Biodiversité ou Extinction : que choisirons-nous ?

Par le capitaine Paul Watson

Depuis plus de 40 ans, je parle, j’écris et je mets en garde contre l’effondrement de la biodiversité et j’ai toujours été pris pour un extrémiste radical de l’environnement.

Aujourd’hui, cette extinction de masse fait la Une des médias alors qu’ils ignorent l’information depuis des décennies et il y a de forte chance que d’ici quelques semaines, on sera passé à autre chose.

portrait Paul Watson

Les politiques n’en parlent pas, les professeurs très peu et les médias rarement et pourtant il s’agit de la plus grande menace qui pèse sur la survie de l’Humanité. La diminution de la biodiversité est synonyme de la diminution de l’Humanité. Nous ne survivrons pas sur cette planète sans abeilles, sans arbres, sans baleines, sans escargots, sans poissons, sans vers de terre et sans bactéries.

J’en suis venu à la conclusion que l’Humanité s’en fout complètement. Il me semble clair que nous en sommes en train de faire l’expérience d’une folie écologique collective.

Depuis 1950, plus de 40% du phytoplancton a disparu et ce phytoplancton produit plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons. Si le phytoplancton disparaît des écosystèmes océaniques, l’Humanité disparaît !

La « Grande Faucheuse » est en chemin. On l’appelle l’Anthropocène ou la 6ème grande extinction et la majeure partie de l’Humanité est trop stupide pour se rendre compte de ce qui est en train de se jouer.

Notre espèce est droguée au pétrole, à la consommation, au travail, au divertissement et aux fantasmes délirants.

Regardons-nous en face. Partout dans le monde, nous détruisons les écosystèmes, nous assassinons des milliards d’êtres sensibles, nous nous bombardons et nous tuons les uns les autres pour des idéologies, des ressources et des territoires. Nous massacrons des animaux pour le plaisir, nous gaspillons notre temps dans des jeux politiques absurdes, nous déversons nos excréments, nos produits chimiques, nos drogues et des radiations dans les réserves mondiales d’eau potable.

Nous sommes une espèce qui crache du poison partout où nous allons. Nous vomissons la mort et la destruction en érodant les systèmes immunitaires d’innombrables écosystèmes. Nous nous comportons comme un virus insidieux et si nous ne changeons pas, la Nature voudra éradiquer cette espèce qui viole sans retenue les lois naturelles de l’écologie.

Depuis des décennies j’ai été témoin du déclin constant de la biodiversité, un déclin qui s’accélère à mesure que nous nous habituons à cet effondrement – simplement en l’acceptant et en l’oubliant.

En ce moment même des dizaines de bénévoles de Sea Shepherd travaillent de longues heures dans des conditions dangereuses pour confisquer les filets illégaux de la réserve des vaquitas (marsouin du pacifique). Nous n’avons pas l’intention de regarder les vaquitas disparaître et rejoindre la longue liste des espèces disparues.

Campagne Dolphin ByCatchDauphin mort, capturé par le filet de deux chalutiers – Photo : Sea Shepherd / Tara Lambourne

Nous avons aussi des bénévoles qui traquent les braconniers en Afrique de l’Ouest et de l’Est, nous exposons les massacres des baleines en Islande, des dauphins en France, aux îles Féroé et à Taiji. Nous avons passé des années à combattre les baleiniers du Japon, de la Norvège et de l’Islande. Nous protégeons les tortues marines à Mayotte, au Costa Rica et au Nicaragua. Nous avons empêché les forages de BP dans la Grande Baie australienne. Et nous menons encore beaucoup d’autres actions.

Pourtant tous les ans nous avons du mal à réunir les fonds nécessaires pour mener nos opérations, dans un monde où des milliards sont dépensés pour le divertissement, le sport et l’art. Nous agissons en dépit de tous les obstacles, nous faisons ce qui s’impose face à une opposition écrasante, l’apathie collective et le manque de moyens.

En tant qu’écologistes, nous n’avons pas d’autres choix que de gagner du temps pour les espèces menacées jusqu’à ce que l’humanité revienne à la raison ou que nous soyons victimes de notre propre stupidité écologique.

Si nous voulons survivre, la biodiversité doit survivre et pour cela nous devons cesser de laisser piller les mers par des millions de navires de pêche industrielle, nous devons mettre un terme à la folie de la chasse, nous devons stopper le massacre annuel de 60 milliards d’animaux d’élevage, une industrie qui contribue plus au changement climatique que celle des transports. Nous devons éradiquer l’utilisation des herbicides, des pesticides et des fongicides. Nous devons stopper la destruction des habitats naturels.

Nous devons nous rebeller contre l’extinction. La rébellion contre l’extinction est une guerre pour nous protéger de nous-mêmes. C’est une lutte pour protéger la diversité de la vie de l’Humanité.

Comme je le dis depuis des années, si les Océans meurent, nous mourrons tous !

