Ours tué en Ariège : Où en sommes-nous un an après la récompense de 50 000 € initiée par Sea Shepherd ?

Trois ours auront été tués par l’Homme dans les Pyrénées en 2020. Le premier sur le versant catalan espagnol en avril, le deuxième sur le versant français en Ariège à peine quelques semaines plus tard début juin, et le troisième le 29 novembre dans la province espagnole de Huesca.

Rappel des faits côté espagnol : En avril 2020, les équipes du Conseil Général du Val D’Aran retrouvent le jeune ours Cachou né en 2015, mort au fond d’un ravin de 40 mètres. L’enquête surprend alors dès le début par la demande inédite du juge qui réclame le secret de l’instruction, une première dans une enquête sur la mort d’un animal. Quelques semaines plus tard, la presse espagnole confirme l’empoisonnement de Cachou à l’éthylène glycol. Les journaux annoncent en parallèle l’interpellation d’un agent de l’environnement du Conseil Général d’Aran. Le fonctionnaire faisait partie de l’équipe de surveillance chargée de la sécurité des ours dans la région. L’enquête prend rapidement une autre tournure. D’autres suspects étant impliqués dans l’empoisonnement de l’ours, ces derniers sont mis sur écoute par la police locale qui découvre l’existence d’un trafic de drogue colombien. Douze personnes seront arrêtées, parmi lesquelles un garde forestier et le maire d’un village de la région.

L’enquête sur l’empoisonnement de Cachou se poursuit. En mars dernier, la Dépêche indiquait dans un article : « Selon nos confrères des médias espagnols, les deux principaux suspects dans l’empoisonnement de l’animal sont un agent environnemental du Conseil Général d’Aran, ainsi qu’un homme qui fut conseiller de territoire au gouvernement aranais entre 2015 et 2019. Un comble : le premier participait au programme de suivi de l’ours, tandis que le second avait en charge la gestion des fonds européens pour la repopulation de l’ours des Pyrénées ». (article disponible ici : Mort de l’ours Cachou en Espagne : l’enquête révèle un trafic de cocaïne – ladepeche.fr)

Rappel des faits côté français : un jeune ours est découvert abattu à Ustou en Ariège en juin dernier. Transporté à l’école vétérinaire de Toulouse, l’autopsie confirmera ce que nous savions déjà : le caractère criminel de sa mort. Il y a un an, face à la gravité d’un tel crime et connaissant très bien la complexité de ce type d’affaire pour lutter contre le braconnage depuis plus de 40 ans, nous avions lancé une récompense de 10 000€ pour toute personne permettant aux autorités d’arrêter le ou les responsables de la mort du jeune ours. Quelques jours plus tard, des dons spontanés de particuliers français et étrangers s’y associaient. Du jamais vu. La cagnotte passait de 15 000€ à 20 000€, 35 000€ puis 45 000€ pour atteindre aujourd’hui la somme de 50 000€. Cette pratique peu courante en France avait permis une forte médiatisation et une mobilisation de l’opinion publique.

Un an plus tard, la pression est bien là mais l’enquête n’est pas au stade d’avancement de celle de nos voisins de l’autre côté des Pyrénées. La faute à qui ?… Un manque de moyens pour les enquêteurs ? La peur de témoigner ? Quand Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, également maire d’un petit village proche d’Ustou au moment des faits, appelle la montagne à rester muette, on ne peut qu’imaginer la pression qui pèse sur les épaules (et celles des proches) de ceux qui auraient des informations pouvant faire avancer l’enquête…

Nous avions immédiatement porté plainte contre Christine Téqui pour subornation de témoin, puis pour diffamation, cette dernière ayant qualifié Sea Shepherd de « pompe à fric« . En parallèle, une autre plainte avait été déposée contre l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées) qui avait accusé Sea Shepherd de lancer une « chasse à l’homme avec prime à la délation » et d’avoir recours à « des procédés dignes de la guerre 39-45« .

Si les plaintes pour diffamation à l’encontre de C. TEQUI et de l’ASPAP sont encore en cours d’instruction, la plainte pour subornation de témoin a quant à elle été classée sans suite. Sea Shepherd conteste cette décision et a établi un recours auprès du Procureur Général.

L’enquête est aujourd’hui protégée par le secret de l’instruction. Les enquêteurs de la gendarmerie nationale sont toujours mobilisés sous la direction du Procureur de la République. « Une enquête préliminaire dure en moyenne entre 1 et 3 ans en France et nous avons bon espoir que les enquêteurs finissent par identifier les auteurs de ces délits, qu’il s’agisse de l’auteur des coups de feu ou des personnes qui l’aident à échapper à la justice. Les gendarmes en charge de l’enquête semblent très motivés » Jean Tamalet du cabinet King & Spalding, avocat de Sea Shepherd France.

