L’Opération Albacore de Sea Shepherd

Notre troisième campagne pour mettre fin à la pêche illégale au Gabon, en Afrique de l’Ouest

Un partenariat fructueux pour protéger l’Eden de l’Afrique.

En 2016, Sea Shepherd s’est associé au gouvernement du Gabon pour mettre fin à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans ses eaux côtières. Sao Tomé-et-Principe s’est rapidement joint à la campagne, ce qui a permis l’arrestation de cinq navires opérant illégalement dans le golfe de Guinée. Sea Shepherd a poursuivi la campagne de protection de leurs eaux côtières en 2017, avec l’arrestation de deux chalutiers et d’un palangrier qui pêchaient illégalement. En 2018, Sea Shepherd est de retour pour reprendre les patrouilles avec les autorités gabonaises de la plus grande aire marine protégée d’Afrique.

Logo de l'opération Albacore

Logo de l’opération Albacore

À propos de l’Opération Albacore III

Un partenariat en cours pour lutter contre la pêche illégale au Gabon

Depuis 2016, Sea Shepherd Global met à disposition le M/Y Bob Barker comme patrouilleur civil offshore pour défendre, préserver et protéger l’habitat essentiel du thon dans le Centre de l’Afrique de l’Ouest. En juillet 2018, un an après que le Gabon a déclaré la création du plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique, Sea Shepherd a lancé sa troisième campagne en partenariat avec les autorités gabonaises.

Un partenariat pour mettre fin à la pêche INN

Travailler avec les autorités locales au Gabon

La Marine Nationale du Gabon, des inspecteurs des pêches de l’Agence Nationale des Pêches et de l’Aquaculture (ANPA) et des rangers de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) seront stationnés à bord du M/Y Bob Barker, et travailleront avec l’équipage du M/V Bob Barker de Sea Shepherd pour surveiller les eaux territoriales du Gabon. Ces patrouilles permettront aux forces de l’ordre de défendre, préserver et protéger l’habitat essentiel du thon dans le centre de l’Afrique de l’Ouest.

En août 2016, l’Opération Albacore a été étendue à Sao Tomé-et-Principe, en Afrique centrale. Avec l’aide de Sea Shepherd, les autorités de cet l’État insulaire ont arraisonné un palangrier battant pavillon espagnol et détenteur d’un permis de pêche au thon. Elles ont découvert des cales remplies de requins dont les ailerons avaient été découpés, ce qui représente une violation de l’interdiction de l’Union Européenne contre le shark finning.

Opération Siso : 130 km de matériel de pêche illégal retirés de la mer

Guidée par un cachalot, l’Opération SISO 2018 se termine avec 130 km de DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux retirés de la mer. Commentaire d’Andrea Morello, directeur de Sea Shepherd Italie et leader de la campagne.

Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd

En 2017, un jeune cachalot est resté emmêlé dans un filet de pêche illégal de type « squadrara » en traversant l’archipel des îles Éoliennes. Les garde-côtes ont passé de nombreuses heures à lutter pour le libérer, mais ils n’ont pas pu lui sauver la vie. SISO a été retrouvé mort le long de la côte du Cap de Milazzo, le filet encore enroulé autour de la nageoire caudale et l’estomac rempli de plastique. Carmelo Isgrò, le biologiste marin qui l’a découvert, conserve encore aujourd’hui son squelette, pour nous alerter tous, mais aussi les générations futures, sur les dommages causés à l’environnement. Carmelo a décidé d’appeler le cachalot « SISO », en hommage à un ami cher qui l’avait aidé à récupérer le cachalot, et qui est mort dans un accident de voiture les jours suivants.

La mort de SISO, provoquée par un filet dérivant illégal, est la preuve évidente de la présence d’engins de pêche illégaux dans l’archipel des Éoliennes. Les données de 2018 du ministère des Politiques agricole, alimentaire et forestière, mises à jour le 15 septembre 2018, confirment par ailleurs que 180 815,79 kg de captures illégales ont été confisqués, ce qui représente un total de 7 649 914,8 € de sanctions appliquées.

Il devient clairement impossible pour Sea Shepherd de ne pas intervenir, et elle bénéficie pour cela du soutien du Fonds de préservation des îles Éoliennes et de Smile Wave.

La stratégie de l’opération prévoyait l’utilisation de deux navires Sea Shepherd : le M/V Sam Simon, et un navire sans logo en mission d’infiltration. Ce dernier a atteint la zone plus tôt, et commencé la surveillance de la partie est de l’archipel, tandis que le Sam Simon arrivait du Nord, pour se diriger vers le Sud-Ouest.

Nous sommes partis à bord du Sam Simon, de Molo Italia, à La Spezia, le 2 octobre. Notre objectif était de localiser les engins de pêche illégaux et les filets dérivants situés dans les îles Éoliennes. Après quatre mois à quai, le navire était prêt. Mais le deuxième jour a été terrible : un état de la mer de force 5, en augmentation, lui a fait essuyer une violente tempête venue du Nord-Est.

C’était l’aube lorsque nous avons atteint la partie nord de la splendide Alicudi. Nous avons été accueillis par une bande de dauphins venus nous encourager et nous apporter le calme dans cette mer agitée. Cela nous a permis de localiser rapidement les premiers jerrycans en plastique, attachés et ancrés sur un fond marin de 3 000 mètres de profondeur : les DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux.

