Sea Shepherd lance une nouvelle campagne en Gambie : Deux chalutiers arrêtés

Au cours d’une opération menée en partenariat avec le gouvernement gambien pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique de l’ouest, l’équipage de Sea Shepherd a collaboré avec des agents des forces de l’ordre représentant le ministère gambien des pêches et la marine gambienne à bord du navire Sam Simon de Sea Shepherd à arrêter deux chalutiers industriels pour plusieurs infractions de pêche. Photos de Flavio Gasperini/Sea Shepherd.

Le Lu Lao Yuan Yu 010 gardé par le Sam Simon

Le 27 août, les navires de pêche Lao Yuan Yu 010 et Victory 205 ont été arrêtés par les inspecteurs gambiens de la pêche et la marine gambienne, épaulés par l’équipage de Sea Shepherd, pour divers délits de pêche : pêche sans registre de captures et pêche dans les neuf milles marins de la zone de gestion spéciale de la Gambie, réservée aux pêcheurs artisanaux.

Les petites embarcations du Sam Simon emmènent les équipes d’abordage vers les chalutiers

Les eaux de la Gambie abritent une biodiversité particulièrement riche car le pays se trouve à la confluence du fleuve Gambie et du courant des Canaries. Les conditions de vie de plus de 200 000 gambiens dépendent directement ou indirectement des pêcheries locales et l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que plus de 46% des populations de poissons recensées dans la partie Centre-Est de l’Atlantique sont surpêchées.

Logement sur le Victory 205

Les sardinelles et autres petites espèces pélagiques sont essentielles pour les Gambiens, c’est pourquoi le ministère de la pêche et des ressources aquatiques a instauré la zone de gestion spéciale de neuf milles marins pour préserver les eaux fréquentées par les pêcheurs artisanaux. Ce qui n’empêche pas les chalutiers industriels de s’approcher régulièrement des côtes. Les pêcheurs artisanaux se plaignent quotidiennement auprès du ministère et demandent des compensations pour les filets perdus dans le sillage des chalutiers industriels. Les populations de sardinelles déclinent rapidement à cause de ces incursions quotidiennes.

Membre de la marine gambienne à bord du Lu Lao Yuan Yu 010

A bord du Victory 205, les inspecteurs ont découvert que ce chalutier avait pêché à deux reprises dans la zone de gestion spéciale au cours du dernier mois, jusqu’à 1.6 mille marins de la côte le 10 août. Les conditions de vie à bord du Victory 205 étaient épouvantables : six Africains de Sierra Leone et de la Gambie entassés dans un recoin entre la salle des moteurs et la timonerie. Chauffé par la salle des moteurs, l’espace de logement était un four aux matelas souillés, si bas qu’il était impossible d’y tenir assis.

Membre de la marine gambienne à bord du Lu Lao Yuan Yu 010

« Sea Shepherd reconnait la difficulté que représente le suivi, le contrôle et la surveillance des eaux d’Afrique de l’ouest et félicite à ce titre le gouvernement de la Gambie qui a pris l’initiative de s’associer à Sea Shepherd pour assurer la protection de la zone de gestion spéciale et lutter contre la pêche illégale. Après déjà deux arrestations, l’honorable James Furmos Peter Gomez, ministre de la pêche et des ressources aquatiques, avertit les criminels que la pêche illégale ne sera pas tolérée dans les eaux de la Gambie« , a déclaré Peter Hammarstedt, capitaine du Sam Simon, lors de l’arrestation des deux chalutiers.

Inspecteur gambien de la pêche transporté sur une embarcation du Sam Simon jusqu’au Lu Yao Yuan Yu 010

Le partenariat de Sea Shepherd avec la Gambie, baptisé Opération Défense des Côtes de Gambie, marque l’arrivée du septième Etat d’Afrique de l’ouest dans la lutte croissante contre la pêche illégale autour de l’Afrique à travers des patrouilles conjointes en mer.

Membre de la marine gambienne à bord du Lu Lao Yuan Yu 010

L’Opération Défense des Côtes de Gambie était soutenue par Kongsberg Satellite Services (KSAT), qui a fourni des analyses et des images à partir d’un radar à synthèse d’ouverture haute résolution et de satellites optiques. Parmi ces données, 20 images récoltées pendant les 100 premières heures de la patrouille et des renseignements stratégiques transmis au Sam Simon en à peine 45 minutes, du jamais vu. Par le biais de 12 satellites appartenant à sept pays pour obtenir une couverture totale des eaux gambiennes, ils ont détecté plus de 750 navires à surveiller pendant la première semaine des opérations. Maxar Technologies a également fourni gracieusement de l’imagerie optique haute résolution à KSAT pour aider la patrouille.

Le capitaine Peter Hammarstedt dans la zone de traitement du poisson sur le Lu Lao Yuan Yu 010

Depuis 2016, Sea Shepherd collabore avec les gouvernements du Gabon, du Libéria, de São Tomé et Príncipe, de la Tanzanie, du Bénin et de la Namibie pour lutter contre la pêche INN. Sea Shepherd met des navires civils de patrouille à disposition des Etats côtiers d’Afrique pour que les autorités puissent faire respecter les lois en matière de pêche et de protection de la mer dans leurs eaux territoriales. A ce jour, ces partenariats inédits ont permis l’arrestation de 34 bateaux pour pêche illégale et autres délits de la sorte.

