Carnage en cours aux Galapagos : Sea Shepherd alerte sur le manque de protection des requins en haute mer

Le 17 juillet, la BBC a signalé une concentration inhabituelle de navires de pêche battant pavillon chinois dans le Pacifique tropical oriental, une région maritime qui comprend la réserve marine des Galápagos. La réserve marine des Galápagos est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et abrite la plus grande concentration de requins au monde.

« La présence de ces bateaux de pêche entre la réserve marine des Galápagos et les eaux souveraines de l’Équateur n’est pas illégale, mais elle défie l’idée même d’une zone marine protégée puisque de nombreuses espèces migratoires, notamment les requins, quittent régulièrement le sanctuaire pour aller en haute mer » dénonce Peter Hammarstedt, directeur des campagnes pour Sea Shepherd.

En effet, une fois en haute mer, ces espèces ne bénéficient plus des lois équatoriennes qui les protègent au sein de la réserve marine des Galapagos.

Photo du haut : Nicolas Vera
Photo en bas à gauche : Jake Parker/Sea Shepherd
Image en bas à droite : Capture Écran MarineTraffic faite ce jour

La flotte a été détectée grâce aux données recueillies par Global Fishing Watch, un groupe de conservation des océans qui utilise notamment des données satellites pour surveiller les activités de pêche. Sea Shepherd travaille avec Global Fishing Watch depuis 2018, pour enquêter sur la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) dans le Pacifique tropical oriental, dans le cadre de l’opération « Treasured Islands ».

Le Pacifique tropical oriental est l’une des zones les plus importantes du monde en matière de biodiversité marine, mais également une zone où les requins sont moins bien protégés car les eaux n’appartiennent à aucun État.

Ces missions de surveillance ont permis d’observer un navire au pavillon chinois, le Fu Yuan Yu 019, un palangrier qui avait pêché de nombreux requins soyeux, une espèce bénéficiant d’une protection accrue par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) en raison de son statut quasi-menacé.

Bien qu’actuellement limités en raison des défis logistiques posés par le COVID-19, les navires de la flotte de Sea Shepherd poursuivent leurs opérations dans cette zone du Pacifique. Nous travaillons avec les autorités pour mettre fin à la pêche illégale là où les gouvernements ont une juridiction nationale, et en surveillant les zones de haute mer où il existe un vide en matière d’application de la loi.

Même en plein confinement, l’État continue à tuer des requins pour « sécuriser » des plages interdites d’accès

Sur l’île de la Réunion, le CSR (Centre Sécurité Requin) vise à réduire le risque d’attaques de squales en éliminant les requins bouledogue et les requins tigre rencontrés au large des côtes. Toujours aux frais du contribuable.

Photo : Sea Shepherd

Cette pêche de « prévention » déjà absurde et scandaleuse tombe dans un pathétisme qui défie l’entendement. Si des arguments archaïques et infondés de prévention et de sécurité sont avancés le reste de l’année pour justifier cette chasse aux sorcières, qu’en est-il aujourd’hui, en plein confinement et alors que l’accès aux plages est interdit ? Comment expliquer le massacre d’un requin tigre la nuit dernière et d’un autre la semaine passée ?
http://www.info-requin.re/la-carte-des-operations-de-peche-en-temps-reel

L’île est en effet devenue un DOM particulièrement touché par le covid-19 et les réunionnais n’échappent pas aux mesures de confinement (peut-être l’occasion pour certains de méditer sur ce qu’ils considèrent être une prison le reste de l’année quand la baignade n’est pas autorisée).

N’oublions pas d’où vient cette crise. Le covid est une zoonose. Une maladie issue du monde animal et plus particulièrement ici du monde sauvage. C’est une alerte dont nous devons savoir tirer les leçons : déséquilibrer les fragiles équilibres naturels a des effets en cascade catastrophiques qui se retournent toujours, in fine, contre nous.

Quelle ironie de voir que ce ne sont finalement pas les grands requins qui auront privé d’océan ceux qui le considèrent comme leur terrain de jeu privatif et qui réclament ces honteuses battues. Non, c’est un micro-organisme qui leur aura fait ranger leurs planches sans qu’ils puissent lancer contre lui la moindre expédition punitive.