Avec l’accord et la coordination des garde-côtes, une action directe a été immédiatement déclenchée : à 8h45, nous avons hissé à bord les premiers DCP illégaux. À partir de là, nous avons commencé à localiser et à cartographier sur le GPS des douzaines de dispositifs de concentration de poissons. Ils représentent un réel danger, même pour les tortues, qui restent la plupart du temps emmêlées, sans aucune chance de s’échapper, ce qui est synonyme pour elles d’une mort certaine.

Après deux jours d’efforts acharnés, la mer s’est renforcée et nous a emmenés à l’intérieur de l’archipel, dans la zone marine du sud de Filicudi, une nouvelle zone à patrouiller. À 9h du matin, quelque chose d’inattendu s’est produit : nous regardions à travers nos jumelles pour pouvoir repérer des engins de pêche potentiellement illégaux, lorsqu’un jet puissant et reconnaissable est apparu, puis un autre ! Un splendide cachalot est venu nous rendre visite, comme s’il voulait se joindre à nous pour rechercher SISO, et les filets qui l’ont tué. C’est lui qui nous a permis d’apercevoir immédiatement des douzaines d’autres DCP illégaux.

Ces DCP illégaux menacent à la fois la vie en Méditerranée et la pêche légale de la région. Le plan de gestion local des îles Éoliennes réglemente l’utilisation des « cannizzi » : « Des zones spécifiques seront identifiées dans la zone à gérer. Les « cannizzi » pourront y être ancrés, mais le nombre (d’un maximum de 20), la position, et la mise en œuvre (avec une mesure 1.4 du Fonds européen pour la pêche 2007-2013) seront planifiés. Les « cannizzi » seront attribués aux pêcheurs par tirage au sort, et ils seront marqués, de manière à pouvoir les identifier. De plus, pour faire face à l’anticipation récente mais progressive de capture du coryphène commun, la pose des « cannizzi » est fixée au 15 septembre, et le début des activités de capture au 30 septembre« . La non-détectabilité et l’absence totale de traçabilité des DCP font qu’ils sont classés en pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Les douze jours d’action directe ininterrompue ont abouti à la prise de 130 km de ligne en polypropylène et de 1 500 m de ligne de pêche de grosse épaisseur, sans hameçons, retirés de la mer. Au total, 68 DCP illégaux et plusieurs bouteilles en plastique ont été confisqués, certaines contenant encore des matières polluantes.

La stratégie de l’Opération s’est révélée fructueuse : lorsque deux bateaux de pêche, à la vue du Sam Simon, ont tenté de s’éloigner pour pêcher illégalement avec les DCP, notre voilier d’infiltration leur a coupé la route. Avec l’arme la plus puissante qui existe, la caméra, l’équipage les a filmés. Grâce aux détails d’identification des navires et de leur position, les garde-côtes et la Garde des finances ont pu intervenir. Les enquêtes sont toujours en cours.

Avec l’arrivée du voilier dans le port d’Anzio, l’Opération SISO 2018 s’est achevée avec le succès et l’efficacité qui caractérisent Sea Shepherd. Elle confirme la forte présence estimée de DCP illégaux : plus de 5 000 dans la partie sud de la mer Tyrrhénienne, pour un total estimé de 10 000 km d’engins illégaux mis à l’eau chaque année.

Grâce au soutien du Fonds de conservation pour les îles Éoliennes et de Smile Wave, l’interaction avec les communautés locales a été parfaite. Lors des escales à Lipari et Salina, de nombreux enfants et étudiants sont par ailleurs montés sur le bateau. Nous avons également reçu à bord les représentants des pêcheurs artisanaux éoliens. Ils vont coopérer avec Sea Shepherd pour augmenter l’efficacité des prochaines campagnes, et défendre avec nous cet archipel paradisiaque. L’objectif est de créer une zone marine protégée pouvant conduire à une protection totale, ouvrant aussi la voie vers une économie bleue durable, pour une coexistence écologique entre les espèces.

En mémoire de SISO et ragaillardis par la passion de nos bénévoles et le soutien de toutes les personnes qui nous aideront, nous reviendrons dans le sud de la mer Tyrrhénienne pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et contre l’utilisation du plastique. Nos treize navires, positionnés dans presque toutes les mers de notre planète, la « proue vers la mer », représentent la plus grande flotte privée de défense de ceux que nous appelons « nos clients », les habitants des Océans.

L’arme la plus importante, et qui fait toute la différence, c’est la passion des gens. Elle encourage à ne pas tourner le dos à l’illégalité et à la cruauté, mais au contraire à les combattre par une action directe, sans laisser ni plastique ni injustice derrière soi, avec le sens du partage et du respect pour toutes les vies.

Photo Emanuela Giurano/Sea Shepherd.

Sea Shepherd conclut l’Opération Albacore III contre la pêche illégale en Afrique centrale

Le départ du navire Bob Barker de Port Gentil au Gabon marque officiellement la fin de l’Opération Albacore III. De même qu’au cours de précédentes campagnes de l’Opération Albacore, la marine gabonaise (Marine Nationale) et les inspecteurs de l’autorité de contrôle des pêches (ANPA) étaient présents à bord du Bob Barker, travaillant avec Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales du Gabon. Le pays disposant du plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique, dont 9 nouveaux parcs marins nationaux et 11 nouvelles réserves aquatiques créées à l’initiative du Président Ali Bongo Ondimba pour la préservation de plus de 26% des eaux du Gabon, des rangers de l’Agence nationale des parcs nationaux ont participé aux quatre mois de patrouilles en mer.