Le capitaine Peter Hammarstedt et un conseiller maritime à bord du Lu Lao Yuan Yu 010

Hécatombe de dauphins : Sea Shepherd mobilise le Sam Simon sur l’opération Dolphin Bycatch

Le navire Sam Simon, vient de rejoindre les moyens maritimes de Sea Shepherd déjà déployés depuis le 11 Février sur les zones de captures des dauphins au large de la Vendée, Charente Maritime, Gironde, dans le Golfe de Gascogne. Vétéran de plusieurs missions anti chasse baleinière en Antarctique, le Sam Simon est un ancien navire de la flotte baleinière japonaise reconverti par Sea Shepherd en défenseur de la vie marine.

En France, ce sont 600 dauphins qui sont venus s’échouer sur les plages ces six dernières semaines. Ces échouages ne sont que la face émergée d’un carnage encore plus important puisque plus de 80% des cadavres, souvent éventrés, coulent en mer. Pour la plupart, les corps qui arrivent sont mutilés, nageoire caudale sectionnée, marques de gaffe, entailles profondes, rostres cassés… Les dauphins sont victimes de bateaux de pêche non sélectifs qui sévissent dans cette zone où ils hivernent. Les navires responsables (chalutiers, senneurs danois, fileyeurs…) ciblent principalement les bars et les merlus dont les consommateurs français sont friands. D’autres navires, français et étrangers pratiquant la pêche minotière plus au large pour le surimi et les farines de poisson sont également pointés du doigt par les scientifiques. Nous sommes confrontés à une politique des pêches aberrante qui autorise des engins de capture extrêmement destructeurs et non sélectifs sur des zones sensibles, en pleine période de reproduction des bars et en présence d’espèces protégées et particulièrement vulnérables à la prédation, comme les dauphins.

« Nous sommes fatigués de voir que depuis des années les alertes des scientifiques restent lettre morte. Devant l’indifférence des Comités des Pêches et du Ministère qui font semblant de plancher sur le problème depuis 20 ans, nous avons décidé de patrouiller la zone nuit et jour » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France et responsable de l’opération Dolphin Bycatch.

« Nous braquerons les projecteurs sur l’extermination silencieuse des dauphins au large de nos côtes afin de mettre enfin, pêcheurs, politiques et consommateurs, face à leurs responsabilités » – poursuit-elle.

Sam Simon et premières patrouilles le week-end du 16 et 17 Février. Chalutiers basés aux Sable d’Olonne pêchant seuls et par paire (Crédit Photos : Tara Lambourne/ Sea Shepherd).

Soutenez l’opération Dolphin Bycatch !

Lancement de l’Opération Sola Stella III : Un chalutier industriel étranger arrêté quand Sea Shepherd renouvelle son partenariat avec le Libéria contre la pêche illégale

Au cours d‘une opération conjointe avec le Ministère de la défense du Libéria visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en République du Libéria, Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes dans l’arrestation d’un chalutier industriel sous pavillon étranger, surpris en train de piller des zones de pêche artisanale.

Malgré de gros efforts pour dissimuler son identité, le Bonheur, ce chalutier de 32 mètres a été intercepté le 7 novembre par les garde-côtes libériens après avoir franchi la frontière depuis la Côte-d’Ivoire voisine avec ses filets déployés. A la vue des garde-côtes, le capitaine du Bonheur a immédiatement changé de cap, a accéléré et a tenté de fuir hors des eaux libériennes. A bord de la petite embarcation du Sam Simon, les garde-côtes libériens et Sea Shepherd ont pu aborder et sécuriser le Bonheur avant qu’il n’échappe à la justice.

L’équipe d’abordage a découvert que des filets avaient été étalés sur le nom du navire dans le but d’empêcher les pêcheurs artisanaux de l’identifier et de dénoncer son intrusion aux garde-côtes du Libéria.

Le Bonheur a été arrêté alors qu’il péchait à cinq milles marins des côtes, dans la zone des six milles au sein de laquelle le gouvernement libérien a interdit le chalutage industriel pour protéger le mode de vie des pêcheurs artisanaux du Libéria et des 33 000 libériens dont les revenus dépendent de la pêche à petite échelle. L’interdiction, mise en œuvre à travers la création d’une zone d’exclusion côtière (ZEC), a permis une augmentation sensible des populations de poissons au large des côtes.

« Alors que les petits pêcheurs artisanaux locaux constatent les avantages de la ZEC grâce à l’augmentation des populations de poissons, certains navires de pêche industrielle étrangers considèrent ces zones côtières comme des tirelires qu’ils peuvent fracasser avec leur matériel industriel« , explique Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Le Sam Simon a ensuite escorté le Bonheur jusqu’au port où sa cargaison de poisson a été confisquée par les autorités libériennes et où le navire attend que justice soit rendue.

L’arrestation du Bonheur marque le lancement de l’Opération Sola Stella III, le troisième partenariat entre Sea Shepherd et le Ministère libérien de la Défense nationale. Il s’agit de la 13ème arrestation d’un navire pour crimes de pêche dans les eaux libériennes depuis février 2017.

Plus d’information sur l’Opération Sola Stella III et le partenariat de Sea Shepherd avec le Ministère libérien de la Défense pour la fin de la pêche illégale (en Anglais) : https://www.seashepherdglobal.org/our-campaigns/operation-sola-stella/

Opération Siso : 130 km de matériel de pêche illégal retirés de la mer

Guidée par un cachalot, l’Opération SISO 2018 se termine avec 130 km de DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux retirés de la mer. Commentaire d’Andrea Morello, directeur de Sea Shepherd Italie et leader de la campagne.

Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd

En 2017, un jeune cachalot est resté emmêlé dans un filet de pêche illégal de type « squadrara » en traversant l’archipel des îles Éoliennes. Les garde-côtes ont passé de nombreuses heures à lutter pour le libérer, mais ils n’ont pas pu lui sauver la vie. SISO a été retrouvé mort le long de la côte du Cap de Milazzo, le filet encore enroulé autour de la nageoire caudale et l’estomac rempli de plastique. Carmelo Isgrò, le biologiste marin qui l’a découvert, conserve encore aujourd’hui son squelette, pour nous alerter tous, mais aussi les générations futures, sur les dommages causés à l’environnement. Carmelo a décidé d’appeler le cachalot « SISO », en hommage à un ami cher qui l’avait aidé à récupérer le cachalot, et qui est mort dans un accident de voiture les jours suivants.

La mort de SISO, provoquée par un filet dérivant illégal, est la preuve évidente de la présence d’engins de pêche illégaux dans l’archipel des Éoliennes. Les données de 2018 du ministère des Politiques agricole, alimentaire et forestière, mises à jour le 15 septembre 2018, confirment par ailleurs que 180 815,79 kg de captures illégales ont été confisqués, ce qui représente un total de 7 649 914,8 € de sanctions appliquées.

Il devient clairement impossible pour Sea Shepherd de ne pas intervenir, et elle bénéficie pour cela du soutien du Fonds de préservation des îles Éoliennes et de Smile Wave.

La stratégie de l’opération prévoyait l’utilisation de deux navires Sea Shepherd : le M/V Sam Simon, et un navire sans logo en mission d’infiltration. Ce dernier a atteint la zone plus tôt, et commencé la surveillance de la partie est de l’archipel, tandis que le Sam Simon arrivait du Nord, pour se diriger vers le Sud-Ouest.

Nous sommes partis à bord du Sam Simon, de Molo Italia, à La Spezia, le 2 octobre. Notre objectif était de localiser les engins de pêche illégaux et les filets dérivants situés dans les îles Éoliennes. Après quatre mois à quai, le navire était prêt. Mais le deuxième jour a été terrible : un état de la mer de force 5, en augmentation, lui a fait essuyer une violente tempête venue du Nord-Est.

C’était l’aube lorsque nous avons atteint la partie nord de la splendide Alicudi. Nous avons été accueillis par une bande de dauphins venus nous encourager et nous apporter le calme dans cette mer agitée. Cela nous a permis de localiser rapidement les premiers jerrycans en plastique, attachés et ancrés sur un fond marin de 3 000 mètres de profondeur : les DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux.

Avec l’accord et la coordination des garde-côtes, une action directe a été immédiatement déclenchée : à 8h45, nous avons hissé à bord les premiers DCP illégaux. À partir de là, nous avons commencé à localiser et à cartographier sur le GPS des douzaines de dispositifs de concentration de poissons. Ils représentent un réel danger, même pour les tortues, qui restent la plupart du temps emmêlées, sans aucune chance de s’échapper, ce qui est synonyme pour elles d’une mort certaine.

Après deux jours d’efforts acharnés, la mer s’est renforcée et nous a emmenés à l’intérieur de l’archipel, dans la zone marine du sud de Filicudi, une nouvelle zone à patrouiller. À 9h du matin, quelque chose d’inattendu s’est produit : nous regardions à travers nos jumelles pour pouvoir repérer des engins de pêche potentiellement illégaux, lorsqu’un jet puissant et reconnaissable est apparu, puis un autre ! Un splendide cachalot est venu nous rendre visite, comme s’il voulait se joindre à nous pour rechercher SISO, et les filets qui l’ont tué. C’est lui qui nous a permis d’apercevoir immédiatement des douzaines d’autres DCP illégaux.

Ces DCP illégaux menacent à la fois la vie en Méditerranée et la pêche légale de la région. Le plan de gestion local des îles Éoliennes réglemente l’utilisation des « cannizzi » : « Des zones spécifiques seront identifiées dans la zone à gérer. Les « cannizzi » pourront y être ancrés, mais le nombre (d’un maximum de 20), la position, et la mise en œuvre (avec une mesure 1.4 du Fonds européen pour la pêche 2007-2013) seront planifiés. Les « cannizzi » seront attribués aux pêcheurs par tirage au sort, et ils seront marqués, de manière à pouvoir les identifier. De plus, pour faire face à l’anticipation récente mais progressive de capture du coryphène commun, la pose des « cannizzi » est fixée au 15 septembre, et le début des activités de capture au 30 septembre« . La non-détectabilité et l’absence totale de traçabilité des DCP font qu’ils sont classés en pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Les douze jours d’action directe ininterrompue ont abouti à la prise de 130 km de ligne en polypropylène et de 1 500 m de ligne de pêche de grosse épaisseur, sans hameçons, retirés de la mer. Au total, 68 DCP illégaux et plusieurs bouteilles en plastique ont été confisqués, certaines contenant encore des matières polluantes.

