Hier, devant le tribunal, le ministère a nié avoir décidé de quoi que ce soit.
Il ne serait qu’un simple exécutant, contraint de se plier aux exigences du fonds d’investissement propriétaire de Marineland.
Pourtant, le 15 mai, Mathieu Lefevre déclarait publiquement :
« Toutes les autorisations ont été délivrées. Le transfert est désormais possible. Tout est prêt. »
On ne peut pas annoncer publiquement que tout est prêt, puis expliquer devant la justice que personne n’a réellement décidé.
Surtout, le ministère refuse toujours de communiquer la date du transfert. Sans cette information, nous sommes empêchés de saisir la justice à temps pour tenter de le suspendre. Cette opacité n’est pas un détail administratif : elle nous prive de notre droit d’agir en justice pour défendre les animaux.
Pendant que le ministère joue sur les mots, les dauphins sont à la merci des rapports de force qui s’opèrent en coulisses. Ils risquent d’être séparés, déplacés et envoyés vers un lieu pire que tout ce qu’ils ont connu jusqu’à présent.
Dans un état de droit, une ONG comme la nôtre doit pouvoir exercer un contre-pouvoir essentiel. Aujourd’hui, nous en sommes délibérément empêchés.
Tant que toute la transparence n’aura pas été faite, ce transfert doit être suspendu.
Les dauphins de Marineland ne sont ni des dossiers administratifs ni des marchandises que l’on déplace dans le silence, au gré des intérêts d’un fonds d’investissement international.
Quand un ministère dit tout et son contraire selon l’interlocuteur, il ne crée pas seulement de la confusion. Il détruit la confiance dans l’action publique et soulève des questions démocratiques qui dépassent largement le sort de ces douze dauphins.