Appel à la mobilisation

Vous avez le pouvoir de stopper le Grind.

Chaque année, des milliers de dauphins sont massacrés aux îles Féroé. Et chaque année, nous sommes sur place pour documenter ces massacres et alerter l’opinion publique. Depuis 30 ans, des centaines de pétitions ont été lancées sans succès.

Aujourd’hui, vous avez le pouvoir de faire fléchir les îles Féroé en touchant à la plus puissante de leurs industries : la pêche. Les produits issus de la pêche, incluant le saumon d’élevage, représentent plus de 95 % du total des exportations et environ 20 % du PIB de l’archipel.

Le saviez-vous ? Il est courant de trouver du poisson originaire des îles Féroé en France. Les plus grandes enseignes proposent du poisson féroïen à la vente, mais aussi de très nombreuses poissonneries et épiceries indépendantes ou sites spécialisés en ligne.Parfois, ce sont via des marques bien connues comme Findus, et parfois ce sont via les marques distributeurs comme Leclerc ou Carrefour.

Commercialiser du poisson féroïen revient à soutenir l’économie de l’archipel et par extension à cautionner (même involontairement) ces massacres.

Ensemble, exigeons la fin du Grind aux îles Féroé. Avec le #StopTheGrind, identifions les distributeurs concernés et demandons-leur de condamner ces pratiques en appelant au boycott de ces produits. Identifiez les marques et/ou les enseignes et appelons au boycott de ces produits. Aidez-nous à identifier les distributeurs et mettons-les face à leurs responsabilités.

Comment faire :

Vous trouvez du poisson originaire des îles Féroé en faisant vos courses en ligne ou en magasin ?

1- Partagez la photo du produit concerné

2- Identifiez l’enseigne/la marque en la taguant en Story ou dans une publication

3- Taguez Sea Shepherd France afin de pouvoir repartager et enregistrer votre signalement

4- Ajoutez le #StopTheGrind

À noter : vous ne souhaitez pas publier de photo sur vos réseaux, partagez votre signalement par mail à contact@seashepherd.fr avec les informations mentionnées ci-dessus.
Vous ne trouvez pas l’origine du produit ? Rendez-vous à l’accueil de votre magasin ou demandez à un responsable de rayon. Il est obligatoire de mentionner la zone de pêche ou le pays d’élevage pour les produits non transformés et certains produits transformés de la pêche et de l’aquaculture.
« En ce qui concerne les produits pêchés dans l’Atlantique nord-est […], le nom de la sous-zone ou de la division doit être indiqué, ainsi qu’un nom facile à comprendre pour les consommateurs, une carte ou un pictogramme ». (Extrait du guide de poche des nouvelles étiquettes de l’Union européenne apposée sur les produits de la pêche et de l’aquaculture à l’intention des consommateurs)
Les autorités féroïennes ont fait part de leurs craintes suite au Grind qui a ôté la vie à 1428 dauphins en septembre dernier. Le Premier ministre des Féroé avait déclaré à ce sujet « Nous pensions que la protestation retomberait au fil des jours, mais il semble que ce ne soit pas le cas. »
Maintenons la pression et montrons qu’elle ne retombera pas tant qu’ils ne renonceront pas au Grind.
#StopTheGrind

MAYOTTE : la lutte contre le braconnage des tortues est une affaire sérieuse

Suite à notre récente publication, de nombreux messages très agressifs refaisant complètement l’histoire ont été publiés sur nos pages. Nous avons fait le choix de les supprimer, car répondre point par point à ces messages à mille lieues des réalités aurait nécessité de mobiliser une équipe entière et nous n’avons ni le temps ni l’envie de le faire. Il n’était pas non plus question de laisser ces messages sans réponse ce qui pourrait laisser penser qu’ils contiennent un fond de vérité. Nous avons donc préféré faire une réponse globale en une fois, pour chacun·e. Voilà qui est chose faite.

On se doutait bien en publiant les images du charnier de tortues à Saziley que cela allait faire grincer des dents du côté des Naturalistes censés « protéger » cette plage ainsi que les plages de Magicavo 2/3/4.