La stratégie de l’Opération s’est révélée fructueuse : lorsque deux bateaux de pêche, à la vue du Sam Simon, ont tenté de s’éloigner pour pêcher illégalement avec les DCP, notre voilier d’infiltration leur a coupé la route. Avec l’arme la plus puissante qui existe, la caméra, l’équipage les a filmés. Grâce aux détails d’identification des navires et de leur position, les garde-côtes et la Garde des finances ont pu intervenir. Les enquêtes sont toujours en cours.

Avec l’arrivée du voilier dans le port d’Anzio, l’Opération SISO 2018 s’est achevée avec le succès et l’efficacité qui caractérisent Sea Shepherd. Elle confirme la forte présence estimée de DCP illégaux : plus de 5 000 dans la partie sud de la mer Tyrrhénienne, pour un total estimé de 10 000 km d’engins illégaux mis à l’eau chaque année.

Grâce au soutien du Fonds de conservation pour les îles Éoliennes et de Smile Wave, l’interaction avec les communautés locales a été parfaite. Lors des escales à Lipari et Salina, de nombreux enfants et étudiants sont par ailleurs montés sur le bateau. Nous avons également reçu à bord les représentants des pêcheurs artisanaux éoliens. Ils vont coopérer avec Sea Shepherd pour augmenter l’efficacité des prochaines campagnes, et défendre avec nous cet archipel paradisiaque. L’objectif est de créer une zone marine protégée pouvant conduire à une protection totale, ouvrant aussi la voie vers une économie bleue durable, pour une coexistence écologique entre les espèces.

En mémoire de SISO et ragaillardis par la passion de nos bénévoles et le soutien de toutes les personnes qui nous aideront, nous reviendrons dans le sud de la mer Tyrrhénienne pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et contre l’utilisation du plastique. Nos treize navires, positionnés dans presque toutes les mers de notre planète, la « proue vers la mer », représentent la plus grande flotte privée de défense de ceux que nous appelons « nos clients », les habitants des Océans.

L’arme la plus importante, et qui fait toute la différence, c’est la passion des gens. Elle encourage à ne pas tourner le dos à l’illégalité et à la cruauté, mais au contraire à les combattre par une action directe, sans laisser ni plastique ni injustice derrière soi, avec le sens du partage et du respect pour toutes les vies.

Photo Emanuela Giurano/Sea Shepherd.

Opération Icefish : Des navires braconniers toujours bloqués dans le port du Cap Vert depuis leur arrestation en 2015

En mai 2015, Sea Shepherd a informé la police du Cap Vert, république d’Afrique de l’ouest, quant à la présence, dans leur port, de deux navires de pêche illégale mis sur liste noire et recherchés par Interpol. La police judiciaire du Cap Vert a placé les bateaux en détention et les actions internationales se poursuivent pour les maintenir ainsi depuis.

Les deux bateaux, jadis connus sous les noms de Yongding et Songhua, sont liés de longue date au tristement célèbre syndicat de braconnage de légine, Vidal Armadores. Ils ont tenté à maintes reprises de changer leurs noms et leurs registres dans l’espoir, sans succès, d’échapper à la détention dans le port de Mindelo.

Des enquêtes récentes menées par l’équipage du Sam Simon ont montré que la dernière tentative des braconniers de légine pour compromettre l’action des autorités en renommant le Songhua en Pesca Cisne 2 et en essayant de le placer sous pavillon chilien, a échoué. Le navire, anciennement connu sous le nom de Songhua, reste détenu à Mindelo, rebaptisé Pesca Cisne 2, sous une nouvelle peinture terne et sans nouveau marquage. Sea Shepherd craint que l’ancien propriétaire, Vidal Armadores, ait vendu le bateau à un autre baron du braconnage de légine, Florindo Gonzales. C’est à cet homme qu’appartenait le Thunder, le navire braconnier de légine, qui a coulé après 110 jours de course-poursuite avec les bateaux de Sea Shepherd.

Le Yongding, désormais appelé Atlantic Wind, reste lui aussi retenu, n’ayant pas réussi à obtenir un nouveau drapeau de la Tanzanie. Depuis qu’ils sont détenus, des deux bateaux sont passés par des pavillons de Sierra Leone et Tanzanie, et ont tenté d’obtenir celui du Chili, à chaque fois sans succès.

« La détention ininterrompue des navires connus sous le nom de Yongding et Songhua est le résultat de la vigilance sans relâche de Sea Shepherd, Oceana, du Project Scale d’Interpol, de la police du Cap Vert et d’autres organisations et agences internationales. Cela permet de répliquer immédiatement lorsque les braconniers tentent de faire passer leurs bateaux entre de nouvelles mains en changeant simplement les noms, ou les drapeaux. Le succès de l’Opération Icefish, qui a débuté avec le naufrage du fameux Thunder, se poursuit avec le blocage de ces deux navires au port depuis trois ans et demi », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Sea Shepherd lance une nouvelle campagne en Méditerranée : l’Opération SISO

Sea Shepherd agit pour la protection des eaux italiennes en collaboration et avec le soutien du Fonds de préservation des Îles Eoliennes dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans l’archipel des Eoliennes.