Il est plus qu’inquiétant pour la suite de constater que tuer des requins (espèces quasi menacées) à la Réunion pour permettre à des surfeurs confinés chez eux de surfer « en toute sécurité » est considéré par l’État comme une activité vitale à la Nation.

Les citoyens lancent une initiative dans le but d’interdire le trafic d’ailerons de requins en Europe.

Sea Shepherd, en collaboration avec d’autres ONG, s’unit avec les citoyens de toute l’Europe pour exiger la fin du commerce des ailerons de requins au sein de l’Union européenne (UE), et pour augmenter la protection de cette espèce essentielle et fragile. Ce commerce repose sur une technique ravageuse et immorale, qui consiste à couper les ailerons des requins en rejetant l’animal encore en vie dans l’océan. Ces ailerons sont utilisés dans une recette de soupe traditionnelle asiatique et se vendent encore très chers, raison pour laquelle le trafic d’ailerons existe encore aujourd’hui dans une Europe qui joue un rôle important dans ce marché.

Les requins sont essentiels à la santé des océans
Chaque année, entre 63 et 273 millions de requins sont tués et de nombreuses espèces sont aujourd’hui menacées à travers le monde. Les requins sont pêchés au niveau international pour leur chair et pour l’huile de leur foie, mais la plus grande menace qui pèse sur eux reste le trafic d’ailerons. La diminution drastique des populations de requins à travers le monde a un grave impact, car de nombreux requins sont des “super prédateurs” et jouent un rôle essentiel dans le maintien d’un l’écosystème marin sain et productif.

Une opportunité pour changer les choses
L’initiative citoyenne européenne “Stop Finning — Stop the Trade” dont le délégué suppléant est le Directeur Général de Sea Shepherd Global, Alex Cornelissen, a commencé à récolter des signatures le 1er février 2020. Avec tout juste un an pour réussir à collecter un million de votes de la part des citoyens de l’Union Européenne, nous faisons appel à tous les Européens qui soutiennent Sea Shepherd à participer et à nous aider à dépasser ce chiffre. Envoyons un message clair au Parlement Européen : il est temps de changer ! Exigeons la fin du commerce d’aileron de requins au sein de l’Union Européenne :

https://eci.ec.europa.eu/012/public/#/screen/home

Les lois européennes doivent être renforcées
En exigeant “la fin du commerce d’aileron de requins dans l’Union Européenne, notamment l’import, l’export et le transit des ailerons autrement qu’attachés au corps de l’animal”, ces citoyens souhaitent renforcer le cadre juridique imposé par l’Union Européenne. Si leurs efforts portent leurs fruits, la Commission Européenne pourra alors décider de proposer de nouvelles régulations afin d’atteindre atteindre cet objectif.

Une telle régulation serait une grande avancée par rapport au cadre juridique actuel de l’Union Européenne, qui demande (depuis 2013 et pour tous les navires de l’UE) à ce que les ailerons restent attachés à la carcasse du requin jusqu’au débarquement au port. Cependant, les ailerons peuvent ensuite être séparés et vendus dans le monde entier. Bien que cette loi soit déjà une nette amélioration par rapport aux régulations qui avaient cours auparavant au sein de l’UE, elle autorise toujours le commerce des ailerons en Europe, les pêcheurs de l’Union répondant ainsi à la forte demande asiatique de soupe d’ailerons de requins.

D’autres pays sont en avance sur l’UE
En juin 2019, le Canada est devenu le premier pays du G7 à interdire le commerce d’ailerons de requins sur son territoire ; grâce à une mobilisation internationale croissante, les citoyens ont demandé la fin de ces pratiques cruelles et inutiles. L’Europe doit suivre cet exemple.

Les citoyens européens ont le pouvoir de montrer aux responsables politiques de l’UE leur volonté d’une meilleure protection de la vie sauvage. Alors que la communauté scientifique tire régulièrement la sonnette d’alarme au sujet de l’érosion croissante de la biodiversité et des risques liés aux changements climatiques, nous n’avons d’autre choix que de changer nos modes de production et de consommation. Il est grand temps de mettre un terme au commerce d’ailerons de requins en Europe !

