Retrouvez nous, les 23 et 24 Octobre à Paris !

Rencontre avec nos équipes, Stand de Merchandising, Ateliers Kids, Projections et Conférence de Lamya Essemlali en visio avec Paul Watson.
Attention, inscription pour la conférence en ligne : http://urlr.me/DPHnt


Programme :
•Stands et ateliers : 11h-19h Samedi et Dimanche

Horaires des projections et de la conférence :

Samedi 23
•11h30 – 13h30 : Sea of Shadows
•15h-16h30 : Seaspiracy
•17h-18h30 : Conférence Lamya Essemlali & Paul Watson

Dimanche 24
•11h30-12h : Making Waves
•13h30-15h00 : Seaspiracy
•15h00-15h30 : Making Waves
•16h30-18h15 : Chasing the Thunder

L’événement se tiendra au 35-37 rue des Francs-Bourgeois à Paris. 

Lien Facebook de l’événement :

https://www.facebook.com/events/415414433337895

Projets d’usines éoliennes off-shore en France : Sea Shepherd se mobilise face à une bombe à retardement écologique

Sea Shepherd en tant qu’ONG de défense de l’océan et de la vie marine depuis bientôt 45 ans se mobilise sur tous les enjeux qu’elle considère importants pour l’intégrité et la préservation du monde marin.

Historiquement et actuellement toujours très engagée sur le front de la lutte contre la pêche illégale et de la surpêche, Sea Shepherd s’est aussi déjà mobilisée sur des problèmes liés à la pollution ou à des projets de forages pétroliers (en Australie notamment).

Le déploiement à grande échelle de projets massifs d’usines éoliennes off-shore, au mépris de la biodiversité marine comme c’est le cas actuellement en France, est source de grande inquiétude pour les scientifiques. Leurs études et notamment le récent rapport du CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature) sont essentiels pour appréhender de manière lucide, les risques et les impacts irréversibles des projets autorisés sur le littoral français. Parallèlement, le grand public reste largement ignorant des enjeux, une méconnaissance à laquelle il est urgent de remédier.

Après avoir passé plusieurs semaines dans la baie de Saint-Brieuc en août 2021, Sea Shepherd continuera à se mobiliser sur le sujet avec une approche plurielle :

  • Présence en mer pour remplir un rôle de lanceur d’alerte
  • Relais médiatique et sensibilisation de l’opinion publique
  • Recours juridiques nationaux et européens
  • Échanges avec les différents acteurs du secteur afin de trouver des solutions qui permettent de préserver la biodiversité marine.

Après l’avoir annoncé depuis plusieurs mois, Sea Shepherd publie enfin un dossier complet (amené à s’étoffer dans le temps) intitulé « Projets français d’usines éoliennes en mer : une bombe à retardement écologique ». Ce dossier d’une soixantaine de pages ambitionne de rendre clairs les enjeux et les dangers souvent cachés que font planer sur la vie marine les projets actuellement planifiés sur le littoral français. Les gouvernements successifs n’ont cessé jusqu’à aujourd’hui de sacrifier la biodiversité marine à ces projets présentés comme un incontournable de la lutte contre le changement climatique, une aberration lorsque l’on sait que l’écosystème marin est le premier organe de régulation du climat.

« Il est urgent d’instaurer un moratoire sur les projets d’usines éoliennes off-shore pour leur imposer les limites nécessaires à la préservation du milieu marin. La France est en train de sacrifier le plus grand et le plus riche littoral européen au déploiement anarchique d’aérogénérateurs industriels extrêmement invasifs, des usines que leurs promoteurs ont poétiquement baptisées “champs d’éoliennes“ » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France.

Télécharger notre dossier :
Projets français d’usines éoliennes en mer : une bombe à retardement écologique

ÉOLIEN OFFSHORE : SEA SHEPHERD ET GARDEZ LES CAPS ATTAQUENT LES 59 DÉROGATIONS DE DESTRUCTION D’ESPÈCES PROTÉGÉES ACCORDÉES À IBERDROLA/AILES MARINES EN BAIE DE SAINT-BRIEUC

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Sea Shepherd sur l’opération Vents de la Colère dans la baie de St-Brieuc

Le Congrès Mondial pour la Nature de l’UICN qui se tenait pour la première fois en France à Marseille, touche à sa fin. De nombreux discours ont été tenus sur l’importance capitale de préserver la biodiversité, a fortiori la biodiversité marine. Et pour cause : elle permet à l’océan de produire plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et d’être le premier puits de carbone, ce qui en fait le premier organe de régulation du climat. La vie marine est notre meilleure alliée contre le changement climatique à tel point qu’une récente étude britannique a calculé qu’une seule baleine permet la séquestration de CO2 équivalente à 30 000 arbres par an.

Conscient de l’enjeu, du moins en apparence, le président Emmanuel Macron a déclaré lors de l’ouverture du Congrès de l’IUCN : «L’urgence, c’est de faire comprendre à tous que la bataille pour le climat est jumelle de celle pour préserver la biodiversité»

Une politique de développement des EMR1 indigne d’une grande puissance maritime

Il n’aura pas pu échapper au Président de la République que la France est en passe de sacrifier la biodiversité marine à la lutte (supposée) contre le changement climatique, à travers le développement massif d’usines éoliennes le long de son littoral. Contrairement aux autres pays européens qui ont pris la biodiversité en compte en amont des choix de localisation des usines éoliennes offshore, la France n’a considéré que des critères économiques, techniques et militaires. Le résultat est un véritable écocide programmé.

Les conséquences d’une telle politique sont d’autant plus graves que contrairement aux autres pays, la France compte trois façades maritimes et représente un enjeu sans équivalent en termes de couloirs migratoires, de zones de reproduction, de repos et de nourrissage pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères marins. « Alors que le littoral français représente un enjeu bien plus grand pour la vie marine que d’autres pays, elle fait moins bien qu’eux. De par sa responsabilité colossale dans la survie de certaines espèces marines, la France devrait être exemplaire, or elle fait pire que tous les autres ! Nous sommes à l’aube d’un véritable écocide sur notre littoral. » s’indigne Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France

« Tous les projets français d’éolien en mer sont en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin. Ce n’est pas sur le développement de l’éolien offshore que la France est en retard, mais sur la planification de son espace maritime, sur ses obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable, sur l’information et la participation des parties prenantes au processus décisionnel. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous » poursuit Katherine Poujol, Présidente de Gardez les Caps.