Contrairement à ce que prétendent les Naturalistes dans « Le Journal de Mayotte » qui reprend leurs accusations sans aucune vérification, nous n’avons jamais insinué que les braconniers auraient eux-mêmes placé ces ossements à cet endroit, cette simple idée est ridicule. Il va de soi que c’est le fait des Naturalistes. On connait un peu trop le modus operandi des braconniers pour savoir qu’ils ne procèdent pas ainsi lorsqu’ils veulent camoufler les cadavres. Une simple lecture de notre publication aurait permis à la journaliste du Journal de Mayotte de se rendre compte qu’il y a eu un détournement éhonté de nos propos.  

Il est évident également que nous n’apprenons rien aux Naturalistes en dévoilant ce charnier puisqu’ils l’ont eux-mêmes constitué, et contrairement à ce qu’ils disent, pas uniquement avec des ossements de plusieurs années, il y avait au moins 3 carapaces de tortues fraîchement braconnées (dans le mois écoulé), une à proximité directe du tas d’ossements et deux autres à une centaine de mètres dans la forêt. Ces carapaces ne sont pas marquées, elles n’ont pas été répertoriées et les Naturalistes n’en font étrangement aucune mention dans leur réponse à notre publication. Pourquoi ?  Deux autres tortues ont été retrouvées fraîchement braconnées le 18 septembre par nos correspondants sur place (photo xx), elles avaient été tuées quelques jours auparavant sur la plage de Magicavo 3, censée être protégée par les Naturalistes. Là encore, les carapaces ont ensuite disparu.

Les Naturalistes ne peuvent pas ignorer l’existence de ces récents braconnages. Par ailleurs, nous avons conscience que les cadavres frais que nous retrouvons ne sont qu’une petite partie du nombre de tortues réellement braconnées. Combien sont-elles en réalité ?  

UNE SOUS ESTIMATION CHRONIQUE DU BRACONNAGE

En plus de passer sous silence les récents cadavres, les Naturalistes s’en réfèrent au REMMAT pour estimer le nombre de tortues tuées or, il est avéré depuis longtemps que le REMMAT sous-estime très largement le nombre de tortues tuées du fait de sorties de comptage trop espacées dans le temps et en raison de la propension croissante chez les braconniers à camoufler les cadavres ou à les emmener en pirogue. Désormais et de plus en plus, les braconniers emmènent les tortues en kwassas (barques de migrants) vers Anjouan, où ils les maintiennent parfois en vie plusieurs jours avant de les tuer, ils les emmènent également dans les coffres de voiture ou les camouflent dans la forêt.

Les grandes marées effacent également les traces de braconnages et nettoient la plage des carapaces.  Le REMMAT affirme inspecter la plage de Papani deux fois par mois alors qu’il s’agit du plus gros spot de braconnage de Petite Terre. À l’heure où nous écrivons cet article, nos équipes rentrent d’une patrouille la nuit dernière où ils ont fait fuir 3 braconniers sur Papani. Deux autres tortues ont été tuées sur cette seule plage en l’espace d’une semaine dont une alors que nous étions contraints de couvrir l’absence des gardiens du Conseil départemental sur la plage de Moya. Tout ceci est inadmissible. 

On ne peut donc pas se fier aux chiffres du REMMAT pour avoir une estimation fiable du braconnage. Les milliers d’heures que nous passons sur les plages depuis 5 ans nous permettent d’arriver à une estimation du braconnage bien plus élevée. 

À titre d’exemple, en 2019, le REMMAT estimait que le nombre de tortues braconnées sur Moya était de 3 dans l’année. Lors de notre présence sur l’île, nous repoussons des dizaines de tentatives de braconnage sur cette seule plage en l’espace de 4 mois. La différence est abyssale. 

TOURISTES OU PROTECTEURS DES TORTUES : IL FAUT CHOISIR

Pour en revenir aux Naturalistes, le problème que nous rencontrons ici est que la lutte contre le braconnage n’est pas un travail qui se fait en parallèle d’excursions touristiques. Les Naturalistes font payer des touristes pour bivouaquer sur Saziley, ils affirment disposer de 168 bénévoles, mais il s’agit là de touristes qui ont payé pour une prestation de bivouac. Il ne s’agit pas de passer de longues heures dans le noir, sans faire de bruit, à attendre sans se faire voir de la tortue que cette dernière reparte en toute sécurité à la mer, ce qui peut parfois s’éterniser jusqu’au petit matin et qui nécessite une attention de chaque instant et une bonne connaissance du modus operandi des braconniers. Et recommencer, nuit après nuit. Être prêt à intervenir si des braconniers arrivent pour découper une tortue vivante… tout cela n’a rien d’une expédition touristique.