Contact details
media@stop-finning.eu

Membres de l’Initiative Citoyenne Européenne

  • Nils Kluger (representative) — Allemagne
  • Alexander Cornelissen (substitute) — Pays Bas
  • Luís Alves — Portugal
  • Alexandar Dourtchev — Roumanie
  • Julian Engel — Royaume Unis
  • Fernando Frias Reis — Espagne
  • Monica Gabell — Suède
  • Ioannis Giovos — Grèce
  • Chrysoula Gubili — Grèce
  • Andrew Griffiths — Royaume Unis
  • Frédéric Le Manach — France
  • Sabine Reinstaller — Autriche
  • Veerle Roelandt — Italie
  • Fabienne Rossier — France
  • Katrien Vandevelde — Belgique

Cette initiative est déjà soutenue pas 20 ONG environnementales, dont SEA SHEPHERD, SHARKPROJECT, BLOOM, Blue Sharks, APECE, iSea, The Global Shark Conservation Initiative (TGSCI), STOP FINNING, Sharks Mission France, Sharks Educational Institute (SEI), Aktionsgemeinschaft Artenschutz, Mundus maris, Gesellschaft zur Rettung der Delphine, Deutsche Meeresstiftung, VDST, Deutsche Stiftung Meeresschutz (DSM), Shark Savers Germany, The Dolphins’ Voice, Pro Wildlife and EJF, et d’autres organisation continue de s’y joindre.

Procédure de l’Initiative Citoyenne Européenne
Afin d’être valide, une Initiative Citoyenne Européenne doit rassembler au moins un million de signatures et obtenir un seuil dans au moins 7 des Etats Membres. Ces seuils correspondent au nombre de Membres du Parlement Européen élus dans chaque Etat Membre, multiplié par 750.

À peine 12 000 signatures pour les requins, ils méritent bien plus que ça !

Aidez-nous à faire entendre leur voix au niveau européen. Signez et partagez massivement SVP!

L’Union Européenne figure parmi les plus grands exportateurs d’ailerons de requins et constitue une importante zone de transit pour le commerce mondial des ailerons.

Il nous faut atteindre 1 MILLION de signatures pour être entendus. Aidez nous à les atteindre !

Accédez à la pétition ici https://eci.ec.europa.eu/012/public/#/screen/home

Cette pétition est une initiative européenne destinée au Parlement. Pour cette raison et afin de pouvoir valider votre signature les informations demandées se doivent d’être précises (nom, prénom, adresse …)

Les Etats-Unis et l’Europe bloquent une proposition africaine pour la protection de requins en danger d’extinction

Malgré un fort soutien des Etats membres, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) – l’organe intergouvernemental principalement chargé de la gestion des pêcheries de thon dans l’océan Atlantique – a échoué à approuver une proposition cruciale présentée par le Sénégal et visant à adopter une réglementation forte contre la rétention de requins mako.

Requin mako. (crédit Mark Conlin, National Oceanic and Atmospheric Administration)
Requin mako. (crédit Mark Conlin, National Oceanic and Atmospheric Administration)

La proposition du Sénégal, présentée devant la 26e réunion de la commission (qui s’est déroulée à Palma de Majorque du 18 au 25 novembre), aurait permis l’interdiction de la « rétention à bord, transbordement ou déchargement d’une partie ou d’une carcasse complète de requin mako de l’Atlantique Nord dans toute zone de pêche gérée par la CICTA. » La proposition intégrait également des quotas stricts pour le mako de l’Atlantique Sud. La proposition du Sénégal faisait suite à une recommandation du Comité permanent pour la recherche et les statistiques de la CICTA (SCRS) d’adopter une politique de non rétention sans exception pour le requin mako.