En collaboration avec les garde-côtes de Lipari, les autorités douanières de Milazzo et des petits pêcheurs, le navire Sam Simon de Sea Shepherd a confisqué 52 Dispositifs Concentrateurs de Poissons (DCP) et 100 km de ligne en polypropylène dans les Îles Eoliennes en 178 heures…

Le Sam Simon, avec à son bord 29 membres d’équipage de 11 différentes nationalités, a mené une opération secrète dans la partie méridionale de la mer Tyrrhénienne en collaboration avec l’autorité portuaire de gestion maritime de Catane (Direzione Marittima Capitaneria di Porto di Catania, n.d.t.), la Garde côtière de Lipari et les autorités financière et douanière de Milazzo (Guardia di Finanza Milazzo, n.d.t.). La patrouille, qui a duré 178 heures a permis le retrait et la saisie de 52 DCP et de 100 km de lignes en polypropylène dans les eaux des Îles Eoliennes, ainsi que le signalement d’activités de pêche suspectes qui ont conduit à des inspections plus poussées dans la zone. Outre le Sam Simon, un second navire infiltré est également présent dans les Îles Eoliennes pour signaler toute activité illégale aux autorités.

On estime à plus de 1500 le nombre de DCP ancrés illégalement chaque année, ce qui représente une part significative de la pollution au plastique dans cette mer d’Italie et un piège mortel pour les espèces marines, comme la tortue Caouanne, qui se retrouvent emmêlées pendant leur migration. Cela se traduit par 2000 km de lignes en polypropylène et des centaines de kilos de plastique et de bouteilles (souvent sales et contenant des produits chimiques dangereux) rejetés dans la mer.

L’Opération SISO vise à protéger le fragile écosystème des îles Éoliennes de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Cette campagne met en lumière les conséquences réelles de l’utilisation des DCP dans la mer Tyrrhénienne méridionale et a obtenu le soutien des pêcheurs artisanaux de Lipari.

Les Îles Eoliennes, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000, forment un archipel de sept îles inhabitées, de plusieurs îlots et affleurements rocheux Les sept îles sont situées dans le sud de la mer Tyrrhénienne, au nord de la Sicile, à seulement 12 milles marins du Cap de Milazzo. D’origine volcanique, elles sont disposées en un Y dont la base pointe vers l’ouest. Leur biodiversité riche offre un environnement idéal pour la reproduction de nombreuses espèces migratrices et pour les baleines, les cachalots, les dauphins communs, les baleines à bec, les dauphins bleus, les dauphins de Risso et les globicéphales.

Les DCP, dont le nom local est « cannizzi », sont des bouées fixes sur lesquelles sont attachés des branches de palmier ou matériaux similaires, formant ainsi une sorte d’abri sous lequel les poissons pélagiques viennent se regrouper. Considérés comme une menace pour la vie marine de la Méditerranée et la pêche locale licite, ces dispositifs sont illégaux dans les Îles Eoliennes à cette époque de l’année et doivent être régularisés au début de la saison. Le plan local de gestion des Îles Eoliennes réglemente leur usage : « dans la zone réglementée, les cannizzi devront être ancrés dans des secteurs définis et leur nombre sera préalablement déterminé (au maximum 20), de même que leur position et leur usage (mesure 1.4 du FEP – fonds européen pour la pêche – de 2007-2013). Ils doivent être attribués de façon aléatoire aux pêcheurs et doivent être marqués d’initiales qui permettent de les reconnaitre. En outre, étant donné que les dorades coryphènes sont pêchées de plus en plus tôt depuis quelques années, il a été décidé que les « cannizzi » devaient être placés à partir du 15 septembre et que la pêche au coryphène pouvait commencer le 30 octobre ».

Chaque DCP est composé de 4 à 6 barils en plastique attachés à des branches de palmier pour flotter et d’une ligne pouvant atteindre 3000 mètres de long et d’environ 3,5 mm de diamètre, ancrée au fond de la mer.

Siso était un jeune cachalot (8,5 m de long) mort en 2017, empêtré dans un filet dérivant lors de sa migration près des îles Éoliennes. Les gardes-côtes ont lutté plusieurs heures pour le libérer mais, malheureusement, il n’a pas pu être sauvé. Plus tard, Siso a été trouvé mort sur le rivage du cap de Milazzo par le biologiste marin Carmelo Isgro. Ce dernier a sauvé les os et conservé le filet qui l’a tué ainsi que le plastique contenu dans son estomac comme un avertissement pour les générations futures. « Siso » était le nom de l’ami qui a aidé Carmelo à retrouver le cachalot ; ami décédé peu après dans un accident de voiture.

« Avec l’Opération SISO, Sea Shepherd retourne en Méditerranée pour protéger les cétacés. Un cachalot nous a rendu visite pendant la patrouille, ainsi que de nombreux dauphins et des tortues, comme pour nous montrer le chemin jusqu’aux DCP et se battre avec nous contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. L’Opération SISO a obtenu le plein soutien des pêcheurs artisanaux de Lipari qui, en nous rejoignant pour faire respecter la loi, rendent nos activités de plus en plus efficaces. Je voudrais remercier le Fonds de préservation des Îles Eoliennes, qui nous a permis de naviguer sur ces eaux ensemble et je suis sûre que ce n’est que le début d’un partenariat durable. Notre arme la plus décisive qui fait la différence, est le soutien de nos donateurs associé à la passion de nos bénévoles qui ne tournent pas le dos devant l’illégalité et la cruauté mais, au contraire, se battent par l’action directe, kilomètre par kilomètre. La Marine de Neptune continuera à se battre sans relâche dans l’intérêt de la vie dans les océans, mesurant nos succès aux nombres de vies sauvées. » – Leader de la campagne Andrea Morello

Le Fonds de préservation des Îles Eoliennes est une fondation dédiée à la protection du patrimoine naturel des Îles Eoliennes et à la promotion du tourisme durable. Le fonds soutient des projets axés sur la préservation de l’environnement et de la mer autour des îles.