Le cas de l’usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc défendu bec et ongles par le gouvernement est emblématique de la catastrophe annoncée : 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut doivent être érigées aux abords des deux plus grands sites de nidification d’oiseaux marins de métropole, dans une baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne et à proximité immédiate de deux zones Natura 2000. Le tout sur une des roches les plus dures d’Europe (l’entreprise a déjà cassé trois têtes foreuses et causé trois pollutions en forant) ce qui donnera aux bretons le privilège de bénéficier de l’électricité éolienne la plus chère du monde.

Des dérogations de destructions et d’habitats protégés inacceptables

Cormorans en baie de St-Brieuc – aout 2021

Du fait de la richesse écologique du site et de la présence de nombreuses espèces protégées, la société Iberdrola Ailes Marines SAS a dû demander de nombreuses dérogations de destruction d’espèces.

Le 23 octobre 2015, Ailes Marines demande au Préfet des Côtes-d’Armor, Pierre Lambert, la délivrance d’une autorisation unique lui permettant la construction, l’exploitation et le démantèlement du projet éolien de Saint-Brieuc mais également des dérogations pour la destruction et la perturbation intentionnelles d’espèces protégées pour 54 espèces d’oiseaux, 5 espèces de mammifères marins mais également pour la destruction de leurs habitats. C’est en avril 2017 que le successeur de Pierre Lambert, Yves Le Breton préfet des Côtes-d’Armor accorde les autorisations nécessaires à la filiale d’Iberdrola avec l’aval de la ministre de l’Écologie en poste sous la présidence de François Hollande, Madame Ségolène Royal.

Pour appuyer sa demande de dérogation, Iberdrola/Ailes Marines y joint un courrier de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) qui annonce une collaboration avec le promoteur éolien en guise de compensation pour la destruction et la perturbation des espèces et de leurs habitats. Une caution étonnante qui ne convainc d’ailleurs pas les experts du Conseil National Pour la Protection de la Nature qui se sont autosaisis du sujet et ont publié en juillet dernier un rapport sans appel :

« On ne peut pas compenser la perte d’habitat causée par la disparition des zones d’alimentation pour les oiseaux locaux (nicheurs ou hivernants) et encore moins pour les migrateurs provenant de l’Europe entière ».

CNPN

Parmi les espèces ciblées par la dérogation obtenue par Ailes Marines, figurent de nombreuses espèces vulnérables ou en danger critique d’extinction comme le puffin des Baléares pour la survie duquel la France occupe une place capitale. Figurent également le pingouin torda (dernière espèce de pingouin encore existante) et le guillemot de Troïl pour lesquels l’étude d’impact conclut que la survie de la population ne peut pas être assurée si le projet aboutit. Ces seuls états de fait devraient suffire à invalider les dérogations obtenues

« Une augmentation de 5% de mortalité́ est jugée incompatible à terme avec la survie des espèces d’oiseaux marins (Dierschke et al. 2003), voire même 1% pour les espèces vulnérables ou en déclin (Everaert 2013). » 

Autosaisine du CNPN, page 35

Le cas de Saint-Brieuc n’est pas unique, d’autres projets déjà autorisés dans des zones capitales pour la biodiversité posent des problèmes similaires (Dunkerque, Le Tréport, Courseulles-sur-Mer, Belle-Ile-en-Mer, Ile de Groix, Banc de Guérande, Oléron…) et provoquent un cumul d’impacts incompatibles avec la survie des oiseaux marins. Nous attaquerons toutes les dérogations de destructions d’espèces protégées liées à ces projets dès lors qu’elles ne respectent pas les conditions légales d’obtention

L’engagement d’une transition pour lutter contre le réchauffement climatique est capital. Mais une telle ambition ne peut cautionner sans en mesurer le risque avéré et irréversible, l’extinction d’espèces et la destruction d’habitats indispensables au bon fonctionnement de tout un écosystème fragile et extrêmement complexe qu’aucune mesure ne pourra compenser.

Si l’industrie éolienne souhaite s’inscrire comme une figure de proue de la lutte contre le réchauffement climatique (ce qui reste encore à démontrer), elle ne peut mépriser à ce point la biodiversité sans laquelle elle se viderait de toute sa substance à vocation environnementale. Il est urgent d’instaurer un moratoire sur l’ensemble des projets afin d’inclure le grand public et de mettre à sa disposition une information transparente permettant à chacun de prendre conscience des enjeux. C’est jusqu’ici très loin d’être le cas.

1 – Energies marines renouvelables

1er Courrier LPO

2ème Courier LPO

Autosaisine du CNPN

APPEL À LA MOBILISATION : Le Ministère de la Mer vous invite à vous exprimer sur la stratégie nationale pour la mer et le littoral jusqu’au 20 août !

Votre participation à cette consultation du public sur la stratégie nationale pour la mer et le littoral est ESSENTIELLE ! Cet outil peut avoir un véritable impact sur les décisions politiques à venir en matière de protection du domaine maritime français. Pour preuve, en 2019, la participation record à la consultation du public contre le chalutage sur le plateau de Rochebonne a eu un succès tel que la Préfète de Nouvelle Aquitaine avait mis fin aux accords de 1978, en interdisant définitivement la pêche au chalut sur l’ensemble du site.

Pour comprendre l’articulation des documents stratégiques de façades (DSF) : https://www.merlittoral2030.gouv.fr/…/le-dsf-en-un-clin…

Pour y participer, rendez vous sur : https://www.merlittoral2030.gouv.fr/donnez-votre-avis

  • Identifiez-vous ou créez votre espace
  • Participez par façade : Méditerranée, Manche Est- Mer du Nord, Nord Atlantique-Manche Ouest, Sud-Atlantique
  • Prenez connaissance du volet opérationnel pour la façade sélectionnée (ce dernier est consultable sur la page de la façade que vous aurez choisie) et/ou accédez directement aux questions en cliquant sur « donner mon avis »

– Important : vous devez rédiger votre propre contribution, les copiés collés ne seront pas pris en compte. En donnant votre avis, vous pourrez notamment vous positionner :

  • POUR : la prise en compte par l’Etat Français des avis scientifiques. Tels que l’avis du CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer) sur les échouages de dauphins ou l’avis du CNPN (Conseil National pour la Protection de la Nature) sur l’industrie éolienne offshore
  • CONTRE : les usines éoliennes offshore lorsqu’elles sont installées à proximité ou au cœur de zones protégées mettant en péril la survie d’espèces et d’habitats protégés et quand elles entraînent des impacts irréversibles sur des écosystèmes dans leur intégralité
  • POUR : la mise en place d’une bande marine sans filet (sur les 3 premiers miles qui abritent entres autres les nourriceries, les corridors des poissons migrateurs et les habitats de nombreuses espèces marines protégées à l’instar des mammifères marins)
  • POUR : l’obligation de délivrer un véritable statut de protection aux aires marines protégées qui ne sont en l’état que des coquilles vides dénuées de toute ambition politique
  • CONTRE une utilisation des FEAMP (Fonds Européens pour les Affaires Maritimes et la Pêche) permettant de subventionner des techniques de pêche non sélectives, telles que la pêche aux chaluts et aux filets fixes. Ces méthodes de pêche causent directement les échouages massifs de mammifères marins sur nos Côtes, et doivent être strictement encadrées (fermetures spatio-temporelles), notamment selon l’avis rendu par le CIEM le 26 mai 2020.