Considéré comme le requin le plus rapide au monde, le requin taupe-bleu est particulièrement vulnérable à la surpêche, car il atteint sa maturité sexuelle plus tard que d’autres espèces de requins. Une étude de 2017 a mis en évidence que le mako de l’Atlantique Nord n’avait qu’une chance sur deux de survivre à la surpêche si les prises étaient ramenées à zéro et que des mesures complémentaires étaient adoptées. Reconnaissant l’état de conservation critique du requin taupe-bleu, les parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore marines menacées (CITES) ont voté en faveur d’une protection commerciale pour cette espèce vulnérable à la 18e conférence des parties, qui s’est tenue à Genève en août dernier.

Le navire de Sea Shepherd M/Y Bob Barker assiste les autorités gabonaises dans l’arrestation du F/V Alemar Primero. (crédit Alejandra Gimeno/Sea Shepherd)
Le navire de Sea Shepherd M/Y Bob Barker assiste les autorités gabonaises dans l’arrestation du F/V Alemar Primero. (crédit Alejandra Gimeno/Sea Shepherd)

La proposition du Sénégal était soutenue par les 16 membres de la CICTA, dont font partie les Etats côtiers africains de la Gambie, du Gabon et du Libéria. Ces pays se sont associés à Sea Shepherd pour mener des patrouilles conjointes en mer qui ont permis l’arrestation de dizaines de navires de pêche pour pêche illégale et autres délits liés, dont l’arrestation de navires européens qui pêchaient des requins pour leurs ailerons ainsi que des espèces de requins vulnérables d’eau profonde pour la production d’huile de foie de requin.

Cadavres de requins mako et de raies découverts à bord du F/V Labiko 2 dans les eaux du Libéria (credit Jake Parker/Sea Shepherd)
Cadavres de requins mako et de raies découverts à bord du F/V Labiko 2 dans les eaux du Libéria (credit Jake Parker/Sea Shepherd)

« La Gambie, le Gabon et le Libéria continuent de démontrer leur avant-gardisme dans la lutte contre la pêche illégale, à la fois en mer à travers l’arrestation de criminels qui braconnent les requins et dans les forums internationaux de protection de la nature en proposant des mesures de préservation musclées pour les requins. A Sea Shepherd, nous sommes fiers de nos partenaires qui ont porté la lutte pour la protection du requin taupe-bleu à la dernière réunion de la CICTA« , assure Peter Hammerstedt, Directeur des campagnes pour Sea Shepherd Global.

L’Union Européenne (UE) et les Etats-Unis se sont opposés à la proposition, défendant chacun des propositions concurrentes entachées d’exceptions et fixant des quotas de capture non conformes aux recommandations scientifiques. En conséquence, une version considérablement amoindrie de la règlementation sur la non-détention a été adoptée par les parties de la CICTA. L’opposition de l’UE à la proposition du Sénégal est particulièrement troublante dans la mesure où les navires de pêche européens sont responsables de la grande majorité des captures de requin mako.

Le navire de pêche Alemar Primero arrêté pour avoir ciblé des requins au Gabon (crédit Sea Shepherd)
Le navire de pêche Alemar Primero arrêté pour avoir ciblé des requins au Gabon (crédit Sea Shepherd)

« Il était extrêmement décevant de voir l’UE et les Etats-Unis ignorer les données scientifiques les plus fiables à la faveur de l’opportunisme politique et au détriment de la conservation des espèces. Pour sauver le requin taupe-bleu de l’Atlantique Nord, hautement menacé, des mesures appropriées s’imposent dès maintenant pour accélérer le rétablissement de la population. La fixation de quotas sur la base d’une probabilité de reconstitution de la population dans plus de 50 ans va non seulement à l’encontre de la recommandation de prudence de la SRCS mais crée également un précédent dangereux pour les populations de requins touchées par les pêcheries de la CICTA« , a expliqué le Directeur juridique de Sea Shepherd, Brett Sommermeyer.

Sea Shepherd remercie la Gambie, le Gabon, le Libéria, ainsi que les 13 autres soutiens de la proposition du Sénégal, pour avoir adopté une position ferme en matière de conservation à la réunion de la CICTA. Avec près de 31 000 requins tués chaque heure par l’homme, les populations de requins ont chuté de 90% au cours du siècle dernier et un quart des espèces de requins sont maintenant en danger critique d’extinction. Les soutiens de la proposition du Sénégal ont reconnu le besoin urgent de protéger les requins et donc l’importance de mettre en place des mesures de protection plus ambitieuses pour le très affecté requin mako.