Prenez-en conscience, impliquez-vous, soyez actif, faites partie de la solution, battez-vous pour assurer la survie du Vivant sur cette planète.

Le capitaine Paul Watson réagit à la décision du Japon de quitter la Commission Baleinière Internationale

Je ne comprends pas trop pourquoi tant de voix parmi les défenseurs des baleines crient au scandale suite à l’annonce faite hier par le Japon concernant sa décision de quitter la CBI.

Après 16 ans d’interventions contre la flotte baleinière japonaise dans le sanctuaire des baleines de l’océan Austral, j’y vois pour ma part, un développement très positif.

Cela signifie que la guerre baleinière dans l’océan Austral est terminée, Sea Shepherd et les baleines ont gagné.

Ce pour quoi nous nous sommes battus depuis tant d’années vient de se concrétiser : le sanctuaire antarctique va enfin devenir un lieu de paix pour les baleines. La fin de la chasse à la baleine dans l’océan Austral.

En quittant la CBI, le Japon permet aussi à cette même commission de voter et d’adopter la création d’un autre sanctuaire pour les baleines dans l’Atlantique Sud [Le Japon avait toujours fait capoter le projet au sein de la CBI]

Cela signifie donc que l’ensemble de l’hémisphère Sud sera enfin débarrassé des baleiniers pour la première fois dans l’Histoire.

C’est une avancée prodigieuse dont il convient de se réjouir.

Désormais, le Japon ne pourra plus cacher sa chasse commerciale illégale derrière l’alibi de la chasse scientifique.

Le Japon n’a jamais cessé la chasse commerciale à la baleine. Il rejoint maintenant la Norvège, l’Islande et le Danemark dans les rangs des derniers pays chasseurs de baleines sur la planète et la chasse commerciale à la baleine reste illégale. Sans le prétexte scientifique, il sera désormais bien plus facile de s’opposer aux Japonais. Le Japon tue des baleines dans ses eaux territoriales depuis des décennies. Rien n’a changé. Ils ne « reprennent » donc pas la chasse à la baleine puisqu’ils n’ont jamais arrêté.

En d’autres termes, les Japonais comme les Norvégiens, les Danois et les Islandais sont désormais confinés sur leurs propres côtes. Leur expansion est terminée, les baleiniers du monde se replient.

Sans une chasse à la baleine pélagique, le Japon ne construira pas un nouveau navire-usine coûteux. Il y a eu de fortes pressions politiques au Japon pour qu’il ne construise pas ce navire monstrueux.

Mais pourquoi le Japon a-t-il décidé de jeter l’éponge avec la CBI ?

5 raisons principales :
1. Les pressions diplomatiques internationales se font de plus en plus agressives.
2. L’augmentation des coûts de sécurité pour éviter l’intervention de Sea Shepherd a fait de leurs missions en Antarctique un gouffre financier.
3. L’augmentation des coûts d’exploitation en raison de la nécessité de retirer le Nisshin Maru et de le remplacer par un nouveau navire-usine.
4. La diminution des marchés pour la viande de baleine au Japon.
5. Le Japon a réalisé que la CBI n’autorisera jamais le retour de la chasse commerciale à la baleine dans l’océan Austral.

Toute chasse commerciale à la baleine par quiconque, où que ce soit, est illégale depuis 1987.

Sea Shepherd continuera de s’opposer à la chasse illégale à la baleine avec une diversité de stratégies et de tactiques.

Mais aujourd’hui, nous célébrons une énorme victoire pour les baleines.

Le sanctuaire de baleines de l’océan Austral sera bientôt en sécurité et les harpons réduits au silence.

Nous aurons bientôt un autre sanctuaire de baleines dans l’Atlantique Sud.

La chasse à la baleine a pris fin dans tout l’hémisphère sud.

Il n’y a aucune raison de se plaindre de quelque chose qui n’a pas changé. Au lieu de cela, nous devons célébrer les aspects positifs. La moitié de cette planète sera à l’abri des harpons. Toutes les nations traditionnelles de chasse à la baleine de l’hémisphère sud ont mis fin à leurs activités de chasse, notamment l’Australie, le Pérou, le Chili et l’Afrique du Sud. Le Japon était le dernier pays à tuer des baleines dans l’hémisphère sud.

Sea Shepherd accueille donc cette décision du Japon avec satisfaction. Merci au Japon, mais la guerre continue.

Sea Shepherd est intervenu contre la chasse illégale à la baleine dans le sanctuaire des baleines de l’océan Austral sans interruption de 2005 à 2017. Sea Shepherd a envoyé plus d’un millier de volontaires sur de nombreux navires et a sauvé plus de 6 000 baleines des harpons. Plus important encore, Sea Shepherd a considérablement augmenté les coûts opérationnels et de sécurité du Japon, en plus de sensibiliser le monde entier, y compris le public japonais, aux activités illégales du Japon dans l’océan Austral.