Ali Mohammed, Président de l’ASVM qui patrouille régulièrement avec nous a été agressé il y a deux ans alors qu’il accompagnait un bivouac des Naturalistes. Il a bien failli y laisser la vie. Et pour cause, le groupe était un groupe de touristes, amené par les Naturalistes non aguerris à la lutte contre le braconnage. Les naturalistes et ceux qui les accompagnent viennent se placer « au cul des tortues » pour observer la ponte. Une fois la ponte terminée, tout le monde va se coucher. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des actes de braconnage ont déjà eu lieu alors même que Naturalistes et touristes étaient présents. 

Il n’y a aucun mal à faire uniquement du tourisme et nous n’avons aucun jugement à porter là-dessus dès lors que cela est fait dans le respect des tortues et de manière non invasive (ce qui est parfois discutable). En revanche, il est primordial de ne pas faire croire que les bivouacs les week-ends ont une quelconque influence sur le braconnage.  

Les partisans des naturalistes, offusqués par nos propos, se sont relayés sur nos pages nous demandant comment nous mesurons nos propres résultats sur l’île, « nous qui ne sommes là que quelques semaines ». Hors covid nous assurons 4 mois de présence dans l’année avec des patrouilles toutes les nuits. À ce jour, nous comptabilisons plus de 1500 patrouilles et environ 20 000 heures de présence éveillée et aux aguets, sur les plages. Nous sommes les seuls à faire cela, avec les bénévoles locaux de l’ASVM. Au cours de ces missions, nous faisons fuir des braconniers à de multiples reprises et on voit bien au cours du temps que leurs tentatives s’espacent. La gendarmerie locale stipule qu’il y a une baisse notable du braconnage en notre présence et que malheureusement, quelques semaines après notre départ, les chiffres repartent à la hausse. Nous sommes efficaces parce que notre seule et unique mission est de protéger les tortues. La lutte contre le braconnage, surtout avec des hommes armés de machettes, est une affaire bien trop sérieuse pour être menée en parallèle d’un objectif prioritaire : l’excursion touristique.  

Après avoir touché des dizaines de milliers d’euros de subventions publiques, les Naturalistes continuent à faire des appels aux dons pour prétendument défendre les tortues du braconnage alors qu’ils avouent eux-mêmes avoir peur des braconniers. Ça n’est pas sérieux.  

Depuis 5 ans, les patrouilles que nous menons chaque nuit de notre présence sur l’île du crépuscule à l’aube, avec une attention pleine et entière de tous les instants, en privilégiant les plages à risques et en faisant signer aux bénévoles qui nous rejoignent une attestation stipulant qu’ils ont conscience des risques potentiels. Quelle comparaison possible avec des naturalistes qui amènent des touristes bivouaquer sur la plage pour observer les pontes ? Aucune. La lutte contre le braconnage ne s’improvise pas, elle nécessite du courage, de la patience, de la discrétion et surtout elle exige que l’on y soit pleinement dédié. Pour résumer :  

Les Naturalistes et leurs bivouacs de touristes permettent-ils de dissuader les braconniers ?  

– NON, d’une part ils ne sont présents que les week-ends et d’autre part, les braconniers se déplacent aisément sur les plages avoisinantes quand ils ne décident pas tout bonnement de passer à l’acte une fois les touristes endormis.  

Les Naturalistes permettent-ils de sensibiliser les gens au sort des tortues ?

– Peut-être, mais c’est difficilement quantifiable et surtout avec quelles répercussions réelles pour les tortues qui meurent par centaines sur les plages de Mayotte ? 

Est-il normal que les Naturalistes touchent des financements publics pour leur présence sur les plages ?

– NON, les Naturalistes sont des prestataires de services. Ils font payer les touristes pour bivouaquer. Ce ne sont pas des agents de lutte contre le braconnage et en se présentant comme tels, ils sont dans l’usurpation.   

Le fond du problème est que faire croire que l’on fait quand on ne fait pas est pire que de ne rien faire. Les premières victimes de cette illusion sont les tortues. 

Un mépris insupportable envers les locaux qui se battent dans l’ombre et sans un sou.

