Sur le Front des dauphins

Extrait du reportage diffusé dimanche soir à 20h50 sur France 5 « Sur le front des dauphins ». Ici, l’extrait d’un témoignage de pêcheur qui atteste de captures volontaires de dauphins tués au harpon et de l’existence d’un marché noir de viande de dauphins en France.

Enquête complète à retrouver dans Sur Le Front des dauphins, ce dimanche 21 février à 20h50 sur France 5.

2020 : Une année très active pour Sea Shepherd France malgré la pandémie de la Covid

Cette année, malgré une période particulièrement difficile pour tout le monde, vous êtes restés à nos côtés et vous avez continué à nous soutenir, vous êtes même encore plus nombreux que l’année dernière. Un énorme MERCI pour votre confiance !

Si la situation sanitaire a conduit à l’annulation de la plupart des stands, conférences et autres évènements publics initialement prévus, nous n’en avons pas moins été très actifs en mer et sur les plages. Nous avons en plus de nos missions de terrain, mené plusieurs batailles juridiques pour la défense des requins à La Réunion, des dauphins dans le Golfe de Gascogne et des tortues à Mayotte, mais également contre les activités illégales de pollution et les questions de captivité (plusieurs poursuites judiciaires contre des aquariums pour détention illégale de phoques et des conditions illégales de détention de requins). Près de 40 affaires judiciaires au total sont actuellement en cours et/ou ont été gagnées cette année.

En plus de nos contributions essentielles (financières et humaines) aux missions internationales de Sea Shepherd, l’antenne française a été particulièrement active dans la défense de la vie marine sous la responsabilité de la France, deuxième plus grand espace maritime au monde.

DAUPHINS: Opération Dolphin Bycatch (DBC)

Patrouilles en mer et sur les plages afin de documenter les prises accessoires de dauphins par les bateaux de pêche. Plus de 10 000 dauphins meurent chaque année dans le golfe de Gascogne à cause des méthodes de pêche non sélectives… plus que les massacres des îles Féroé et de Taiji réunis.

Plus de 10 000 dauphins meurent chaque année dans le golfe de Gascogne à cause des méthodes de pêche non sélectives… C’est plus que les massacres des îles Féroé et de Taiji réunis. Depuis 2017, Sea Shepherd mène des patrouilles de surveillance des opérations de pêche dans une démarche de lanceur d’alerte, afin de sensibiliser l’opinion publique, les médias et les pouvoirs publics et de pousser à la mise en place urgente de solutions sérieuses.

Cette année, malgré la pandémie, nous avons pu mener de front trois mois de patrouilles avec le Sam Simon (de janvier à mars) et trois mois en Bretagne avec le semi-rigide français, le Clémentine (d’août à octobre) ainsi que plusieurs expositions de dauphins morts dans les centres-villes, notamment devant la Tour Eiffel à Paris qui ont conduit à d’énormes pressions médiatiques et politiques pour forcer une évolution de la législation et aller vers une meilleure prise en compte des espèces protégées comme les dauphins. Cette année, nos deux campagnes DBC nous ont permis d’avoir des dizaines d’articles, d’entrevues à la radio et à la télévision française mais aussi dans les médias internationaux. Les scientifiques travaillant sur la question ont déclaré que «les campagnes menées par Sea Shepherd ont réussi à mettre en lumière la question des prises accidentelles des dauphins et à déclencher des avancées sur la question, plus que ce qui a été réalisé au cours des 20 dernières années ».

Sur le plan juridique, Sea Shepherd a obtenu la condamnation du gouvernement Français par le Tribunal Administratif de Paris pour son manque d’action sur la question des captures de dauphins par les engins de pêche et poursuit la France devant la Cour Européenne pour la même raison.

Des volontaires de Sea Shepherd France ont été arrêtés pour avoir exposé des dauphins morts dans les centres-villes (l’action est considérée comme illégale car le transport d’une espèce protégée est interdit sans autorisation). Sea Shepherd France entend continuer à exposer les dauphins en 2021 pour montrer au public l’impact caché de la surpêche et est prête à faire face à des conséquences juridiques.