Sea Shepherd dévoile son nouveau navire anti-braconnage M/V Sharpie à Miami

Avec la participation du fondateur de Sea Shepherd, le capitaine Paul Watson, du parrain du navire Chris Sharp et de la capitaine Sandy Yawn

Sea Shepherd a dévoilé son nouveau navire, le Sharpie lors d’une conférence de presse le lundi 11 Décembre à Miami.

Depuis la proue du bateau, le capitaine Paul Watson a salué les médias, les fans et les habitants de la ville venus participer à la cérémonie de dévoilement et leur a annoncé que le navire rejoindrait ses jumeaux, le Farley Mowat et le John Paul DeJoria dans la mer de Cortez pour mener à bien l’Opération Milagro IV, campagne visant à sauver le marsouin du Pacifique ou vaquita marina, en danger critique d’extinction. Les trois navires sont des patrouilleurs de 110 pieds.

« Avec ce navire, nous devrions pouvoir couvrir la réserve des vaquitas à 100%« , a déclaré le capitaine Paul Watson, avant d’ajouter que face à une population de seulement 30 vaquitas, les efforts pour les sauver avaient été qualifiés par certains de « cause désespérée« .

« J’ai toujours pensé que les seules causes qui valaient vraiment le combat étaient les causes désespérées, et le nombre de fois où Sea Shepherd s’en est sorti et où des causes perdues se sont transformées en victoires est incroyable. J’aimerais vraiment remercier Chris Sharp qui nous a permis d’acquérir ce navire, et la capitaine Sandy Yawn qui nous rejoindra dans la mer de Cortez avec tout l’équipage.« 

Chris Sharp est le fondateur de plusieurs sociétés de biomédecine naturelle et donateur de Sea Shepherd depuis des années, et il est généreusement intervenu en sponsorisant l’acquisition du navire. Pendant le dévoilement, il s’est dit admiratif depuis toujours du travail qu’accomplit Sea Shepherd contre le braconnage. En s’adressant au capitaine Watson, il a dit: « Il y a de nombreuses personnes qui font beaucoup pour l’humanité, mais il n’y a pas assez d’actions pour protéger et sauver nos océans. Et je vous remercie, vous et toutes les personnes qui s’investissent dans l’organisation, pour tout ce que vous faites. Je vous souhaite le meilleur pour ce premier voyage. »

La semaine dernière, il a été annoncé que la capitaine Sandy Yawn, star de la série Below Deck Mediterranean de la chaîne Bravo Media, avait été recrutée pour prendre la barre lors de la mission inaugurale du Sharpie dans la mer de Cortez. « C’est un honneur pour moi de faire partie de cette mission« , a-t-elle déclaré.

A l’issue des discours, tout l’équipage du Sharpie ainsi que les capitaines Watson et Yawn, Chris Sharp, et le directeur des opérations en mer et des campagnes, le capitaine Locky MacClean, ont signé le drapeau Jolly Roger du navire. Après avoir hissé le drapeau, c’est Chris Sharp qui a dévoilé depuis le ponton le nom du navire, Sharpie, inscrit sur la proue, qui était resté couvert jusqu’à ce moment. Après le dévoilement, il a brisé la traditionnelle bouteille de champagne sur la proue du Sharpie, désormais baptisé.

A propos de la capitaine : La capitaine Yawn a plus de 27 ans d’expérience en matière de plaisance et a commandé des yachts dans le monde entier, de la méditerranée au golfe Persique. Sandy Yawn fait partie des rares femmes capitaines dans l’industrie du yachting, et est connue pour son apparition dans Below Deck Mediterranean sur la chaîne Bravo. La série montre la vie et le travail d’un équipage à bord d’un yacht de 150 pieds. Un des personnages préférés des fans, Yawn est connue pour son attitude de mentor envers son équipage, capable de guider les autres grâce à ses expériences personnelles et professionnelles.

A propos du Sharpie : Le Sharpie est un patrouilleur de 110 pieds (34 m) de la classe Island, ancien navire des garde-côtes américains sous le nom « Bainbridge Island« . Il est propulsé par deux moteurs diesel Caterpillar et peut atteindre une vitesse maximale de 29,5 nœuds et a une autonomie de 3300 milles nautiques.

La guerre des baleines continue

Par le Capitaine Paul Watson

Sea Shepherd a accompli quelque chose d’absolument remarquable au cours des 12 dernières années.

En 2005, nous avons décidé de nous attaquer à la flotte baleinière la plus grande et la plus destructrice du monde. Nous nous sommes entendu dire, par des gouvernements et quelques ONG, que cela était impossible.

capitaine paul Watson

Peu de personnes avaient connaissance du massacre illégal effectué par le Japon dans l’océan Austral. Il était loin des yeux, loin du cœur. Les Japonais ciblaient 1035 baleines par an, un chiffre qui comprenait un quota de 50 baleines à bosse et 50 rorquals communs, deux espèces menacées.

Nous avions peu de ressources, mais nous avons pris notre seul navire, le Farley Mowat, un bateau rompu des mers et plutôt lent, et nous nous sommes lancés à la poursuite des baleiniers dans l’océan Austral et les avons rattrapés pendant quelques heures avant qu’ils ne reprennent de la vitesse et nous sèment.