L’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo : Flavio Gasperini/ Sea ShepherdL’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo: Flavio Gasperini/ Sea Shepherd

Trois chalutiers illégaux arrêtés dans des réserves aquatiques

L’Opération Albacore III a débuté avec l’arrestation du Hua Yi 5, un chalutier battant pavillon congolais pris en flagrant délit de pêche non déclarée dans les eaux gabonaises dans la réserve marine du Grand Sud du Gabon, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

Cette arrestation a précédé celle de deux autres chalutiers, cette fois-ci à la frontière nord entre le Gabon et la Guinée Equatoriale. Les bateaux de pêche Jin Li 961 et Jin Li 962, deux chalutiers sous pavillon chinois, ont été surpris par le Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière entre la Guinée Equatoriale et le Gabon pour braconner dans la réserve marine du Cap Esteria, une zone interdite à la pêche. A bord de l’un de ces chalutiers, les inspecteurs gabonais ont découvert un requin tigre dont les ailerons avaient été coupés. Les deux bateaux sont toujours détenus dans le port de Libreville.

Après les arrestations aux frontières nord et sud du Gabon, les patrouilles ont permis, comme escompté, de dissuader les pêcheurs pirates, puisqu’aucune intrusion n’a été relevée par la suite.

Un navire européen de pêche commerciale appréhendé pour pêche aux ailerons de requin.

Après ce coup d’arrêt à la pêche illégale dans les réserves marines du Gabon, le Gabon et Sea Shepherd se sont une fois de plus associés avec l’Etat insulaire d’Afrique centrale São Tomé et Príncipe pour patrouiller dans les eaux de ce pays. Opérant à bord du Bob Barker, les garde-côtes et les inspecteurs des pêches de São Tomé et Principe ont procédé à l’arrestation d’un palangrier, battant pavillon sénégalais, mais rattaché à l’Espagne, pour pêche aux ailerons de requins.

Bien que le palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », les inspections ont révélé que les cales du Vema étaient remplies de deux tonnes de requins uniquement, principalement des requins bleus, classés comme « quasi menacés » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les ailerons étaient séparés des corps.

La règlementation de São Tomé de la pêche qui interdit le traitement des ailerons en mer est une mesure de préservation qui assure que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire de la place aux ailerons, bien plus rentables, ce qui conduirait à la mort de bien plus de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet mené ces quatre dernières années, dont trois sont le fruit d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon, avec l’assistance de Sea Shepherd.

Interdiction de mise en place délibérée de filets pour la capture des baleines et des requins baleines

Trois années de patrouilles dans le cadre de l’Opération Albacore, associées aux suivis réalisés par les observateurs gabonais, ont révélé que certains senneurs industriels encerclaient délibérément les baleines et les requin-baleines avec leurs sennes, sachant que les thons, à la recherche de nourritures similaires, se regroupent autour d’eux.

Les baleines et les requin-baleines pouvaient rester coincés plusieurs heures dans les filets car les pêcheurs n’ouvraient les filets qu’une fois les poissons à bord. A ce moment-là, les chances de survie étaient faibles pour les baleines et requin-baleines pris de panique.

D’après la nouvelle règlementation, si des baleines ou des requins-baleines sont capturés accidentellement dans une senne coulissante, les filets doivent être immédiatement ouverts, même si le navire de pêche risque d’y perdre l’intégralité de sa capture de thon. Ces règles vont sauver la vie de nombreux mammifères marins et requin-baleines et illustrer l’importance des abordages et des inspections menés par les autorités en mer.

Dispositifs de concentration de poisson bientôt interdits

Avant l’Opération Albacore, les dispositifs de concentration de poissons, appelés DCP, n’étaient pas règlementés. Un DCP est un objet flottant, généralement en plastique, qui attire les poissons. Les équipements de communication sonar et satellite adaptés à la technologie de pointe des DCP alertent les bateaux de pêche de la présence de poissons. Les DCP posent problème parce qu’ils conduisent à un plus grand nombre de prises accessoires, ou prises accidentelles, de requins et de poissons juvéniles. En ce qui concerne ces derniers, la pêche avec DCP dans les eaux du Gabon a fait grimper à près de 80% le taux d’individus immatures capturés chez les thons, contre 12% sur des bancs de thons non concentrés. Le Gabon régule désormais le nombre de DCP qui peuvent être déployés par bateau et un mouvement émerge au Gabon qui souhaite interdire totalement les DCP. Cette initiative sauvera d’innombrables requins.

L’Opération Albacore continue

L’Opération Albacore III se termine avec le départ du Bob Barker des eaux gabonaises, néanmoins Sea Shepherd est déterminée à poursuivre sa collaboration avec le Gabon et les autres partenaires régionaux pour défendre, préserver et protéger le Golfe de Guinée de pratiques de pêche illégales et destructrices.

Opération Siracusa 2018 de Sea Shepherd : des braconniers arrêtés

Sea Shepherd Italie a lancé sa campagne « Opération Siracusa 2018 » avec l’annonce de l’arrestation de braconniers dans le parc marin de Plemmirio.

Aux premières lueurs du matin du 23 juillet, les membres de Sea Shepherd qui patrouillaient dans l’aire protégée de Plemmirio ont aperçu deux plongeurs au tuba qui ramassaient illégalement des oursins de mer dans la zone B de la réserve. L’autorité portuaire est intervenue rapidement et, en plus des sanctions prévues, a saisi l’équipement des braconniers. La Garde côtière est intervenue pour localiser les oursins dissimulés avec l’aide de Sea Shepherd. La totalité des 1000 oursins a pu être relâchée dans l’aire marine protégée.