TORTUES : Opération Nyamba


Pour la 4ème année, Sea Shepherd France patrouille sur les plages de Mayotte où des centaines de tortues protégées sont tuées chaque année pour leur chair et alimentent un marché noir qui se déroule jusqu’ici dans une relative impunité même si on commence à enfin percevoir un renforcement des sanctions à l’encontre des trafiquants. Cette année, notre mission sur place a été plus courte en raison de la pandémie mais nous avons néanmoins réussi à faire 2 mois de patrouilles avec un budget relativement serré de 15 000 euros dont le bilan est le suivant :

– 53 jours de campagne
– 14 bénévoles Sea Shepherd
– 143 patrouilles, soit plus de 1500 heures
– 10 tentatives de braconnage repoussées
– Une vingtaine de tortues retrouvées braconnées datant d’avant notre arrivée
– 11 tortues braconnées sur des plages où ne pouvions pas patrouiller faute d’effectif pendant la campagne
– 637 tortues protégées sans compter les tortillons (51 émergences)
– Plus de 150 pontes
– 23 nettoyages de plages

Qu’il s’agisse des missions de protection des dauphins ou des tortues, l’objectif en 2021 est de prolonger le temps sur les lieux à au moins 6 mois/an car si notre présence sur la ligne de front s’avère très efficace, l’effet positif/dissuasif s’arrête quelques semaines après notre départ.

REWILD

Sea Shepherd France est le co-fondateur de Rewild qui a acheté le Zoo de Pont Scorff en Bretagne en fin d’année dernière. Le zoo a été fermé au public afin de permettre aux animaux d’avoir plus de tranquillité. L’objectif est de renvoyer en milieu sauvage les animaux aptes à y survivre (selon des critères génétiques, sanitaires et comportementaux) et d’envoyer dans des sanctuaires (qui répondent à des critères très stricts) des animaux incapables de survivre seuls ou inaptes à rejoindre des populations sauvages. Le Rewild Rescue Center sera alors en mesure d’accueuillir des animaux victimes du trafic afin de leur offrir une chance de retourner à la nature. En effet, à l’heure actuelle, la seule issue donnée à ces animaux est de terminer leur vie en captivité. Le projet pour 2021/22 est d’ouvrir sur le site de Rewild, le premier centre de soins de la faune marine Sea Shepherd (principalement pour les phoques, les oiseaux marins et les tortues).

2020 a été une année très difficile pour tout le monde, mais elle a prouvé à la fois que nos équipes sur le terrain et que nos supporters ont été fidèles et passionnés, peut-être plus que jamais. Dans un contexte mondial particulièrement anxiogène et incertain, une chose est sans aucun doute devenue très claire pour beaucoup : défendre l’intégrité de la planète et l’équilibre fragile de l’océan contre le virus de la cupidité humaine est certainement la bataille la plus importante à laquelle nous serons confrontés dans les années à venir.

Lamya ESSEMLALI, Présidente de Sea Shepherd France, Co-directrice Sea Shepherd Global

Très belles fêtes de fin d’année à toutes et tous de la part de toute notre équipe !

FAIRE UN DON

Le Ministère de la Mer prend un arrêté pour imposer les pingers sur les chalutiers afin de limiter les captures de dauphins : un remède pire que le mal que nous attaquons au Conseil d’Etat.

Le Ministère de la Mer vient de publier un arrêté imposant la pose de pingers sur 80 chalutiers à partir du 1er janvier 2021 dans le but annoncé de limiter les captures de dauphins. Sea Shepherd salue la prise de conscience du Ministère de la Mer qui affirme ouvertement la nécessité de réformer le secteur de la pêche afin d’en faire une activité plus durable et plus respectueuse du milieu marin dans un contexte où les captures de dauphins par les engins de pêche ne cessent d’augmenter sur la façade atlantique française. La situation devient si alarmante que la Commission Européenne a mis la France en demeure de prendre des dispositions d’urgence pour enrayer l’hécatombe de cette espèce protégée.