En novembre dernier, c’est l’ourse Sarousse qui est tuée par un chasseur de sanglier dans la province de Huesca, à nouveau en Espagne. La légitime défense est invoquée par ce dernier. Selon la presse locale, si les enquêteurs voient cette hypothèse comme la plus probable, ils envisagent deux autres scénarios : « une erreur d’appréciation du chasseur qui pensait tuer un sanglier ou une intention délibérée de tuer l’ourse ». (Ours des Pyrénées : le chasseur qui a tué Sarousse aurait tiré pour se protéger (francetvinfo.fr))

Ce sont encore des chasseurs qui sont responsables de la mort d’un quatrième ours l’année dernière dans le massif des Asturies cette fois (le même jour que la mort de Sarousse) lors d’une battue aux sangliers. Ces derniers ont déploré un accident. Une enquête a également été ouverte.

Nous rappelons que la récompense de 50 000€ est bien entendu et plus que jamais toujours d’actualité pour tout témoignage permettant de faire condamner le ou les braconniers qui ont tué le jeune ours retrouvé mort en Ariège le 9 juin 2020.

Quand le Centre Sécurité Requin braconne dans la réserve marine…

Une fois n’est pas coutume, le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion (RNNMR) est sorti récemment de sa réserve pour alerter publiquement les autorités sur les pratiques de pêche illégales du Centre Sécurité Requin (CSR, ex-CRA) à l’intérieur de la réserve, jusque dans ses sanctuaires les plus protégés.

En effet, si la pêche professionnelle est autorisée dans les zones de protection générale et dans les zones de protection renforcée externe (ZPR 2B, situées plus au large), elle est formellement interdite dans les ZPR 2A (zones situées dans la partie la plus construite de l’édifice récifal, de 0 à -30m de profondeur) et à fortiori dans les zones de protection intégrale : les fameux sanctuaires, en très petit nombre.

Le Conseil Scientifique de la Réserve Marine a donc publié le 19/05/21 une auto-saisine reprise par le journal Le Monde du 14/06/21, puis a adressé le 19/06/21 un courrier à ce sujet aux autorités locales et nationales.

En dehors du JIR (article du 16/06/21), aucun média à la Réunion ne s’en est fait l’écho, illustrant une fois de plus le parti pris des médias réunionnais pour la destruction systématique des requins tigres et bouledogues menée par l’Etat français dans nos eaux.

Mais que s’est-il passé exactement ?

L’arrêté préfectoral n° 1742 du 15 juillet 2008 modifié, réglementant l’exercice de la pêche maritime professionnelle dans les eaux de la Réunion, et l’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019, autorisent de manière dérogatoire la pêche des requins tigres et bouledogues dans les ZPR 2A, uniquement dans le cadre de dispositifs post-attaque ou post-observation (lorsqu’un requin a été observé de manière certaine).

L’arrêté n° 298 stipule, en son article 5 : « L’opération ciblée de prélèvement (…) s’effectue au moyen de la technique de palangue ancrée, dite palangue verticale avec alerte de capture, dans les zones de protection renforcée de niveau 2A, hors platiers récifaux. Aucune pêche n’est permise en zone de protection intégrale ».

Le même arrêté précise en son article 10 : « Les infractions au présent arrêté exposent leurs auteurs aux poursuites et peines prévues par l’article L.5242-2 du code des transports », soit un an d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Le problème, c’est que le CSR – qui bénéficie visiblement de protections en haut lieu – se croit tout permis et s’autorise toutes les libertés vis-à-vis de la réglementation.

Sur ces 4 dernières années en effet, le Conseil Scientifique a relevé près de 170 infractions aux arrêtés préfectoraux précités et à la réglementation de la réserve marine à l’occasion de pêches du CSR en ZPR 2A ou en sanctuaires !! Une paille…

Quand on sait que l’Etat fait – à juste raison – la chasse aux « petits » braconniers dans la réserve et que la justice n’hésite plus à les condamner à de fortes amendes voire à des peines de prison ferme, on reste stupéfait de voir que ce même Etat français – qui pilote le CSR – se permet de braconner ouvertement (il n’y a pas d’autre mot) dans ladite réserve !

Evidemment, le sous-préfet de Saint-Paul étant à la fois président de la réserve marine et président du CSR, cela facilite bien les choses dès lors qu’il s’agit d’exonérer le CSR de ses propres turpitudes : ce dernier a les coudées franches et fait ce qu’il veut dans la réserve, avec l’argent du contribuable, et au mépris du droit commun et de l’intérêt général…

Ce scandale a été découvert de la manière la plus simple qui soit. En effet, l’IFREMER publie sur le portail SEXTANT Océan Indien (https://sextant.ifremer.fr/ocean-indien) des cartes sur lesquelles figurent les données du programme de pêche mené par le CSR en regard du zonage réglementaire de la réserve marine, en particulier les positionnements GPS, les dates et le type d’engin de pêche utilisé. Et ces données sont accessibles en consultation librement. Du moins elles l’étaient jusqu’à fin mai 2021…..

Car depuis cette date, à la place des cartes en question, il n’y a plus qu’un écran vide. Selon Le Monde, le CSR aurait demandé à l’IFREMER d’effacer les pages en libre accès. Pourquoi se gêner en effet quand on a l’appui inconditionnel de l’Etat ?

