Opération Solla Stella : 15eme arrestation pour crime de pêche

Dans le cadre d’une opération conjointe avec le ministère de la défense du Libéria pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes libériens dans l’arrestation d’un navire senneur immatriculé à l’étranger et au passé criminel chargé en matière de pêche illégale au Libéria.

Le Solevant pêchant dans les eaux libériennes. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le 7 avril, le navire de pêche (F/V) Solevant, senneur de 55 mètres battant pavillon sénégalais, a été abordé pour une inspection par la Garde côtière libérienne qui se trouvait à bord d’un petit bateau envoyé depuis le Bob Barker de Sea Shepherd. Ce navire était connu pour avoir été condamné à une amende en 2012 par les autorités libériennes pour pêche illégale, prises non déclarées et usage d’une licence de pêche au Libéria falsifiée.

Garde-côtes libériens à bord du Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Au cours de l’inspection, le capitaine du Solevant a fourni aux garde-côtes libériens une copie d’une prétendue licence de pêche du Libéria. La règlementation de la pêche au Libéria impose d’être muni de l’original ou d’une copie certifiée.

Le numéro de licence attribué à cette copie était le même que celui d’un autre navire, le F/V Panofi Discoverer.

Garde-côtes libérien sécurisant le Solevant avec le Bob Barker à l’arrière-plan. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

« Deux navires ne peuvent pas circuler avec le même numéro de licence et les soupçons des garde-côtes libériens ont été confirmés par la précédente condamnation du navire pour usage d’une licence de pêche factice en 2012. Les garde-côtes libériens n’ont pas eu d’autre choix que d’arrêter le bateau« , a expliqué l’honorable Daniel Ziankahn Jr., ministre de la défense du Libéria.

Prise accidentelle d’un requin à bord du Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le capitaine était en outre incapable de produire un registre de pêche, utilisé pour prouver où le poisson a été capturé, ni une déclaration de chargement, obligation légale pour comptabiliser le poisson déjà à bord. C’est une pratique courante chez les braconniers de ne pas enregistrer officiellement leurs prises et leur chargement.

Le Bob Barker intercepte le Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

« En 2012, un suivi par satellite a prouvé que le Solevant, alors exploité sous le nom de Santa Maria, pêchait illégalement dans la zone économique exclusive du Libéria aux mois de février, juin, juillet et septembre. Le navire avait été interpelé en possession d’une fausse licence de pêche du Libéria. Il est aujourd’hui de retour dans les eaux du pays, utilisant le numéro de licence d’un autre navire. Le subterfuge n’a pas échappé à la vigilance des garde-côtes libériens, aidés par le capitaine australien Anteo Broadfield et l’équipage duBob Barker », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur de campagnes de Sea  Shepherd Global.

Garde-côtes libérien  à bord du Solevant avec le Bob Barker à l’arrière-plan. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Le Solevant a été arrêté et escorté par la Garde côtière libérienne et le Bob Barker jusqu’au port de Monrovia.

C’est la 15ème arrestation d’un navire pour crime de pêche dans les eaux libériennes depuis février 2017, quand a débuté le partenariat – baptisé Opération Sola Stella – entre le ministère de la Défense nationale du Libéria et Sea Shepherd.

Le 11 février 2019, Sea Shepherd a été récompensée de l’Ordre du service distingué (OSD) par le président Dr. George Manneh Weah en reconnaissance du succès de l’Opération Sola Stella. L’OSD est la plus haute distinction militaire décernée par le ministère de la Défense nationale et les Forces armées du Libéria, en reconnaissance de services exceptionnels rendus à la République.

Le Solevant en route vers la détention à Monrovia. Photo de Rodolphe Villevieille/Sea Shepherd
Le bateau et les petites embarcations de Sea Shepherd interceptent le Solevant. Photo de Flavio Gasperini/Sea Shepherd

Lancement de l’Opération Sola Stella III : Un chalutier industriel étranger arrêté quand Sea Shepherd renouvelle son partenariat avec le Libéria contre la pêche illégale

Au cours d‘une opération conjointe avec le Ministère de la défense du Libéria visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en République du Libéria, Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes dans l’arrestation d’un chalutier industriel sous pavillon étranger, surpris en train de piller des zones de pêche artisanale.

Malgré de gros efforts pour dissimuler son identité, le Bonheur, ce chalutier de 32 mètres a été intercepté le 7 novembre par les garde-côtes libériens après avoir franchi la frontière depuis la Côte-d’Ivoire voisine avec ses filets déployés. A la vue des garde-côtes, le capitaine du Bonheur a immédiatement changé de cap, a accéléré et a tenté de fuir hors des eaux libériennes. A bord de la petite embarcation du Sam Simon, les garde-côtes libériens et Sea Shepherd ont pu aborder et sécuriser le Bonheur avant qu’il n’échappe à la justice.