Continuer la lecture de « Le Ministère de la Mer prend un arrêté pour imposer les pingers sur les chalutiers afin de limiter les captures de dauphins : un remède pire que le mal que nous attaquons au Conseil d’Etat. »

Appels au meurtre de pêcheurs français à l’encontre des militants de Sea Shepherd : nous ne plierons pas !

« Faut s’occuper de celui qui tient la caméra en premier »,
«Ça fait que commencer, Daesh va venir vous voir bande de bâtards », « Butons les tous »
« Le premier que je trouve à bord est décapité »
« Ils ont des caméras, avant ce qui se passait en mer restait en mer »…

Voici un échantillon de ce qu’on peut lire sur un groupe Facebook de marins pêcheurs français à l’encontre de Sea Shepherd.

Depuis début août, Sea Shepherd mobilise un semi rigide sur certaines zones de pêche en Bretagne afin de documenter les opérations de pêche dans un contexte où les scientifiques et les instances européennes s’alarment du nombre croissant de dauphins mutilés qui s’échouent sur les plages françaises. Suite aux récentes agressions de nos équipes par certains pêcheurs en mer ( menaces, insultes, crachats, mise en danger de la vie d’autrui, menace de contamination covid… ) Sea Shepherd a déposé plainte contre les pêcheurs concernés.

En publiant vendredi un communiqué diffamatoire dépeignant nos activistes comme des « abordeurs » et des gens dangereux le Comité des Pêche du Finistère a menti éhontément et a attisé la haine qui semble trouver un terreau particulièrement fertile chez certains acteurs du secteur. Dès le lendemain de la publication de ce communiqué, le groupe Facebook anti Sea Shepherd était créé.

Sur ce groupe facebook « Si toi aussi, tu es contre Sea Shepherd » d’abord public et depuis passé groupe secret, on trouve de nombreux pêcheurs qui font état d’une haine viscérale contre Sea Shepherd. Entre autres propos racistes et mysogines, on peut y lire de nombreuses menaces de mort contre nos bénévoles, des appels au meurtre ou encore une certaine apologie du terrorisme et des références à Daesh.

Sea Shepherd est consterné par l’attitude irresponsable du Comité des Pêches qui au lieu de condamner les dérives des marins pêcheurs qui ont agressé nos équipes, les conforte dans l’idée qu’ils peuvent tout se permettre. En agissant ainsi, non seulement le Comité des Pêches nous diffame, mais il met nos activistes en danger.

Sea Shepherd ne se laissera pas intimider. Une plainte a été déposée contre les pêcheurs concernés et une autre est en cours de dépot contre le Comité des Pêches. « Nous prenons très au sérieux les menaces de mort nombreuses et réitérées ainsi que la dramatique provocation du Comité des pêches et nous y donnerons les suites approriées, sans aucune concession » déclare Maitre Jean Tamalet, avocat de Sea Shepherd « Nous poursuivrons systématiquement chaque auteur de menaces »..

À l’attention de tous ceux qui nous menacent et qui croient nous impressionner : vous vous fourvoyez. Nous ne renoncerons pas à notre mission d’observation, le Sam Simon sera dans le Golfe de Gascogne cet hiver et documentera les opérations de pêche en zone côtière et sur le talus continental. Petits et gros navires de pêche seront observés car petits et gros sont concernés par les captures de dauphins. Tant que la France ne suivra pas les recommandations scientifiques pour faire cesser le carnage en cours, nous resterons mobilisés sur le terrain au niveau national et international.