A mourir de rire quand on sait que le directeur du CSR Willy Cail se targue sans cesse de la transparence la plus complète : « On est dans la transparence ! Nous n’avons rien à cacher » déclare-t-il au Monde. Rappelez-vous également la campagne de désinformation orchestrée par le même Willy Cail et le sous-préfet de Saint-Paul en décembre 2019 : « Le CSR se veut transparent face aux attaques » (JIR, 19/12/19).

Comme seule explication le directeur du CSR tente de se dédouaner en affirmant dans Le Monde que les positionnements GPS indiqués sur les cartes sont ceux des bateaux, pas des palangres. Et de dénoncer « une instruction à charge insolente de la part de gens qui ne savent pas lire des métadonnées » (sic).

Déjà la simple circulation des bateaux dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires est formellement interdite. Nombre d’usagers de la mer ont été verbalisés par les agents de la réserve marine pour avoir traversé ces zones.

Par ailleurs, si aucun des 7 pêcheurs professionnels missionnés par le CSR n’était effectivement capable de se positionner en mer de jour comme de nuit, cela mettrait en cause non seulement leur professionnalisme mais encore leur propre sécurité.

Pire encore, cela montrerait qu’en fait les pêcheurs ne savent pas se servir d’un GPS et ne connaissent donc pas la position précise de leurs engins de pêche, ce qui serait grave pour le fonctionnement du programme de pêche financé, rappelons-le, par l’argent du contribuable. Cela démontrerait également un manque total de suivi des opérations de la part de la direction du CSR.

Le CSR publie sur le site www.info-requin.re les synthèses des opérations de pêche et les rapports trimestriels des observateurs indépendants (RTO).

Or à chaque fois qu’ils étaient présents, ces observateurs ont mis en avant une conformité à 100% du système de suivi GPS, du respect des zones et des horaires, et du respect des réglementations de la part des pêcheurs. Bizarre, non ?

Ces derniers ont-ils reçu la consigne de pêcher dans les zones interdites en l’absence des observateurs ou l’ont-ils fait de leur propre chef ? Le directeur du CSR doit bien le savoir…..

Mais ce n’est pas tout.

Le CSR avait imposé aux pêcheurs, dans le cahier des charges, des préconisations concernant les hameçons, notamment l’utilisation d’hameçons en acier oxydable afin que, si l’hameçon était impossible à retirer, il puisse se dégrader assez vite au contact de l’eau de mer.

Cette exigence n’a jamais été respectée et a vite été abandonnée (synthèse n° 4, RTO n°1 à 4).

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 stipule, en son article 5 : « Les appâts seront congelés préalablement, entiers, de taille et de poids supérieurs à 30 centimètres et 1 kilogramme, afin de limiter les prises sur les prédateurs de petite taille ».
Le non-respect systématique de ces dispositions par les pêcheurs a conduit le CSR à les abandonner pour la plupart – un comble – à l’exception de l’obligation de congélation pour laquelle les observateurs indépendants précisaient à partir du 20/04/19 (RTO n°4) : « La prescription concernant la congélation préalable des appâts, mal comprise par les pêcheurs, est maintenue dans le but de limiter l’attractivité des engins à un périmètre restreint ».

Las, dans les mois suivants, cette obligation a elle aussi été abandonnée pour des appâts plus attractifs (RTO n° 5), les pêcheurs étant probablement soucieux de rentabiliser leurs sorties et le CSR désireux de tuer plus de requins bouledogues : « Pas de contrainte sur la pré-congélation des appâts, les pêcheurs pourront ainsi utiliser les appâts fraîchement pêchés par leurs soins. (…) Des appâts vivants peuvent également être utilisés (…) ».

Pendant la seule année 2020 (synthèses n° 34 à 45), les pêcheurs ont déployé 2808 palangres verticales avec alerte de capture (PAVAC). Selon Le Monde, qui a interrogé le directeur du CSR, les pêcheurs sont rémunérés par le CSR 300€ pour le déploiement d’une PAVAC. Faites le calcul : il y en a pour 842 400€ ! Une moyenne de 70 200€ par mois.

Quand on sait (synthèse n° 50) qu’entre mars 2018 et le 1er mai 2021, il y a eu 104 930 heures de pêche cumulées – combien dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires ? – on se rend compte que la pêche aux requins est une véritable mine d’or pour un petit nombre de personnes à la Réunion !! Allez chercher ensuite pourquoi ils ne veulent surtout pas que ça s’arrête…

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 précise, dans ses considérants, que « cette autorisation temporaire [de prélèvement] se fait dans le cadre d’un protocole rigoureux, avec l’aval de la RNNMR (….) » (sic). Et il prévoit, en son article 5 :
« L’opération ciblée de prélèvement, dont il sera fait un suivi géolocalisé, sera filmée (déploiement des engins ; captures). L’ensemble des données relatives aux positions et horaires de pêche, à l’état des appâts et aux captures réalisées seront capitalisées et partagées avec le GIP RNNMR. Des observateurs, gardes du GIP RNNMR ou mandatés par le [CSR], seront embarqués et formés pour s’assurer du suivi de l’opération et du respect des conditions d’intervention définies ci-dessus. A la fin de l’opération, le [CSR] communiquera au public l’ensemble des démarches menées et les résultats de l’opération ciblée ».
S’agissant des données, on sait ce qu’il en est advenu.