Important : prenez le temps de lire les questions afin d’adapter vos réponses aux différents thèmes proposés

Ça ne donne pas envie d’y participer, c’est fait exprès. Mais il est primordial que le grand public s’empare de toute urgence de la protection de la biodiversité marine dont nous dépendons toutes et tous. Merci de votre participation !

Un problème sur le site de la consultation ? remplissez le formulaire de contact : https://www.merlittoral2030.gouv.fr/…/formulaire-de…

Usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc : Sea Shepherd lance l’opération « Les Vents de la Colère »

  • À Saint-Brieuc, l’État français sacrifie la biodiversité marine au climat

La lutte contre le changement climatique s’est imposée comme un défi majeur des décennies à venir. Nous devrons le relever si nous voulons maintenir des conditions propices à la survie de l’humanité. Mais un défi autant, si ça n’est plus important est encore trop largement occulté : la préservation de la biodiversité, première garante du climat et de l’ensemble des services écosystémiques essentiels au maintien de la Vie sur la planète Terre.

Ou plutôt la planète Océan. L’océan recouvre 70% du globe, il est le premier régulateur du climat, premier producteur d’oxygène et premier puits de carbone, avant les forêts. L’océan, ou plus précisément, la vie marine, est notre meilleure alliée dans la lutte contre le changement climatique1. Le non-sens est donc total quand des projets particulièrement invasifs de centrales éoliennes censés lutter contre le changement climatique sont autorisés à s’ériger sur des sites riches en biodiversité, hypothéquant la survie de nombreuses espèces marines et vouant à une destruction irréversible des écosystèmes marins tout entiers.

image: Sea Shepherd France
  • Une usine industrielle portée par une multinationale espagnole dans la baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne

La multinationale espagnole Iberdrola via sa branche française Ailes Marines s’est vue attribuer par le gouvernement français le site particulièrement riche en biodiversité de la baie de Saint-Brieuc, à proximité directe de sites Natura 2000 et en pleine zone habitat de nombreuses espèces protégées dont certaines sont en danger critique d’extinction, à l’instar du Puffin des Baléares pour la préservation duquel la France a été contrainte de mettre en place un Plan National d’Action (PNA). Si le promoteur espagnol profite du cadeau, c’est l’État français (sous le gouvernement Sarkozy) qui a, en dépit du bon sens, désigné la baie de Saint−Brieuc pour y faire ériger 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut (l’équivalent de la tour Montparnasse) à 16,3 kilomètres de la côte sur une surface totale de plus de 103 km carrés avec un câblage électrique sous-marin et sous terrain qui acheminera un courant de 250 000 volts…

Quelques questions élémentaires s’imposent d’emblée :

– Comment le gouvernement français peut-il justifier d’avoir autorisé un projet industriel à ce point invasif dans ce lieu stratégiquement si important pour la biodiversité marine ?

– Pourquoi n’avoir pas tenu compte du fait que le plancher marin dans la baie est un des sols des plus durs d’Europe ? Y forer provoque donc des vibrations et des bruits dont l’intensité est décuplée en termes de temps et d’effets. La multinationale annonçait pouvoir réaliser un ancrage (forage de 3 trous pour une éolienne sur fondation Jacket) en 4 jours. Trois mois plus tard et après avoir cassé ses trois têtes de forage, pas un seul ancrage n’a pu être fait. Sur d’autres types de sols, une seule demi-journée suffit…

– Pourquoi les résultats de l’analyse de la pollution générée en juin par l’Aeolus, (navire de forage d’Iberdrola) n’ont toujours pas été rendus publics ? Quid de la deuxième fuite plus récente ?

Le Clémentine près de l’Aeolus – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Une atteinte inacceptable à la biodiversité marine

La baie de Saint-Brieuc abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne, les deux premières zones de nidification d’oiseaux marins de métropole et la plus grande population de dauphins résidents d’Europe.

Les études d’impact réalisées, non pas avant d’avoir désigné le site comme la logique l’aurait voulu mais après, sont sans appel. Des impacts désignés « forts » à « très forts » sur de nombreuses espèces marines laissent présager le pire. En effet, de l’aveu même du bureau d’études mandaté par Iberdrola, pour certaines espèces, la survie de la population n’est pas assurée (Pingouin Torda et Guillemot de Troil entre autres).

  • Obligation légale de préservation des espèces : les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées à Iberdrola sont illégales

Aussi bien l’État français que le promoteur industriel sont soumis à l’obligation légale de préserver les espèces dans un « état de conservation favorable ». Du fait de la présence de très nombreuses espèces protégées dans la baie de Saint−Brieuc, Iberdrola/Ailes Marines a été contraint de déposer une demande de dérogation de perturbation intentionnelle et de destruction de 59 espèces protégées (54 espèces d’oiseaux marins, 4 espèces de dauphins et une espèce de phoque) ainsi que la destruction de leur habitat.

  • La riposte juridique

Sea Shepherd France dénonce le fait que ces dérogations de destruction et de perturbations intentionnelles sont illégales et va donc déposer un recours devant le Conseil d’État dans les prochains jours.

D’autres recours sont en préparation au niveau européen, conjointement avec l’association Gardez Les Caps qui milite depuis de nombreuses années aux côtés de certains pêcheurs pour empêcher l’usine de s’installer dans la baie.

  • Des citoyens français désinformés sur les enjeux écologiques, économiques et énergétiques liés à l’industrie du Vent

« La Ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili affirme que la majorité des français est en faveur des éoliennes. La vérité est que la majorité des français ne dispose pas des informations pour se faire un avis éclairé sur le sujet » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « Sacrifier la biodiversité marine, notre meilleure alliée contre le changement climatique au prétexte de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est un non-sens total ».

