DEUX PHOQUES DÉCAPITÉS À CONCARNEAU : les coupables ont été identifiés !!

Dans un communiqué envoyé hier, la gendarmerie de Concarneau déclare :

« L’appel à témoin relayé par les médias ainsi que la promesse de récompense faite par l’ONG « Sea Shepherd » ont été déterminants pour identifier les personnes contre lesquelles il existe un faisceau de présomptions les mettant en cause dans les faits de « – Capture non déclarée, transport et destruction non autorisée d’espèce animale non domestique protégée. »

Photo : deux phoques dans la région de Calais. 
Crédit photo: Notre partenaire Centre de Soins de la Faune Sauvage LPA de Calais

Photo : deux phoques dans la région de Calais
Crédit photo: Notre partenaire Centre de Soins de la Faune Sauvage LPA de Calais

L’article L-415-3 du code de l’environnement prévoit jusqu’à 2 ans de prison ferme et 150 000 euros d’amende. Sea Shepherd a déposé plainte et nous espérons une peine exemplaire et dissuasive. Il faut faire cesser l’impunité ambiante qui règne autour de ces actes de barbarie et d’atteinte aux espèces protégées. La question des « sévices graves » se pose également à nos yeux.

Pour rappel, notre récompense pour le cas toujours non élucidé du phoque tué au Touquet l’année dernière tient toujours.

Le phoque est bien le loup de la côte d’Opale

Nous avons relayé il y a quelques jours la photo d’un phoque décapité et démembré trouvé à La pointe de la crèche, à Boulogne sur Mer en Avril dernier.

Opale Capture (entreprise privée payée par l’Etat pour récupérer les cadavres d’animaux sur la voie publique), crie à l’intox par la voix de son directeur, Jérémy Marion. Selon lui, le phoque en question était présent à cet endroit précis avec sa tête et ses membres (les mutilations seraient donc le fait des charognards et non de la main de l’homme). Toujours d’après lui, l’animal trop gros pour être transporté, aurait été autopsié sur place, autopsie qui aurait conclu à une mort des suites d’une maladie. Faisant référence à notre communication, Monsieur Marion affirme qu’il ne peut pas « laisser dire n’importe quoi », pourtant lui-même affabule complètement.

Le phoque trouvé mutilé à la pointe de la crèche, n’a jamais été autopsié.

Phoque mort retrouvé à la Pointe sur Crêche

Nous renseigner sur les résultats de l’autopsie de ce phoque a été notre première démarche, avant toute communication publique. En contactant Pélagis, nous avons appris que ce phoque est inconnu de leurs services et ne leur a jamais été signalé. Non seulement le cadavre n’a pas été autopsié pour savoir ce qui l’a tué, mais son existence n’existe dans aucune base de données. Et c’est bien là ce que nous dénonçons : l’opacité sur le nombre de phoques tués et le manque de volonté d’identifier les causes de la mort même dans des cas aussi suspects que celui-ci. Rappelons que tous ces faits ont lieu dans une région où un pêcheur égorgeur de phoque ne risque pas plus de deux mois de prison avec sursis et un an de retrait de permis (si on s’en réfère au cas du pêcheur à pied de 2012) et où un collectif anti phoque milite de manière décomplexée et avec le soutien de politiques locaux et nationaux pour la légalisation du tir de cette espèce protégée au niveau européen.

Enfin, sur la photo, les coupes sont franches et ne ressemblent absolument pas aux marques laissées par une prédation post mortem. Mais il aurait sans doute été aisé de lever le doute sur la nature de ces mutilations et la cause de la mort du phoque si Opale Capture avait averti, comme il devrait le faire, le Réseau National Echouage. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? La question se pose.

La région aux mains des anti-phoques et des écolophobes.

