Opération Apex Harmony : Un grand requin−marteau menacé d’extinction est retrouvé mort dans un filet anti−requins au large de la Gold Coast

Un Requin−marteau est tué par des filets anti−requins au large de la Gold Coast du QueenslandUn Requin−marteau est tué par des filets anti−requins au large de la Gold Coast du Queensland

Le 8 janvier, l’équipage de l’Opération Apex Harmony patrouillait le long de la Gold Coast pour vérifier les filets et les palangres de surface, lorsqu’ils ont découvert au large de la plage de Tallebudgera un grand requin−marteau mort dans un filet.

Le grand requin−marteau est une espèce classée en voie de disparition sur la Liste rouge de l’UICN, les populations étant soumises à la pression des programmes gouvernementaux de lutte contre les requins, de la pêche commerciale et de la pêche INN.

Jonathan Clark, porte−parole de Sea Shepherd Australie, a déclaré : « Une fois de plus, une espèce en voie d’extinction meurt inutilement, alors qu’elle n’a jamais constitué une menace pour les usagers de l’océan. Ces filets ne font rien d’autre que tuer aveuglément la vie marine, tout en procurant un faux sentiment de sécurité aux usagers de l’océan. »

« Il est temps que le gouvernement du Queensland tienne sa promesse électorale, celle de mettre en place des mesures efficaces et non létales de surveillance, de contrôle et de prévention des incidents liés aux requins, afin de protéger les usagers des océans et la vie marine. » a déclaré M. Clark.

Suspension de la licence de pêche de Hong Long Fisheries

Aujourd’hui à Dili, Timor Oriental, le ministre de l’agriculture et de la pêche, Estanislau Aleixo da Silva, a suspendu la licence de pêche de Hong Long Fisheries dans les eaux du Timor Oriental alors qu’une enquête est en cours concernant l’entreprise et ses activités de pêche. Sea Shepherd tient à saluer cette décision courageuse de la part du ministre de l’agriculture et de la pêche.

Cette suspension a été prononcée sur la base d’informations fournies par l’Indonésie, pays voisin, informations concernant uniquement la société elle-même et non ses activités de pêche ciblant des tonnes de requins et confirmées lors d’un raid ce mois-ci. L’enquête tourne autour de l’immatriculation d’une grande partie des navires, ces derniers violant potentiellement l’article 92 de la CNUDM, selon lequel un navire ne peut naviguer sous le pavillon de plusieurs États. Le cas échéant, le navire est considéré comme n’ayant ni nationalité, ni pavillon, et est assimilé à un navire pirate. L’enquête se penche également sur de possibles liens avec d’autres navires connus de la Hong Long Fisheries impliqués dans des activités de pêche illégale.

Le Fu Yuan Yu 9608 remontant son filet à bord. Photo Jake Parker/Sea Shepherd

L’action du gouvernement fait suite à la seconde polémique émergeant cette année autour de cette flotte de navires. Le 9 septembre, cette dernière avait été repérée en train de cibler des requins lors d’un raid conjoint de la Police nationale du Timor Oriental (PNTL) et de Sea Shepherd. Sea Shepherd avait envoyé son navire l’Ocean Warrior traquer et démasquer les navires de la Hong Long Fisheries avec l’intention de dévoiler à la population du Timor Oriental ce qu’il se passait au large de ses côtes.

À l’aide notamment des informations détaillées fournies par l’Indonésie, une enquête est actuellement en cours, menée par la PNTL, afin de déterminer ce que ces navires transportaient et de savoir si des espèces de requins protégées ont été ciblées.

Sea Shepherd est d’ores et déjà en possession de documents prouvant que des espèces protégées listées dans les annexes I et II de la CITES se trouvaient à bord et a remis ces preuves aux enquêteurs de la PNTL.

« Pour moi, il ne fait aucun doute que les navires de la Hong Long Fisheries agissent en toute illégalité et violent les conditions de la licence de pêche accordée en toute bonne foi par le ministre de la pêche du Timor Oriental », a déclaré Gary Stokes, directeur de campagne de l’Opération Apex Harmony 2017 – Timor Oriental.