Plus tard dans la journée, Sea Shepherd a immédiatement alerté les autorités après avoir repéré un bateau pêchant illégalement à l’aide de filets dans une autre aire protégée dans la zone C de la réserve. La garde côtière s’est déplacée pour arrêter le bateau et l’escorter vers le port.

L’Opération Siracusa compte 42 bénévoles pour la préservation et la protection des oursins de mer et des Mérous bruns dans le parc marin de Plemmirio. Ces bénévoles collaborent avec les autorités locales telles que la police financière (Guardi di Finanza), la Garde côtière, les carabiniers, la police d’Etat (Polizia di Stato), la police environnementale (Polizia Ambientale), la Polizia Provinciale et la direction du parc (Ente Parco).

En faisant rapidement état auprès de la police des activités illégales perpétrées dans la réserve, Sea Shepherd a de nouveau porté un coup majeur au braconnage cette année.

« La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) est la cible naturelle de Sea Shepherd, surtout quand elle se produit dans des zones protégées. Sea Shepherd continuera de patrouiller en collaboration avec les autorités locales pour protéger, défendre et préserver les vies marines de ceux que nous appelons « nos clients ». Les bénévoles, originaires de toutes les régions d’Italie, sont venus consacrer leur temps et leurs vacances à la protection de ce qu’il y a de plus important : la vie marine. Leur travail a immédiatement produit ses premiers effets : 1000 oursins de mer relâchés et rendus à leur habitat » a déclaré Andrea Morello, présidente de Sea Shepherd Italie, qui a pris part à l’opération.

Historique de la campagne

Le parc marin de Plemmirio est classé « Area Specialmente Protetta di Interesse Mediterraneo » (ASPIM) (Aire spécialement protégée d’intérêt méditerranéen). Cette distinction est conférée aux zones de haute importance pour la préservation de la biodiversité de la Méditerranée, qui doivent donc être protégées.

L’Opération Siracusa, qui se poursuit pour la cinquième année, encourage le respect de la vie par la protection, la défense et la préservation de ce merveilleux écosystème et de toutes les espèces qui y vivent. C’est un message fort à l’égard des braconniers qui agissent dans les zones protégées de Plemmirio.

L’Aire marine protégée de Plemmirio est divisée en trois zones suivant différents niveaux de protection pour l’écosystème marin, de A à C. La zone A est la plus protégée : les bateaux ne sont pas autorisés à y transiter ou à s’y arrêter, la pêche y est totalement interdite et la plongée au tuba n’est pas autorisée. La pêche sous-marine, la plongée au tuba et la plongée libre sont interdites dans les trois zones.

APPEL A LA MOBILISATION – NOUS AVONS JUSQU’A LUNDI !!! CONSULTATION PUBLIQUE POUR LES DAUPHINS VICTIMES DE LA PÊCHE

En février dernier, nous diffusions les images de dauphins capturés par des chalutiers français pêchant le bar. Ce sont des milliers de dauphins qui subissent ce triste sort chaque année le long des côtes françaises dans l’opacité la plus complète.

Photo 1 dans les Landes © Maxppp - LE DEODIC Davidphoto : Sea Shepherd

Lors de l’opération DolphinByCatch, nous dénoncions le fait que le gouvernement français était hors la loi en manquant à son obligation de nommer un organisme en charge de recevoir les déclarations de captures de dauphins. Un vide juridique qui arrange tout le monde, ministères et pêcheurs responsables des captures.

L’État lance donc une consultation publique sur ce qui en apparence est une volonté de remédier au problème. En apparence seulement car tout en garantissant l’anonymat complet des navires, aucune surveillance obligatoire à bord n’est prévue donc les déclarations reposent uniquement sur la bonne volonté des pêcheurs, comme si on demandait aux automobilistes de déclarer leurs excès de vitesses à la gendarmerie… De plus aucun délai de déclaration n’est prévu. Ces déclarations – pour ce qu’elles vaudront – ne seront pas traitées par un organisme indépendant mais par le gouvernement lui même via l’Ifremer. Ce même gouvernement qui couvre ces captures depuis 30 ans.

SEA SHEPHERD DEMANDE QUE SOIENT INCLUS LES AJOUTS SUIVANTS :

– Embarquement systématique d’observateur sur les « arts trainants » et les pêcheries identifiées comme problématique pour les captures.

Photo 1 dans les Landes © Maxppp - LE DEODIC DavidPhoto : dans les Landes © Maxppp – LE DEODIC David

– Présence obligatoire d’un système vidéo embarqué qui devra être contrôlé par un organisme indépendant.

– Instauration d’un délai de déclaration en cohérence avec les actes de pêche : au plus tard à la fin de l’acte de pêche pour les fiches et dans les 24h maximum sur les logbooks.

VOUS AUSSI, EXPRIMEZ VOUS EN MASSE ET FAITES TOURNER ! C’EST LE MOMENT ! MERCI !!!!