Mort de 30 requins-marteaux : Sea Shepherd dépose plainte contre Nausicaa

Suite à la mort de 30 requins-marteaux, Sea Shepherd dépose plainte contre Nausicaa pour sévices graves et non-respect de la réglementation sur la détention des animaux sauvages en captivité, ayant entrainé la mort.

Le dernier des requins marteaux capturés en Australie pour le compte de Nausicaa vient de mourir. En 2011, l’aquarium de Boulogne-sur Mer avait déjà capturé dans leur milieu naturel vingt requins marteaux juvéniles, l’année dernière, une dizaine de bébés avaient encore été capturés dans une nurserie. Tous sont morts dans les bassins de Nausicaa. Pourquoi, après l’échec retentissant de 2011, l’aquarium de Boulogne-sur Mer a-t-il persisté à vouloir exhiber ces animaux fragiles, menacés et dont la longévité dans leur milieu naturel excède de loin celle d’une vie captive ?

Seul l’appât du gain, couplé à une incompétence et une irresponsabilité flagrantes peuvent expliquer cette hécatombe. L’alibi de la protection pour justifier une exploitation commerciale d’espèce menacée est insupportable. Contrairement aux mensonges de l’industrie de la captivité, la vie n’est ni plus douce ni plus longue pour les animaux détenus.

Si Nausicaa souhaite réellement aider à protéger les requins-marteaux comme elle le prétend, les 3 millions d’euros de fonds publics engloutis dans ce projet d’exhibition auraient dû être investis dans la lutte contre le braconnage dans leur milieu naturel, première cause de leur mortalité. Sea Shepherd est fortement investi dans leur protection notamment aux Galapagos, aux iles cocos et à Malpelo, lieu de prédilection des requins marteaux, où Nausicaa annonce vouloir envoyer deux représentants. Les fonds publics dilapidés par Nausicaa pourraient efficacement protéger de larges portions de l’habitat naturel de cette espèce, seule et unique façon de la préserver.

Nausicaa doit rendre des comptes sur ce qui s’est réellement passé, d’autant plus que ses financements sont très largement publics. Sea Shepherd dépose donc plainte ce lundi pour sévices graves et non-respect de la réglementation sur la détention des animaux sauvages en captivité, ayant entrainé la mort. Afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, nous demandons au Procureur de la République de diligenter une enquête incluant :

  • la vérification de la légalité des conditions dans lesquelles les requins-marteaux ont été prélevés dans leur milieu naturel ;
  • la vérification des conditions d’attribution du certificat de capacité prévu à l’article L. 413- 2 du Code de l’environnement ;
  • la vérification des conditions d’attribution de l’autorisation d’ouverture prévue à l’article L. 413-3 du Code de l’environnement ;
  • la réalisation d’une expertise aux fins de vérification scientifique des arguments liés à la « préservation de l’espèce » avances par Nausicaa ;
  • l’audition du titulaire du certificat de capacité prévu à l’article L. 413-2 du Code de l’environnement ;
  • l’audition des responsables de Nausicaa ayant agi pour son compte, notamment Monsieur Philippe Valette, directeur général délégué.

Opération Dolphin ByCatch : un requin pèlerin, espèce menacée capturé par un chalutier dans le Golfe de Gascogne

Dans la nuit du 31 mars, au cours d’une de nos patrouilles nocturnes dans le Golfe De Gascogne pour documenter les captures de dauphins, notre équipe a filmé la remontée d’un grand requin pèlerin par un chalutier français.

Les pêcheurs trainaient derrière leur bateau un grand dauphin gonflable, sans doute pour nous narguer. Après avoir vu le requin se débattant dans leur filet sous nos caméras, les pêcheurs se sont d’abord occupés de remonter leur prise de poisson avant de libérer le requin en détresse. Celui-ci est reparti sous les cris des pêcheurs qui scandaient « On a sauvé Willy ! »

On ne peut pas savoir si le requin survivra au stress et aux possibles blessures occasionnées par sa capture.