L’attitude inadmissible de ces pêcheurs fait honte à tout le secteur de la pêche et à la France. S’il doit y avoir un drame comme le disent le Comité des Pêches et certains pêcheurs, ce ne sera pas de notre fait. Ce sera le résultat du sentiment d’impunité de certains pêcheurs, de l’inaction des pouvoirs publics et du manque de courage politique qui fait si cruellement défaut à la France pour tenir ses engagements en faveur des espèces protégées.

Sea Shepherd est dans son rôle de lanceur d’alerte. Nous avons toujours respecté la réglementation et nous continuerons à le faire, mais il est hors de question de nous laisser intimider. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la pêche française et elle a grand intérêt à faire le ménage dans ses rangs, il y va de son propre intérêt.

« Si quoi que ce soit devait arriver à l’un de nos membres suite à ces nombreux appels au meurtre, les conséquences pour le secteur de la pêche française seraient désastreuses. En ce qui nous concerne, ceux qui nous connaissent un peu peuvent s’attendre à ce que cette mission, déjà importante pour nous au niveau national deviendrait une priorité pour Sea Shepherd International, avec le déploiement des moyens maritimes et juridiques qui vont avec » prévient le capitaine Paul Watson, Fondateur de Sea Shepherd.

Moments intenses pour nos équipes françaises ces derniers jours

Sur le front des tortues à Mayotte, notre équipe a de nouveau fait fuir la nuit dernière 3 braconniers armés de machettes sur la plage de Papani, la même où nous avons retrouvé des cadavres frais il y a quelques jours et fait fuir deux braconniers. 8 tortues sont montées pour pondre cette nuit sur Papani sous bonne garde mais elles sont passées très près d’un destin tragique. Nous avons réussi à prendre le visage d’un des braconniers en photo. Ca sera transmis à la gendarmerie.

En Bretagne, sur les zones de captures de dauphins par les engins de pêche, notre équipe essuie l’agressivité grandissante de certains pêcheurs (toujours les mêmes). Les mêmes qui se plaignent que nous les agressons simplement parce que nous documentons les relevés de filet, enfreignent toutes les lois de navigations et nous jettent projectiles, font des manoeuvres d’intimidation et profèrent insultes et menaces. Nous publions en suivant la video des agressions du 12 septembre dernier, jamais diffusées. Nous déposons plusieurs plaintes. Suite aux agressions d’hier, la Marine est de nouveau sur zone. Nous précisons au passage que certains pêcheurs se comportent tout à fait cordialement et ne nous agressent pas dès lors que nous ne gênons pas leurs manoeuvres. Parmi les plus agressifs figurent ceux que nous avons filmé précédemment avec des dauphins dans leur filet.

Aussi bien les dauphins que les tortues sont espèces protégées en France. Et pourtant que ce soit dans les filets de pêche ou sous les coups de machette, la France ne met aucune mesure efficace en place pour leur offrir plus qu’une simple protection de papier. Ce grand pays océanique qu’est la France n’est tellement pas à la hauteur des enjeux… à moins d’un sursaut de l’opinion publique, nous n’arriverons pas à sauver ces espèces. Votre mobilisation est essentielle.

Merci à tous ceux qui nous soutiennent et qui nous aident à rester sur le front ! Plus que jamais, la vie vaut la peine qu’on se batte pour elle et nous sommes plus que jamais motivés à le faire.

Sea Shepherd fait condamner l’Etat français pour les milliers de dauphins sacrifiés au secteur de la pêche et exige des caméras embarquées sur les navires

Depuis les années 1990, la France enregistre chaque année des épisodes importants d’échouages de mammifères marins, principalement des dauphins communs. Depuis 2016, des taux de mortalité extrêmes et en augmentation constante sont observés. Nous sommes désormais le pays européen qui enregistre le plus fort taux de mortalité due aux captures. Les autopsies des dauphins réalisées par les scientifiques ne laissent pas de place au doute: jusqu’à 90% des dauphins tués ont été victimes d’engins de pêche et présentent des traces visibles de coupures et abrasions, des plaies pénétrantes, fracture du rostre, queue amputée et hémorragie pulmonaire, symptomatique d’une mort traumatique par agonie en profondeur.