Consultation publique jusqu’au 23 juillet 2018 sur le lien suivant :
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-portant-modification-de-l-article-a1844.html

Opération Jodari : Six mois de patrouilles conjointes pour contrecarrer les activités de pêche illégale en Tanzanie

Les forces de l’ordre tanzaniennes, Fish-i-Africa et l’équipage de Sea Shepherd ont patrouillé durant six mois à bord de leur navire, l’Ocean Warrior. Une coalition qui a permis de mettre à mal la pêche illégale dans les eaux tanzaniennes. L’Opération Jodari, la première campagne menée par ce partenariat unique entre des organisations civiles et un gouvernement, a conduit à l’arrestation de deux palangriers pour pêche illégale d’ailerons de requin et de vingt-sept boutres pour contrebande, ainsi qu’à la condamnation de dix-neuf navires à une amende pour avoir fui les eaux territoriales tanzaniennes afin d’éviter les arraisonnements et les inspections. Les patrouilles reprendront après un arrêt planifié pour la maintenance et les réparations de l’Ocean Warrior.

« Les six mois de patrouilles chapeautées par un gouvernement tanzanien impliqué dans la lutte contre les crimes de pêche ont porté leurs fruits : les braconniers ont définitivement mis les voiles. Cette victoire montre l’importance de former de nouveaux partenariats dans la région de l’océan Indien occidental, tout en continuant à travailler à l’unisson avec les autorités tanzaniennes qui constituent un exemple dans la lutte contre la pêche illégale, aussi bien localement que mondialement. La Tanzanie a montré la voie au monde entier« , a déclaré le directeur de campagnes de Seai Shepherdi Global, Peter Hammarstedt.

Deux palangriers arrêtés pour pêche illégale d’ailerons de requin

Des patrouilles dans la zone économique exclusive (ZEE) tanzanienne, auparavant en dehors de la juridiction des autorités de pêche, ont conduit à l’arrestation de deux navires de pêche battant pavillon étranger pour pêche illégale d’ailerons de requin. À bord de l’un des navires, le Buah Naga 1, les forces de l’ordre tanzaniennes ont découvert une arme à feu non déclarée dont le capitaine se servait pour menacer son équipage. À l’heure actuelle, le capitaine, l’armateur et l’agent maritime du Buah Naga 1 sont toujours en détention et font l’objet d’accusations criminelles.

Dix-neuf navires de pêche condamnés à une amende pour s’être soustraits à la justice

Depuis l’arraisonnement de deux navires de pêche et la condamnation à une amende de 19 milliards de shillings tanzaniens (6 865 160 euros) de dix-neuf autres navires qui avaient fui la Tanzanie pour éviter les inspections post-pêche obligatoires, on n’a observé pratiquement aucune activité de pêche dans les eaux tanzaniennes.

L’équipe d’intervention multi-agences (la MATT, Multi-Agency Task Team), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Celle-ci estime que ces 19 navires en règle ont fui le pays parce qu’ils transportaient des cargaisons illégales d’ailerons de requin, alors qu’ils ne possédaient qu’une licence pour pêcher le thon.

Vingt-sept boutres arrêtés pour contrebande

Depuis le début de l’Opération Jodari, l’Ocean Warrior a également surveillé les routes les plus fréquentées par les contrebandiers entre l’île de Zanzibar et la partie continentale de la Tanzanie.

Vingt-sept boutres – ces bateaux de marchandise traditionnels qui commercent habituellement dans l’océan Indien – ont été arrêtés pour avoir fait passer des chargements illégaux de bois de mangrove destinés à être vendus sur le marché noir et pour la traite de personnes, entre autres accusations.

La loi tanzanienne protège strictement les marais à mangroves, car ce sont des habitats essentiels pour de nombreuses espèces de mollusques et de poissons qui y fraient et s’y nourrissent. Ces milieux sont donc également importants pour l’économie des communautés locales, en particulier les pêcheurs artisanaux.

Malgré les efforts assidus du gouvernement tanzanien pour protéger ces marais à mangroves, l’exploitation abusive de certaines zones a rendu la régénération naturelle impossible sans l’intervention des services de l’État. Le démantèlement des opérations de contrebande de bois en mer représente une part importante de cette intervention humaine et a permis de fournir des renseignements pouvant être utilisés par les autorités pour entreprendre des opérations à terre contre le commerce très lucratif de la contrebande du bois de mangrove.

Opération Jodari

L’Opération Jodari vise à contrôler toutes les activités des navires évoluant dans les eaux tanzaniennes, en arraisonnant ceux suspectés de pêche INN et en formant les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS) de la pêche dans les eaux territoriales, notamment l’inspection des bateaux et les procédures d’abordages.

À bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd, les forces de l’ordre, les autorités tanzaniennes de pêche hauturière, la marine tanzanienne, l’agence tanzanienne pour le contrôle des stupéfiants et une équipe d’intervention multi-agences (la MATT) travaillent aux côtés du capitaine Adam Meyerson et de l’équipage de Sea Shepherd pour surveiller les eaux territoriales de Tanzanie. Les représentants de la loi ont le droit d’aborder, d’inspecter et d’arrêter les navires qui violent la loi tanzanienne. L’équipe d’intervention multi-agence (la MATT), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Sa mission consiste à surveiller les individus et les réseaux à la tête de la criminalité environnementale et du commerce illégal d’espèces sauvages.

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés annuellement à travers le monde par la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables ce type de pêche, au profit de laquelle la région de l’océan Indien occidental perd chaque année environ 1 milliard de dollars.

Il est également important de mentionner le soutien de Fish-i-Africa dans l’Opération Jodari. En effet, ce partenariat entre huit pays d’Afrique de l’Est (dont les Comores, le Kenya, Madagascar, la République de Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) favorise l’échange d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche illégale de grande envergure dans l’océan Indien occidental.