  • Les experts et les scientifiques alertent mais jusqu’ici, ils prêchent dans le désert

Le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN), rattaché au Ministère de la Transition Ecologique dont les recommandations n’ont jusqu’ici pas été respectées par Iberdrola s’est autosaisi de la problématique des EMR (Energies Marines Renouvelables) et vient de rendre son rapport le 6 juillet dernier. On peut y lire de nombreux points particulièrement inquiétants dont notamment celui-ci :

« Les impacts potentiels sur la biodiversité́ représentés par le développement de l’éolien offshore en France, tel que prévu par la PPE de 2020 (…) peuvent être très importants sur la biodiversité́ marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices ou locales par mortalité́ ou perte d’habitat sur les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur les habitats marins et espèces les composant, notamment les poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et chimiques »

Ou encore,

« L’objectif de la Commission européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes off-shore en 2050 dont 7100 pour la France semble incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins. »

L’Aethra – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Des effets cumulés par plusieurs usines éoliennes installées sur les parcours migratoires des oiseaux et des mammifères marins

Le projet de Saint−Brieuc est donc loin d’être le seul à poser problème, d’autres comme ceux de Courseules-sur-Mer, Fécamp, Saint Nazaire, Dunkerque, Ile d’Oléron, Belle Ile en mer et Ile de Groix… présentent des menaces similaires pour des espèces marines vulnérables et il n’existe à ce jour aucune prise en compte des effets cumulés des différents projets sur les espèces protégées et en particulier sur les espèces migratrices.

  • Il est encore temps d’éviter le pire mais l’opinion publique doit s’emparer du sujet de toute urgence

Un débat public honnête et transparent (contrairement aux débats publics qui se sont tenus jusqu’à présent) s’impose afin de déterminer dans quelles conditions les usines éoliennes peuvent être autorisées à détruire les milieux naturels et surtout, quels écosystèmes doivent absolument en être préservés.

Des équipes de Sea Shepherd seront présentes dans la baie de Saint−Brieuc ces prochaines semaines pour documenter, alerter, sensibiliser l’opinion publique et se faire l’échos des alertes scientifiques sur ces enjeux cruciaux. Un moratoire sur les projets de centrales éoliennes en mer doit être instauré de toute urgence tant qu’une feuille de route environnementale stricte ne sera pas mise en place. Si cette industrie a véritablement vocation à relever le défi environnemental du siècle, la préservation de la biodiversité doit être pour elle, une priorité. A défaut de quoi, le « remède éolien » risque de s’avérer pire que le mal.

https://time.com/5733954/climate-change-whale-trees/

Ours tué en Ariège : Où en sommes-nous un an après la récompense de 50 000 € initiée par Sea Shepherd ?

Trois ours auront été tués par l’Homme dans les Pyrénées en 2020. Le premier sur le versant catalan espagnol en avril, le deuxième sur le versant français en Ariège à peine quelques semaines plus tard début juin, et le troisième le 29 novembre dans la province espagnole de Huesca.

Rappel des faits côté espagnol : En avril 2020, les équipes du Conseil Général du Val D’Aran retrouvent le jeune ours Cachou né en 2015, mort au fond d’un ravin de 40 mètres. L’enquête surprend alors dès le début par la demande inédite du juge qui réclame le secret de l’instruction, une première dans une enquête sur la mort d’un animal. Quelques semaines plus tard, la presse espagnole confirme l’empoisonnement de Cachou à l’éthylène glycol. Les journaux annoncent en parallèle l’interpellation d’un agent de l’environnement du Conseil Général d’Aran. Le fonctionnaire faisait partie de l’équipe de surveillance chargée de la sécurité des ours dans la région. L’enquête prend rapidement une autre tournure. D’autres suspects étant impliqués dans l’empoisonnement de l’ours, ces derniers sont mis sur écoute par la police locale qui découvre l’existence d’un trafic de drogue colombien. Douze personnes seront arrêtées, parmi lesquelles un garde forestier et le maire d’un village de la région.

L’enquête sur l’empoisonnement de Cachou se poursuit. En mars dernier, la Dépêche indiquait dans un article : « Selon nos confrères des médias espagnols, les deux principaux suspects dans l’empoisonnement de l’animal sont un agent environnemental du Conseil Général d’Aran, ainsi qu’un homme qui fut conseiller de territoire au gouvernement aranais entre 2015 et 2019. Un comble : le premier participait au programme de suivi de l’ours, tandis que le second avait en charge la gestion des fonds européens pour la repopulation de l’ours des Pyrénées ». (article disponible ici : Mort de l’ours Cachou en Espagne : l’enquête révèle un trafic de cocaïne – ladepeche.fr)

Rappel des faits côté français : un jeune ours est découvert abattu à Ustou en Ariège en juin dernier. Transporté à l’école vétérinaire de Toulouse, l’autopsie confirmera ce que nous savions déjà : le caractère criminel de sa mort. Il y a un an, face à la gravité d’un tel crime et connaissant très bien la complexité de ce type d’affaire pour lutter contre le braconnage depuis plus de 40 ans, nous avions lancé une récompense de 10 000€ pour toute personne permettant aux autorités d’arrêter le ou les responsables de la mort du jeune ours. Quelques jours plus tard, des dons spontanés de particuliers français et étrangers s’y associaient. Du jamais vu. La cagnotte passait de 15 000€ à 20 000€, 35 000€ puis 45 000€ pour atteindre aujourd’hui la somme de 50 000€. Cette pratique peu courante en France avait permis une forte médiatisation et une mobilisation de l’opinion publique.

Un an plus tard, la pression est bien là mais l’enquête n’est pas au stade d’avancement de celle de nos voisins de l’autre côté des Pyrénées. La faute à qui ?… Un manque de moyens pour les enquêteurs ? La peur de témoigner ? Quand Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, également maire d’un petit village proche d’Ustou au moment des faits, appelle la montagne à rester muette, on ne peut qu’imaginer la pression qui pèse sur les épaules (et celles des proches) de ceux qui auraient des informations pouvant faire avancer l’enquête…

Nous avions immédiatement porté plainte contre Christine Téqui pour subornation de témoin, puis pour diffamation, cette dernière ayant qualifié Sea Shepherd de « pompe à fric« . En parallèle, une autre plainte avait été déposée contre l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées) qui avait accusé Sea Shepherd de lancer une « chasse à l’homme avec prime à la délation » et d’avoir recours à « des procédés dignes de la guerre 39-45« .

Si les plaintes pour diffamation à l’encontre de C. TEQUI et de l’ASPAP sont encore en cours d’instruction, la plainte pour subornation de témoin a quant à elle été classée sans suite. Sea Shepherd conteste cette décision et a établi un recours auprès du Procureur Général.