Concernant le partage avec la réserve marine, et son aval, cela n’a évidemment jamais été le cas dès lors qu’il s’agissait d’opérations de pêche illégales, à fortiori dans les sanctuaires. La procédure de concertation est pourtant explicitement détaillée à l’article 3 de l’arrêté n° 298.

Les observateurs ne sont présents sur les bateaux de pêche que dans une proportion infime des sorties : entre 2.9% et 8.3% de l’effort de pêche.

Quant à la communication en direction du public, ledit public en jugera…..

Enfin on insistera sur l’impact éminemment destructeur de cette pêche aux requins dans les écosystèmes coralliens déjà très fragiles de la réserve marine de la Réunion.

Depuis le début de la pêche en 2013, ce sont pas moins de 532 requins tigres et bouledogues qui ont été tués et conduits à l’équarrissage. Un monumental gaspillage de biodiversité.
Du 29 mars 2018 au 30 mai 2021, le CSR, selon ses propres données :

  • a pêché 260 requins ciblés dont 47 requins bouledogues (6% des prises) et 213 requins tigres (29% des prises),
  • a surtout pêché…475 prises « accessoires » (65% des prises), dont 89 sont mortes – soit un taux de mortalité minimum de 17% – et 39 ont été relâchées « fatiguées » : barracudas, carangues, mérous, murènes, raies, autres espèces de requins, etc….Sans compter les espèces en danger d’extinction ou vulnérables et inscrites à ce titre sur la liste rouge de l’UICN (requins marteaux, grande raie guitare, requin nourrice fauve, requin gris d’estuaire, tortue verte, etc…).

Et il est important de le rappeler :

  • il n’a jamais été démontré scientifiquement que la pêche aux requins dans les ZPR 2A diminuait le risque requin.
  • l’étude CHARC a démontré que la répartition spatiale des requins bouledogues était centrée à l’extérieur de la réserve et non à l’intérieur.
  • les requins tigres ne sont quasiment pas impliqués dans les accidents : leur destruction ne sert que les intérêts financiers des pêcheurs et du CSR. La fameuse « crise requin » est d’abord « une crise bouledogue » selon les propres termes du directeur du CSR.
  • les 83% de taux de « survie » revendiqués par le CSR pour les captures accessoires sont sujets à caution. Les perturbations du métabolisme interne occasionnées par ces pêches sur les individus pris à l’hameçon ne sont pas négligeables et les conduisent vraisemblablement à la mort à plus ou moins long terme, en particulier pour ceux relâchés « fatigués » (infections, prédation, etc….). Or ces espèces, que la réserve s’efforce de protéger depuis sa création en 2007, sont essentielles pour les écosystèmes coralliens (prédateurs au sommet des chaînes alimentaires).

En conclusion de son auto-saisine, « le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine dénonce un tel dysfonctionnement peu ou pas respectueux, ni de la réglementation, ni des procédures administratives, et qui met en jeu la pérennité de l’écosystème récifal réunionnais. Ceci est fort surprenant de la part d’une instance gérée par un GIP présidé par Monsieur le Préfet de la Réunion ».

La messe est dite. Au public réunionnais d’en tirer ses conclusions.

Collectif d’associations :
Sea Shepherd Conservation Society – Longitude 181
One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration
Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité
Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES

Premier coup de filet dans le cadre d’un nouveau partenariat entre Sea Shepherd et le gouvernement péruvien

Des garde-côtes et des procureurs fédéraux péruviens spécialisés dans la protection de l’environnement interviennent contre plusieurs infractions à la loi lors d’une opération menée en collaboration avec des défenseurs de l’environnement.

LIMA, Pérou, 6 juillet 2021 – Au cours d’une série d’opérations menées par le gouvernement péruvien, des procureurs spécialisés dans la protection de l’environnement naviguant à bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd ont repéré et appréhendé plusieurs navires pêchant illégalement dans les eaux péruviennes.

Crédit photo : Sea Shepherd

En octobre 2020, Sea Shepherd a conclu un accord officiel, connu sous le nom de Convenio, avec la FEMA, le bureau des procureurs spécialisés dans les questions environnementales du Pérou. Ce partenariat vient renforcer les efforts du gouvernement péruvien en matière de surveillance de ses eaux souveraines, en accordant aux fonctionnaires l’accès à un navire de patrouille offshore civil qui accueille des procureurs environnementaux et autorise Sea Shepherd à soumettre des recommandations relatives aux politiques et poursuites juridiques.

Les 16 et 17 juin de cette année, un petit chalutier péruvien, le Don Santos, a été repéré en train de pêcher dans la zone d’exclusion côtière péruvienne de 5 milles marins au large de la côte de Tumbes. Toute pêche non autorisée au sein de cette zone protégée est strictement interdite. Les garde-côtes sont alors montés à bord du navire à la demande des procureurs péruviens qui avaient détecté l’incursion par radar depuis le pont de l’Ocean Warrior.