Il n’y a ni haine ni ressentiment personnel dans nos propos contrairement à ce dont nous sommes accusés. Juste un profond sentiment d’injustice pour ceux qui se démènent sur place et à qui on ne reconnaît rien, si les Naturalistes peuvent aujourd’hui bivouaquer et vendre leurs excursions aux touristes, c’est bien parce que les bénévoles de l’ASVM (pour la plupart des Comoriens qui vivent dans une grande précarité) ont permis de rétablir un minimum de quiétude sur cette zone de l’île qui était devenue un véritable coupe-gorge, théâtre de nombreuses agressions et de viols. Le mépris avec lequel les bénévoles de l’ASVM sont traités d’une manière globale est révoltant et empreint de relents néocolonialistes choquants. Comble de l’irrespect, Ali Mohammed, président de l’ASVM qui a toujours vécu à Saziley, qui a défendu cette réserve au péril de sa vie est désormais sommé de demander aux Naturalistes l’autorisation de bivouaquer avec les enfants locaux. Autorisation que les Naturalistes lui ont déjà refusée. Les Naturalistes se sont approprié une réserve qui ne leur appartient pas, pour laquelle ils n’ont pas de légitimité et en tant que prestataires touristiques, ils ont obtenu la primeur du bivouac pour leurs clients tout en se permettant de refuser l’accès à des enfants locaux. Cette situation est insupportable.  Précisons que nous ne prêchons aucunement pour notre paroisse, nous demandons pas des fonds publics pour notre compte. Nous n’avons également rien à prouver. Sea Shepherd n’a pas besoin d’exister à Mayotte pour exister tout court. Nous avons 40 ans de lutte contre le braconnage à notre actif à l’échelle internationale et si le braconnage à Mayotte pouvait être résolu sans notre contribution, nous en serions les plus heureux. Nous nous serions également bien passés de ces conflits chronophages et énergivores. Mais il est absolument insupportable de voir des locaux comme les bénévoles de l’ASVM se démener pour lutter contre le braconnage, avec une réelle connaissance du modus operandi des braconniers, être traités comme des citoyens de seconde zone, ce dont ils se plaignent régulièrement auprès de nous et ce dont nous avons malheureusement pu attester sur place. Contrairement à ce que disent certains, Sea Shepherd ne souhaite pas faire bande à part, nous travaillons en collaboration avec l’ASVM depuis notre arrivée. Étrangement, ces gens-là ne semblent pas compter. À nos yeux, ils sont les seuls qui ont jusqu’ici démontré du courage et de la volonté nécessaires à patrouiller efficacement sur les plages.  

Recours contre l’État pour carence dans la protection des tortues

Un recours contre le ministère de la Transition écologique et le conseil départemental de Mayotte a été déposé par Sea Shepherd, pour que leur carence dans la protection des tortues soit reconnue et que la question de l’utilisation des fonds publics sera discutée devant le juge.

De très importants fonds publics ont été investis à Mayotte pour prétendument lutter contre le braconnage que ce soit pour financer les gardiens du conseil départemental éternellement absents au poste ou des associations qui si elles font un travail de sensibilisation que personne ne nie, ne sauraient en aucun cas prétendre faire de l’anti-braconnage de terrain, ce qui est pourtant l’urgence absolue. L’absence d’amélioration est symptomatique du manque d’effectivité de normes de protection qui existent pourtant, il faut que cela cesse et qu’il n’y ait plus de place pour la pseudo-protection de surface qui tente vainement de sauver les apparences. L’anti-braconnage est une affaire sérieuse et l’État a une responsabilité envers les tortues et envers les concitoyens dont ils dilapident les fonds publics selon des critères qu’il serait pertinent de discuter. 

Un rapport global récapitulant les 5 dernières années de nos missions à Mayotte paraîtra au cours de l’hiver, avec les chiffres, les faits, les nettoyages. Ces rapports extrêmement chronophages ont pris beaucoup de retard, car nos différentes missions s’enchaînent sans répit, mais on sent bien qu’ils seront utiles à tout le monde, notamment à ceux qui se sentant offensés par nos propos en viennent à réduire notre engagement sur place à quelques semaines de présence, ce qui démontre bien la profonde méconnaissance de cette mission sur laquelle nous communiquons tout de même chaque année.