Le président du fonds, Luca Del Bone, a déclaré : « Je me réjouis qu’une rencontre fortuite en Californie ait permis cette collaboration avec Sea Shepherd et j’espère qu’elle se transformera en un partenariat durable pour la protection de la mer qui borde nos îles. Je tiens à remercier l’ONG et Andrea Morello, en particulier pour leur foi en notre mission.« 

Un remerciement particulier est également adressé à Smile Wave, une fondation suisse qui soutient à la fois Sea Shepherd et les projets du Fonds de préservation des Îles Eoliennes.

Opération Sola Stella : Le Sam Simon intercepte un chalutier alors qu’il tente d’échapper à sa détention au Libéria

Un chalutier sous pavillon guinéen, détenu et faisant l’objet d’une enquête par les autorités libériennes, a été arrêté par la garde côtière libérienne assistée par Sea Shepherd, alors qu’il tentait d’échapper à la justice en prenant la fuite le 15 mars 2018.

Profitant d’un jour férié au Libéria, le F/V Benty 1 a tenté de passer sous le radar des autorités pour atteindre les eaux internationales.

Une équipe d’abordage de la garde côtière libérienne présente à bord du Sam Simon a intercepté le F/V Benty 1 à seulement 7 milles marins de la frontière entre le Libéria et la Sierra Leone voisine.

Les enquêteurs ont découvert que le F/V Benty 1 était en mauvais état avec de l’eau qui entrait par l’arbre de transmission de l’hélice, obligeant à pomper les cales toutes les heures.

Lors de l’abordage, le F/V Benty 1 a feint la panne mécanique et a donc été remorqué vers le port de Monrovia où il a été renvoyé en détention.

A propos de l’Opération Sola Stella

Depuis février 2017, sous le nom Opération Sola Stella, Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria dans la lutte contre la pêche INN en mettant à disposition un navire civil de patrouille offshore et un équipage qui opère dans les eaux libériennes sous la direction du Ministre libérien de la Défense. L’Opération Sola Stella a permis l’arrestation de onze bateaux pour pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui compte pour 40% des prises de poissons en Afrique de l’ouest.

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore qui a conduit à plus de 80 inspections de navires de pêche en mer et l’arrestation consécutive de 5 chalutiers congolais INN et d’un palangrier espagnol.

En 2018, Sea Shepherd a lancé l’Opération Jodari à travers des patrouilles ciblant la pêche INN dans les eaux de Tanzanie en partenariat avec l’Autorité tanzanienne de pêche en eau profonde, la Marine tanzanienne, l’Agence de répression des drogues et l’équipe d’intervention inter-agences (MATT) et Fish-i Africa.

L’Opération Sola Stella marque la continuité de l’implication de Sea Shepherd Global dans sa coopération avec les gouvernements nationaux et leurs autorités dans le combat contre la pêche INN.

Le Libéria arrête des braconniers high-tech pour pêche illégale et tentative de corruption

Le 15 janvier 2018, le navire de pêche sous pavillon ghanéen F/V Panofi Fore Runner a été arrêté dans les eaux territoriales du Libéria par la Garde côtière de ce pays, assistée par Sea Shepherd. Le senneur de 71m a été appréhendé en possession de neuf Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) alors qu’il pêchait dans les eaux libériennes sans licence de pêche libérienne.

Les DCP fonctionnent comme des “aimants à poissons” et ceux déployés par le F/V Panofi Fore Runner sont des équipements dernier cri qui indiquent au navire l’activité des poissons. Le navire peut donc déployer son filet de deux kilomètres sur le DCP et ramasser le poisson qui se trouve en dessous.

Pêcher sans licence de pêche libérienne constitue la plus grave infraction aux lois des autorités des pêches libériennes. L’amende pour un tel forfait peut atteindre 1 million de dollars US. Chaque DCP déployé constitue une infraction distincte, pour une amende pouvant s’élever à 9 000 000 dollars US.

Dans une tentative malheureuse d’échapper à la justice, le capitaine et son second ont proposé aux représentants de la Garde côtière libérienne qui les ont abordés, un pot-de-vin de 1 450,45 et 6 911,80 dollars US. Cet incident conduira à des poursuites supplémentaires à l’encontre du navire.

Le F/V Panofi Fore Runner est maintenant détenu au port de Monrovia, dans l’attente des poursuites légales.