L’enquête est aujourd’hui protégée par le secret de l’instruction. Les enquêteurs de la gendarmerie nationale sont toujours mobilisés sous la direction du Procureur de la République. « Une enquête préliminaire dure en moyenne entre 1 et 3 ans en France et nous avons bon espoir que les enquêteurs finissent par identifier les auteurs de ces délits, qu’il s’agisse de l’auteur des coups de feu ou des personnes qui l’aident à échapper à la justice. Les gendarmes en charge de l’enquête semblent très motivés » Jean Tamalet du cabinet King & Spalding, avocat de Sea Shepherd France.

En novembre dernier, c’est l’ourse Sarousse qui est tuée par un chasseur de sanglier dans la province de Huesca, à nouveau en Espagne. La légitime défense est invoquée par ce dernier. Selon la presse locale, si les enquêteurs voient cette hypothèse comme la plus probable, ils envisagent deux autres scénarios : « une erreur d’appréciation du chasseur qui pensait tuer un sanglier ou une intention délibérée de tuer l’ourse ». (Ours des Pyrénées : le chasseur qui a tué Sarousse aurait tiré pour se protéger (francetvinfo.fr))

Ce sont encore des chasseurs qui sont responsables de la mort d’un quatrième ours l’année dernière dans le massif des Asturies cette fois (le même jour que la mort de Sarousse) lors d’une battue aux sangliers. Ces derniers ont déploré un accident. Une enquête a également été ouverte.

Nous rappelons que la récompense de 50 000€ est bien entendu et plus que jamais toujours d’actualité pour tout témoignage permettant de faire condamner le ou les braconniers qui ont tué le jeune ours retrouvé mort en Ariège le 9 juin 2020.

Quand le Centre Sécurité Requin braconne dans la réserve marine…

Une fois n’est pas coutume, le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion (RNNMR) est sorti récemment de sa réserve pour alerter publiquement les autorités sur les pratiques de pêche illégales du Centre Sécurité Requin (CSR, ex-CRA) à l’intérieur de la réserve, jusque dans ses sanctuaires les plus protégés.

En effet, si la pêche professionnelle est autorisée dans les zones de protection générale et dans les zones de protection renforcée externe (ZPR 2B, situées plus au large), elle est formellement interdite dans les ZPR 2A (zones situées dans la partie la plus construite de l’édifice récifal, de 0 à -30m de profondeur) et à fortiori dans les zones de protection intégrale : les fameux sanctuaires, en très petit nombre.

Le Conseil Scientifique de la Réserve Marine a donc publié le 19/05/21 une auto-saisine reprise par le journal Le Monde du 14/06/21, puis a adressé le 19/06/21 un courrier à ce sujet aux autorités locales et nationales.

En dehors du JIR (article du 16/06/21), aucun média à la Réunion ne s’en est fait l’écho, illustrant une fois de plus le parti pris des médias réunionnais pour la destruction systématique des requins tigres et bouledogues menée par l’Etat français dans nos eaux.

Mais que s’est-il passé exactement ?

L’arrêté préfectoral n° 1742 du 15 juillet 2008 modifié, réglementant l’exercice de la pêche maritime professionnelle dans les eaux de la Réunion, et l’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019, autorisent de manière dérogatoire la pêche des requins tigres et bouledogues dans les ZPR 2A, uniquement dans le cadre de dispositifs post-attaque ou post-observation (lorsqu’un requin a été observé de manière certaine).

L’arrêté n° 298 stipule, en son article 5 : « L’opération ciblée de prélèvement (…) s’effectue au moyen de la technique de palangue ancrée, dite palangue verticale avec alerte de capture, dans les zones de protection renforcée de niveau 2A, hors platiers récifaux. Aucune pêche n’est permise en zone de protection intégrale ».

Le même arrêté précise en son article 10 : « Les infractions au présent arrêté exposent leurs auteurs aux poursuites et peines prévues par l’article L.5242-2 du code des transports », soit un an d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Le problème, c’est que le CSR – qui bénéficie visiblement de protections en haut lieu – se croit tout permis et s’autorise toutes les libertés vis-à-vis de la réglementation.

Sur ces 4 dernières années en effet, le Conseil Scientifique a relevé près de 170 infractions aux arrêtés préfectoraux précités et à la réglementation de la réserve marine à l’occasion de pêches du CSR en ZPR 2A ou en sanctuaires !! Une paille…

Quand on sait que l’Etat fait – à juste raison – la chasse aux « petits » braconniers dans la réserve et que la justice n’hésite plus à les condamner à de fortes amendes voire à des peines de prison ferme, on reste stupéfait de voir que ce même Etat français – qui pilote le CSR – se permet de braconner ouvertement (il n’y a pas d’autre mot) dans ladite réserve !

Evidemment, le sous-préfet de Saint-Paul étant à la fois président de la réserve marine et président du CSR, cela facilite bien les choses dès lors qu’il s’agit d’exonérer le CSR de ses propres turpitudes : ce dernier a les coudées franches et fait ce qu’il veut dans la réserve, avec l’argent du contribuable, et au mépris du droit commun et de l’intérêt général…

Ce scandale a été découvert de la manière la plus simple qui soit. En effet, l’IFREMER publie sur le portail SEXTANT Océan Indien (https://sextant.ifremer.fr/ocean-indien) des cartes sur lesquelles figurent les données du programme de pêche mené par le CSR en regard du zonage réglementaire de la réserve marine, en particulier les positionnements GPS, les dates et le type d’engin de pêche utilisé. Et ces données sont accessibles en consultation librement. Du moins elles l’étaient jusqu’à fin mai 2021…..

Car depuis cette date, à la place des cartes en question, il n’y a plus qu’un écran vide. Selon Le Monde, le CSR aurait demandé à l’IFREMER d’effacer les pages en libre accès. Pourquoi se gêner en effet quand on a l’appui inconditionnel de l’Etat ?

A mourir de rire quand on sait que le directeur du CSR Willy Cail se targue sans cesse de la transparence la plus complète : « On est dans la transparence ! Nous n’avons rien à cacher » déclare-t-il au Monde. Rappelez-vous également la campagne de désinformation orchestrée par le même Willy Cail et le sous-préfet de Saint-Paul en décembre 2019 : « Le CSR se veut transparent face aux attaques » (JIR, 19/12/19).

Comme seule explication le directeur du CSR tente de se dédouaner en affirmant dans Le Monde que les positionnements GPS indiqués sur les cartes sont ceux des bateaux, pas des palangres. Et de dénoncer « une instruction à charge insolente de la part de gens qui ne savent pas lire des métadonnées » (sic).