Opération Albacore III : Trois bateaux arrêtés pour pêche illégale

Un an après que le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé la création de neuf nouveaux parcs nationaux marins et 11 nouvelles réserves aquatiques à la Conférence des Nations Unies sur les océans qui se tenait à New York, le groupe de conservation marine Sea Shepherd est retourné au Gabon pour assister le gouvernement dans la lutte contre la pêche illégale dans ce qui est désormais le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

L’Opération Albacore III est la troisième campagne de Sea Shepherd en partenariat avec le gouvernement gabonais pour s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique du Centre-Ouest. Tout au long de la saison de pêche au thon 2018, la Marine gabonaise, les inspecteurs de l’Agence Nationale des Pêches et l’Aquaculture (ANPA) et les rangers de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) seront à bord du navire de Sea Shepherd, le M/Y Bob Barker, collaborant avec l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales gabonaises. Ces patrouilles offrent un moyen supplémentaire aux autorités judiciaires pour défendre, préserver et protéger l’habitat fragile du thon en Afrique centrale.

Les nouvelles de la campagne ont été officiellement publiées après l’arrestation de deux chalutiers, le F/V Jin Li 961 et le F/V Jin Li 962, qui pêchaient illégalement dans les eaux septentrionales du Gabon. Les chalutiers ont été détectés par le radar du M/Y Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière de la Guinée Equatoriale voisine pour pêcher dans des réserves marines protégées par la loi gabonaise. Des militaires armés de la Marine gabonaise ont abordé et sécurisé les deux chalutiers sans heurts ni encombres tandis que les agents de l’ANPA et de l’ANPN procédait aux inspections, au cours desquelles ils ont découvert un requin tigre aux ailerons coupés dans la cale de l’un des bateaux, et des preuves de pêche dans la réserve du Cap Esterias. Les deux bateaux sont maintenant détenus dans le port de Libreville.

Un autre navire, le F/V Hua Yi 5, a été arrêté plus tôt cette année à la frontière congolaise dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon, pour avoir pêché au Gabon sans autorisation.

L’Opération Albacore III vise à défendre les aires marines protégées du Gabon nouvellement créées, à repérer et prévenir les activités de pêche INN, à surveiller la légalité des licences de pêche des opérateurs et à étendre les mesures actuelles de surveillance et de contrôle.

Equipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea ShepherdEquipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea Shepherd

Le combat contre la pêche INN

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés chaque année dans le monde à travers la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN : jusqu’à 40% des poissons pris dans les eaux d’Afrique de l’ouest le sont par des opérateurs criminels.

Le capitaine du M/Y Bob Barker, Peter Hammarstedt de Sea Shepherd a déclaré : « Les nouvelles lois et mesures de conservation supposent une augmentation des capacités de police, c’est pourquoi Sea Shepherd est déterminée à poursuivre son partenariat avec le gouvernement du Gabon, pour contribuer à la protection de la plus grande aire marine protégée d’Afrique. Le Gabon est une figure de proue régionale en matière de gestion des espaces protégés et c’est un privilège de s’associer avec les autorités gabonaises sur le front de la défense de la vie marine d’Afrique.« 

En 2016, Sea Shepherd a noué un partenariat avec le gouvernement du Gabon pour la première Opération Albacore, qui a depuis permis l’inspection en mer de plus de 80 navires et l’arrestation ultérieure de neuf navires de pêche illégale.

Pêche illégale : Énorme coup de filet sur le plus gros navire usine du monde

Pêche illégale : Énorme coup de filet sur le plus gros navire usine du monde

L’intervention de Sea Shepherd auprès du gouvernement Péruvien a permis l’arrestation du Damanzaihao, le plus grand navire usine du monde, coupable de pêche illégale et de pollution volontaire.

Ce monstre de 50 000 tonnes qui pille et pollue l’océan a désormais perdu son pavillon, ce qui l’empêche pour l’heure de reprendre la mer. Il est capable de pêcher plus de 540 000 tonnes de poissons par an. Ce bateau peut pêcher à lui seul deux fois le quota mondial de maquereau, proie essentielle des dauphins, des thons et source de nourriture pour certaines populations côtières.

Les autorités péruviennes ont ouvert une enquête criminelle contre le groupe China Fishery, propriétaire du navire.

lien vers l’article (en anglais) : https://www.independent.co.uk/news/world/americas/fish-factory-pirate-ship-seized-illegal-fishing-damanzaihao-worlds-biggest-peru-belize-mackerel-a8390321.html

Le crime organisé en haute mer

Comme tout business, le crime est une activité diversifiée : un peu de hijacking, un peu de prêts usuraires, un peu de prostitution. Les responsables – ceux qui récupèrent tout l’argent – ne fréquentent jamais les lieux du crime, ils préfèrent plutôt se cacher derrière des activités légales et mettre de la distance entre eux et leurs activités criminelles. Le crime organisé en haute mer n’échappe pas à cette règle. Analyse d’Adam Meyerson, capitaine du M/Y Ocean Warrior de Sea Shepherd. L’un des principaux objectifs de l’opération Jodari consiste à aider les autorités tanzaniennes à faire cesser la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN). Photo Alba Treadwell/Sea Shepherd

Du plus gros senneur au plus petit boutre, les propriétaires des embarcations sont rarement à bord. Ils préfèrent cacher leur identité à travers des sociétés écran ou au moins ne pas prendre le risque d’être arrêtés à bord en pleine activité illégale. Il a été démontré que les embarcations et propriétaires qui se livrent à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) sont également ceux qui pratiquent le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, et polluent les océans.

