Antarctique — 3 avril 2026 — Au cours d’une confrontation de six heures dans les eaux fragiles de l’Antarctique, la Marine chilienne est intervenue pour défendre les opérations de pêche d’un chalutier industriel de krill exploité par Aker Qrill.
Ce parti pris suscite des questionnements sur la mobilisation des forces de l’État mises au service des profits d’une entreprise controversée au détriment des écosystèmes marins et de l’intérêt général.
La responsable de la campagne, Lamya Essemlali, déclare : « L’incident a commencé lorsque nous nous sommes approchés du chalutier géant d’Aker QRILL à bord d’un petit bateau pneumatique à coque rigide (RHIB) et avons déployé une ancre à crochet pour endommager le filet et perturber la pêche du krill, nourriture essentielle pour les baleines.
L’équipage du chalutier a réagi en utilisant des lances à incendie à haute pression pour tenter de nous repousser. Nous avons poursuivi notre intervention depuis notre navire principal, en déployant des ancres à crochet supplémentaires et en interrompant à plusieurs reprises le processus de chalutage. En conséquence, le chalutier a été contraint de remonter son filet pour inspecter les dégâts et a interrompu ses opérations de pêche pendant plusieurs heures.
Suite à cela, le navire d'Aker QRILL a lancé un appel de détresse, entrainant une intervention de la marine chilienne. Bien qu’elle n’ait aucune juridiction dans les eaux antarctiques, la marine est arrivée sur place et a déployé des canons à eau pour tenter de repousser les activistes loin du navire.
Cette intervention soulève une question cruciale : la Marine chilienne doit-elle se mobiliser pour préserver la santé des océans, ou pour défendre les opérations de pêche industrielle controversées contre toute surveillance et perturbation ?
Nous menons ces actions car les 27 nations qui font partie du système de gouvernance de l’Antarctique (CCAMLR) refusent systématiquement d’appliquer le principe de précaution à même de protéger le krill. Cette espèce est fondamentale pour l’ensemble de l’écosystème antarctique : baleines, manchots, phoques et oiseaux marins. Tous dépendent du krill.
Notre revendication est claire : la pêche au krill dans l’océan Austral doit cesser ! »
« Il ne s’agit pas seulement d’un navire ou d’une action isolée. Au-delà de ce qui s’est passé aujourd’hui, nous agissons pour interpeller l’opinion publique mondiale sur l’avenir de l’océan Austral », a déclaré Lamya Essemlali depuis les lieux. « Nous assistons à l’extraction systématique de la vie de l’un des derniers écosystèmes encore relativement préservés de la cupidité humaine, et au lieu de le protéger, les autorités chiliennes, qui n’ont pourtant aucune juridiction dans ces eaux, jugent bon d’intervenir au profit des forces mêmes qui causent sa destruction. »
Le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd , a publié une déclaration ferme condamnant cette intervention :
« La Marine chilienne a pour mission de protéger ces eaux, pas de servir de bouclier aux entreprises qui les dépouillent. Ce que nous avons vu aujourd’hui n’était pas une opération de maintien de l’ordre, mais de la complicité. Lorsque les gouvernements font passer le profit avant la préservation, il incombe aux individus d’agir. »
Les activistes sont restés non violents tout au long de l’affrontement, se concentrant uniquement sur le fait de perturber l’opération de chalutage et d’attirer l’attention sur cette crise écologique urgente.
La Marine chilienne n’a pas encore publié de communiqué officiel concernant l’incident ni clarifié le fondement juridique de son intervention.
« Alors que l’océan Austral subit une pression croissante due au changement climatique et à l’exploitation commerciale, les événements d’aujourd’hui mettent en évidence un conflit mondial grandissant : qui sont aujourd’hui ceux qui défendent véritablement les derniers espaces sauvages de la planète, et à quel prix ? », conclut Lamya Essemlali, responsable de campagne.