Mais les navires de la Hong Long Fisheries ne sont pas les seuls. L’équipe de l’Ocean Warrior a également rassemblé les preuves d’une autre flotte, disposant elle aussi d’une licence de pêche, utilisant des filets dérivants proscrits par la législation internationale. Les informations détaillées à ce sujet ont également été transmises à la PNTL.

Le navire Ocean Warrior de Sea Shepherd se tient à la disposition du gouvernement du Timor pour lui apporter son aide si besoin.

Le Fu Yuan Yu 9608 remontant un requin de plus pris dans leur filet. Photo Jake Parker/Sea Shepherd

Sea Shepherd répond au ministre du Timor Oriental qui soutient l’extermination des requins

Gary Stokes, leader de la campagne de protection des requins au Timor Oriental, répond à la déclaration du ministre de l’agriculture et des pêches parue dans le Timor Post d’hier sous le titre « Hong Long ne capture pas de requins protégés ».

La patience paie et, dans le cas présent, le Ministre de l’agriculture et des pêches du Timor Oriental s’est démasqué. M. le Ministre Acacio Guterres a choisi de prendre parti publiquement en faveur d’une entreprise de pêche étrangère, criminelle notoire, au détriment des intérêts du peuple.

M. Guterres protège-t-il les ressources naturelles du peuple du Timor Oriental comme sa fonction l’y oblige ? Comment M. Guterres sait-il que les navires de la Cie Hong Long ne capturent pas de requins protégés ? Les croit-il sur parole ? Nous savons qu’ils détenaient des requins protégés en février 2017, mais ont été relaxés, donc comment peut-il prétendre qu’ils n’en ont plus désormais ? Le Ministre de l’agriculture et des pêches ne peut pas affirmer qu’ils n’ont attrapé aucun requin protégé, sauf à avoir inspecté chaque cargaison. Ces déclarations sont sans fondements.

Présence constatée de requins dans les cales de la flotte de pêche. Photo Jake Parker/Sea Shepherd

M. Guterres dit que la flotte de Hong Long ne cible pas les requins, mais capture simplement des espèces de requins autorisées par la loi du Timor Oriental. Les requins représentant plus de 90% de leurs prises, ce n’est clairement pas le cas. Une copie du formulaire de licence de pêche considère les espèces autorisées comme “poissons benthiques, mérou, vivaneau et autres”. Nous n’avons jamais vu les termes d’une licence aussi vagues et aucun ministre des pêches sensé n’accepterait une telle liste. La flotte en question a été observée par Sea Shepherd en train de retirer des filets remplis majoritairement de requins. Détruisant par la même occasion le fragile récif corallien.

La flotte a été inspectée brièvement le 9 septembre par la PNTL (Police Nationale du Timor Oriental), néanmoins une inspection approfondie a été suggérée alors que les cales étaient pleines et une telle inspection prend des jours. La flotte n’a pas été retenue lors de son transfert vers Kairabela et a été laissée sans surveillance, exceptée celle de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd qui a veillé dessus 24 heures sur 24. Les équipages ont passé les premiers jours dans les bateaux puis, à la nuit tombée, ont démarré les moteurs et commencé à sillonner la baie de façon erratique sans aucune raison, si ce n’est de larguer les espèces pêchées illégalement dans les eaux profondes du large. Cela revient à laisser un meurtrier sur la scène de son crime, sans surveillance, afin qu’il détruise toutes les preuves qu’il souhaite. Si M. Guterres agissait dans l’intérêt du peuple du Timor Oriental, il avait toute latitude, après que le raid a été rendu public le 9 septembre, pour conduire une inspection complète des navires. Il a choisi de ne pas le faire.