La mort ne peut être imputée à d’autres causes puisque tous ces dauphins présentent par ailleurs une condition physique satisfaisante, l’absence de lésion pathologique et une alimentation récente. Parmi les victimes, on dénombre de jeunes individus et des femelles gestantes et/ou lactantes… Aujourd’hui, plus que la pollution ou le changement climatique, c’est avant tout la pêche qui constitue la plus grande menace pour la survie des dauphins et des mammifères marins à court terme.

Depuis trois ans, Sea Shepherd est la seule organisation présente sur le terrain pour documenter les captures et permettre aux scientifiques d’identifier les pêcheries responsables. Chaque nuit, de décembre à mars, des navires de l’organisation patrouillent le Golfe de Gascogne. L’ONG a ainsi pû obtenir de nombreuses images de dauphins piégés dans des chaluts, y compris ceux équipés de répulsifs acoustiques mais aussi dans les mailles de petits fileyeurs de moins de 12 mètres.

Malgré des preuves accablantes, la France reste ancrée dans l’ immobilisme.

Après avoir dans un premier temps accusé les tempêtes d’être responsables de la mort des dauphins, les Comités des Pêches, le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de la transition écologique qui communiquent de concert, misent désormais sur l’opacité du secteur pour justifier l’absence de mesures suffisamment ambitieuses et efficaces.

Malgré une obligation légale, moins de 0,4% des dauphins capturés sont déclarés.

En théorie, les pêcheurs doivent déclarer les captures de dauphins depuis le 1er janvier 2012 mais il a fallu attendre le 1er janvier 2019 pour que l’Etat mette enfin en place un système de déclaration. A ce jour, malgré cette obligation légale et un nombre toujours croissant de dauphins tués, moins de 0,4 % des captures sont déclarées. De plus, aucun fileyeur « artisanal » de moins de 12 mètres, type de navire dont on compte plusieurs centaines d’unités dans le Golfe de Gascogne n’a enregistré de déclaration. Leur responsabilité a pourtant été établie grâce aux traces significatives sur les cadavres de dauphins et aux preuves vidéos récupérées en mer par Sea Shepherd.

Les répulsifs acoustiques : un leurre

En lieu et place de mesures concrètes comme l’interdiction des méthodes de pêche non sélectives sur les zones habitat des espèces protégées et l’installation de caméras embarquées pour documenter l’impact réel de la pêcherie, le Ministère de l’Agriculture et de la Transition Écologique ainsi que les Comités des Pêches continuent d’agiter des mesurettes inefficaces, voir contre productives à l’instar des répulsifs acoustiques (ou pingers). En effet, si leur efficacité reste à démontrer, des études ont établi que l’exclusion des mammifères marins de leur zone de nourrissage pouvait être encore plus préjudiciable à leur survie que les captures elles-mêmes (Van Beest and al, 2017).

La mascarade qui fait office de système d’observation

Les mesures d’observation des pêcheries du programme OBSMER vantées par l’Etat, ont largement prouvé leur inefficacité. “L’Europe vient d’interpeller la France sur la faiblesse de ses données qui représentent moins de 1% de l’effort de pêche” déclare Lamya Essemlali. “De plus, la présence des observateurs reste conditionnée au bon vouloir du patron de pêche et elle est inexistante sur les navires de moins de 12 mètres, dont la responsabilité dans les captures de dauphins a pourtant été établie par les scientifiques et confirmée par nos images” poursuit-elle.

Devant l’opacité d’un secteur qui représente la plus grande menace pour l’océan, Sea Shepherd a décidé de poursuivre l’Etat français en Justice. En effet, depuis 30 ans, la France manque à ses obligations. Son obstination à refuser de mettre en place des mesures efficaces la rend de fait directement responsable d’une hécatombe qui à court terme risque de faire disparaître complètement les dauphins des côtes françaises.

