l’Ocean Warrior.

Le F/V Viking, coulé par les autorités Indonésiennes en 2016. Photo de Gary Stokes/Sea ShepherdLe F/V Viking, coulé par les autorités Indonésiennes en 2016. Photo de Gary Stokes/Sea Shepherd

Des trafiquants de bois de mangrove arrêtés lors de la deuxième patrouille de l’Opération Jodari

Une patrouille en mer de 20 jours entreprise conjointement par les autorités tanzaniennes, Fish-i Africa et Sea Shepherd à bord de l’Ocean Warrior a permis l’arrestation de dix navires, dont sept appartiennent à un réseau de trafiquants de bois qui dévastent les mangroves d’Afrique de l’Est.

Depuis l’arrestation de trois navires pour délits de pêche et la condamnation à une amende de 19 milliards de Shillings tanzaniens (6 865 160 euros) de 19 autres navires qui avaient fui la Tanzanie pour éviter les contrôles post-pêche obligatoires, il n’y a eu pratiquement aucune activité de pêche observée dans les eaux tanzaniennes. Ainsi, l’Ocean Warrior a passé deux semaines à surveiller une tristement célèbre route de contrebande entre l’Île de Zanzibar et la partie continentale de la Tanzanie.

Pendant les patrouilles, sept boutres ont été arrêtés pour avoir fait passer des chargements illégaux de bois de mangrove sur le marché noir. Les boutres sont des bateaux de marchandise traditionnels qui commercent souvent dans l’Océan Indien.

La loi tanzanienne protège strictement les forêts de mangrove, car ce sont des habitats essentiels pour de nombreuses espèces de coquillages et de poissons qui y fraient et y naissent. Ces milieux sont donc également importants pour les communautés locales, en particulier les pêcheurs artisanaux.

Malgré les efforts sensibles du gouvernement tanzanien pour protéger ces vastes marais de mangrove, certaines zones ont été tellement exploitées que la régénération naturelle est impossible sans l’intervention des services de l’Etat. Le démantèlement des opérations de contrebande de bois en mer représente une part importante de cette intervention humaine et fournit des renseignements qui peuvent être utilisés par les autorités pour s’attaquer aux opérations à terre du commerce très lucratif de bois de mangrove de contrebande.

Les sept boutres et leurs chargements ont été confisqués et leurs capitaines arrêtés. Le capitaine de l’un des boutres a délibérément coulé son bateau alors qu’il était tracté par l’Ocean Warrior, pour créer un climat de confusion et tenter de permettre aux autres boutres remorqués de s’échapper. L’équipage du boutre a été secouru et le capitaine poursuivi en justice, soupçonné d’obstruction à une enquête criminelle.

Les autorités tanzaniennes ont également arrêté le capitaine pakistanais d’un cargo suspecté d’infraction aux lois tanzaniennes sur l’immigration, et deux boutres qui transportaient au total 71 personnes, dont 12 enfants, dans des embarcations inadaptées à la mer, sans papiers d’enregistrements ni équipements de survie tels que des gilets de sauvetage.

Au total, dix bateaux ont été arrêtés au cours de la deuxième patrouille de Sea Shepherd en partenariat avec les autorités tanzaniennes et le support de Fish-i Africa.

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) est finalement un problème de sécurité maritime. Les braconniers d’ailerons de requins qui ont été arrêtés durant la première patrouille de l’Opération Jodari exploitent les mêmes failles de suivi, de contrôle et de surveillance que les autres réseaux criminels : trafiquants de drogues, trafiquants d’humains et, dans ce cas, trafiquants de bois”, a déclaré le Capitaine Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global. “L’Opération Jodari produit un énorme impact car elle montre qu’un navire de patrouille civil parvient à traduire des bateaux de pêche illégale devant la justice et à démanteler des routes de contrebande utilisées pour perpétrer d’autres crimes environnementaux.

A propos de l’Opération Jodari

Le but de L’Opération Jodari est de contrôler toutes les activités des bateaux situés dans les eaux tanzaniennes, en abordant ceux suspectés de pêche INN et en formant les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS) de la pêche dans les eaux du pays, notamment par l’inspection des bateaux et les procédures d’abordages.

A bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd les agents chargés de l’application de la loi, avec l’Autorité de pêche en eau profonde, la Marine tanzanienne, l’Agence de répression des drogues et l’équipe d’intervention inter-agences travaillent avec le capitaine Adam Meyerson et l’équipage de Sea Shepherd pour arpenter les eaux territoriales de Tanzanie. Les agents chargés de l’application de la loi ont autorité pour aborder, inspecter et arrêter les navires qui violent la loi tanzanienne. La MATT est dirigée par la police tanzanienne et regroupe les Services tanzaniens de la Forêt, le Département Nature, le Département Pêche et le Service de renseignement et de sécurité de Tanzanie. Elle a été formée pour cibler les individus et les réseaux qui contrôlent le crime environnemental dans la région et le commerce illégal d’espèces sauvages.

Il est estimé qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturées dans le monde chaque année par la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui fait perdre environ 1 milliard de dollars à la région occidentale de l’Océan Indien chaque année.

L’Opération Jodari est soutenue par Fish-i Africa, partenariat de huit pays d’Afrique de l’est (les Comores, le Kenya, Madagascar, île Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) qui promeut le partage d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche illégale de grande ampleur dans l’ouest de l’Océan Indien.

L’Opération Jodari est le quatrième partenariat entre Sea Shepherd et les Etats côtiers d’Afrique qui ont la volonté politique de mettre un terme à la pêche INN.

Depuis février 2017, Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria dans le cadre de l’Opération Sola Stella pour s’attaquer à la pêche INN en mettant à disposition un navire de patrouille civile qui opère dans les eaux libériennes, sous la direction du Ministère libérien de la Défense. L’Opération Sola Stella a conduit à l’arrestation de dix bateaux pour pêche INN.

En 2016, Sea Shepherd a noué un partenariat avec le gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore, donnant lieu à 80 inspections de navires de pêche en mer et l’arrestation consécutive de cinq chalutiers congolais INN ainsi que d’un palangrier espagnol INN. L’Opération Jodari s’inscrit dans le prolongement de l’engagement de Sea Shepherd à travailler activement avec les gouvernements nationaux et leurs agents chargés de l’application de la loi dans la lutte contre la pêche INN.

Tous en cordée. L’Ocean Warrior escorte les boutres vers les bureaux de la police maritimeTous en cordée. L’Ocean Warrior escorte les boutres vers les bureaux de la police maritime

Opération Jodari : Les autorités tanzaniennes infligent plus de 6 millions d’euros d’amendes à une flotte de navires de pêche étrangers

Pour afficher leur intransigeance à propos des récentes mesures répressives contre les activités illégales perpétrées à bord de bateaux de pêche dans leurs eaux territoriales, les autorités tanzaniennes ont infligé plus de 6 millions d’euros d’amendes à une flotte de 19 bateaux immatriculés à l’étranger, qui ont fui la Tanzanie sans se soumettre aux inspections requises.

Quelques semaines après qu’une patrouille menée par des agents des forces de l’ordre tanzaniens accompagnés de membres de Fish-I Africa postés secrètement à bord du navire M/Y Ocean Warrior de Sea Shepherd a permis l’arrestation de trois bateaux de pêche, le Ministère tanzanien de l’élevage et de la pêche a infligé des amendes d’un montant total de 19 milliards de shillings tanzaniens (6 865 160 EUR) à 19 autres bateaux de pêche.

Forces de l’ordre tanzaniens et des inspecteurs au port de Mtwara. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdForces de l’ordre tanzaniens et des inspecteurs au port de Mtwara. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Les 19 navires appartiennent à une flotte de 24 palangriers qui, bien que munis d’une licence de pêche en eaux tanzaniennes, ont fui ces eaux territoriales dès qu’ils ont eu vent des inspections menées à bord des bateaux.

Les premiers abordages et inspections ont révélé qu’au moins deux des 24 bateaux de pêche transportaient des ailerons de requins qui excédaient de loin les carcasses présentes à bord. D’après la loi tanzanienne, le nombre d’ailerons doit correspondre au nombre de corps de requins.

Un des bateaux, le F/V Tai Hong 1 sous pavillon chinois, a été arrêté pour possession d’ailerons de requins mais aussi pour avoir privé d’eau et de nourriture les pêcheurs tanzaniens employés à bord et qui étaient logés dans une petite pièce non ventilée munie de seulement deux lits pour douze hommes.

Après l’arrestation du F/V Tai Hong 1, les données de localisation obtenues à travers les systèmes de navigation des bateaux ont montré un exode massif de la flotte légale depuis les eaux tanzaniennes vers la haute mer, hors de la juridiction des patrouilles tanzaniennes.

