Dans une lettre ouverte adressée au ministre, Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France, met en lumière les coulisses du dossier Marineland et les motivations réelles derrière les récentes décisions de l'État français sur le sort de Wikie, Keijo et des 12 dauphins.
En tant que citoyen(ne)s français(e)s, nous vous invitons à poser vous aussi, les questions qui mettent le ministre face à ses incohérences.
Pour ce faire, cliquez ici et laissez vous guider.
Retrouvez les questions dans la lettre ouverte ci-dessous:
Monsieur le Ministre,
Le 15 mai dernier, vous avez annoncé votre volonté de permettre le transfert de Wikie, Keijo et des douze dauphins du Marineland d’Antibes vers des delphinariums espagnols, au nom de l’urgence et du bien-être animal.
Parce qu’il s’agit d’animaux dont la France a décidé de mettre fin à l’exploitation en captivité, les citoyens sont en droit d’obtenir des réponses claires aux questions suivantes.
Vous affirmez que les bassins des orques sont dans un état de délabrement avancé, à un point tel que cela justifie le transfert urgent des animaux.
Pouvez-vous rendre publique l’expertise structurelle ou géotechnique indépendante démontrant l’existence d’un risque imminent pour les animaux ?
Pourquoi l’argument de l’urgence repose-t-il principalement sur une expertise vétérinaire plutôt que sur une expertise technique des ouvrages ?
Comment expliquez-vous que ces installations, qui n’ont jamais été aussi bien entretenues ces dernières décennies avec des travaux de maintenance quasi quotidiens depuis un an, représentent soudainement un péril imminent justifiant un transfert immédiat ?
Par ailleurs, les problèmes évoqués concernent essentiellement les bassins des orques.
Les bassins des dauphins étant reconnus comme fonctionnels et en bon état, qu’est-ce qui justifie le transfert en urgence des douze dauphins ?
Comment le gouvernement peut-il affirmer agir au nom du bien-être animal lorsque la solution proposée implique pour eux :
un transport particulièrement stressant et non nécessaire
un transfert vers des bassins plus petits et plus vétustes que ceux du Marineland
la séparation de groupes sociaux stables constitués depuis de nombreuses années
la poursuite de spectacles commerciaux
et leur intégration à des programmes de reproduction
En quoi cette situation représenterait-elle une amélioration de leur bien-être ?
Pourquoi l’avis des soigneurs et des professionnels qui vivent quotidiennement auprès de Wikie, Keijo et des douze dauphins n'est-il pas entendu dans les décisions envisagées ?
Comment prétendre agir dans l’intérêt supérieur de ces animaux sans écouter celles et ceux qui les connaissent le mieux, les accompagnent chaque jour depuis des années et alertent sur les risques que ces transferts font peser sur leur bien-être ?
Monsieur le Ministre, pourquoi ne mentionnez-vous jamais les intérêts économiques du groupe Parques Reunidos, propriétaire du Marineland ?
Depuis la fermeture du parc, ce groupe souhaite récupérer rapidement la pleine maîtrise des terrains afin de développer d’autres projets commerciaux. La volonté de libérer le site au plus vite n’est-elle pas également motivée par des considérations financières ?
Cette pression économique a-t-elle été prise en compte dans votre décision ?
Vous invoquez également la mort de deux orques au Marineland pour justifier leur départ.
Pourquoi ne rappelez-vous pas qu’à Loro Parque, destination envisagée pour Wikie et Keijo, quatre orques sont mortes en à peine trois ans ?
Pourquoi ne mentionnez-vous pas les nombreux épisodes d’agressions entre orques documentés au sein de cette structure, les blessures observées et les situations de stress chronique régulièrement dénoncées par des spécialistes du bien-être animal ?
Comment garantir la sécurité de Wikie et Keijo dans des bassins plus petits que ceux du Marineland et au sein d'un groupe où les tensions dues à la promiscuité sont déjà alarmantes ?
Comment expliquez-vous la modification de la classification CITES/CIC de Wikie intervenue dans ce dossier ?
Cette modification n’a-t-elle pas eu pour effet de contourner l’avis défavorable rendu par les autorités scientifiques espagnoles, qui s’étaient opposées au transfert des animaux en Espagne pour des motifs liés à leur bien-être ?
Pourquoi avoir cherché à lever cet obstacle administratif plutôt qu’à répondre aux préoccupations scientifiques exprimées concernant les conséquences de ce transfert sur les animaux ?
Enfin, lors de l’adoption de la loi de 2021 mettant fin à la captivité des cétacés, le gouvernement et les parlementaires avaient évoqué la création de sanctuaires comme solution d’avenir pour les animaux concernés.
Cinq ans plus tard :
Pourquoi aucun sanctuaire n’a-t-il été concrètement mis en œuvre ?
Pourquoi les solutions proposées par les associations et les porteurs de projets ont-elles été écartées sans alternative crédible ?
Pourquoi la seule option présentée aujourd’hui consiste-t-elle à transférer ces animaux vers d’autres structures commerciales pratiquant encore la captivité, les spectacles et la reproduction ?
La France a eu le courage d’interdire la captivité des cétacés. Aura-t-elle le courage d’en assumer les conséquences ?
Les Français n’ont pas voté pour exporter l'exploitation commerciale des cétacés nés en France, ils ont voté pour y mettre fin.
L’État est sur le point de provoquer une dégradation des conditions de vie des cétacés "français" au motif de mettre en application une loi censée améliorer leur bien-être.
Cette aberration est le résultat d'une énorme inertie politique française et de la pression économique du groupe Parques Reunidos face à laquelle le gouvernement actuel est en train de plier.
Nous invitons tous les citoyens attachés à la transparence, à l’éthique et au bien-être animal à poser publiquement ces questions au gouvernement avant toute décision irréversible concernant Wikie, Keijo et les douze dauphins du Marineland.
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