« La tentative du capitaine et de son second de corrompre les marins de la Garde côtière libérienne constitue un acte répréhensible et une preuve indubitable qu’ils avaient quelque chose à cacher. Il est courant de constater d’autres activités criminelles telles que la contrefaçon, l’évasion fiscale et la corruption associées à des infractions de pêche. C’est pourquoi le ministère de la Défense nationale est décidé à lutter contre la pêche illégale en tant que crime organisé transnational »
Brownie Samukai,ministre libérien de la Défense nationale

Le F/V Panofi Fore Runner fait partie d’une flotte propriété de Panofi Company Ltd, entreprise basée au Ghana bénéficiant d’investissements provenant de Corée du Sud, qui a été condamnée par le passé d’infraction de pêche au Libéria. Un navire jumeau du F/V Panofi Fore Runner, le F/V Panofi Dicoverer, a été arrêté pour pêche illégale au Libéria en 2013, en même temps que deux navires frigorifiques de Panofi, le M/V Volta Victory et le M/V Volta Glory, qui ont été pris en train de transborder illégalement du poisson dans les eaux libériennes. 700 tonnes de thon ont été découvertes à bord du F/V Panofi Fore Runner. Les documents trouvés à bord du Panofi Fore Runner pendant l’inspection ont révélé que ce navire transborde régulièrement avec les deux navires frigorifiques précédemment condamnés pour délit de pêche au Libéria.

« Cela fait cinq ans que les bateaux de Panofi Company Ltd ont été arrêtés et condamnés pour pêche illégale dans les eaux libériennes. L’arrestation rapide d’un navire Panofi, qui a tenté sa chance en contournant une fois de plus les lois libériennes, met en évidence l’incroyable capacité de la Garde côtière libérienne à conserver et protéger ses eaux et illustre l’importance de la collaboration entre gouvernement et société civile pour l’éradication de la pêche illégale, » a déclaré le directeur des campagnes Peter Hammarstedt.

Les FAD à bord du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea ShepherdLes FAD à bord du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd

Depuis février 2017, Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en mettant à disposition un navire civil pour patrouiller dans leurs eaux, sous la direction du Ministre libérien de la Défense. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui représente jusqu’à 40% du poisson pêché dans les eaux d’Afrique de l’ouest.

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore, qui a permis l’inspection en mer de plus de 80 navires de pêche et l’arrestation de cinq chalutiers congolais de pêche INN et un palangrier espagnol. L’Opération Sola Stella permet à Sea Shepherd de poursuivre son engagement aux côtés des gouvernements nationaux et des organismes chargés de l’application de la loi pour combattre la pêche INN, tel que stipulé à travers notre Engagement volontaire pour les Océans énoncé à la Conférence des Nations Unies sur l’Océan de juin 2017.

La garde-côitère libérienne sécruise le pont du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd.: La garde-côitère libérienne sécruise le pont du F/V Panofi Fore Runner. Photo Melissa Romao/Sea Shepherd

Sea Shepherd assiste les garde-côtes libériens dans l’arrestation d’un navire cargo pour commerce illégal de poisson

Pendant la période de Noël, les garde-côtes libériens, secondés par l’équipage de Sea Shepherd, ont arrêté le Hai Feng 823, un navire cargo frigorifique de 74 mètres, battant pavillon chinois, impliqué dans des activités illégales, alors qu’il tentait de décharger une cargaison de poisson transbordé dans le port de Monrovia, en Afrique de l’Ouest.

Le transbordement, qui consiste à transférer le poisson d’un navire à un autre, est souvent réalisé en mer entre des bateaux de pêche et des cargos frigorifiques, mais parfois aussi pour brouiller l’origine des poissons pêchés illégalement par d’autres navires.

Le M/V Hai Feng 823 avait auparavant procédé à des transbordements avec deux autres navires qui ont été arrêtés : le M/V Lian Run appréhendé pour fraude fiscale et douanière par les garde-côtes libériens aidé par Sea Shepherd le 21 mars 2017, et le bateau de pêche (F/V) Seta 70, arrêté par la Garde côtière libérienne le 22 juillet 2011 pour pêche sans licence dans les eaux du Libéria. Le M/V Hai Feng 823 s’est également vu refuser l’accès au port de Las Palmas, Canaries.

L’équipage du navire Sam Simon de Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes libériens pour aborder le M/V Hai Feng 823 à l’aide des deux bateaux semi-rigides de Sea Shepherd.

Au cours de l’inspection, le capitaine du M/V Hai Feng 823 a présenté aux garde-côtes libériens un document officiel indiquant que le navire contenait 21 409 caisses de poisson.

Les garde-côtes ont néanmoins découvert, dissimulés dans un bureau, des papiers non officiels qui indiquaient qu’il y avait en réalité 25 459 caisses de poisson à bord, soit une différence de plus de 8 tonnes de poisson.

« Les navires impliqués dans des délits fiscaux et douaniers conservent souvent deux jeux de papiers à leur bord : un faux, qui est présenté aux autorités pendant les inspections et un autre, conforme au chargement, qui est transmis à l’entreprise qui gère le bateau mais pas aux autorités. Présenter de faux documents aux garde-côtes est un délit grave au Libéria« , a déclaré l’Honorable Daniel Ziankahn, ministre de la Défense nationale du Libéria.

Une lettre officielle de la Sierra Leone a également été présentée aux garde-côtes libériens, autorisant le M/V Hai Feng 823 à exporter 24 000 caisses de poisson qui avaient été prétendument transbordées dans les eaux de Sierra Leone. Cela signifie que la quantité de poisson transportée par le Hai Feng 823 dépasse l’autorisation accordée par la Sierra Leone, son dernier port d’enregistrement.

Le M/V Hai Feng 823 a été arrêté sur soupçon de mensonge à un agent de la Garde côtière du Libéria, présentation de faux documents et préméditation de fraude fiscale et douanière au Libéria.

