La Cour d’appel pénale du deuxième arrondissement judiciaire de San José au Costa Rica a statué en faveur du capitaine Paul Watson. La Cour abandonne toutes les accusations portées contre lui, ce qui met fin à un différend juridique de 17 ans et à un mandat d’arrêt international vieux de 13 ans.

Sharkwater & Paul Watson – Sea Shepherd: Credit: Sharkwater from United Conservationists on Vimeo.

Le litige a débuté le 20 avril 2002, lorsque le navire Ocean Warrior, sous le commandement du capitaine Watson, se rendait au Costa Rica à l’invitation du gouvernement. Sea Shepherd avait été invité à signer un accord de collaboration pour la protection du sanctuaire marin de renommée mondiale des îles Cocos.

L’année précédente, Sea Shepherd avait fourni les rangers du Parc national des îles Cocos en matériel, ainsi qu’un navire afin d’arrêter et de confisquer un bateau battant pavillon équatorien, le San Jose, pour pêche illégale dans la zone protégée des îles.

En 2002, l’Ocean Warrior rencontra par hasard le navire costaricien Varadero 1, et découvrit que l’équipage pratiquait illégalement le shark finning dans les eaux territoriales du Guatemala. Le Varadero 1 ayant ignoré plusieurs demandes pour arrêter cette pratique, le capitaine Watson reçut l’autorisation des autorités navales guatémaltèques d’escorter le navire jusqu’au port le plus proche, afin qu’il soit arrêté.

À la suite de cet incident, l’équipage du Varadero 1 déposa plusieurs accusations sans fondement contre le capitaine Watson. Cela engendra une bataille juridique qui allait devenir célèbre et attirer l’attention dans le monde entier, générant une série de critiques à l’encontre du Costa Rica pour les poursuites judiciaires engagées contre l’un des militants écologistes les plus respectés au monde. L’incident fut entièrement filmé et figura dans le film Sharkwater, du regretté réalisateur canadien Rob Stewart.

Tout au long de ce différend juridique, Sea Shepherd est resté impliqué dans la protection des espèces marines de la réserve marine des îles Cocos et de la péninsule d’Osa, en particulier des diverses espèces de requins qui sont les plus vulnérables face à la pêche illégale et aux ailerons.

L’action judiciaire engagée contre le capitaine Watson a eu des répercussions sur l’offre de Sea Shepherd en matière de systèmes sophistiqués de localisation de bateau, de navires de patrouille rapide et d’équipement. Celle-ci prend fin aujourd’hui, car le gouvernement et les autorités actuels ont donné des signes clairs de soutien et d’intérêt pour faire progresser les accords de coopération avec Sea Shepherd.

Le capitaine Watson a publié la déclaration suivante, dans laquelle il loue le travail de son équipe, de son avocat Abraham Stern, du gouvernement et des citoyens du Costa Rica :

« Grâce à la détermination et à l’insistance de notre équipe de défense juridique, cette affaire appartient maintenant au passé. Je tiens à remercier le peuple du Costa Rica pour sa solidarité, l’équanimité de son gouvernement actuel, et surtout la compréhension et le soutien du ministre de l’Environnement, Carlos Manuel Rodríguez Echandi. Il est désormais temps de se tourner vers l’avenir et de reprendre les efforts de conservation que notre organisation et des milliers de personnes déploient chaque jour dans le monde entier pour défendre l’environnement.« 

« Durant toutes ces années, mon désir sincère a toujours été de protéger, avec le peuple costaricien, le magnifique sanctuaire naturel que représente l’Isla del Coco, et d’autres zones menacées du corridor marin du Pacifique tropical oriental, comme le Golfo Dulce et la péninsule d’Osa. J’espère qu’avec l’abandon des charges dirigées contre moi, nous pourrons faire de cette protection une réalité« .

Capitaine Paul Watson

Le ministre de l'Environnement du Costa Rica Carlos Manuel Rodríguez Echandi et le Capitaine Paul WatsonLe ministre de l’Environnement du Costa Rica Carlos Manuel Rodríguez Echandi et le Capitaine Paul Watson