L’équipe d’abordage a découvert que des filets avaient été étalés sur le nom du navire dans le but d’empêcher les pêcheurs artisanaux de l’identifier et de dénoncer son intrusion aux garde-côtes du Libéria.

Le Bonheur a été arrêté alors qu’il péchait à cinq milles marins des côtes, dans la zone des six milles au sein de laquelle le gouvernement libérien a interdit le chalutage industriel pour protéger le mode de vie des pêcheurs artisanaux du Libéria et des 33 000 libériens dont les revenus dépendent de la pêche à petite échelle. L’interdiction, mise en œuvre à travers la création d’une zone d’exclusion côtière (ZEC), a permis une augmentation sensible des populations de poissons au large des côtes.

« Alors que les petits pêcheurs artisanaux locaux constatent les avantages de la ZEC grâce à l’augmentation des populations de poissons, certains navires de pêche industrielle étrangers considèrent ces zones côtières comme des tirelires qu’ils peuvent fracasser avec leur matériel industriel« , explique Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Le Sam Simon a ensuite escorté le Bonheur jusqu’au port où sa cargaison de poisson a été confisquée par les autorités libériennes et où le navire attend que justice soit rendue.

L’arrestation du Bonheur marque le lancement de l’Opération Sola Stella III, le troisième partenariat entre Sea Shepherd et le Ministère libérien de la Défense nationale. Il s’agit de la 13ème arrestation d’un navire pour crimes de pêche dans les eaux libériennes depuis février 2017.

Plus d’information sur l’Opération Sola Stella III et le partenariat de Sea Shepherd avec le Ministère libérien de la Défense pour la fin de la pêche illégale (en Anglais) : https://www.seashepherdglobal.org/our-campaigns/operation-sola-stella/

Franc succès pour l’Opération Sola Stella II de Sea Shepherd en collaboration avec le gouvernement libérien

Douze mois de patrouille et douze arrestations : ce sont les résultats de la deuxième opération conjointe de Sea Shepherd avec le ministère libérien de la Défense nationale pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en République du Libéria, en Afrique de l’Ouest. Grâce à cette campagne, les incidents de pêche illégale ont connu une baisse spectaculaire et des populations de poissons ont pu réélire domicile dans les eaux côtières auparavant surexploitées.

Avant que l’Opération Sola Stella ne démarre au début de l’année 2017, la communauté de pêche artisanale de Harper, une ville libérienne située à la frontière avec la Côte d’Ivoire, signalait presque quotidiennement des incursions de chalutiers industriels étrangers pêchant illégalement. Ces incursions ont cessé après l’arrestation de cinq navires de pêche INN, dont un chalutier crevettier néerlandais battant pavillon nigérian, certifié exportant des crevettes « pêchées de façon durable » vers les États-Unis. Selon les pêcheurs artisanaux de Harper et Robertsport, à la frontière entre le Libéria et la Sierra Leone, le poisson revient aujourd’hui s’établir dans des zones qui ont été décimées par le passé.

« Les patrouilles ont eu l’effet dissuasif recherché« , a déclaré le directeur de campagnes, Peter Hammarstedt. « Sea Shepherd est très fier de son partenariat avec le ministère libérien de la Défense nationale. Il s’agit d’un exemple historique de ce qui peut être accompli en collaboration avec le gouvernement et la société civile pour combattre la pêche INN.« 

Suivant les traces du succès de la première campagne menée de février à mai 2017, l’Opération Sola Stella II est revenue pour huit mois de patrouille en mer supplémentaires de septembre 2017 au 25 mai 2018. Au cours de cette opération, deux navires de Sea Shepherd, le Bob Barker et le Sam Simon, ont navigué en alternance, donnant ainsi lieu à la plus longue période de patrouille à ce jour.

Au cours de ces patrouilles, sept autres arrestations ont été effectuées par les garde-côtes libériens avec l’aide de Sea Shepherd, y compris celle de deux navires de pêche INN inscrits sur la liste noire internationale : le Labiko 2 et le Hai Lung.

Lorsque le Labiko 2 a été arraisonné et inspecté dans les eaux libériennes le 15 novembre 2017, on a découvert que le navire, alors qu’il portait encore le nom de Maine, figurait sur trois listes noires INN de l’organisation régionale de gestion des pêches (ORGP) pour des infractions internationales. Au moment de l’arraisonnement, le célèbre braconnier déployait des filets maillants – pratique interdite – afin d’approvisionner l’installation secrète de production d’huile de foie de requin qui se trouvait à bord du navire. Des documents saisis à bord prouvent que le navire était à l’origine de la mort de plus de 66 000 requins des grands fonds à chaque expédition de pêche, soit plus de 500 000 requins morts par an. L’arrestation et la détention du Labiko 2 ont par conséquent sauvé la vie de plus de 250 000 requins.