D’une manière générale, tout est bon pour tenter de discréditer quiconque dénonce le sort réservé aux phoques dans la région. Dans un contexte d’impunité totale envers les tueurs de phoques, Sea Shepherd a proposé une récompense de 10 000 euros pour faire avancer les enquêtes. L’élu Jean Michel Taccoen, Conseiller régional délégué à l’environnement, et en parallèle Vice-Président de la Fédération de Chasse du Pas de Calais, soutien affirmé du Collectif Anti Phoque, a déclaré sur sa page Facebook. « Il faut cesser la sensiblerie et l’escalade aux coups médiatiques comme le fait cette association avec cette récompense ». Définition de “sensiblerie” : Sensibilité exagérée et déplacée ; compassion un peu ridicule. Le ton est donné.

De son côté, le Fondateur du Collectif anti phoque (nouvellement renommé Collectif contre la prolifération des phoques), Fabrice Gosselin dans une interview donnée à France Info va quant à lui jusqu’à accuser les écologistes d’avoir eux-mêmes orchestré ces tueries pour nuire à l’image de son collectif. L’ironie est que ce même monsieur menace de porter plainte en diffamation…

La réalité à géométrie variable des pêcheurs.

Dans un article des Echos.fr*, en date de Novembre 2017, se plaignant des quotas de pêche trop bas selon lui, Pierre Georges Dachicourt, actuel Président du Collectif anti phoque, déclarait ceci : « En mer, les pêcheurs français constatent une nette amélioration de l’état des ressources. Dans le Golfe de Gascogne, en mer Celtique, en Manche et en mer du Nord, tous les rendements des bateaux sont satisfaisants ».

C’est le même qui accuse les phoques de manger trop de poissons et de menacer la survie des pêcheurs. Il y aurait donc assez de poissons pour augmenter les quotas de pêche des navires mais pas assez pour les phoques, qui rappelons le mangent environ 1500 Tonnes de poissons par an quand le seul port de Boulogne sur mer en débarque 32 000 T.

Dans le même article Pierre Georges Dachicourt renchérit sur la bonne santé « des stocks » en citant l’Ecosse : « Les pêcheurs écossais confirment ce diagnostic et estiment qu’ils n’avaient pas vu une telle abondance depuis dix ans ». Il convient de rappeler à Monsieur Dachicourt que les phoques sont infiniment plus nombreux en Ecosse. Alors qu’on dénombre environ 402 phoques gris et 709 veaux marins dans la zone où ils sont les plus nombreux chez nous (entre la baie de Somme et Dunkerque), en Ecosse, ils étaient 99 400 en 1994 pour les gris (avec une croissance de 7% par an) et a minima, 26 400 pour les veaux marins. Jean Michel Taccoen a donc raison lorsqu’il dit que « les phoques sont les loups de la côte d’Opale ». Comme les loups, ils sont moins nombreux que chez nos voisins qui s’accommodent bien mieux que nous de leur présence, comme les loups ils sont des boucs émissaires que nous avons exterminés, comme les loups, leur retour réveille tous les excités de la gâchette qui se désolent que l’espèce soit désormais protégée.

Les pêcheurs à la barre du Ministère des Pêches

Dans une autre interview, donnée à La Voix Du Nord*, Pierre Georges Dachicourt, qui a visiblement le bras long, se vante de téléguider le Ministre de la pêche depuis son téléphone portable lors des négociations des quotas de pêche à Bruxelles : « C’est le Ministre de la pêche qui négocie mais sur les propositions du Comité Nationale de la Pêche. Nous, on est dans une pièce à côté et on communique par textos. C’est la nuit des longs couteaux, la semaine des marchands de tapis, sourit Pierre-Georges Dachicourt ».

Dans le même article, PGD affirme que « C’est la mer qui a fait de moi ce que je suis et lorsque tu la respectes, elle te donne ». Il est vrai que la mer lui a beaucoup donné, (ou plutôt qu’il s’est beaucoup servi) et il semble que ça n’est jamais assez. Pas partageur, PGD, n’entend pas en laisser une infime portion aux phoques et il a des oreilles attentives au plus haut niveau de l’Etat pour se faire entendre.