La loi tanzanienne impose aux bateaux de pêche de communiquer leurs activités à l’un des quatre ports tanzaniens compétents pour une inspection post-pêche avant de quitter les eaux territoriales. Ces inspections doivent vérifier que les bateaux sont conformes aux termes de leur licence.

Sur les 24 bateaux de pêche en eau profonde autorisés à pêcher en Tanzanie, 19 ont évité les inspections en quittant les eaux de Tanzanie et ont maintenant été condamnés chacun à une amende d’un milliard de shillings tanzaniens par le Ministère de l’élevage et de la pêche. Un milliard de shillings tanzaniens valent environ 360 000 euros.

Les propriétaires du bateau de pêche ont 14 jours pour payer, sans quoi des poursuites judiciaires seront engagées.

« Il est hautement suspect que des navires munis des autorisations pour pêcher légalement évitent délibérément les inspecteurs tanzaniens et se cachent en haute mer. Après l’arrestation du F/V Tai Hong 1, on peut raisonnablement penser que les inspections auraient mis au jour d’autres cargaisons d’ailerons de requins. L’arrestation de trois bateaux de pêche pour crimes de pêche et la fuite de 19 autres navires devant les autorités, montrent l’importance des abordages et des inspections en mer de bateaux de pêche et souligne les premiers succès de l’Opération Jodari. Sea Shepherd félicite le gouvernement tanzanien d’avoir pris des mesures énergiques qui montrent que les bateaux de pêche qui tentent de fuir l’Ocean Warrior n’échapperont pas à la poigne de la justice tanzanienne », a déclaré le capitaine Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

L’Opération Jodari vise à contrôler toutes les activités des navires présents dans les eaux de Tanzanie, en abordant ceux qui sont suspectés de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et à former les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillances (MCS) de la pêche dans le pays, notamment à travers des procédures d’inspections et d’abordage.

A bord du navire Ocean Warrior de Sea Shepherd, les agents chargés de l’application de la loi, avec l’Autorité de pêche en eau profonde, la Marine tanzanienne, l’Agence de lutte contre les stupéfiants et l’équipe d’intervention inter-agences (MATT) collaborent avec le capitaine Adam Meyerson et l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux souveraines de Tanzanie. Les agents chargés de l’autorité judiciaire ont le pouvoir d’aborder, inspecter et arrêter les bateaux qui violent la loi du pays. La MATT est dirigée par la force de police tanzanienne et comprend les services forestiers de Tanzanie, la division de la faune, la division des pêches et le service de renseignement et de sécurité de la Tanzanie. Il a été créé pour cibler les individus et les réseaux qui contrôlent la criminalité environnementale dans la région et le commerce illégal d’espèces sauvages.

L’Opération Jodari est soutenue par Fish-I Africa, un partenariat de huit pays d’Afrique de l’est (les Comores, le Kenya, Madagascar, Île Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) qui promeut le partage d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche illégale industrielle dans l’ouest de l’Océan Indien.

Selon les estimations, entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturées chaque année au niveau mondial à travers la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui fait perdre environ 1 milliard de dollars à la région occidentale de l’Océan Indien chaque année.

L’Opération Jodari est le quatrième partenariat entre Sea Shepherd et les Etats côtiers africains qui font montre de volonté politique pour mettre fin à la pêche INN, parmi lesquels le Gabon (Opération Albacore) et le Libéria (Opération Sola Stella).

Sea Shepherd lance l’Opération Jodari avec la Tanzanie : les trois premières arrestations

Après avoir effectué une patrouille secrète de 20 jours ayant entraîné l’arrestation de trois navires pour crimes de pêche, le navire Ocean Warrior de Sea Shepherd est arrivé à Dar es Salaam pour lancer officiellement l’Opération Jodari, une campagne en partenariat avec le gouvernement de la République-Unie de Tanzanie pour lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) dans l’ouest de l’Océan Indien.

Au cours des trois dernières semaines, des agents des forces de l’ordre accompagnés de l’Autorité des pêches en eau profonde, de la marine tanzanienne et de l’équipe d’intervention inter-agence (MATT) ont été secrètement postés à bord de l’Ocean Warrior et ont collaboré avec le capitaine Adam Meyerson et l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales de Tanzanie. Les forces de l’ordre ont autorité pour monter à bord, inspecter et arrêter les navires qui enfreignent la loi du pays. L’équipe de travail de la MATT est dirigée par la police tanzanienne et comprend les services forestiers tanzaniens, la division de la faune, la division des pêches et les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Elle a été constituée pour s’attaquer aux individus et aux réseaux qui contrôlent la criminalité environnementale dans la région et le commerce illégal d’espèces sauvages.