En 2006, nous avons pu faire l’acquisition du Steve Irwin et la situation s’est inversée. Chaque année, nous devenions plus forts et plus efficaces. Nous avons acheté le Bob Barker, le Sam Simon, le Brigitte Bardot et l’Ocean Warrior. Sea Shepherd a sans relâche permis de réduire les quotas annuels de manière significative et, en 2012/2013, les baleiniers japonais sont rentrés chez eux avec seulement 10 % des prises prévues. Nous avons fait cela au moment même où la Cour fédérale américaine nous mettait d’importants obstacles juridiques dans les roues.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Plus de 6000 baleines ont été épargnées. Pas une seule baleine à bosse n’a été tuée, et seulement 10 rorquals communs ont été abattus sur une période de 10 ans, décennie pendant laquelle 500 individus étaient voués à mourir. Et en plus, les baleiniers japonais ont perdu des dizaines de millions de dollars.

Nous avons dévoilé les activités illégales du Japon au monde entier grâce à notre série télévisée documentaire, Justiciers des Mers.

Nous avons contribué à inciter l’Australie à amener le Japon devant la Cour internationale de justice où les activités du pays du soleil levant ont été jugées illégales ; la CIJ ayant émis une ordonnance de cessation et d’abstention à son encontre.

Ils se sont abstenus pendant un an, puis sont revenus avec un nouveau programme (lui aussi illégal) qui réduisait leur quota de chasse, bidon et autodéterminé, à 333 individus par an. Cela signifie que, depuis 2015, 1400 autres baleines ont échappé aux harpons mortels. Ce qui signifie que 702 autres baleines continueront à être épargnées chaque année.

Malheureusement, dans le but d’éviter les interventions de Sea Shepherd, ils ont doublé leur zone de chasse, ce qui veut dire qu’ils ont davantage de temps et d’espace pour abattre un quota réduit.

En dépit de cela, Sea Shepherd a envoyé le Steve Irwin et l’Ocean Warrior à la poursuite des baleiniers en 2016/2017 et bien que cela leur ait pris plus longtemps et coûté plus cher, les baleiniers japonais ont réussi à atteindre leur quota.

Nous avons récemment découvert que le Japon avait désormais recourt à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd. S’ils savent où nos navires se trouvent à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter. Pendant l’Opération Nemesis, les navires de Sea Shepherd ont effectivement pu s’en approcher et notre hélicoptère a même réussi à récolter des preuves sur leurs activités baleinières illégales, mais nous ne parvenions pas à les atteindre physiquement. Nous ne pouvons pas rivaliser avec leur technologie de type militaire.

Nishin Maru

Cette année, le Japon a renforcé sa résistance en adoptant de nouvelles lois anti-terroristes, certaines étant spécifiquement destinées à condamner les méthodes de Sea Shepherd. Pour la toute première fois, le pays a déclaré qu’il enverrait l’armée défendre ses activités illégales de chasse à la baleine.

Les baleiniers japonais ont non seulement les ressources et les subventions fournies par leur gouvernement, mais bénéficient également du fort soutien politique d’une superpuissance économique majeure. Sea Shepherd a de son côté des ressources limitées et des gouvernements hostiles en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.

La décision sur laquelle nous avons dû nous prononcer a été la suivante : préférons-nous dépenser nos ressources limitées dans une nouvelle campagne dans l’océan Austral qui a peu de chance de réussir OU choisissons-nous de regrouper différentes méthodes et tactiques ? Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, la seule autre option est de réfléchir à une meilleure stratégie, puisque lorsqu’une mesure ne fonctionne plus, la seule alternative est un plan d’action ajusté et amélioré.

Nous devons formuler ce nouveau plan et nous le ferons.

Nous n’allons pas envoyer de navires dans l’océan Austral cette année, mais nous n’abandonnons pas son Sanctuaire baleinier. Il nous faut exploiter les ressources, les stratégies et la capacité de mettre un terme, de manière significative, aux activités de chasse illégale de la flotte baleinière japonaise. Entre-temps, il est temps pour l’Australie de respecter ses engagements. Sea Shepherd a fait dans l’océan Austral ce qu’il est de la responsabilité du gouvernement australien et ce qu’il s’est refusé à faire, c’est-à-dire faire appliquer le droit de l’environnement international et australien. Au lieu de soutenir Sea Shepherd, le gouvernement australien aide les baleiniers japonais en harcelant Sea Shepherd et en faisant obstruction à la possibilité pour Sea Shepherd de récolter des fonds en nous refusant le statut d’association caritative.

Ce que Sea Shepherd a accompli au cours des 12 dernières années démontre ce que des passionnés peuvent arriver à faire avec peu de moyens en dépit de la vive opposition de plusieurs gouvernements.

