Notre combat pour les baleines en Antarctique
Début 2026, nous sommes retournés dans l’océan Austral pour mettre fin à la pêche au krill en Antarctique. Le krill (Euphausia superba), un petit crustacé, est à la base de l’ensemble de la chaîne alimentaire en Antarctique, servant de nourriture aux poissons, aux phoques, aux manchots et aux baleines.
La faune de l’océan Austral est menacée. L’industrie de la pêche au krill connaît une expansion rapide. La Norvège et la Chine enverront chacune un super-chalutier supplémentaire en Antarctique pour la prochaine saison de pêche. Cette année, pour la deuxième fois seulement de l’histoire, la pêche a dû être interrompue autour de la péninsule antarctique après seulement neuf mois. En conséquence, pour la première fois depuis les années 1990, les pêcheries prévoient de pratiquer la pêche au chalut à grande échelle en Antarctique oriental l’année prochaine.
C’est pourquoi nous retournerons l’année prochaine en Antarctique pour défendre le krill contre les super-chalutiers ! Rejoignez-nous !
Nous mettrons fin à la pêche au krill en Antarctique !
La pêche au krill prive les baleines de l’Antarctique de leur nourriture
Plusieurs décennies après que Sea Shepherd a contribué à mettre fin à la chasse à la baleine en Antarctique, toutes les espèces de baleines autrefois chassées peinent encore à se reconstituer et figurent sur la Liste rouge de l’UICN. Des espèces telles que les baleines bleues, les rorquals communs et les baleines à bosse migrent vers l’océan Austral en été pour se nourrir avant de poursuivre leur migration vers leurs zones de reproduction. Se nourrir du krill abondant en Antarctique est indispensable pour qu’elles restent en bonne santé et puissent se reproduire.
Mais ces espèces sont désormais menacées par la concurrence alimentaire que leur font les chalutiers de krill opérant dans leurs zones d’alimentation. La pêche dans ces zones d’alimentation hautement productives et cruciales a considérablement augmenté en 2025, car une mesure de conservation importante, destinée à répartir le quota de capture de krill entre différentes sous-zones, a expiré. Cela illustre l’échec croissant de l’organisme de gestion des pêches en Antarctique, la CCAMLR.
À l’heure actuelle, aucune restriction n’empêche les chalutiers de pêcher, même dans les zones où les baleines se nourrissent, et il n’existe aucune autre règle d’éloignement qui obligerait les navires de pêche à se déplacer vers une autre zone dès qu’une espèce figurant sur la Liste rouge est repérée à proximité.
Campagne « Krill Wars » en 2026
En 2026, la Fondation Captain Paul Watson a envoyé son navire, le Bandero, en Antarctique pour s’opposer à l’industrie de la pêche au krill et empêcher les navires de pratiquer le chalutage. Pendant plusieurs jours, ses membres ont déployé des ancres métalliques pour déchirer les filets des navires de pêche, les dissuadant ainsi de pêcher pendant plusieurs heures. Après le deuxième jour d’actions, les navires ont remonté leurs filets et ont quitté les zones de pêche autour de la péninsule antarctique.
Un premier succès
Le commerce juteux de la pêche au krill
La pêche au krill en Antarctique existe depuis les années 1970. Historiquement, l’Union soviétique représentait la majeure partie des prises ; ainsi, le volume total de krill pêché a fortement diminué lors de l’effondrement de l’Union soviétique.
Ces dernières années, l’industrie du krill a connu une période d’expansion rapide. Cette croissance est alimentée par l’essor massif de l’aquaculture à l’échelle mondiale et par la demande croissante en huile de poisson riche en oméga-3. L’huile de krill, riche en oméga-3, est également commercialisée comme complément alimentaire pour les humains et les animaux de compagnie.