Déjà la simple circulation des bateaux dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires est formellement interdite. Nombre d’usagers de la mer ont été verbalisés par les agents de la réserve marine pour avoir traversé ces zones.

Par ailleurs, si aucun des 7 pêcheurs professionnels missionnés par le CSR n’était effectivement capable de se positionner en mer de jour comme de nuit, cela mettrait en cause non seulement leur professionnalisme mais encore leur propre sécurité.

Pire encore, cela montrerait qu’en fait les pêcheurs ne savent pas se servir d’un GPS et ne connaissent donc pas la position précise de leurs engins de pêche, ce qui serait grave pour le fonctionnement du programme de pêche financé, rappelons-le, par l’argent du contribuable. Cela démontrerait également un manque total de suivi des opérations de la part de la direction du CSR.

Le CSR publie sur le site www.info-requin.re les synthèses des opérations de pêche et les rapports trimestriels des observateurs indépendants (RTO).

Or à chaque fois qu’ils étaient présents, ces observateurs ont mis en avant une conformité à 100% du système de suivi GPS, du respect des zones et des horaires, et du respect des réglementations de la part des pêcheurs. Bizarre, non ?

Ces derniers ont-ils reçu la consigne de pêcher dans les zones interdites en l’absence des observateurs ou l’ont-ils fait de leur propre chef ? Le directeur du CSR doit bien le savoir…..

Mais ce n’est pas tout.

Le CSR avait imposé aux pêcheurs, dans le cahier des charges, des préconisations concernant les hameçons, notamment l’utilisation d’hameçons en acier oxydable afin que, si l’hameçon était impossible à retirer, il puisse se dégrader assez vite au contact de l’eau de mer.

Cette exigence n’a jamais été respectée et a vite été abandonnée (synthèse n° 4, RTO n°1 à 4).

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 stipule, en son article 5 : « Les appâts seront congelés préalablement, entiers, de taille et de poids supérieurs à 30 centimètres et 1 kilogramme, afin de limiter les prises sur les prédateurs de petite taille ».
Le non-respect systématique de ces dispositions par les pêcheurs a conduit le CSR à les abandonner pour la plupart – un comble – à l’exception de l’obligation de congélation pour laquelle les observateurs indépendants précisaient à partir du 20/04/19 (RTO n°4) : « La prescription concernant la congélation préalable des appâts, mal comprise par les pêcheurs, est maintenue dans le but de limiter l’attractivité des engins à un périmètre restreint ».

Las, dans les mois suivants, cette obligation a elle aussi été abandonnée pour des appâts plus attractifs (RTO n° 5), les pêcheurs étant probablement soucieux de rentabiliser leurs sorties et le CSR désireux de tuer plus de requins bouledogues : « Pas de contrainte sur la pré-congélation des appâts, les pêcheurs pourront ainsi utiliser les appâts fraîchement pêchés par leurs soins. (…) Des appâts vivants peuvent également être utilisés (…) ».

Pendant la seule année 2020 (synthèses n° 34 à 45), les pêcheurs ont déployé 2808 palangres verticales avec alerte de capture (PAVAC). Selon Le Monde, qui a interrogé le directeur du CSR, les pêcheurs sont rémunérés par le CSR 300€ pour le déploiement d’une PAVAC. Faites le calcul : il y en a pour 842 400€ ! Une moyenne de 70 200€ par mois.

Quand on sait (synthèse n° 50) qu’entre mars 2018 et le 1er mai 2021, il y a eu 104 930 heures de pêche cumulées – combien dans les ZPR 2A et dans les sanctuaires ? – on se rend compte que la pêche aux requins est une véritable mine d’or pour un petit nombre de personnes à la Réunion !! Allez chercher ensuite pourquoi ils ne veulent surtout pas que ça s’arrête…

L’arrêté préfectoral n° 298 du 15 février 2019 précise, dans ses considérants, que « cette autorisation temporaire [de prélèvement] se fait dans le cadre d’un protocole rigoureux, avec l’aval de la RNNMR (….) » (sic). Et il prévoit, en son article 5 :
« L’opération ciblée de prélèvement, dont il sera fait un suivi géolocalisé, sera filmée (déploiement des engins ; captures). L’ensemble des données relatives aux positions et horaires de pêche, à l’état des appâts et aux captures réalisées seront capitalisées et partagées avec le GIP RNNMR. Des observateurs, gardes du GIP RNNMR ou mandatés par le [CSR], seront embarqués et formés pour s’assurer du suivi de l’opération et du respect des conditions d’intervention définies ci-dessus. A la fin de l’opération, le [CSR] communiquera au public l’ensemble des démarches menées et les résultats de l’opération ciblée ».
S’agissant des données, on sait ce qu’il en est advenu.

Concernant le partage avec la réserve marine, et son aval, cela n’a évidemment jamais été le cas dès lors qu’il s’agissait d’opérations de pêche illégales, à fortiori dans les sanctuaires. La procédure de concertation est pourtant explicitement détaillée à l’article 3 de l’arrêté n° 298.

Les observateurs ne sont présents sur les bateaux de pêche que dans une proportion infime des sorties : entre 2.9% et 8.3% de l’effort de pêche.

Quant à la communication en direction du public, ledit public en jugera…..

Enfin on insistera sur l’impact éminemment destructeur de cette pêche aux requins dans les écosystèmes coralliens déjà très fragiles de la réserve marine de la Réunion.

Depuis le début de la pêche en 2013, ce sont pas moins de 532 requins tigres et bouledogues qui ont été tués et conduits à l’équarrissage. Un monumental gaspillage de biodiversité.
Du 29 mars 2018 au 30 mai 2021, le CSR, selon ses propres données :

  • a pêché 260 requins ciblés dont 47 requins bouledogues (6% des prises) et 213 requins tigres (29% des prises),
  • a surtout pêché…475 prises « accessoires » (65% des prises), dont 89 sont mortes – soit un taux de mortalité minimum de 17% – et 39 ont été relâchées « fatiguées » : barracudas, carangues, mérous, murènes, raies, autres espèces de requins, etc….Sans compter les espèces en danger d’extinction ou vulnérables et inscrites à ce titre sur la liste rouge de l’UICN (requins marteaux, grande raie guitare, requin nourrice fauve, requin gris d’estuaire, tortue verte, etc…).