L’inspection a révélé que le système de surveillance par satellite du chalutier, un émetteur-récepteur de bord qui fait office de transpondeur et permet aux forces de l’ordre de suivre les mouvements des navires, n’était plus opérationnel depuis 2018 et que le navire de pêche avait probablement jeté ses captures par-dessus bord avant l’arraisonnement pour tenter de détruire toute preuve de pêche illicite.

Des contraventions ont été dressées contre le Don Santos pour pêche sans système de surveillance par satellite en état de marche, pêche dans une zone d’exclusion côtière et destruction de preuves. Il est en outre interdit au navire de reprendre ses activités de pêche tant que ces trois amendes n’auront pas été payées.

Crédit photo : Sea Shepherd

La mission a également révélé que deux autres chalutiers péruviens, le Mi Pastor et le Señor Cautivo, pêchaient sans système de surveillance par satellite. En outre, le Mi Pastor ne possédait pas de permis de pêche valide pour la zone de Tumbes. À la demande des procureurs péruviens, des garde-côtes sont montés à bord du Mi Pastor et du Señor Cautivo et les ont ramenés au port pour y être placés en détention.

Plus tôt dans le mois, trois bateaux locaux ont été repérés en train de pêcher illégalement des coquilles Saint-Jacques dans la zone d’exclusion côtière de 2 milles marins au large de Lobos de Tierra et d’utiliser des fusils-harpons pour braconner des poulpes. Les procureurs utilisent les preuves photographiques obtenues par le drone de l’Ocean Warrior pour monter leurs dossiers juridiques.

« La pêche illicite existe car les autorités portent leur regard et leurs réflexions sur d’autres problématiques », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd. « C’est pourquoi Sea Shepherd est fier d’accompagner le FEMA dans cette initiative gouvernementale qui vise à attirer l’attention vers les océans en amenant les procureurs sur le lieu du crime, là où la faune marine unique du Pérou est la plus menacée. »

En effet, les eaux péruviennes abritent une abondante vie marine, dont plus de 30 espèces de baleines et de dauphins, plus de 60 espèces de requins et la plus grande population d’anchois du monde. Un certain nombre d’espèces de requins trouvées dans les eaux péruviennes sont actuellement menacées d’extinction.

Sea Shepherd fournit un navire civil de patrouille en mer pour aider les procureurs fédéraux à observer les espèces en danger et les espèces migratrices et à surveiller la zone en cas de menaces pour la biodiversité. En outre, Sea Shepherd aide les procureurs et d’autres fonctionnaires à appliquer le droit national et international et à s’assurer que les lacunes potentielles des politiques en vigueur sont identifiées et corrigées.

Crédit photo : Sea Shepherd

« L’Ocean Warrior sert de plate-forme aux procureurs péruviens chargés de la protection environnementale. Il leur permet d’obtenir des données sur l’étendue de l’activité de pêche illicite dans les eaux territoriales et d’étendre ainsi l’action de la justice jusqu’à l’océan », a déclaré le Dr Flor de María Vega Zapata, procureur supérieur coordinateur national de la FEMA. « Ce premier succès a permis de capturer trois chalutiers et trois bateaux de pêche locaux. Cela prouve qu’il est impératif que la FEMA dispose de procureurs spécialisés exerçant en mer et montre ce que peut offrir une collaboration innovante avec la société civile, comme Sea Shepherd. »

Projet éolien en baie de Saint-Brieuc responsable d’une pollution maritime : Sea Shepherd porte plainte

Sea Shepherd a récemment exprimé ses inquiétudes sur les différents projets d’éoliennes en mer prévus en France en raison de leur impact colossal sur la vie marine et les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées par l’Etat français aux promoteurs du secteur. Pour cette raison nous nous étions joints à la manifestation contre le projet à Saint-Brieuc organisée par le Comité des Pêches des Côtes d’Armor fin mai.

L’Aeolus, navire de forage actuellement en baie de Saint-Brieuc a déclaré une fuite d’huile de 100 litres ce lundi, représentant une nappe de 15,9 km de long et de 2,8 km de large, indique un communiqué de la préfecture maritime. Un « problème technique » survenu à l’occasion d’une série de forages selon Ailes Marines (filiale du groupe énergétique espagnol Iberdrola, développeur du projet éolien en mer). La société a annoncé que le navire quittera la baie de Saint-Brieuc pour rejoindre un port hollandais afin de conduire des vérifications sur les équipements de forage.

« Ce projet tel qu’il doit être réalisé, à cet endroit précis qui abrite une biodiversité fragile et des espèces particulièrement sensibles aux nuisances générées par les éoliennes, est un véritable scandale écologique » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « L’alibi de la lutte contre le changement climatique est irrecevable face à la destruction du milieu marin, premier organe de régulation du climat. Il est urgent que le grand public saisisse l’importance de l’enjeu et que des informations complètes et transparentes soient enfin données aux français ».