Le requin pèlerin est une espèce inoffensive et menacée selon l’IUCN. (Union internationale pour la conservation de la nature)

Ces images viennent confirmer que les dauphins ne sont pas les seules victimes de ces méthodes de pêche non sélectives qui devraient être interdites dans des zones qui à l’instar du Golfe de Gascogne, abritent des espèces protégées ou menacées.

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Sea Shepherd et les autorités de São Tomé arrêtent un navire Européen pour pêche illégale d’ailerons de requins

Une opération conjointe entre les autorités locales et les défenseurs de la mer a permis une descente sur une opération de shark finning (découpe d’ailerons de requins) par un navire de pêche européen au large des côtes d’Afrique Centrale.

Le 22 septembre, au cours d’une intervention baptisée Opération Albacore III, les autorités de São Tomé et Príncipe, un Etat insulaire d’Afrique centrale, ont abordé le palangrier Vema, battant pavillon sénégalais mais rattaché à l’Espagne, avec le concours de Sea Shepherd et des forces de l’ordre gabonaises.

Ce palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », mais les inspections menées par les autorités de São Tomé embarquées sur le navire Bob Barker de Sea Shepherd ont mis au jour des cales remplies exclusivement de requins, principalement des Requins bleus, espèce classée comme « quasi menacée » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Les lignes secondaires des palangres, ces câbles qui supportent les hameçons, étaient renforcées de fil d’acier. Cet élément laisse supposer que les espèces ciblées par le Vema étaient principalement des requins et non pas des thons. Les bas de lignes en acier sont faites pour résister aux mâchoires des requins, les empêchant ainsi de s’échapper.

Les poissons trouvés à bord étaient éviscérés et préparés ce qui, sans délivrance d’une autorisation préalable, constitue une infraction aux lois sur la pêche de São Tomé. Le Vema ne l’avait pas obtenue.

Environ deux tonnes de requins, dont des ailerons séparés des corps, ont été découverts par les inspecteurs, soit une fraction de ce qu’ils auraient pu découvrir si le Vema n’avait pas fait escale précédemment à Walvis Bay (en Namibie), un port souvent utilisé pour décharger les ailerons de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet dans le trafic d’ailerons en deux ans, les trois autres étant le résultat d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon avec l’assistance des bateaux et des équipages de Sea Shepherd.

En août 2016, les autorités de São Tomé, qui intervenaient déjà à bord du Bob Barker, ont arrêté un palangrier espagnol, le Alemar Primero. A son bord, 87 tonnes, de requins et d’ailerons de requin. La direction générale des Affaires maritimes et de la pêche (DG Mare) de l’UE a décidé de ne pas engager de poursuites pour violation de l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, et ce malgré des plaintes déposées par le ministère de la pêche de São Tomé.

En octobre 2017, le ministère de la pêche de São Tomé a publié une notice d’infraction aux règles de pêche à l’encontre d’un autre armateur de bateau espagnol, ainsi qu’à la Commission européenne pour enquêter sur une autre infraction à l’interdiction européenne de pêche aux ailerons, cette fois commise par un palangrier espagnol, le Baz.

Le 12 septembre 2018, soit une semaine avant l’arrivée du Bob Barker dans les eaux de São Tomé-et-Príncipe, les garde-côtes santoméens, aidés par la marine portugaise, ont arrêté un navire taïwanais, le Shang Fu.

Les espèces de requins sont particulièrement vulnérables à la surpêche car leur croissance est lente, leur maturité tardive et elles n’engendrent qu’un faible nombre de petits.

Les lois sur les pêches de São Tomé qui interdisent le traitement des requins en mer et l’interdiction européenne de pêche aux ailerons sont des mesures de conservation qui garantissent que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire place à davantage d’ailerons, de plus grande valeur commerciale. De plus en plus de requins sont tués pour satisfaire la demande d’ailerons, essentiellement destinés à finir en soupe.

Les patrouilles en mer, fruit d’une étroite collaboration entre Sea Shepherd et les autorités des États côtiers africains, permettent d’intervenir sur des opérations de pêche aux ailerons en abordant et en inspectant les navires.