Et il est important de le rappeler :

  • il n’a jamais été démontré scientifiquement que la pêche aux requins dans les ZPR 2A diminuait le risque requin.
  • l’étude CHARC a démontré que la répartition spatiale des requins bouledogues était centrée à l’extérieur de la réserve et non à l’intérieur.
  • les requins tigres ne sont quasiment pas impliqués dans les accidents : leur destruction ne sert que les intérêts financiers des pêcheurs et du CSR. La fameuse « crise requin » est d’abord « une crise bouledogue » selon les propres termes du directeur du CSR.
  • les 83% de taux de « survie » revendiqués par le CSR pour les captures accessoires sont sujets à caution. Les perturbations du métabolisme interne occasionnées par ces pêches sur les individus pris à l’hameçon ne sont pas négligeables et les conduisent vraisemblablement à la mort à plus ou moins long terme, en particulier pour ceux relâchés « fatigués » (infections, prédation, etc….). Or ces espèces, que la réserve s’efforce de protéger depuis sa création en 2007, sont essentielles pour les écosystèmes coralliens (prédateurs au sommet des chaînes alimentaires).

En conclusion de son auto-saisine, « le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale Marine dénonce un tel dysfonctionnement peu ou pas respectueux, ni de la réglementation, ni des procédures administratives, et qui met en jeu la pérennité de l’écosystème récifal réunionnais. Ceci est fort surprenant de la part d’une instance gérée par un GIP présidé par Monsieur le Préfet de la Réunion ».

La messe est dite. Au public réunionnais d’en tirer ses conclusions.

Collectif d’associations :
Sea Shepherd Conservation Society – Longitude 181
One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration
Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité
Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES

Premier coup de filet dans le cadre d’un nouveau partenariat entre Sea Shepherd et le gouvernement péruvien

Des garde-côtes et des procureurs fédéraux péruviens spécialisés dans la protection de l’environnement interviennent contre plusieurs infractions à la loi lors d’une opération menée en collaboration avec des défenseurs de l’environnement.

LIMA, Pérou, 6 juillet 2021 – Au cours d’une série d’opérations menées par le gouvernement péruvien, des procureurs spécialisés dans la protection de l’environnement naviguant à bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd ont repéré et appréhendé plusieurs navires pêchant illégalement dans les eaux péruviennes.

Crédit photo : Sea Shepherd

En octobre 2020, Sea Shepherd a conclu un accord officiel, connu sous le nom de Convenio, avec la FEMA, le bureau des procureurs spécialisés dans les questions environnementales du Pérou. Ce partenariat vient renforcer les efforts du gouvernement péruvien en matière de surveillance de ses eaux souveraines, en accordant aux fonctionnaires l’accès à un navire de patrouille offshore civil qui accueille des procureurs environnementaux et autorise Sea Shepherd à soumettre des recommandations relatives aux politiques et poursuites juridiques.

Les 16 et 17 juin de cette année, un petit chalutier péruvien, le Don Santos, a été repéré en train de pêcher dans la zone d’exclusion côtière péruvienne de 5 milles marins au large de la côte de Tumbes. Toute pêche non autorisée au sein de cette zone protégée est strictement interdite. Les garde-côtes sont alors montés à bord du navire à la demande des procureurs péruviens qui avaient détecté l’incursion par radar depuis le pont de l’Ocean Warrior.

L’inspection a révélé que le système de surveillance par satellite du chalutier, un émetteur-récepteur de bord qui fait office de transpondeur et permet aux forces de l’ordre de suivre les mouvements des navires, n’était plus opérationnel depuis 2018 et que le navire de pêche avait probablement jeté ses captures par-dessus bord avant l’arraisonnement pour tenter de détruire toute preuve de pêche illicite.

Des contraventions ont été dressées contre le Don Santos pour pêche sans système de surveillance par satellite en état de marche, pêche dans une zone d’exclusion côtière et destruction de preuves. Il est en outre interdit au navire de reprendre ses activités de pêche tant que ces trois amendes n’auront pas été payées.

Crédit photo : Sea Shepherd

La mission a également révélé que deux autres chalutiers péruviens, le Mi Pastor et le Señor Cautivo, pêchaient sans système de surveillance par satellite. En outre, le Mi Pastor ne possédait pas de permis de pêche valide pour la zone de Tumbes. À la demande des procureurs péruviens, des garde-côtes sont montés à bord du Mi Pastor et du Señor Cautivo et les ont ramenés au port pour y être placés en détention.

Plus tôt dans le mois, trois bateaux locaux ont été repérés en train de pêcher illégalement des coquilles Saint-Jacques dans la zone d’exclusion côtière de 2 milles marins au large de Lobos de Tierra et d’utiliser des fusils-harpons pour braconner des poulpes. Les procureurs utilisent les preuves photographiques obtenues par le drone de l’Ocean Warrior pour monter leurs dossiers juridiques.

« La pêche illicite existe car les autorités portent leur regard et leurs réflexions sur d’autres problématiques », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd. « C’est pourquoi Sea Shepherd est fier d’accompagner le FEMA dans cette initiative gouvernementale qui vise à attirer l’attention vers les océans en amenant les procureurs sur le lieu du crime, là où la faune marine unique du Pérou est la plus menacée. »

En effet, les eaux péruviennes abritent une abondante vie marine, dont plus de 30 espèces de baleines et de dauphins, plus de 60 espèces de requins et la plus grande population d’anchois du monde. Un certain nombre d’espèces de requins trouvées dans les eaux péruviennes sont actuellement menacées d’extinction.

Sea Shepherd fournit un navire civil de patrouille en mer pour aider les procureurs fédéraux à observer les espèces en danger et les espèces migratrices et à surveiller la zone en cas de menaces pour la biodiversité. En outre, Sea Shepherd aide les procureurs et d’autres fonctionnaires à appliquer le droit national et international et à s’assurer que les lacunes potentielles des politiques en vigueur sont identifiées et corrigées.

Crédit photo : Sea Shepherd

« L’Ocean Warrior sert de plate-forme aux procureurs péruviens chargés de la protection environnementale. Il leur permet d’obtenir des données sur l’étendue de l’activité de pêche illicite dans les eaux territoriales et d’étendre ainsi l’action de la justice jusqu’à l’océan », a déclaré le Dr Flor de María Vega Zapata, procureur supérieur coordinateur national de la FEMA. « Ce premier succès a permis de capturer trois chalutiers et trois bateaux de pêche locaux. Cela prouve qu’il est impératif que la FEMA dispose de procureurs spécialisés exerçant en mer et montre ce que peut offrir une collaboration innovante avec la société civile, comme Sea Shepherd. »

Projet éolien en baie de Saint-Brieuc responsable d’une pollution maritime : Sea Shepherd porte plainte

Sea Shepherd a récemment exprimé ses inquiétudes sur les différents projets d’éoliennes en mer prévus en France en raison de leur impact colossal sur la vie marine et les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées par l’Etat français aux promoteurs du secteur. Pour cette raison nous nous étions joints à la manifestation contre le projet à Saint-Brieuc organisée par le Comité des Pêches des Côtes d’Armor fin mai.