Le peuple du Timor Oriental peut être fier de l’initiative de la PNTL menée par le Commandant Jorge Monteiro et son équipe. Ils ont à coeur les intérêts du Timor et non pas la satisfaction d’une compagnie étrangère privée criminelle. Maintenant que M. Guterres s’est révélé dans les médias locaux, nous espérons que le président et le gouvernement du Timor Oriental, de concert avec la PNTL, mèneront une enquête approfondie, non seulement sur les agissements de la flotte de Hong Long, mais aussi sur les motivations et les allégeances de M. Guterres, car il apparait clairement qu’il n’agit pas dans l’intérêt national dans ce cas. Cette affaire est criminelle, non administrative, et devrait être prise en charge par un procureur. Nous faisons confiance au procureur pour rendre justice au peuple du Timor Oriental.

Sea Shepherd est en train de constituer un rapport complet sur les activités de cette flotte ainsi que sur une autre flotte à laquelle M. Guterres a également vendu une licence. Les bateaux de la deuxième licence ont été observés par Sea Shepherd dans la même zone, à 150 km au sud du Timor, utilisant des filets dérivants illégaux. La loi internationale sur les filets dérivants fixe leur longueur maximum à 2,5 km, pourtant Sea Shepherd a des preuves, transmises à la PNTL, indiquant que ces bateaux utilisaient des filets de plus de 10 km.

Le rapport sera envoyé à tous les pays concernés et aux organismes d’application de la loi, y compris Interpol. Sea Shepherd en appellera de nouveau à l’assistance du gouvernement chinois pour amener ces entreprises devant la justice. Dans ces deux cas, il s’agit d’entreprises privées criminelles qui salissent inutilement la Chine aux yeux du monde, avec pour seule motivation le profit de leurs actionnaires. L’année dernière, Sea Shepherd a découvert une flotte illégale de six bateaux à filets dérivants dans l’Océan Indien et en a informé le bureau chinois des pêches, qui a pris des mesures efficaces. La Chine prend très au sérieux les crimes de pêche INN (illicite, non déclarée, non réglementée) et nous espérons qu’elle en fera de même cette fois.

Le Timor Oriental possède l’un des plus hauts niveaux de biodiversité marine de la planète, une ressource préservée qui, si elle est correctement gérée, apportera des millions de dollars à l’économie locale. Le Dr. José Ramos-Horta, qui promouvait récemment l’éco-tourisme à Singapour, fait partie de ceux qui en ont conscience. Interrogé sur les flottes étrangères qui pillent les eaux locales, l’ancien Premier Ministre a déclaré : « Les activités étrangères de pêche commerciale, peu scrupuleuses, doivent disparaitre du Timor Oriental. Nous devons protéger nos ressources naturelles, c’est un outrage« .

L’Ocean Warrior surveillant la flotte de pêche au Timor Oriental. Photo Gary Stokes/Sea Shepherd

Afin de connaître l’historique de cette affaire, nous vous invitons à également consulter l’article du 15 septembre 2017.

Appel à la Mobilisation

Entre juin 2015 et février 2017, 127 requins – 70 bouledogues et 57 tigres – ont été tués (officiellement) à La Réunion. Les pêcheurs concernés ont touché directement 51 %des subventions, soit 500 000 euros environ. Ce qui revient à un coût de 4000 euros par animal. « Une facture salée pour les uns et un marché juteux pour les autres », commente une source proche du dossier. (JIR)

Médiapart et le JIR (Journal de l’ile de La Réunion) ont récemment écrit sur le scandale financier lié à la pêche des requins à La Réunion.

Pendant qu’à Mayotte, notre équipe découvre une situation ubuesque où les gardiens censés protéger les tortues marines du braconnage nocturne sur les plages n’ont plus d’électricité dans leur cabane depuis deux ans (date à laquelle les batteries des panneaux solaires sont tombées en panne), non loin de là, à La Réunion, l’État dépense des millions d’euros et de l’argent des contribuables est détourné pour tuer des requins dont le statut est « quasi menacé » au prétexte de « sécuriser les activités nautiques ».

Inefficace, dangereux et immoral, il est temps de mettre un terme au programme de pêche Cap Requins dont la troisième cession est actuellement à l’étude et devrait tuer encore plus de requins.

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