Sea Shepherd dépose plainte aux côtés du Comité des Pêches des Côtes d’Armor et de l’Association Gardez les Caps.

Si une plainte commune de Sea Shepherd avec le comité des pêches peut surprendre, elle n’en n’est pas pour autant dénuée de sens.

« Les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont été jusqu’ici les plus farouches opposants à ce projet d’éoliennes. Si nos priorités divergent, nous avons un objectif commun avec tous ceux qui veulent garder la mer vivante. Ce projet est un véritable écocide contre lequel un vent de colère citoyen devrait s’élever. Les pêcheurs ne doivent pas être seuls à livrer cette bataille, elle nous concerne tous » conclut Lamya Essemlali.

Sea Shepherd porte également plainte contre X pour le dégazage illégal au large de la Corse découvert vendredi dernier. Une nappe de 35 km de long contenant des hydrocarbures lourds a été repérée à environ 9km de la côte est de l’île à l’occasion d’un exercice militaire aérien. Plusieurs tonnes d’hydrocarbures ont déjà été récupérées par les opérations des navires de la marine mais la pollution est de plus en plus morcelée et dispersée, et malgré tous les moyens déployés au large, des plages de l’île sont aujourd’hui touchées par des boulettes d’hydrocarbure.


Dans la presse :
Pollution en baie de Saint-Brieuc : une nappe d’huile de 16 km détectée sur le chantier – Saint-Brieuc.maville.com

Prétendue baisse des captures de dauphins dans le Golfe de Gascogne : NON, on ne peut absolument rien conclure des chiffres annoncés par le Comité National des Pêches (CNPMEM)

Dans un récent communiqué de presse, le CNPMEM annonce des chiffres prétendument encourageants concernant les échouages de dauphins l’hiver dernier dans le Golfe de Gascogne. Faisant état d’une ”baisse de plus de 30% des échouages de dauphins par rapport à la moyenne des 4 années précédentes”, le CNPMEM met ces chiffres en corrélation avec “une intensification du programme d’action pour comprendre et lutter contre ces captures” ainsi que des protocoles mis en place avec la Ministre de la Mer.

image: Sea Shepherd France

Si une baisse des échouages l’hiver dernier est avérée, Sea Shepherd réfute toute corrélation avec les mesures mises en place par le CNPMEM et le Ministère de la Mer pour les raisons suivantes :

– Le nombre d’échouages dépend surtout des conditions météorologiques

Les conditions météorologiques de l’hiver 2020/21 n’ont pas été propices aux échouages. Les vents d’ouest sont ceux qui amènent les cadavres vers la côte. Les vents d’Est les amènent vers le large. Nos équipes ont patrouillé sur les plages de Vendée plusieurs mois et ont passé plusieurs semaines d’affilée sans voir de cadavres pendant les longues de périodes de vents d’Est. “Plusieurs dizaines de cadavres se retrouvaient sur les plages parfois sur un seul week-end dès le retour des vents d’Ouest” déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. “Dans ces conditions, une baisse des échouages ne permet absolument pas de conclure qu’il y a eu une baisse des captures en mer, cela signifie juste que beaucoup de cadavres ont dérivé vers le large”.

Le Comité des Pêches confirme lui-même que l’hiver dernier n’était pas propice aux échouages : “Cette année, 57 bagues ont été posées sur des captures accidentelles, et 10 ont été retrouvées sur les plages du golfe de Gascogne (…). En 2020, la moitié des bagues posées avaient été retrouvées.”

– Aucune mesure effective de réduction immédiate des captures n’a été prise

Malgré une mise en demeure de la France par la Commission Européenne et une condamnation du Tribunal Administratif de l’Etat pour carence sur la question des captures de dauphins, la Ministre de la Mer Madame Annick Girardin a refusé de suivre les recommandations scientifiques qui demandent des fermetures spatio-temporelles des pêcheries à risques, seule mesure qui aurait permis une diminution immédiate et avérée des captures.

– Des déclarations de captures obligatoires mais toujours quasi inexistantes

Le CNPMEM fait état de 84 déclarations de captures (sur un potentiel de plusieurs milliers). Ce chiffre déjà extrêmement bas doit encore être mis en perspective avec les 35 captures observées – et donc forcément déclarées. Le secteur est encore bien loin d’avoir “pris le problème à bras le corps” comme l’affirme Jean Luc Hall, DG du CNPMEM.

– Les pingers ne peuvent pas expliquer une baisse des captures

Pour rappel les pingers sont uniquement installés sur les chalutiers pélagiques soit 80 navires de pêche (sur les centaines qui capturent potentiellement des dauphins dans le Golfe de Gascogne). Les chalutiers représentent une minorité des captures (faites pour l’essentiel par des fileyeurs) et chaque année, les équipes de Sea Shepherd filment des chalutiers équipés de pingers avec des dauphins dans leur chalut…

Enfin, ne perdons pas de vue que même si les conditions météorologiques avaient été propices aux échouages et que des mesures concrètes avaient effectivement été prises, une baisse de 30% des captures correspond tout de même à un taux d’échouage intenable pour l’espèce et à un niveau équivalent à la sonnette d’alarme tirée par l’Observatoire Pélagis en 2017.