Le Hai Lung, un braconnier de légines tristement célèbre et mieux connu sous son ancien nom, le Yele, a été arrêté le 13 mars 2018, après que le capitaine a présenté aux garde-côtes libériens de faux documents prétendant que le navire battait pavillon indonésien. Or, les bases de données du ministère indonésien des Affaires maritimes et des Pêches ne contenaient aucun enregistrement de ce navire. Ce faux certificat de nationalité faisait donc du Hai Lung un navire « sans nationalité », susceptible d’être saisi n’importe où, y compris en haute mer. Il a par la suite été découvert que le Hai Lung était un navire fugitif, échappé de sa détention au Nigeria.

Cinq autres navires ont été arrêtés pour une longue liste d’infractions, dont la pêche sans permis, la contrebande d’espèces sauvages et l’évasion fiscale et douanière.

À propos de l’Opération Sola Stella et des campagnes de Sea Shepherd pour mettre un terme à la pêche INN

Lancée en février 2017, l’Opération Sola Stella est la première campagne d’une opération conjointe entre Sea Shepherd et le gouvernement libérien pour lutter contre la pêche INN. Pour l’occasion, Sea Shepherd a fourni un patrouilleur civil côtier opérant dans les eaux libériennes sous la direction du ministère libérien de la Défense nationale. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables face à la pêche INN. À l’heure actuelle, elle comptabilise 40 % de la pêche dans les eaux ouest-africaines.

L’Opération Sola Stella s’inscrit dans le prolongement de l’engagement de Sea Shepherd Global à travailler activement avec les gouvernements nationaux et leurs organismes d’application de la loi dans la lutte contre la pêche INN. En 2016 et 2017, Sea Shepherd s’est associé au gouvernement gabonais dans le cadre de l’Opération Opération Albacore au cours de laquelle ont été effectuées plus de 80 inspections en mer et l’arrestation de six navires. En 2018, Sea Shepherd a débuté l’Opération Jodari avec des patrouilles contre la pêche INN dans les eaux tanzaniennes en partenariat avec les autorités tanzaniennes de pêche hauturière, la marine tanzanienne, l’agence tanzanienne pour le contrôle des stupéfiants, une équipe d’intervention multi-agences (la MATT, Multi-Agency Task Team) et Fish-i Africa.

Opération Sola Stella : Le Sam Simon intercepte un chalutier alors qu’il tente d’échapper à sa détention au Libéria

Un chalutier sous pavillon guinéen, détenu et faisant l’objet d’une enquête par les autorités libériennes, a été arrêté par la garde côtière libérienne assistée par Sea Shepherd, alors qu’il tentait d’échapper à la justice en prenant la fuite le 15 mars 2018.

Profitant d’un jour férié au Libéria, le F/V Benty 1 a tenté de passer sous le radar des autorités pour atteindre les eaux internationales.

Une équipe d’abordage de la garde côtière libérienne présente à bord du Sam Simon a intercepté le F/V Benty 1 à seulement 7 milles marins de la frontière entre le Libéria et la Sierra Leone voisine.

Les enquêteurs ont découvert que le F/V Benty 1 était en mauvais état avec de l’eau qui entrait par l’arbre de transmission de l’hélice, obligeant à pomper les cales toutes les heures.

Lors de l’abordage, le F/V Benty 1 a feint la panne mécanique et a donc été remorqué vers le port de Monrovia où il a été renvoyé en détention.

A propos de l’Opération Sola Stella

Depuis février 2017, sous le nom Opération Sola Stella, Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria dans la lutte contre la pêche INN en mettant à disposition un navire civil de patrouille offshore et un équipage qui opère dans les eaux libériennes sous la direction du Ministre libérien de la Défense. L’Opération Sola Stella a permis l’arrestation de onze bateaux pour pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN, qui compte pour 40% des prises de poissons en Afrique de l’ouest.

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore qui a conduit à plus de 80 inspections de navires de pêche en mer et l’arrestation consécutive de 5 chalutiers congolais INN et d’un palangrier espagnol.

En 2018, Sea Shepherd a lancé l’Opération Jodari à travers des patrouilles ciblant la pêche INN dans les eaux de Tanzanie en partenariat avec l’Autorité tanzanienne de pêche en eau profonde, la Marine tanzanienne, l’Agence de répression des drogues et l’équipe d’intervention inter-agences (MATT) et Fish-i Africa.

L’Opération Sola Stella marque la continuité de l’implication de Sea Shepherd Global dans sa coopération avec les gouvernements nationaux et leurs autorités dans le combat contre la pêche INN.

Opération Sola Stella 2017-2018 : Un braconnier notoire de légine arrêté par la garde côtière libérienne avec l’aide de Sea Shepherd

Un navire braconnier de légine antarctique et australe, célèbre pour avoir pillé l’Antarctique, a été arrêté le 13 mars dans les eaux du Libéria par la garde côtière libérienne avec l’aide de Sea Shepherd.