Resituons les choses. Le problème dans les Hauts de France, ce ne sont pas les associations écologistes qui auraient trop de compassion pour des phoques (espèce protégée) criblés de plomb et égorgés. Le problème est l’inertie des pouvoirs publics et de la Justice et le basculement politique de la région en faveur des chasseurs et des gros pêcheurs sur fond de gel des subventions pour tous les centres de soins de la faune sauvage qui auraient l’outrecuidance de dénoncer la situation de manière un peu trop virulente. Plusieurs centres, pourtant essentiels à la vie sauvage ont payé cher leur courage et ont dû fermer. Dans le même temps, le secteur de la pêche a reçu 500 millions d’euros d’aides de l’Etat pour compenser la baisse des quotas.

Sea Shepherd, ne dépendant aucunement de subventions publiques mais uniquement de dons de particuliers, nous aurons à cœur, dans la mesure du possible, d’aider les structures de soin et d’accueil des phoques de la région afin d’éviter à tout prix leur fermeture.

Réponse de Sea Shepherd France au Collectif anti-phoques

Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France répond à Pierre-Georges Dachicourt, président du collectif anti-phoques, interviewé par Radio 6 (bande son en fin d’article).

PGD : « Déjà Sea Shepherd, il ferait mieux de s’occuper de ses propres affaires et puis qu’on sache de où vient son argent, ce qui serait… bien. »

LE : « Sea Shepherd » = « Berger de la mer ». Le nom même de Sea Shepherd a été inspiré par sa toute première mission en 1977… pour la défense des phoques tués au Canada par des pêcheurs qui comme vous, les accusaient de manger trop de poissons… Retour aux sources donc pour nous, nous accuser d’être hors sujet, c’est vraiment mal nous connaître. Quant à notre argent, c’est assez simple de le vérifier, il vient de monsieur et madame tout le monde, des citoyens qui croient en nos actions et veulent les soutenir. Nos donateurs sont garants de notre force et de notre liberté de parole et d’action. Pas de levier à activer donc du côté subventions d’État pour nous faire taire, comme c’est devenu à la mode dans votre région. Dommage.

PGD : « C’est trop facile de jeter opprobre sur les autres sans savoir vraiment le pourquoi des choses, puis l’argent, ça serait bien aussi qu’ils pensent aux malheureux qui crèvent de faim plutôt que de s’occuper des animaux. Faut replacer toute chose à sa place, c’est à dire l’être humain avant… « 

LE : Le pourquoi du comment, on l’a bien compris puisqu’on sait comment fonctionne l’écosystème marin (dire qu’il y a trop de prédateurs est un non-sens écologique qui démontre une profonde méconnaissance du milieu marin) mais aussi parce qu’on connaît bien ce discours cupide qui fait des phoques les boucs émissaires de la raréfaction des poissons, alors même que notre propre appétit pour les animaux marins ne fait que croître. Les pêcheurs au Japon, utilisent le même argument pour tuer les dauphins qu’ils accusent d’être trop gourmands en poissons. Un comble quand on considère que les phoques et les dauphins font partie intégrante de l’écosystème marin depuis des millions d’années et qu’ils contribuent à son équilibre, contrairement au pêcheur moderne qui pille et détruit la mer depuis quelques décennies. Quant à notre argent, il sert à défendre l’océan et donc la survie des générations futures, celles-là mêmes dont la pêche industrielle est en train d’hypothéquer le futur. Je ne doute pas que Monsieur Dachicourt lui-même, ne manque pas de générosité pour « ceux qui crèvent de faim » mais en défendant la vie marine, nous défendons le plus grand nombre d’entre nous. L’écologie est la plus grande cause humanitaire.