Le Tribunal administratif de Paris dans un jugement du 2 juillet 2020 a entendu les arguments de Sea Shepherd et a condamné l’Etat pour faute.

Dans sa décision le juge déclare que « les autorités françaises doivent être regardées comme ayant tardé à mettre en œuvre des actions concrètes au regard du constat d’épisodes récurrents, depuis les années 1990, accentués depuis 2016, de surmortalité de cétacés sur la façade atlantique, en particulier dans le golfe de Gascogne. Ce retard constitue une carence de l’Etat dans le respect de ses obligations découlant du droit de l’union européenne, en particulier son obligation de protection des cétacés et de contrôle des activités de pêcherie. Dans ces conditions […] Sea Shepherd France est fondée à soutenir que cette carence constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’État ».

Pour justifier la condamnation de l’Etat, le Tribunal s’appuie sur les éléments suivants :

– les espèces (dauphins communs, grands dauphins et marsouins) sont dans un état de conservation défavorable.
– la défaillance avérée de l’Etat dans la mise en place du système de contrôle des captures. (point 16)
– le retard dans la mise en œuvre d’un système de surveillance (Obsmer) et le caractère insuffisant des données recueillies.
– l’inadaptation des mesures qui se limitent à une simple obligation de déclaration et des pingers (dispositif de dissuasion acoustique visant à repousser les dauphins de leur aire de nourrissage qui constitue une forme de harcèlement et dont l’efficacité reste à prouver).

Sur le terrain juridique, Sea Shepherd a également engagé une plainte contre l’Etat français et d’autres États européens aux côtés de 26 ONG. Suite à cette action, la commission a sollicité l’avis du CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer). Ce dernier demande aujourd’hui aux États européens de mettre en œuvre des mesures d’urgence afin de protéger les mammifères marins (notamment par une fermeture spatio temporelle des pêcheries concernées et l’installation de caméras embarquées).

Suite à cette plainte commune, la Commission Européenne a ouvert début Juillet, une procédure d’infraction à l’encontre de la France, de l’Espagne et de la Suède.

Enfin, toujours sur le terrain juridique, Sea Shepherd vient tout juste d’engager une plainte visant spécifiquement l’Etat français devant la commission, afin de faire condamner la France devant les instances européennes et qu’il lui soit enjoint de prendre des mesures de protection réelles des mammifères marins.

“Nous souhaitons attirer l’attention de la nouvelle Ministre de la transition écologique, Madame Barbara Pompili, sur l’aspect fondamental de la préservation des dauphins en France et sur la nécessité de mettre en place des mesures urgentes et efficaces pour stopper l’hécatombe” conclut Lamya Essemlali. “Outre le combat juridique, nos navires recommenceront à patrouiller dans le Golfe de Gascogne dès l’hiver prochain et tant que cela sera nécessaire”.

Lire le jugement : https://newsletters.seashepherd.fr/images/juillet_2020/jugement1901535.pdf

Opération Dolphin Bycatch : À l’année prochaine !

Après deux mois en mer, notre mission pour les dauphins touche à sa fin, au moins pour cet hiver. Des dizaines de patrouilles nocturnes et journalières dans le froid hivernal de l’océan atlantique nous ont permis de ramener des images difficiles à obtenir. Ces images ont fait le tour du monde. Merci à nos équipes qui se sont montrées infatigables et déterminées dans des conditions particulièrement difficiles. Votre ténacité et votre abnégation nous ont permis d’exposer aux yeux du monde entier ce qui se passe dans le Golfe de Gascogne et qui était encore il y a peu, ignoré du plus grand nombre. Personne n’avait jusqu’ici fourni un tel effort, vous êtes ce qui rend cette organisation si unique.

Merci aussi à tous ceux qui nous ont soutenu en faisant un don et qui nous ont permis de financer cette importante opération, nous n’y serions pas arrivés sans vous non plus.