Les baleiniers japonais ont été montrés du doigt, humiliés, et le plus important, privés de tuer les milliers de vies ayant échappé à leurs harpons mortels. À l’heure qu’il est, ces milliers de baleines parcourent les océans et se reproduisent, alors qu’elles seraient mortes si nous n’étions pas intervenus.

Mais surtout, elles sont désormais des voix dans l’opposition à la chasse baleinière permise par le gouvernement japonais. Nos efforts ont été comme des aiguilles d’acupuncture plantées dans la société japonaise, scrutant et provoquant des réactions. Nous avons révélé l’incroyable gaspillage de fonds publics et la corruption que cette sale affaire cause au Japon ainsi que la honte qu’elle jette sur son peuple. Notre travail est tel qu’un officiel japonais a déclaré que le pays avait deux ennemis : la Chine et Sea Shepherd !

Les efforts sans relâche de Sea Shepherd pour poursuivre et faire cesser les baleiniers non seulement japonais mais aussi norvégiens, danois et islandais continueront. C’est ce que nous faisons depuis quarante ans. Nous n’abandonnerons jamais, pas avant que l’abominable chasse à la baleine soit abolie pour tous, partout, peu importe la raison avancée.

Sea Shepherd fait un travail incroyable dans les océans du monde entier, avec des ressources limitées, en plus de s’occuper des activités illégales de chasse à la baleine. La Vaquita, espèce menacée, serait déjà éteinte si nous n’étions pas intervenus. Nous avons arrêté l’ensemble de la flotte pirate responsable du braconnage de la légine australe. Nous avons intercepté et arrêté des braconniers au large de l’Afrique occidentale, ainsi que dans les réserves marines des Galapagos, de la Sicile et du Panama. Nous avons retiré des centaines de tonnes de plastique et de filets fantômes de la mer et, surtout, nous avons montré au monde ce qu’une poignée de passionnés courageux étaient capables de faire.

Notre objectif est de continuer à servir la vie dans l’Océan en la protégeant de l’exploitation illégale et cupide d’humains nuisibles.

Une seule réalité guide Sea Shepherd : si les Océans meurent, nous mourrons !

Kelly Slater n’est pas un ennemi des requins

Par le capitaine Paul Watson.

Photo : Deborah Basset

Qu’est-ce qui a amené Kelly Slater à changer si radicalement d’opinion sur les requins ?

La réponse est peut être qu’il n’a pas changé d’opinion après tout.

En 2014, Kelly a été cité dans les médias australiens et voici sa réponse au plan du Premier Ministre Colin Barnett sur l’abattage des requins en Australie occidentale :
« Je pense que c’est ridicule. Les humains veulent tout contrôler. Nous essayons de contrôler l’érosion (des plages), nous essayons de contrôler les requins… Nous essayons en réalité de tout contrôler sur cette terre et c’est vraiment fou. Nous tuons 100 millions de requins par an, c’est complètement fou, pour faire de la soupe (d’aileron de requin). Nous les rejetons sans ailerons et les laissons mourir. C’est comme si nous avions perdu tout sentiment pour les autres créatures, je trouve ça triste. Si j’étais mangé par un requin, j’en serais honoré. »

Donc, quand j’ai appris que Kelly avait posté un message Instagram sur le compte de Jeremy Flores, connu pour sa position en faveur de l’abattage des requins à La Réunion, ma première réaction fut de ne pas y croire. Il devait s’agir d’un canular. Le message était en contradiction avec tout ce que Kelly avait jamais dit au sujet des requins.

Dans son message à Flores, Kelly a déclaré :
« Honnêtement, je ne vais pas être populaire en disant ceci, mais il doit y avoir un abattage massif de requins à la Réunion et cela devrait arriver tous les jours, le gouvernement français doit trouver une solution le plus vite possible. »

Et bien sur, Florès s’est servi de ce message comme d’une munition dans son offensive contre les écologistes, Sea Shepherd et moi même compris.

Je ne pense pas que Kelly ait anticipé le tsunami de réactions des deux parties. Les partisans de l’abattage des requins ont été exaltés et ont rapidement bombé le torse dans sur les réseaux sociaux, se félicitant d’avoir amené Kelly à ce que les défenseurs des océans considèrent comme le « côté obscur ».

Je ne pense pas que Kelly avait prévu que ses paroles pourraient exacerber la violence à La Réunion ou que le lendemain on verrait un attentat à la bombe sur les bureaux de la réserve marine parce que l’un des objectifs de certains « anti-requins » est de détruire la réserve en la rouvrant aux pêcheries et à la chasse sous marine, y compris bien sûr, à la pêche aux requins. Certains d’entre eux étant aussi chasseurs sous marins, la Réserve les a privés d’un terrain de chasse qu’ils entendent bien récupérer.

Je ne pense pas non plus que Kelly avait anticipé les menaces de mort contre Jean Bernard Galves, le représentant de Sea Shepherd et du collectif d’associations (Sea Shepherd, Aspas, Longitude 181, One Voice, fondation Brigitte Bardot, Requin, Intégration, Sauvegarde des Requins, Tendua, Vagues ) exigeant la fin de l’abattage et la protection de la réserve marine.

