Marineland

DOUZE DAUPHINS DU MARINELAND : il existe encore une alternative au transfert vers l'Espagne

Publié le 8 juillet 2026

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C’est imminent, dans quelques jours, au milieu des fortes chaleurs, les douze dauphins du Marineland vont être envoyés dans des delphinariums en Espagne (bien avant la date annoncée du 30 août selon nos sources).

État des bassins des dauphins au Selwo Marina de Malaga où doivent être envoyés les dauphins du Marineland

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis le vote de la loi de 2021, rien n’a été anticipé par l’État français pour mettre en application sa propre réglementation. Aucun travail n’a été amorcé pour créer les sanctuaires à même d’accueillir les cétacés concernés par la loi et pourtant, l’État avait 5 ans. L’État savait.

Nous ne soutenons pas l’idée d’un delphinarium en France, nous refusons de sacrifier ces 12 dauphins.

Nous aurions voulu choisir entre la captivité et un sanctuaire. Aujourd’hui, cette option n’existe malheureusement pas. La question n’est donc pas de choisir entre la captivité et la liberté.

La question est de choisir entre deux captivités.

Celle qui les conduit vers des structures plus petites, plus commerciales, sans perspective.

Ou celle qui leur permet de rester en France, sous le contrôle de la loi française de 2021 avec une sortie possible vers des sanctuaires. 

Dans ce contexte particulier, nous avons travaillé avec le Zooparc de Beauval à l’élaboration d’un protocole d’accord qui garantit que l’avenir de chaque dauphin sera évalué individuellement, dans son intérêt, au regard des connaissances scientifiques et des solutions qui existeront à l’avenir et des places disponibles en sanctuaires.

Ça n’est pas la solution que nous espérions quand la loi de 2021 a été votée, mais c’est celle qui protège aujourd’hui le mieux les dauphins. 

Si on sort du contexte strictement français, l’industrie de la captivité des cétacés en Europe traverse une crise sans précédent et dans les années à venir, de nombreux dauphins captifs en Europe vont être envoyés vers des delphinariums en Asie ou au Moyen-Orient. Loin d’être améliorées, leurs conditions de vie seront bien pires et sans aucune issue possible vers un sanctuaire.

« Il nous parait essentiel que l’Europe anticipe, là où la France n’a pas su le faire. Et si nous sommes convaincus que les sanctuaires sont une solution d’avenir, nous refusons que les dauphins européens soient sacrifiés »

Lamya Essemlali

Présidente de Sea Shepherd France

Des recours en justice ont été intentés contre Beauval et retardent le début des travaux. Or, le fait que les travaux n’aient toujours pas débutés est évoqué par la Direction de Parques Reunidos comme un argument phare pour les transférer en Espagne.

Même si ces recours n’aboutissent pas, le temps qu’ils font perdre pourrait suffire à condamner les dauphins du Marineland à un départ vers l’Espagne.

C’est tragique.

Spectacle de dauphins au Marineland d'Antibes

Nous rendrons public le protocole d’accord qui sera prochainement signé avec Beauval et nous mettons tout en œuvre pour que les dauphins ne soient pas envoyés en Espagne.

En parallèle, nous avons mobilisé toute une équipe qui travaille activement à l’établissement de sanctuaires en Europe pour les dauphins et pour les orques Wikie et Keijo, avec cette fois on l’espère, moins d’inertie de la part de l’État.

Voici les points d’accord principaux du protocole :

- Fin de la reproduction à des fins commerciales

- Fin des spectacles

- Pas de chlore dans les bassins, enrichissement du milieu avec des éléments naturels (algues, poissons vivants…)

- Pas de transfert vers des delphinariums qui n’apportent pas les mêmes conditions d’accueil

- Accompagnement des projets de sanctuaire par le biais d’un partage d’expertise

- Transferts possibles vers les sanctuaires pour les dauphins captifs

- Comité de suivi indépendant avec présence d’associations

- Transparence et indépendance totale de la communication des associations présentes au Comité de suivi.

Pour la première fois, un établissement zoologique accepte de formaliser par écrit des engagements qui dépassent les standards habituels des delphinariums, sous le regard d’associations indépendantes.

Il y a en Europe des dizaines de dauphins captifs, plusieurs centaines dans le monde.

Les sanctuaires ne pourront probablement jamais être la solution pour chacun d’entre eux. Il ne s’agit pas de renoncer aux sanctuaires, il s’agit de reconnaitre une réalité biologique et logistique. Nous devons élargir le prisme de notre conscience et de notre empathie au-delà des frontières françaises et ne pas condamner des centaines de dauphins à terminer leurs jours dans les pires conditions de vie qui soient, au prétexte que cela n’est pas sur notre territoire.

Certains de ces animaux pourront un jour rejoindre un sanctuaire si leur état et les infrastructures le permettent mais d’autres auront la possibilité de vivre dans une structure améliorée. En ce sens, le protocole que nous avons négocié avec Beauval marque une rupture avec les pratiques traditionnelles des delphinariums.

« Nous entendons les critiques de certains sur le projet de Beauval, mais selon moi, le devoir moral consiste à choisir la solution qui réduit le plus la souffrance des animaux dans le monde réel, pas dans un monde idéal.

La question est désormais la suivante :  Allons-nous simplement exporter notre problème vers des delphinariums étrangers ? Ou allons-nous enfin assumer la responsabilité morale qui découle de la loi de 2021 ? »

Lamya Essemlali

Présidente de Sea Shepherd France

Dans quelques jours la France fera un choix politique qui dira beaucoup de notre époque.

Ces douze dauphins peuvent encore devenir les premiers cétacés captifs européens à bénéficier d’un véritable parcours vers un sanctuaire et de conditions de vie améliorées par rapport à tout ce qu’ils ont connu jusqu’à présent.

Ou ils peuvent devenir les derniers sacrifiés d’une transition que nous n’avons pas su préparer.

Dans quelques jours, l’État français ne choisira pas seulement le destin de 12 dauphins. Il dira aussi si la loi de 2021 était le début d’une véritable révolution éthique… ou une promesse que la France n’aura pas su tenir.

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