« Etant donné la sensibilité des espèces de requins à la surpêche, sachant qu’en plus 15% des espèces de requins dans l’Atlantique sont désormais en danger, il est inquiétant que des bateaux de pêche industrielle, dont beaucoup viennent d’Europe, continuent de massacrer les requins sous couvert de licence de pêche au thon« , dénonce Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd. « Ces licences de pêche aux airs de chevaux de Troie induisent volontairement en erreur les pays côtiers d’Afrique car les bateaux de pêche massacrent les requins sans retenue. Sea Shepherd félicite les autorités de São Tomé et Príncipe pour leur collaboration avec le Gabon et Sea Shepherd afin d’amener les braconniers de la faune marine africaine devant la justice.« 

Sea Shepherd demande à Starbuck’s Corporation de rompre ses liens avec le commerce d’ailerons de requins de Hong Kong

« L’industrie de l’aileron de requin ne se limite pas aux revendeurs d’ailerons. Elle s’étend des pêcheurs qui tuent les requins jusqu’aux restaurants qui servent de la soupe d’ailerons de requins. En associant sa marque à celle de Maxim’s Caterers Limited, connu pour proposer des ailerons de requins à sa carte, Starbucks s’est associé au commerce d’ailerons de requins tout entier« , a déclaré Gary Stokes Directeur Asie pour Sea Shepherd Global.

Starbucks a ouvert une licence au Maxim’s Caterers Limited de Hong Kong en 2000. Maxim’s est l’une des plus grandes enseignes de traiteurs de la région, à la tête de plus de 980 boutiques à Hong Kong, Macau, en Chine, au Vietnam et au Cambodge. Leurs boutiques s’articulent autour de concepts occidentaux, de sushi bars japonais, de fast food à emporter, de cantines et d’une large variété de restaurants chinois. Plus de 50 des restaurants chinois de Maxim’s servent ouvertement de la soupe d’ailerons de requins.

« Les entreprises qui travaillent sous une licence de Starbucks doivent sûrement se conformer à la déclaration de mission de Starbucks ? », interroge Stokes.

Déclaration de mission environnementale.

Starbucks s’attache à l’excellence environnementale dans tous les aspects de notre activité :

– Comprendre les enjeux environnementaux et partager des informations avec nos partenaires

– Développer des solutions innovantes et adaptables pour favoriser le change

– Prendre soin d’acheter, vendre et utiliser des produits écologiques

– Reconnaitre que la responsabilité financière est essentielle pour l’avenir de notre environnement

– Instiller la responsabilité environnementale comme valeur d’entreprise

– Mesurer et suivre nos progrès dans chaque projet

– Encourager tous nos partenaires à œuvrer à cette mission

Source – Site web de Starbucks Corporation

La soupe d’ailerons de requins au menu de Maxim'sLa soupe d’ailerons de requins au menu de Maxim’s, chez Symphony by Jade

« Aucun des points de cette déclaration de mission ne permet ni ne justifie la vente de soupe d’ailerons. Aucune entreprise qui vend de la soupe d’ailerons ne peut se prétendre écologique ou responsable quand 100 à 200 millions de requins sont tués chaque année. Ce n’est plus une question culturelle, mais environnementale ! Sea Shepherd demande à Starbuck’s Corporation de ne pas se contenter d’encourager ses partenaires de Maxim’s Limited à partager sa déclaration de missions. S’associer au commerce d’ailerons de requins ne saurait être envisageable pour toute entreprise qui se respecte. Cela ne cadre pas avec les convictions profondes de Starbuck’s et nous sommes certains que cela ne correspond pas non plus aux attentes de sa clientèle internationale. »

« Starbuck’s doit demander à Maxim’s Caterers Limited de retirer la soupe d’ailerons de ses menus dans l’ensemble du groupe ou annuler la licence qui leur permet de vendre du Starbuck’s en Asie« , a conclu Stokes.