“Le Comité National des Pêches a raison sur une chose : les professionnels de la mer ne peuvent se satisfaire ou se gratifier de ces chiffres – qui n’ont rien d’encourageant” conclut Lamya Essemlali

Du Pacifique Nord à la Méditerranée : Wally, le baleineau lanceur d’alerte d’un océan à l’agonie

Le baleineau Wally, originaire du Pacifique Nord (situé entre l’Alaska et la Basse-Californie), est perdu en Méditerranée depuis des semaines. Un périple inhabituel qui témoigne de la transformation des océans. « Du fait du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, il y a maintenant une possibilité de passer entre le Pacifique et l’Atlantique et il est probable que cette jeune baleine inexpérimentée » de 15 mois se soit « trompée de chemin », arrivant ainsi dans l’Atlantique puis en Méditerranée, a expliqué à l’AFP Eric Hansen, responsable régional de l’OFB sur la façade méditerranéenne.

Baptisé Wally, le baleineau est aperçu au large de la côte italienne en avril puis à Antibes quelques jours plus tard. Début mai, il réussit à se libérer seul d’un filet de pêche à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Amaigri et épuisé, il ne semble pas s’être alimenté depuis son arrivée en Méditerranée et pourtant, il ne cesse de se déplacer. Ses chances de survie sont très minces. Les baleines grises se nourrissent d’invertébrés qu’elles trouvent dans les fonds vaseux et le baleineau ne peut les trouver en Méditerranée.

Avant de quitter les eaux françaises, Wally a été escorté par la gendarmerie maritime et par un bateau du Parc Naturel du golfe du Lion dans le but d’éloigner les curieux et de lui montrer la voie vers l’Espagne. Les autorités espagnoles ont pris la suite mais la baleine est remontée et est aujourd’hui à l’agonie au large de Majorque. Même s’il parvient à rejoindre l’Atlantique, il lui faudra encore le traverser avant de retrouver les eaux du Pacifique.En Espagne, le débat porte sur l’abattage ou non du baleineau. Abréger ses souffrances ou laisser la nature faire son travail. Une nature que l’Homme ne cesse d’impacter …Que faire ? Les filets de pêche restent la plus grande menace qui pèse sur les baleines. Plus de 300 000 mammifères marins en sont victimes chaque année. A cela s’ajoutent la pollution plastique, chimique, sonore, le réchauffement climatique… Nos activités humaines ont transformé l’océan en un terrain miné.

« C’est par ce que nous décidons de mettre dans notre assiette que nous aurons le plus grand impact sur l’océan » rappelle Lamya Essemlali, Présidente Sea Shepherd France, Co-directrice Sea Shepherd Global.

Si l’agonie d’un baleineau n’éveille pas les consciences, il y a peu d’espoirs pour les océans et donc pour l’humanité.

Lire l’article de SudOuest.fr

Zoo de Pont-Scorff : 10 000 personnes pour soutenir le projet de reprise de Sea Shepherd France

Aidez-nous à faire de cet ancien zoo, le premier centre de soins pour animaux marins de Sea Shepherd au monde (phoques, oiseaux marins, tortues…), mais aussi un lieu de réhabilitation d’animaux sauvages et une plateforme d’échanges et d’enrichissements écologiques et culturels.

Le fonctionnement du site (alimentation et soins des animaux, factures diverses, assurances et salaires des soigneurs…) s’élève à un coût mensuel de 60 000 euros. Si 10 000 personnes font un don de 6 euros par mois, les frais de fonctionnement sont assurés.

bt don mission

Captures de dauphins : le Conseil d’Etat botte en touche.

Le Juge du Conseil d’Etat a estimé que puisque que les mesures de protection des dauphins (fermeture de zones de pêche) n’ont d’efficacité que si elles sont inscrites dans le long terme, il n’était dès lors pas de sa compétence de prendre une mesure d’urgence et par nature, temporaire.

Si on résume, cela signifie que tant qu’on n’a pas décidé de protéger les dauphins sur le long terme, il ne sert à rien de leur accorder un sursis. Tous ceux qui auraient pu être épargnés par cette mesure d’urgence vont donc mourir.

Le juge ne s’est pas prononcé sur la mise en œuvre du principe de précaution que nous avions longuement développé et qu’il relève pourtant dans sa décision « les incertitudes scientifiques sur l’abondance de la population ». L’application du principe de précaution aurait dû amener le juge à prononcer des mesures minimales d’urgence, d’autant que les scientifiques alertent sur le fait que si la diminution de la population de dauphins est visible, c’est qu’il est déjà trop tard. Des mesures d’urgence ont pour but d’éviter à tous prix d’atteindre ce point de non retour, équivalent au déclenchement d’un processus d’extinction que nous ne serions plus en mesure de stopper.

Nous regrettons cette décision, l’occasion manquée d’accorder aux dauphins un sursis pourtant indispensable, en attendant la mise en place de mesures pérennes… Toutes aussi urgentes.