Nous reviendrons tant que des solutions satisfaisantes n’auront pas été mises en place par le gouvernement pour sauver la population de dauphins du Golfe de Gascogne. Les axes de travail du Plan National Echouage annoncé par François de Rugy nous laissent penser que ce combat ne fait que commencer.

Au-delà des dauphins, c’est tout l’écosystème marin qui est mis à mal par nos méthodes de pêche. Les dauphins sont les lanceurs d’alerte de l’océan. Ecoutons les ! Et sauvons-les…

Lamya Essemlali
Responsable de l’Opération Dolphin Bycatch

NB: Le Sam Simon repart en mission dans quelques jours en Méditerranée, puis en Afrique.

Photos : Sea Shepherd / Tara LambourneDolphin ByCatchDolphin ByCatchDolphin ByCatchDolphin ByCatchDolphin ByCatchDolphin ByCatchDolphin ByCatch

Opération Dolphin ByCatch : un requin pèlerin, espèce menacée capturé par un chalutier dans le Golfe de Gascogne

Dans la nuit du 31 mars, au cours d’une de nos patrouilles nocturnes dans le Golfe De Gascogne pour documenter les captures de dauphins, notre équipe a filmé la remontée d’un grand requin pèlerin par un chalutier français.

Les pêcheurs trainaient derrière leur bateau un grand dauphin gonflable, sans doute pour nous narguer. Après avoir vu le requin se débattant dans leur filet sous nos caméras, les pêcheurs se sont d’abord occupés de remonter leur prise de poisson avant de libérer le requin en détresse. Celui-ci est reparti sous les cris des pêcheurs qui scandaient « On a sauvé Willy ! »

On ne peut pas savoir si le requin survivra au stress et aux possibles blessures occasionnées par sa capture.

Le requin pèlerin est une espèce inoffensive et menacée selon l’IUCN. (Union internationale pour la conservation de la nature)

Ces images viennent confirmer que les dauphins ne sont pas les seules victimes de ces méthodes de pêche non sélectives qui devraient être interdites dans des zones qui à l’instar du Golfe de Gascogne, abritent des espèces protégées ou menacées.

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Opération Dolphin ByCatch : Patrouille du 11 Février 2019

La France sacrifie ses dauphins et nous allons faire en sorte que le monde entier le sache.

Déjà plusieurs centaines de cadavres retrouvés sur les plages cette année (et sans doute des milliers tués en mer). Les scientifiques prédisent déjà « une année noire » pour les dauphins.

Sea Shepherd lance l’ Opération Dolphin Bycatch. Pour la première fois, il y aura une présence continue sur les zones où les dauphins sont tués par les pêcheurs (principalement mais pas uniquement des chalutiers). Malgré les alertes des scientifiques, la France ne veut pas imposer d’observateurs sur ces bateaux et couvre cette hécatombe depuis 30 ans. Nous allons donc remédier à ce problème. Les observateurs, ça sera nous et nous ferons en sorte que les images fassent le tour du monde. Que ça plaise ou non aux pêcheurs responsables de ces tueries.

Voici une vidéo d’une des toutes premières patrouilles.

Soutenez l’Opération Dolphin Bycatch !

Sea Shepherd lance l´Opération « Dolphin ByCatch » pour alerter sur le sort des dauphins le long des côtes françaises.

En France, sur les seules côtes de Vendée et Charente Maritime sur la seule période de Janvier à Mars, c’est une moyenne de 6000 dauphins (et jusqu’à 10 000 d’après les estimations de Pelagis) qui sont tués par les chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (filet traîné par deux chalutiers) mais aussi par les grands chalutiers industriels à grande ouverture verticale. C’est bien plus que les massacres des îles Féroé et de la baie de Taiji (Japon) combinés.