Il ne pouvait pas non plus pu anticiper toute l’ampleur de la haine dirigée contre toute personne qui défend les requins, comme l’illustre ce message d’un certain partisan des pêches à l’une des associations du collectif, Sauvegarde des requins :

« Tous mes potes sont morts dans une attaque. Vous avez gagné. Maintenant, on va foutre le feu pour que les plus jeunes arrêtent de crever à cause de vos conneries. La réserve marine a déjà pris un coup et si ils ont pas compris, c’est leur gosse qu’on brûlera. Ceux du préfet aussi. On veut nous tuer. Bin on tuera. Mon gars, je ne sais pas si t’as bien compris le message là. Les gars comme toi ont fait en sorte que mes potes meurent bouffés. Que tu comprennes ou pas, on s’en branles. Tu viens on te tue.

On tuera tes enfants, ta famille et on pissera sur ta tombe et celle de tes proches. Car c’est ce que vous faites sur nous depuis le début. FIN DE LA DISCUSSION. Fais passer le mot aussi que les 2 petits zoreils avec tee shirt SS que se baladent à Boucan pour provoquer vont se faire donner à bouffer aux squales. Porte plainte si tu veux. Qu’ils portent tous plainte si ils veulent. Nous on a porté plainte, ça nous a pas protégé de la mort. Ca vous protégera pas non plus. A votre tour »

Je ne pense pas que Kelly ait anticipé que ses mots puissent créer une telle vague de colère et faire naître un sentiment de trahison chez tant de ses admirateurs ?

La déclaration de Kelly a été particulièrement dommageable survenant moins d’un mois après la mort de Rob Stewart, qui a trouvé la mort dans un accident de recycleur alors qu’il travaillait à son prochain film en faveur des requins.

Sans le vouloir, par son message, Kelly a donné aux détracteurs des écologistes la confiance nécessaire pour déchaîner leurs accusations odieuses et alimenter la violence de leur rhétorique.

J’ai été déçu, mais pas en colère contre Kelly. C’est quelqu’un qui est dédié à la protection de l’océan et il s’est positionné contre l’abattage des requins pendant des années. La confirmation qu’il était bien l’auteur de ce message fut donc un choc pour moi.

Je connais Kelly, c’est un homme de compassion. Sa réaction a été viscérale face à cette énième tragédie. Je ne pense pas que cette déclaration efface les efforts incroyables que Kelly a développé au fil des ans pour amorcer une prise de conscience générale sur la destruction de la vie marine dont nous sommes responsables en tant qu’espèce.

Je l’ai contacté et il m’a répondu qu’il avait de la sympathie pour les surfeurs qui sont morts à La Réunion, que les incidents d’attaques de requin y surviennent en plus grand nombre que dans n’importe quel autre endroit au monde et que bien qu’il s’oppose à l’abattage des requins en général, il pense que La Réunion est un cas à part en raison du nombre d’attaques.

Sa réponse m’a permis de mieux comprendre son ressenti. La douleur induite par la perte d’un ami, un membre de sa famille, les souffrances endurées à la suite de blessures infligées par un requin, sont des choses qui éveillent la colère et parfois, une envie de vengeance. Ou encore dans le cas de Kelly, la volonté de trouver des solutions.

Il ne fait nul doute que ce sujet est très chargé émotionnellement. La mort de plusieurs surfeurs sur une période de temps relativement courte et à un endroit particulier a de quoi interpeller. Je pense que Kelly a réagi de manière intuitive à ces tragédies parce qu’il a eu le sentiment que le cas de La Réunion est unique et inhabituel.

Il m’apparaît évident que Kelly n’avait pas anticipé le retour de flamme. Il m’a envoyé le message suivant hier :

« Bonjour Paul.

J’aimerais revenir sur mon commentaire au sujet de la récente attaque de requin à La Réunion. Je n’avais pas pesé mes mots. C’est facile de se laisser dépasser par l’émotion au vu du contexte dans lequel vit la communauté locale, particulièrement quand de jeunes vies sont fauchées. Cependant, tuer quoi que ce soit dans l’espoir d’une solution n’est pas en ligne avec ma philosophie de vie et je ne crois pas que cela puisse être une solution à long terme au problème actuel. C’est le bon moment de mobiliser les énergies et les intelligences pour trouver une solution qui fonctionne pour tout le monde… En utilisant la technologie, la science, et les émotions humaines. Je sais qu’on peut trouver des solutions qui conviennent à tous. Je continuerai à apprendre sur le sujet et à investir mon énergie et mes efforts dans la défense et la protection de nos océans.

Sincèrement,

Kelly »

Sea Shepherd souhaite travailler avec Kelly Slater et avec quiconque qui, à La Réunion, souhaite trouver une vraie solution à ces attaques. Kelly souhaite travailler avec nous, avec les surfeurs et avec les scientifiques pour trouver une solution.