Nous ne nous laissons pas décourager par cette décision et restons plus que jamais mobilisés en mer, dans les tribunaux, les médias et les réseaux sociaux. Jusqu’à ce que de vraies mesures soient prises et tant qu’il restera des dauphins.

Lire sur le site du Conseil.

Captures de dauphins : le Conseil d’État va trancher suite à une plainte de Sea Shepherd

Face aux milliers de dauphins capturés par les engins de pêche au large des côtes françaises et l’inaction du Ministère de la Mer, Sea Shepherd a engagé « un référé liberté » et obtenu une audience devant le Conseil D’État.

Sea Shepherd entend démontrer que l’inaction du Ministère de la Mer constitue une « atteinte au droit à un environnement sain ». Les scientifiques qui tirent la sonnette d’alarme depuis des années, ne sont pas entendus par les pouvoirs publics. Depuis 2016, nous battons chaque année des records d’échouages.

« Les dauphins sont au sommet de la chaine alimentaire. Ils jouent un rôle fondamental dans l’équilibre de l’écosystème marin. Leur disparition annoncée par les scientifiques, entrainerait un effondrement en cascade de la biodiversité marine avec des conséquences catastrophiques et irréversibles pour nous tous » déclare Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.

Les recours en référé liberté ne font pas toujours l’objet d’une audience. Mais la Haute Juridiction a accepté d’en organiser une en urgence afin de se prononcer sur cette question fondamentale.

Sea Shepherd demande au juge administratif d’imposer des mesures visant à limiter les captures de mammifères marins, notamment des dauphins communs, afin d’éviter « l’extinction programmée » de l’espèce.

Nous demandons notamment que le Ministère de la Mer entérine les recommandations scientifiques suivantes :

la fermeture spatio-temporelle des activités de pêche durant les périodes préconisées par le CIEM

la mise en œuvre de dispositif de Remote e-monitoring obligatoire. (Surveillance par des caméras embarquées)

embarquement obligatoire d’observateurs (lorsque cela est techniquement possible)

le prononcé de sanctions du fait des captures, celles-ci pouvant être considérées comme des captures prévisibles au sens de la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne

L’audience aura lieu mardi matin à 11h au Conseil D’État.

Sea Shepherd victime d’attaques en mer en France

Les équipes de l’ONG ont été une nouvelle fois victimes d’attaques d’une rare violence, le 25 février au large des Sables d’Olonne. Ces attaques répétées mettent en danger la vie des équipages de Sea Shepherd et visent à rompre toute observation pacifique des bateaux de pêche. Ces observations permettent de limiter le nombre de captures accidentelles et de fournir des données scientifiques aux pouvoirs publics.

Les faits

Tirs de paintball, jets de projectiles en tout genre blessant notre équipage à coup de pierre, manœuvres dangereuses… Ces attaques inqualifiables à l’encontre de nos équipes ternissent l’image de tout un secteur. « Ces agressions sont d’une rare violence. Les pêcheurs en question sont fermés à tout dialogue et font des manœuvres en mer extrêmement dangereuses pour nos équipes » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. L’ONG a porté plainte contre ces pêcheurs qui intimident et agressent les bénévoles de l’organisation.Cliquez ici pour ouvrir la visionneuse

Les pêcheurs qui collaborent avec Sea Shepherd de plus en plus nombreux

Sea Shepherd tient à saluer l’esprit constructif et le grand professionnalisme qui règnent avec certains pêcheurs français. Grâce à cette proximité toujours bienveillante, l’ONG et les pêcheurs prouvent qu’ils peuvent œuvrer ensemble, à la protection de la biodiversité marine et plus particulièrement à celle des dauphins victimes de captures ou échouages quotidiens sur les côtes françaises durant cette saison. « Nous sommes rassurés par l’attitude très constructive et conciliante de certains pêcheurs, que ce soit en mer ou à quai. Ils comprennent tout à fait l’objectif de nos opérations en mer : documenter le nombre d’asphyxies de dauphins lors des remontées de filet pour mieux les protéger, en leur réservant par exemple des zones et des périodes de repos biologique durant lesquelles les bateaux de pêches ne peuvent plus naviguer » rajoute la présidente de l’ONG.

Le combat de Sea Shepherd pour les dauphins français continue

En plus de ses patrouilles en mer et de son recensement des échouages de dauphins et de leur captures accidentelles, Sea Shepherd n’a eu de cesse d’alerter le Ministère de la Mer avec des données documentées et irréfutables pour protéger les dauphins français, avant leur éradication définitive du littoral de l’Hexagone.
Avec 45 000 kilomètres de filets déployés chaque jour, la France est parmi les plus mauvais élèves de l’Union Européenne en matière de protection des cétacés. « Depuis le 1er janvier, près de 450 petits cétacés se sont échoués sur la façade Atlantique selon l’observatoire Pélagis avec lequel nous échangeons régulièrement. Cette hémorragie doit cesser et nous appelons solennellement la Ministre de la Mer, Annick Girardin à sortir des déclarations d’intention et à agir maintenant » conclut Lamya Essemlali.