Si vous souhaitez démanteler une entreprise criminelle, vous devez être capable de vous attaquer à n’importe quelle activité illégale, à n’importe quel moment. Souvenez-vous que Al Capone n’a pas été arrêté et envoyé en prison pour meurtre, mais pour fraude fiscale. Cette idée a conduit à la création de l’équipe de travail multi-organismes (Multi-Agency Task Team, MATT) tanzanienne. La MATT rassemble des agents de la force publique issus de la lutte antidrogue, de l’immigration, des douanes et des pêches. Cette équipe, renforcée par cinq marines des forces spéciales, participe à l’Opération Jodari avec Sea Shepherd, en Tanzanie, pour démontrer l’intérêt d’un patrouilleur unique assurant à lui seul le travail de plusieurs patrouilleurs assignés à la surveillance des frontières, du trafic de drogue, de la sécurité maritime ou des pêches. Cette campagne s’est avérée être un franc succès, puisqu’elle a permis plus de 20 arrestations, la fixation d’amendes de plusieurs millions de dollars, la saisie de plusieurs navires, et l’arrêt total de la pêche illégale pratiquée à l’échelle industrielle dans la zone économique exclusive (ZEE) tanzanienne.

La capacité d’arrêter des navires quelle que soit l’infraction commise a fourni à l‘Opération Jodari une flexibilité opérationnelle totale. Le rapport entre des crimes environnementaux et un ferry surchargé, dépourvu d’équipements de sécurité, transportant des enfants en pleine mer, ne saute pas immédiatement à l’esprit. La présence de la MATT à bord signifie que l’on peut secourir les passagers en situation de grande insécurité, arrêter le capitaine et saisir le ferry, sans avoir à établir un lien avec un délit de pêche. Ce que vous comprenez alors, c’est que le navire qui est un ferry cette semaine, sera rempli de bois de mangrove la semaine prochaine, de pêche illégale la semaine d’après, d’ivoire le mois prochain, et ainsi de suite. Ces bateaux naviguent du moment que ça rapporte. Peu importe s’ils mettent en danger la vie d’enfants, détruisent des forêts ou introduisent de l’héroïne dans un pays, du moment qu’ils en tirent profit. Saisir ces navires et leurs cargaisons illégales permet de frapper leurs propriétaires cachés là où ça fait mal, à savoir, leurs comptes en banque.

En faisant appliquer la loi dans les eaux tanzaniennes, nous avons contribué à éliminer une bonne part de la pêche INN, du trafic de bois de mangrove et de fruits de mer, et peut-être même sauvé quelques vie en portant secours à des passagers de ferrys surchargés et dangereux. Notre seule présence dans la ZEE a permis de faire cesser les activités de toute une flotte de navires de pêche industrielle étrangers craignant d’être inspectés ou arrêtés. Chaque bateau que nous arrêtons constitue un bateau de moins dans la flotte des trafiquants, et chaque capitaine ou propriétaire traduit en justice représente un participant de moins à ce jeu de l’argent-roi.

Sea Shepherd explore un nouveau territoire, et l’équipage et moi-même apprenons de nouvelles choses tous les jours. C’est tout nouveau aussi pour les marines des forces spéciales et pour les agents du maintien de l’ordre de travailler ainsi avec une organisation non gouvernementale (ONG). Quel plaisir de constater que nous tous – issus d’horizons tellement divers – sommes capables de travailler en équipe pour combattre le crime dans les eaux tanzaniennes. Nous ne pourrions pas accomplir notre mission sans l’aide de nos donateurs, de nos soutiens dans le monde entier, et de nos partenaires, Fish-i Africa et la République unie de Tanzanie. Soyez assurés que tous les participants à l’Opération Jodari – la MATT, les forces spéciales et l’équipage de Sea Shepherd – travaillent sans relâche pour faire cesser les crimes et démonter le dispositif criminel qui permet la poursuite de la pêche INN.

L’exploitation des travailleurs : une aubaine pour la pêche illégale

Dans l’univers de la pêche industrielle, la main-d’œuvre représente le seul coût variable. Dans le trafic d’ailerons de requins, plus précisément, cette main-d’œuvre est constituée de travailleurs parmi les plus vulnérables de la planète : des pêcheurs migrants.
Commentaires du capitaine Peter Hammarstedt, directeur de campagnes de Sea Shepherd Global.

Sea Shepherd inspectant des navires de pêche en compagnie des autorités tanzaniennes. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdSea Shepherd inspectant des navires de pêche en compagnie des autorités tanzaniennes. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Aux quatre coins de l’Océan indien occidental, des hommes provenant des régions les plus pauvres des pays en développement sont embarqués sur des navires sous normes. Au beau milieu des eaux internationales, loin des autorités chargées d’établir et de faire appliquer la réglementation, ils exercent, durant des heures longues et éprouvantes, la profession la plus dangereuse au monde.

De nos jours, les navires de pêche doivent rester plus longtemps au large et rapportent de moins en moins de poissons. Les coûts fixes, tels que le carburant et l’équipement de pêche, sont non négociables. Par conséquent, c’est le coût de la main-d’œuvre qui, à l’instar des requins, se voit soumis à des amputations.

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) à l’échelle industrielle est presque toujours liée à d’autres délits. Toutefois, les infractions en matière de pêche restent en première ligne, dissimulant ces crimes qui, bien souvent, impliquent de terribles faits d’exploitation des travailleurs.