Je pense que si les surfeurs de La Réunion veulent vraiment trouver une solution, ils doivent comprendre que la pêche ne marche pas et n’a jamais marché. Le remède est dans la restauration de l’écosystème récifal et d’une vie marine riche, ainsi que le retour des requins de récif. Et cela passera par une Réserve Marine forte et protégée.

Je ne vois donc pas l’intérêt de condamner Kelly pour avoir exprimé ses sentiments sincères à l’égard de ces accidents mortels. Il est humain, il est très proche de la communauté du surf et ce qu’il a dit, il l’a dit du point de vue d’un homme et d’un surfeur qui se soucie de la vie de gens avec qui il partage une passion pour les vagues.

Et nous ne devons pas nous tromper en croyant un instant que cet homme ne se soucie pas de l’Océan, de la biodiversité et des atrocités commises contre la vie marine. Je connais Kelly, il s’en soucie, profondément.

Je vois le côté positif de toute cette controverse. Ce que Kelly a dit n’est pas acceptable mais ça a permis de mettre en lumière toute l’incompréhension qui règne autour de cette situation et le fait que les seules solutions reposent sur une base scientifique, selon des règles instaurées par l’écologie marine.

La pêche des requins ne fait pas partie de ces solutions.

La situation à La Réunion a été causée par les humains. La pollution, la surpêche, la négligence et le refus d’utiliser le bon vieux sens commun basé sur une compréhension sérieuse de l’écologie océanique. Et comme Kelly l’a souvent dit dans le passé, l’abattage des requins ne fonctionne tout simplement pas.

Le surfeur américain Mike Coots, qui a perdu une jambe dans une attaque requin rejoint ce sens commun : « Je pense qu’il est mauvais de pêcher une espèce de requin. La science a montré que ça ne fonctionne pas. Et ça peut même aggraver la situation. Je pense que nous devons nous travailler davantage à une meilleure coexistence entre les humains et les requins. »

Pendant la seconde moitié du 20e siècle, l’abattage des requins a été effectué dans le but de rendre les eaux d’Hawaii plus sûres. De 1959 à 1976, l’État de Hawaï a tué 4 668 requins. L’Institut d’Hawaï de biologie marine et le Département de l’État de la terre et des ressources naturelles ont conclu que l’abattage était «inefficace» parce que l’occurrence des nombres d’attaque de requins n’a pas diminué.

Les insulaires ont surexploité la zone et les requins de récif qui autrefois dominaient ce territoire ont été anéantis, pas par les requins bouledogues contrairement aux revendications de Jeremy Flores mais par les pêcheurs. En raison de ce vide laissé par les requins de récif, les requins bouledogue se sont engouffrés dans la brèche.

Et c’est de là que viennent les problèmes.

Non seulement l’élimination des requins ne fonctionne pas mais elle contribue en réalité à créer un environnement où les requins bouledogues sont plus agressifs et donc plus dangereux, car les requins tués sont remplacés par de nouveaux arrivants qui investissent le milieu en mode « conquête territoriale ».

Plus de 200 requins ont déjà été tués à La Réunion et ces assauts de vengeance ont non seulement pris des requins bouledogues, mais de nombreux requins tigres et les requins tigres ne sont pas impliqués dans les accidents. Combien d’autres veulent-ils en tuer ? Parlent-ils d’une éradication totale ? L’éradication complète est-elle le seul moyen de garantir la sécurité des surfeurs ?

L’extinction du requin bouledogue est-elle le prix demandé par les surfeurs en échange de pouvoir pratiquer leur sport ?

Voilà ce qui se passe. Un requin tue un humain. Par vengeance de nombreux requins sont abattus et au lieu de résoudre leur problème, leurs actions ont intensifié le problème.

Pourquoi est-ce que le plus grand nombre d’attaques de requins dans le monde se produit précisément là où l’abattage de requin est pratiqué ? Les trois spots les plus dangereux au monde sont La Réunion, le Queensland et l’Australie Occidentale.

La raison, c’est que l’élimination des requins de leur propre territoire établi créé un vide et donc une invitation à combler ce vide par d’autres requins et ces requins de remplacement cherchent à s’approprier ce territoire vacant. C’est cette compétition pour les territoires qui les rend beaucoup plus agressifs que les requins tués qu’ils sont venus remplacer. L’abattage des requins crée un trou noir et il attirera des requins bouledogues de remplacement venant de Madagascar, entraînant des attaques de requins plus agressives et toujours plus de massacres de requins.

Tuez-les et cela ouvre la porte à de nouveaux prétendants pour l’occupation de l’espace. Le seul résultat logique d’un plan aussi radical pour réussir à faire cesser les accidents, c’est l’éradication totale et complète de l’espèce et ça n’est absolument pas quelque chose que Kelly Slater approuve.