L’Aeolus, navire de forage actuellement en baie de Saint-Brieuc a déclaré une fuite d’huile de 100 litres ce lundi, représentant une nappe de 15,9 km de long et de 2,8 km de large, indique un communiqué de la préfecture maritime. Un « problème technique » survenu à l’occasion d’une série de forages selon Ailes Marines (filiale du groupe énergétique espagnol Iberdrola, développeur du projet éolien en mer). La société a annoncé que le navire quittera la baie de Saint-Brieuc pour rejoindre un port hollandais afin de conduire des vérifications sur les équipements de forage.

« Ce projet tel qu’il doit être réalisé, à cet endroit précis qui abrite une biodiversité fragile et des espèces particulièrement sensibles aux nuisances générées par les éoliennes, est un véritable scandale écologique » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « L’alibi de la lutte contre le changement climatique est irrecevable face à la destruction du milieu marin, premier organe de régulation du climat. Il est urgent que le grand public saisisse l’importance de l’enjeu et que des informations complètes et transparentes soient enfin données aux français ».

Sea Shepherd dépose plainte aux côtés du Comité des Pêches des Côtes d’Armor et de l’Association Gardez les Caps.

Si une plainte commune de Sea Shepherd avec le comité des pêches peut surprendre, elle n’en n’est pas pour autant dénuée de sens.

« Les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont été jusqu’ici les plus farouches opposants à ce projet d’éoliennes. Si nos priorités divergent, nous avons un objectif commun avec tous ceux qui veulent garder la mer vivante. Ce projet est un véritable écocide contre lequel un vent de colère citoyen devrait s’élever. Les pêcheurs ne doivent pas être seuls à livrer cette bataille, elle nous concerne tous » conclut Lamya Essemlali.

Sea Shepherd porte également plainte contre X pour le dégazage illégal au large de la Corse découvert vendredi dernier. Une nappe de 35 km de long contenant des hydrocarbures lourds a été repérée à environ 9km de la côte est de l’île à l’occasion d’un exercice militaire aérien. Plusieurs tonnes d’hydrocarbures ont déjà été récupérées par les opérations des navires de la marine mais la pollution est de plus en plus morcelée et dispersée, et malgré tous les moyens déployés au large, des plages de l’île sont aujourd’hui touchées par des boulettes d’hydrocarbure.


Dans la presse :
Pollution en baie de Saint-Brieuc : une nappe d’huile de 16 km détectée sur le chantier – Saint-Brieuc.maville.com

Prétendue baisse des captures de dauphins dans le Golfe de Gascogne : NON, on ne peut absolument rien conclure des chiffres annoncés par le Comité National des Pêches (CNPMEM)

Dans un récent communiqué de presse, le CNPMEM annonce des chiffres prétendument encourageants concernant les échouages de dauphins l’hiver dernier dans le Golfe de Gascogne. Faisant état d’une ”baisse de plus de 30% des échouages de dauphins par rapport à la moyenne des 4 années précédentes”, le CNPMEM met ces chiffres en corrélation avec “une intensification du programme d’action pour comprendre et lutter contre ces captures” ainsi que des protocoles mis en place avec la Ministre de la Mer.

image: Sea Shepherd France

Si une baisse des échouages l’hiver dernier est avérée, Sea Shepherd réfute toute corrélation avec les mesures mises en place par le CNPMEM et le Ministère de la Mer pour les raisons suivantes :

– Le nombre d’échouages dépend surtout des conditions météorologiques

Les conditions météorologiques de l’hiver 2020/21 n’ont pas été propices aux échouages. Les vents d’ouest sont ceux qui amènent les cadavres vers la côte. Les vents d’Est les amènent vers le large. Nos équipes ont patrouillé sur les plages de Vendée plusieurs mois et ont passé plusieurs semaines d’affilée sans voir de cadavres pendant les longues de périodes de vents d’Est. “Plusieurs dizaines de cadavres se retrouvaient sur les plages parfois sur un seul week-end dès le retour des vents d’Ouest” déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. “Dans ces conditions, une baisse des échouages ne permet absolument pas de conclure qu’il y a eu une baisse des captures en mer, cela signifie juste que beaucoup de cadavres ont dérivé vers le large”.

Le Comité des Pêches confirme lui-même que l’hiver dernier n’était pas propice aux échouages : “Cette année, 57 bagues ont été posées sur des captures accidentelles, et 10 ont été retrouvées sur les plages du golfe de Gascogne (…). En 2020, la moitié des bagues posées avaient été retrouvées.”

– Aucune mesure effective de réduction immédiate des captures n’a été prise

Malgré une mise en demeure de la France par la Commission Européenne et une condamnation du Tribunal Administratif de l’Etat pour carence sur la question des captures de dauphins, la Ministre de la Mer Madame Annick Girardin a refusé de suivre les recommandations scientifiques qui demandent des fermetures spatio-temporelles des pêcheries à risques, seule mesure qui aurait permis une diminution immédiate et avérée des captures.

– Des déclarations de captures obligatoires mais toujours quasi inexistantes

Le CNPMEM fait état de 84 déclarations de captures (sur un potentiel de plusieurs milliers). Ce chiffre déjà extrêmement bas doit encore être mis en perspective avec les 35 captures observées – et donc forcément déclarées. Le secteur est encore bien loin d’avoir “pris le problème à bras le corps” comme l’affirme Jean Luc Hall, DG du CNPMEM.

– Les pingers ne peuvent pas expliquer une baisse des captures

Pour rappel les pingers sont uniquement installés sur les chalutiers pélagiques soit 80 navires de pêche (sur les centaines qui capturent potentiellement des dauphins dans le Golfe de Gascogne). Les chalutiers représentent une minorité des captures (faites pour l’essentiel par des fileyeurs) et chaque année, les équipes de Sea Shepherd filment des chalutiers équipés de pingers avec des dauphins dans leur chalut…

Enfin, ne perdons pas de vue que même si les conditions météorologiques avaient été propices aux échouages et que des mesures concrètes avaient effectivement été prises, une baisse de 30% des captures correspond tout de même à un taux d’échouage intenable pour l’espèce et à un niveau équivalent à la sonnette d’alarme tirée par l’Observatoire Pélagis en 2017.

“Le Comité National des Pêches a raison sur une chose : les professionnels de la mer ne peuvent se satisfaire ou se gratifier de ces chiffres – qui n’ont rien d’encourageant” conclut Lamya Essemlali