« Les navires cargo réfrigérés sont des contributeurs majeurs à la pêche illégale car ils sont utilisés pour blanchir les prises des opérateurs illégaux. Dans ces congélateurs des mers, les prises légales peuvent être mélangées aux prises illégales et leur origine peut être impossible à déterminer. Il est plus facile de blanchir du poisson que l’argent. Dans ce combat contre la pêche illégale, il est donc important de fermer les ports aux opérateurs douteux. L’arrestation du M/V Hai Feng 823 envoie un message clair : les ports du Libéria sont interdits aux trafiquants de poisson« , explique Alistair Allan, capitaine du Sam Simon.

Opération Sola Stella : Arrestation d’un navire braconnier de requins au Libéria

Sea Shepherd vient d’assister les autorités du Libéria dans l’arrestation d’un navire braconnier de requins. Ce navire tue plusieurs centaines de milliers de requins chaque année pour extraire l’huile de leur foie, une industrie qui pourrait mener les espèces ciblées à l’extinction.

La garde-côtière libérienne, grâce au navire de Sea Shepherd, le Sam Simon a pu arrêter le Labiko 2 navire braconnier sur liste noire internationale. Cette opération permet de lever le voile sur les pratiques douteuses et largement illicites de l’industrie de l’huile de foie de requin. Après avoir été boutés hors des eaux européennes, ces propriétaires et opérateurs sans scrupules, principalement basés en Espagne, ont jeté leur dévolu sur l’Afrique occidentale.

Dans le milieu des années 1990, une flotte d’environ 50 navires de pêche de requins benthiques, détenue majoritairement par l’Espagne, a fait des ravages dans l’océan Atlantique nord-est. Pendant près de dix ans, les filets maillants de ces bateaux ont ratissé le plateau continental au large du Royaume-Uni, si bien que la population de requins de fond est tombée à 20% de ses effectifs d’origine. Les scientifiques spécialistes de la pêche estiment que la longueur cumulée des filets déployés par cette flotte à chaque passage était comprise entre 5800 et 8700 km, soit la distance entre l’Espagne et les Etats-Unis.

L’activité de la flotte de pêche, majoritairement basée en Espagne, était mal connue, peu d’informations ayant été transmises aux autorités de pêche sur les prises et les prises accessoires. L’abandon de filet en mer, à la fois par perte involontaire et par lâcher délibéré, était une pratique courante. Chaque bateau perdait environ 30 km de filets maillants à chaque sortie, qui durait de 4 à 8 semaines. Ces filets, aussi appelés « filets fantômes », peuvent continuer de tuer tout ce qu’ils « attrapent » pendant des années. Ils représentaient également 750 tonnes de déchets plastiques rejetés en mer chaque mois.

La quantité de matériel de pêche utilisée, associée à la quantité de matériel perdu, a conduit à l’effondrement des populations de requins benthiques.

Par conséquent, le Conseil international pour l’exploration de la mer a fixé le taux admissible de capture (TAC) à zéro pour les requins de l’Atlantique nord-est, interdisant de fait la capture de requins d’eaux profondes. La pêche de requins benthiques en Afrique de l’Est et en Inde a eu le même effet que dans l’Atlantique nord-est.

La découverte d’une unité de production d’huile de foie de requin à bord du Labiko 2 au Libéria démontre que les pilleurs de requins se sont tournés vers l’Afrique de l’Ouest.

Quand le Labiko 2 a été abordé par la garde-côtière libérienne avec l’assistance de Sea Shepherd, il a été rapidement établi que ce bateau n’utilisait pas de palangres, comme sa licence l’indique, mais des filets maillants de pêche en eau profonde, utilisés pour cibler des requins benthiques. Il s’avère également que ce bateau, sous son précédent nom « Maine », figurait sur la liste noire internationale de trois organismes régionaux de gestion des pêches. Pour obtenir sa licence au Libéria, le Labiko 2 avait soumis ce que l’on appelle au sein des autorités de régulation des pêches « une demande cheval de Troie », c’est-à-dire une demande pour pratiquer une autre pêche que celle qui est déclarée, pour dissimuler la destruction engendrée par leurs activités réelles.

« Les propriétaires et les opérateurs du Labiko 2 ont conspiré pour contourner les lois du Libéria, détruisant par la même occasion l’environnement marin de ce pays. Je l’ai déjà dit et je le répète, la République du Liberia n’est pas ouverte aux pilleurs« , a insisté l’honorable Brownie Samukai, Ministre de la Défense du Liberia.

Une unité de production d’huile de foie de requin se trouvait à bord du Labiko 2. D’après les documents examinés à bord, les précédentes sorties en mer avaient permis de capturer 40, 52 et 60 tonnes d’huile de foie de requin. Quarante tonnes d’huile de foie de requin correspondent à environ 53 000 requins tués. La durée moyenne d’une sortie du Labiko 2 est comprise entre 15 et 18 jours, ce qui signifie que le Labiko 2 tuait au bas mot plus de 500 000 requins par an.

« Le Labiko 2 est une catastrophe écologique flottante. La garde-côtière du Liberia et Sea Shepherd ont sauvé des centaines de milliers de requins à travers l’arrestation de ce braconnier notoire. Il incombe désormais au Liberia d’intenter une action en justice contre le Labiko 2 pour s’assurer que les populations de requins au Liberia ne subissent pas le même sort que les requins benthiques en Europe, en Afrique de l’Est et en Inde« , a alerté le directeur de la campagne Peter Hammarstedt.