Remonté à bloc par Jeremy Flores et ses cohortes, le Journal de l’Ile de La Réunion a qualifié Sea Shepherd, les scientifiques et les ONG s’opposant aux battues de requins de NAZIS fanatiques des droits des animaux et prétend dans ses colonnes que nous sommes responsables de la mort des surfeurs. Selon nous, la cause de ces attaques fréquentes est la pêche elle même, donc Flores et le gouvernement français sont complices des circonstances qui ont vu 20 attaques depuis 2011 dont 8 attaques ont été mortelles.

Ce que Sea Shepherd préconise est une réserve marine forte qui permettra aux requins de récif de revenir et jusqu’à ce que l’équilibre écologique soit rétabli, les plages où les attaques de requins se produisent devraient être fermées au public.

Kelly m’a affirmé soutenir cette approche.

Regardons de plus près les victimes.

La dernière attaque a eu lieu à la sortie d’une rivière sur la côte Est, après de fortes pluies. La rivière transportait beaucoup de déchets dans l’eau boueuse. Les pluies avaient modifié les fonds de l’embouchure de la rivière, créant une vague « parfaite ». Tentant en effet, mais les pêcheurs de la région avaient à plusieurs reprises averti les surfeurs de l’énorme risque d’attaque de requins, bien connu pour être aggravé par les pluies. La baignade était interdite et des panneaux signalaient le danger, même si beaucoup avaient été vandalisés. L’homme qui est mort était un ancien vigie de requins et était pleinement conscient des risques qu’il a néanmoins choisi de prendre.

Sa famille a déclaré : « Notre famille ne veut pas que la mort d’Alex soit utilisée pour justifier tel ou tel acte. Pas plus que nous souhaitons que l’on accuse des animaux sauvages pour la mort d’Alex. Alex était un grand passionné et il était pleinement conscient des risques qu’il prenait. »

L’accident d’avril 2015 concernait un garçon de 13 ans. La veille, un système de surveillance des requins avait été mis en place, mais ce jour-là, les vigies n’ont pas été déployées en raison de la mauvaise visibilité et des mauvaises conditions de mer. La session de formation a été annulée. Malgré l’interdiction de surfer, le garçon et certains de ses camarades ont décidé de se mettre à l’eau. Ils étaient peut-être confiants à cause de l’installation à quelques centaines de mètres d’une ligne “anti-requin” posée là douze jours auparavant. Cette ligne avait été installée contre l’avis des scientifiques. Ils avaient averti du risque que présentaient les appâts à requins près des plages.

Actuellement 15 scientifiques du conseil scientifique de la réserve marine, en dépit des pressions énormes de l’État, en dépit des menaces et des insultes constantes, ont unanimement déclaré qu’il était dangereux d’appâter les requins près des surfeurs et que les lignes ne devraient pas être installées dans la réserve et près des plages.

Toute cette situation a été créée par l’activité humaine que ce soit par la surpêche, l’élimination des requins de récif, la pollution, le déversement d’eaux usées, les intestins de poissons et les abats d’animaux et aggravé par les fortes pluies régulières et il a déjà été prouvé que l’abattage des requins ne fonctionne pas mais contribue au contraire à plus d’occurrences.

Flores et son groupe de pro pêche, essaient d’enfermer les scientifiques et les écologistes comme moi même et Sea Shepherd dans le rôle de gens haineux prêts à sacrifier des jeunes pour sauver les requins.

En réalité, nous essayons d’arrêter les attaques de requins en travaillant à restaurer l’intégrité écologique de la zone avec la réserve marine. Oui, nous voulons sauver les requins, mais cet effort là est aussi le seul moyen de sauver des vies humaines. La question n’est pas de sauver les requins ou les humains. Pour nous il s’agit de protéger à la fois la vie des humains et celle des requins.

Ce pour quoi milite Flores n’est tout simplement pas acceptable.

Quand j’étais plus jeune je surfais en Californie et à Hawaï dans les années soixante et soixante-dix et j’ai toujours vu le surf comme une expérience presque religieuse et c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai une profonde considération pour Kelly Slater. Tous les surfeurs devraient être des ambassadeurs pour la vie marine et en fait, Kelly a et continue d’être un incroyable défenseur de l’océan, un éducateur et un modèle pour les jeunes du monde entier.

En tant que surfeur j’étais toujours conscient des risques comme d’être jeté sur un récif de corail à presque m’en briser le cou à Makapuu Beach. J’ai toujours considéré le risque d’une attaque de requin comme le moindre de mes soucis. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait aucun risque, mais que c’est un risque acceptable parce qu’en moyenne, environ 5 personnes meurent chaque année d’une attaque de requins et compte tenu des dizaines de millions de personnes qui entrent chaque jour dans l’océan, c’est un pourcentage extrêmement faible.

En fait, il est plus dangereux de jouer au golf parce que plus de golfeurs que de surfeurs meurent chaque année, de piqûres d’abeilles ou frappés par la foudre.

Comme Kelly Slater l’a dit une fois, « Si vous avez peur des requins, restez sur la plage. »

C’est un état d’esprit qu’il conserve aujourd’hui. Rien n’a changé.