L’Opération Jodari vise à contrôler tous les bateaux qui opèrent dans les eaux de Tanzanie, à aborder ceux qui sont suspectés de pêche INN et à former les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS) des activités de pêche en eaux tanzaniennes, y compris l’inspection des bateaux de pêche et les procédures d’abordage.

La première patrouille de l’Opération Jodari, a permis neuf abordages et inspections, qui ont conduit à trois arrestations :

I. Le F/V Tai Hong 1, sous pavillon chinois, a été découvert avec à son bord une cargaison d’ailerons de requins qui excédait largement les cinquante carcasses de requins présentes. D’après la loi tanzanienne, le nombre d’ailerons de requins doit correspondre au nombre de corps de requins. Les douze pêcheurs tanzaniens travaillant à bord du bateau s’étaient vu refuser l’eau et la nourriture par le capitaine et partageaient un petit espace non ventilé avec seulement deux lits, obligeant les autres à dormir au sol l’un sur l’autre.

II. Le F/V Buah Naga 1, sous pavillon malaisien, a été découvert en possession d’ailerons de requins. Les corps avaient été rejetés en mer. Un pistolet Beretta 9 mm non déclaré a été trouvé dans la cabine du capitaine. L’équipage indonésien a informé les autorités tanzaniennes que le capitaine les forçait régulièrement au travail en les menaçant avec ce pistolet. Si aucun poisson n’était remonté, l’équipage n’était pas nourri.

III. Le F/V Swabir Jamil, sous pavillon tanzanien, a été pris en train de pêcher dans les eaux territoriales tanzaniennes sans licence. Ce bateau transportait des ailerons de requins.

Les F/V Tai Hong 1, F/V Buah Naga 1 et F/V Swabir Jamil ont été escortés vers des ports tanzaniens en vue de poursuites judiciaires pour pêche aux ailerons de requins et abus de main-d’œuvre.

« L’exploitation au travail est monnaie courante dans l’industrie de la pêche en haute mer, où l’équipage est obligé de travailler de longues heures, pour peu ou pas de salaire, et parfois sous la menace de la violence. La Tanzanie ouvre la voie en enquêtant sur ces bateaux de pêche, non seulement pour leurs crimes de pêche, mais aussi pour les délits collatéraux, tels que les abus de main-d’œuvre, qui rendent possible la pêche illégale« , a déclaré le capitaine Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd.

On estime que la pêche INN est responsable de la capture de 11 à 26 millions de tonnes de poisson chaque année dans le monde. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN et la région occidentale de l’Océan Indien perd environ 1 milliard de dollar annuellement au profit de la pêche INN.

L’Opération Jodari est soutenue par Fish-i-Africa, un partenariat de huit pays d’Afrique de l’Est dont les Comores, le Kenya, Madagascar, l’Ile Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie qui encouragent le partage d’information et la coopération régionale dans la lutte contre la pêche illégale à grande échelle dans l’ouest de l’Océan Indien.

L’Opération Jodari est le quatrième partenariat entre Sea Shepherd et les Etats côtiers d’Afrique qui ont la volonté politique de mettre un terme à la pêche INN.

Depuis février 2017, dans le cadre de l’Opération Sola Stella, Sea Shepherd aide le gouvernement du Liberia à lutter contre la pêche INN en mettant à disposition son bateau de patrouille civile dans les eaux libériennes, sous la direction du Ministre libérien de la Défense Nationale. L’Opération Sola Stella a permis l’arrestation de dix navires pour pêche INN.

En 2016 et 2017, Sea Shepherd s’est associée avec les gouvernements du Gabon et de São Tomé et Príncipe pour l’Opération Albacore, donnant lieu à 80 inspections de navires en mer et l’arrestation consécutive de cinq chalutiers congolais et un palangrier espagnol INN.

L’Opération Jodari s’inscrit dans le prolongement de l’engagement de Sea Shepherd à travailler activement avec les gouvernements nationaux et leurs agents chargés de l’application de la loi dans la lutte contre la pêche INN.