Aujourd’hui, le conglomérat norvégien Aker représente plus de la moitié des prises annuelles, suivi par les navires chinois. Aker ASA est une société d’investissement norvégienne qui est également la deuxième plus grande compagnie pétrolière du pays. En 2003, Aker s’est lancée dans la pêche au krill antarctique et exploite désormais ses navires de pêche sous le nom d’Aker QRILL. Cette même société transforme le krill antarctique en aliments pour l’aquaculture, principalement destinés aux élevages de saumon du monde entier. Une autre partie des prises de krill antarctique est utilisée par Aker BioMarine pour produire des compléments alimentaires à base d’oméga-3 destinés aux humains et aux animaux de compagnie.
Aker étant le leader du secteur, Sea Shepherd France cible principalement cette entreprise.
La pêche au krill antarctique est-elle autorisée ?
Dans le cadre du système du Traité sur l’Antarctique, un groupe de 26 États et l’Union européenne se réunissent chaque année pour prendre des décisions de gestion concernant la pêche au krill. Cette organisation régionale de gestion des pêches s’appelle la CCAMLR (Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique).
La CCAMLR détermine les quotas de pêche dans chaque zone de l’Antarctique et peut également désigner des aires marines protégées. Cependant, la CCAMLR fonctionne par consensus, ce qui signifie que les 27 membres doivent tous être d’accord pour qu’une décision soit mise en œuvre.
En ce qui concerne les zones marines protégées, la Chine et la Russie bloquent depuis huit ans la création d’une nouvelle zone marine protégée autour de la péninsule antarctique. De même, les membres de la CCAMLR n’ont pas accepté de répartir les captures de krill entre différentes sous-zones autour de la péninsule. En conséquence, les captures se sont extrêmement concentrées dans les mêmes zones dont les baleines et autres animaux marins ont besoin pour se nourrir.
La nécessité d’un consensus empêche actuellement la prise de décisions en faveur de la conservation de la faune sauvage et des écosystèmes.
Manque de données
La CCAMLR dispose d’un comité scientifique, mais les campagnes d’étude en Antarctique sont coûteuses et les données sont souvent incomplètes. L’estimation de la population de krill antarctique repose uniquement sur deux campagnes d’étude à grande échelle, menées en 2001 et 2019. De nombreux spécialistes du krill s’accordent à dire que ces estimations de population, sur lesquelles se fonde le quota de pêche autorisé, ne sont pas très fiables.
De plus, bien que les baleines à fanons soient les principaux consommateurs de krill antarctique, aux côtés des poissons, leurs besoins alimentaires ne sont pas pris en compte dans le programme de surveillance environnementale de la CCAMLR, le CEMP. Ce programme a été élaboré à une époque où il y avait peu de baleines en Antarctique, car leurs populations avaient été décimées par la chasse à la baleine, et il doit être modifié de toute urgence.
Que pouvez-vous faire ?
N’achetez pas de compléments alimentaires oméga-3 contenant du krill antarctique, que ce soit pour vous ou pour vos animaux de compagnie. La plupart des saumons d’élevage vendus dans les supermarchés français ont également été nourris au krill antarctique.
En raison des nombreux problèmes environnementaux liés à l’aquaculture, allant du manque de bien-être des poissons à la pollution de l’environnement, nous déconseillons la consommation de poissons issus de l’aquaculture.
Restez à l’écoute pour rejoindre notre campagne visant à pousser les supermarchés français à retirer de leurs rayons le saumon nourri au krill et les compléments alimentaires à base de krill !
Sur le même sujet
Voir toutes les actualités
Baleine
Antarctique : Lamya Essemlali dénonce la pêche au krill et l’intervention de la marine chilienne
Baleine
L'ÉQUIPAGE DU BANDERO INTERROMPT PENDANT PLUSIEURS HEURES LA PÊCHE CONTROVERSÉE DU GÉANT NORVÉGIEN AKER QRILL
Baleine
UN NAVIRE DE PAUL WATSON INTERVIENT EN ANTARCTIQUE CONTRE DES CHALUTIERS GÉANTS DE L’ENTREPRISE AKER QRILL