Les autorités tanzaniennes en train d'interroger l'équipage du Buah Naga 1. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdLes autorités tanzaniennes en train d’interroger l’équipage du Buah Naga 1. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Lorsque le Buah Naga 1, sous pavillon malaisien, a été intercepté par le navire de Sea Shepherd, l’Ocean Warrior, puis abordé par une coalition d’autorités tanzaniennes (citons entre autres, la marine tanzanienne, les autorités de pêche hauturière, une équipe d’intervention multi-agences [MATT, Multi-Agency Task Team] et l’agence tanzanienne pour le contrôle des stupéfiants), l’équipe d’arraisonnement a découvert les conditions de vie et de travail inhumaines de 14 pêcheurs indonésiens.

Le pont avant du navire leur servait de salle de bain et ils utilisaient les dalots (les sorties qui drainent l’eau de mer du pont) comme toilettes de manière à ce que les excréments soient évacués par les vagues. Dans la mesure où leurs quartiers ne comptaient pas assez de lits, les 14 membres de l’équipage – payés 350 dollars américains par mois – devaient se contenter de dormir sur les ponts extérieurs, protégés des éléments par de petites bâches en plastique.

Conditions de vie sur l'un des navires de pêche inspectés. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdConditions de vie sur l’un des navires de pêche inspectés. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Quand les enquêteurs de la MATT ont découvert un Beretta de 9 mm chargé dans la cabine du capitaine chinois, il leur a été confié que les pêcheurs indonésiens étaient régulièrement menacés avec l’arme et se voyaient refuser de la nourriture et de l’eau lorsque la pêche était mauvaise. La plupart du temps, les pêcheurs migrants travaillant à bord des navires de pêche INN passent entre 18 et 20 heures par jour sur le pont.

Les capitaines de navires de pêche ont un pouvoir absolu en mer : ils peuvent refuser de payer des salaires en prétextant des violations de contrat — contrats qui, soit dit en passant, sont toujours rédigés en faveur des patrons, et dont les termes sont interprétés et appliqués à la seule discrétion du capitaine.

Douze pêcheurs tanzaniens partagent une chambre et seulement deux lits sur ce navire de pêche. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdDouze pêcheurs tanzaniens partagent une chambre et seulement deux lits sur ce navire de pêche. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Les autorités ont également fait la découverte d’une cargaison d’ailerons de requin dissimulée à bord du Buah Naga 1, ce qui constitue une violation de la réglementation tanzanienne en matière de pêche. Le navire a été arraisonné et emmené au port de Mtwara pour une enquête plus approfondie.

À l’heure actuelle, la MATT travaille sur la poursuite pénale du Buah Naga 1 avec l’aide du bureau du Procureur général, tandis que la police tanzanienne assiste le gouvernement indonésien dans le rapatriement de ses 14 ressortissants. Ces derniers avaient demandé aux enquêteurs de les aider à rentrer chez eux.

Les autorités tanzaniennes sont venues en aide à 14 Indonésiens pour qu'ils puissent regagner leur pays. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdLes autorités tanzaniennes sont venues en aide à 14 Indonésiens pour qu’ils puissent regagner leur pays. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Les pêcheurs migrants embarqués sur des navires étrangers vivent dans la peur de se voir abandonner dans un pays qui n’est pas le leur. Généralement, les navires sur lesquels ils travaillent sont enregistrés pour des sociétés fictives qui ne peuvent, par conséquent, pas être tenues responsables de leurs bateaux ni de leurs équipages. En raison du grand nombre de pêcheurs indonésiens travaillant à l’étranger, le gouvernement indonésien mène une lutte contre l’exploitation des pêcheurs migrants. Ils prennent notamment en charge les frais de rapatriement de leurs ressortissants prisonniers de situations de travail abusives.

La pêche INN n’est rendue possible que par la convergence d’autres activités criminelles. En effet, il est peu probable que des opérateurs de pêche pour qui les réglementations environnementales n’ont aucune importance tiennent compte des droits humains des personnes travaillant à bord de leurs navires. La Tanzanie défend avec succès l’approche consistant à poursuivre les braconniers non seulement pour leurs violations présumées en matière de pêche, mais aussi pour d’autres crimes liés à celles-ci et souvent passibles de peines plus sévères que celles prévues pour la pêche illégale.

Ailerons de requins sur le pont du Tai Hong 1 découverts lors de l'inspection du navire. Photo de Jax Oliver/Sea ShepherdAilerons de requins sur le pont du Tai Hong 1 découverts lors de l’inspection du navire. Photo de Jax Oliver/Sea Shepherd

Sans les patrouilles en mer, la libération des 14 pêcheurs indonésiens embarqués sur le Buah Naga 1 et l’arraisonnement du navire n’auraient pas été possibles. Voilà un bel exemple de l’importance du partenariat de Sea Shepherd avec le gouvernement tanzanien et l’organisation Fish-i Africa pour faciliter les arraisonnements et les inspections dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Tanzanie.

Ce sont les vides juridiques qui permettent aux braconniers de sévir. Il va de soi que les travailleurs en mer ne connaîtraient pas de telles situations si les criminels qui les exploitent n’étaient pas hors de portée des forces de l’ordre. Le fait que Sea Shepherd ait pris la mer pour participer à la lutte de la Tanzanie contre la pêche INN ouvre de nouveaux horizons : ces braconniers ne sont plus seulement à portée de main, ils peuvent désormais être appréhendés et ramenés dans des ports où ils pourront être traduits devant la justice tanzanienne.