Aidez Sea Shepherd à faire plier Starbucks et à porter un coup au commerce d’ailerons de requins, signez la pétition :

https://www.change.org/p/demand-starbucks-sever-its-ties-with-hk-shark-fin-trade

Sea Shepherd Hong Kong met au jour des cargaisons illégales d’ailerons de requins

Le 11 mai 2018 Sea Shepherd Hong Kong a découvert une importante cargaison d’ailerons de requins en provenance du Sri Lanka pour l’entreprise Win Lee Fung Ltd de Hong Kong. La cargaison totale atteignait 980kg et a été envoyée à Hong Kong par avion sur un vol de Singapore Airlines, une compagnie qui avait déjà rejoint d’autres compagnies responsables et interdit le transport d’ailerons de requins sur tous ses vols.

« Singapore Airlines est une victime supplémentaire de ces trafiquants d’ailerons de requins qui ont leurré la compagnie en déclarant le chargement en tant que « fruits de mer séchés » pour passer les contrôles internes de celle-ci. » – Gary Stokes, Directeur Asie pour Sea Shepherd Global.

L’année dernière, Sea Shepherd a mené pendant trois mois une enquête à Hong Kong et découvert des cargaisons de Maersk, Virgin Australia Cargo et Cathay Pacific, qui ont toutes été victimes des tromperies de l’industrie de l’aileron de requin. A chaque fois les chargements étaient déclarés sous de vagues descriptions telles que « fruits de mer séchés » ou « produits de la mer ».

Ce qui rend le dernier cas en date encore pire, c’est que Sea Shepherd a découvert des ailerons de requin-baleine et de requin-corail. Ces espèces figurent sur l’Annexe 2 de la CITES et doivent être avalisées par un permis d’exportation de CITES Sri Lanka. Ces ailerons d’espèces protégées étaient cachés parmi d’autres ailerons pour passer inaperçus.

En utilisant des libellés inappropriés, ces trafiquants servent deux objectifs. Premièrement, ils parviennent à faire transporter la cargaison par une compagnie qui a mis en place une interdiction pour ce type de produits. Deuxièmement, cela permet au chargement de figurer en bas de la liste des priorités des douanes de Hong Kong déjà surchargées et qui ne peuvent contrôler qu’à peine 1% des conteneurs qui arrivent. Un conteneur estampillé « fruits de mer séchés » ne sera probablement jamais contrôlé, les contrebandiers peuvent donc y placer ce qu’ils veulent.

Sea Shepherd Global a demandé au gouvernement de Hong Kong de recourir obligatoirement au système harmonisé de codification des marchandises avant embarquement pour tous les produits issus de la faune et de la flore à destination de Hong Kong. Alors seulement, les douanes de Hong Kong et l’AFCD (ministère de l’agriculture et la pêche et de l’écologie) seront à même de conduire des inspections plus efficaces, car elles auront connaissance des contenus avant leur arrivée. Actuellement, les trafiquants d’ailerons de requins doivent déclarer ce qu’ils ont transporté 14 jours APRÈS l’arrivée du conteneur à Hong Kong sous peine d’une amende de retard de 80$HK (10$US). Au moment où ils déclarent la cargaison, cette dernière est déjà dispersée et plus aucune inspection n’est possible.

« Ils ne devraient plus être appelés négociants, mais trafiquants d’ailerons de requin car c’est exactement ce qu’ils sont, et ils devraient être appréhendés en tant que trafiquants au lieu d’être choyés par peur de bouleverser les modes de vie. Ce sont des criminels« , a déclaré Gary Stokes. « Les agents de l’AFCD devraient pouvoir entrer, perquisitionner et poursuivre, pourtant ils n’en ont pas les pouvoirs ou bien ils manquent d »initiative et de motivation pour le faire.« 

Cette semaine, Sea Shepherd a fait état de ce cas au conseil législatif de Hong Kong (Legco) pour illustrer auprès du gouvernement de Hong Kong les failles et les lacunes actuelles, que les organisations criminelles internationales de trafic d’espèces sauvages exploitent, et montrer la possibilité qu’a ce territoire de peser fortement contre les crimes liés aux espèces sauvages sur la scène internationale à condition de doter les douanes et l’AFCD des bons outils pour leur permettre de faire leur travail efficacement. (Gary Stokes commence à 46:45) https://youtu.be/_j0FMUTnZMw