Ces navires pêchent principalement le bar, sur les zones de frayère et en pleine période de reproduction. Si l’espèce du bar est-elle même menacée de ce fait, les dauphins en font également les frais. Le Bob Barker, navire de Sea Shepherd, en patrouille sur le plateau de Rochebonne le week-end dernier a pu filmer, les chalutiers Jérémi Simon et Prométhée en train de remonter leur filet avec à l’intérieur deux dauphins pris au piège. L’un des dauphins semblait déjà mort noyé mais l’autre, encore vivant émettait des sifflements de détresse que l’on peut entendre sur la vidéo. Les deux dauphins ont été montés à bord d’un des deux navires et n’ont pas été rejetés à la mer devant notre équipage. Cette scène macabre se reproduit toutes les nuits, toute l’année le long de la côte, avec un pic entre janvier et mars.

Vers une disparition des dauphins le long de nos côtes ?

L’observatoire Pelagis basé à La Rochelle lance des bouteilles à la mer depuis plusieurs années sans être entendu. Dans un rapport de 2016 signé par le CNRS, Pélagis et l’université de la Rochelle, il est clairement stipulé que la mortalité infligée aux dauphins par les bateaux de pêche met en péril la survie de la population à moyen terme. Les mammifères marins sont particulièrement vulnérables, avec une faible fécondité et une grande sensibilité à la pollution chimique et plastique, ils doivent aussi affronter la raréfaction de leur nourriture en raison de la surpêche. Si nous voulons encore voir des dauphins en France demain, il est donc urgent de prendre des mesures drastiques de protection dès aujourd’hui. Pour l’instant, l’Etat fait la sourde oreille à toutes les alertes des scientifiques sur le sujet et les pêcheurs impliqués profitent de l’ignorance du grand public.

Le calvaire des dauphins capturés

Les dauphins qui évoluent souvent avec les bars sont capturés dans les filets qui ne sont pas suffisamment sélectifs. De là s’en suit une mort agonique dans le filet (par noyade). Les dauphins qui sont remontés vivants meurent des blessures infligées par les pêcheurs à bord des navires. Les cadavres échoués montrent des fractures du rostre, la queue et les nageoires sectionnées, des entailles profondes dues au filet…

Une opacité volontaire sur des captures qui n’ont plus rien d´« accessoire »

Sous le pudique terme de « captures accessoires », c’est une véritable hécatombe de dauphins qui a lieu le long de nos côtes dans une opacité totale et entretenue.

En effet, si la loi oblige en théorie les pêcheurs à déclarer leurs captures de dauphins, dans les faits, l’État n’a habilité aucun organisme à recevoir ces données. Un vide bien pratique pour empêcher tout suivi de la mortalité infligée aux mammifères marins par les chalutiers. L’Observatoire Pélagis de La Rochelle est pourtant tout à fait apte et légitime à recueillir ces données mais n’a pas obtenu l’autorisation de le faire.

Quelles solutions pour sauver les dauphins?

CE QUE DOIT FAIRE L’ETAT :

1/ Interdire la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar. La France donne des autorisations pour une pêche particulièrement destructrice sur des zones fragiles mais ne met pas en parallèle les mesures de surveillance adéquates.

2/ Mettre en place une meilleure surveillance des pêcheries et empêcher concrètement la vente de poissons juvéniles. La France a déjà écopé de plusieurs millions d’euros d’amende pour sa grande tolérance à la vente de poissons sous tailles, interdits par l’Union Européenne, dans un but évident de préserver les populations.

3/ Désigner enfin un organisme (Pélagis par exemple) pour recevoir les données liées aux captures de dauphins par les engins de pêche.

CE QUE PEUT FAIRE LE GRAND PUBLIC :

1/ Manger moins de poisson

2/ Boycotter systématiquement les poissons de petite taille.

3/ Boycotter les poissons issus de la pêche au chalut et s’en tenir exclusivement aux poissons pêchés à la ligne.

Soutenez l’opération Dolphin Bycatch en signant et en partageant notre pétition en ligne :Signez la Pétition