PGD : « Par contre je condamne absolument tout ce qui a pu se passer au niveau des phoques, c’est scandaleux et je suis certain que ça n’est certainement pas quelqu’un de l’association qui a pu faire ça et moi, bec et ongles, je défendrai toujours le fait qu’on a jamais dit qu’on voulait éradiquer les phoques mais on a bien dit qu’on voulait une gestion rationnelle comme les sangliers, comme les cerfs dans les..machins.. donc voilà… maintenant… on peut condamner les autres actes »

LE : Vous condamnez donc le fait que des phoques aient pu être tirés mais vous militez pour que cela devienne légal et régulier. Concept intéressant. Vous ne souhaitez pas « éradiquer » les phoques mais vous les estimez trop nombreux alors qu’ils ne mangent qu’une portion infime de ce que prennent les bateaux de pêche de votre région. Pour rappel, 1500 tonnes de poissons par an pour toute la population de phoques quand le seul port de Boulogne sur Mer en débarque 32 000 tonnes. Si « gestion rationnelle » il doit y avoir, c’est une gestion des bateaux de pêche, pas des phoques. Votre comparaison avec les sangliers et les cerfs est absurde. On ne compare pas des prédateurs, des carnassiers à des herbivores. Les phoques sont au sommet de la chaîne alimentaire et sont les premiers à être régulés par le milieu, ils n’ont pas besoin de vous. Ils sont aussi, en tant que prédateurs, garants de la biodiversité aux étages en dessous, ils sont une chance pour l’écosystème.

PGD : « La position du collectif elle est claire, c’est que d’abord on aurait bien aimé être associés à cette étude phoques et puis d’un autre côté, il n’est pas question d’éradiquer ces bêtes. Elles sont là, elles sont là, mais de réguler la population qui risquera un jour peut-être de s’empoisonner entre elles, puisque c’est déjà arrivé. Y a très longtemps au Danemark où y a eu des colonies de milliers et des milliers de bêtes qui sont mortes à cause de ça… Voilà quoi, j’veux dire si on régule pas on va avoir un problème »

LE : L’étude « Ecophoques » est une étude scientifique, pas une bataille d’opinions. Associer à cette étude un collectif qui de toute évidence n’a rien compris à la façon dont fonctionne le milieu marin lui aurait enlevé toute crédibilité et valeur scientifique. Merci à Monsieur Dachicourt de s’inquiéter pour la santé des phoques et d’envisager une hypothétique épidémie qui justifierait donc qu’on les abatte pour leur bien. Une sorte de principe de précaution poussé à l’extrême. Heureusement qu’on n’applique pas cette logique aux humains à chaque retour de grippe…

PGD : « L’autre problème, c’est que je trouve que les phoques, c’est une chose exceptionnelle sur le tourisme mais en baie d’Authie, ça fait 15 personnes qu’on sort en 2 mois de la baie, entourées par l’eau pour aller voir les phoques donc il va commencer à y avoir un problème de sécurité au niveau des gens qui viennent voir ces bêtes. »

LE : La baie d’Authie est connue pour être dangereuse du fait des grandes marées, nombre de personnes se font piéger en voulant admirer le spectacle. Si on commence à tuer les phoques au prétexte qu’ils constituent une tentation supplémentaire de prendre des risques, pourquoi ne pas pousser la logique au bout et goudronner la baie ? Voilà qui résoudrait définitivement le problème de sécurité.

Lien vers l’interview de Pierre-Georges Dachicourt Radio 6 le 23 mai : https://www.radio6.fr/article-34323-phoques-mutiles-le-collectif-anti-phoques-denonce-des-actes-de-barbarie-et-rejette-les-accusations-de-sea-sheperd.html

Affaire des phoques tués au Touquet : Sea Shepherd se constitue partie civile et double le montant de la récompense

Affaire des phoques tués au Touquet : Sea Shepherd se constitue partie civile et double le montant de la récompense !

Deux phoques tués au Touquet le 6 mai dernier : Sea Shepherd se porte partie civile et double le montant de la récompense déjà promise pour le premier phoque tué en début d’année. 10 000 euros, cette fois pour toute information probante qui permettrait aux autorités d’identifier le ou les coupables.

La montée en puissance d’un collectif anti-phoque au niveau local, qui milite pour le déclassement des phoques de la liste des espèces protégées a de quoi inquiéter. Cette problématique devient à partir d’aujourd’hui une des priorités de Sea Shepherd Lille et Sea Shepherd France.

Retrouvez l’article de presse du journal Nordlittoral avec l’interview de Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France : Tueurs de phoques : récompense de 10 000 euros à qui donnera des infos