La force d'intervention anti INN de Sea Shepherd aux côtés des garde-côtes libériens pour l'abordage du F/V Hai Lung. Photo de Katie Mahler/Sea ShepherdLa force d’intervention anti INN de Sea Shepherd aux côtés des garde-côtes libériens pour l’abordage du F/V Hai Lung. Photo de Katie Mahler/Sea Shepherd

Le F/V Hai Lung, connu de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) sous son ancien nom ‘Kily’, transitait par les eaux libériennes quand il a été arraisonné et inspecté par des garde-côtes libériens travaillant aux côtés de l’équipage de Sea Shepherd à bord du navire de patrouille Sam Simon.

Opérant sous une multitude de noms, dont ‘Yele’, ‘Ray’, ‘Kily’, ‘Constant’, ‘Tropic’ et ‘Isla Graciosa’, le F/V Hai Lung est un bateau de pêche tristement célèbre figurant sur la liste noire de plusieurs organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) dont CCAMLR, SEAFO et NEAFC.

En conséquence, le navire s’est vu refuser l’accès au port au Togo et en Angola, et des sources non officielles affirment qu’il a été détenu au Nigeria pour avoir pénétré dans les eaux nigérianes sans autorisation l’année dernière.

Une fois à bord du F/V Hai Lung, l’agent de la garde côtière libérienne chargé de l’abordage a eu accès à des documents falsifiés alléguant que le F/V Hai Lung était immatriculé en Indonésie comme un navire de pêche.

Le certificat de nationalité aurait été délivré le 8 août 2017 à Jakarta, en Indonésie, par un haut fonctionnaire du ministère des transports qui avait depuis longtemps été réassigné à un autre poste gouvernemental. Le ministère indonésien des affaires maritimes et des pêches n’a aucune trace de ce navire dans sa base de données.

Le faux certificat de nationalité fait du F/V Hai Lung un navire “sans nationalité”, exposé aux saisies n’importe où, y compris en haute mer.

La garde côtière libérienne sécurise le F/V Hai Lung. Photo de Katie Mahler/Sea ShepherdLa garde côtière libérienne sécurise le F/V Hai Lung. Photo de Katie Mahler/Sea Shepherd

Sur ces bases, comprenant de nombreuses autres infractions, dont un soupçon de corruption de la police de sécurité maritime pour échapper à la justice nigérienne, la garde côtière libérienne a décidé d’arrêter le F/V Hai Lung et le détient dans la base de la garde côtière au port de Monrovia en attendant une enquête plus approfondie”, a déclaré l’honorable Daniel Ziankahn, Ministre libérien de la Défense nationale.

L'esquif de Sea Shepherd assiste la garde côtière libérienne à la poursuite du F/V Hai Lung. Photo de Sea ShepherdL’esquif de Sea Shepherd assiste la garde côtière libérienne à la poursuite du F/V Hai Lung. Photo de Sea Shepherd

Le propriétaire du F/V Hai Lung serait l’espagnol Argibay Perez, braconnier notoire de légine, appartenant à la “mafia galicienne”, inculpé pour plusieurs crimes à La Réunion et en Australie. En 1999, la Cour suprême d’Australie-occidentale, qui condamnait M. Perez à une amende, concluait : “le prévenu a commis six infractions qui sont de nature grave et pour lesquelles le niveau de criminalité est élevé”.

M. Argibay Perez est également lié au F/V Viking, un navire qui a été placé sur la Liste mauve d’Interpol en 2013 avant d’être arrêté et coulé par la Marine Indonésienne en 2016.

« A bord du F/V Hai Lung, la garde côtière libérienne a découvert un registre de contacts sur lequel figurent plus d’une douzaine de braconniers notoires de légine, dont deux braconniers de légine australe connus sous le nom les « Bandit 6 » : le F/V Viking et le F/V Thunder, tous deux sur Liste mauve d’Interpol avant qu’ils ne soient détruits. Ce dernier a été poursuivi par mon équipage et moi-même pendant 110 jours avant qu’il ne coule dans le Golfe de Guinée en avril 2015. Sachant que l’Indonésie est une figure de proue mondiale dans la lutte contre la pêche illégale, il est à la fois osé et insultant que le F/V Hai Lung ait tenté de falsifier des documents indonésiens », a déclaré Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Le capitaine du F/V Hai Lung interrogé par les garde-côtes libériens. Photo de Sea ShepherdLe capitaine du F/V Hai Lung interrogé par les garde-côtes libériens. Photo de Sea Shepherd

Le F/V Hai Lung en détention à côté du F/V Labiko 2, autre braconnier notoire arrêté il y a quatre mois. Photo de Katie Mahler/Sea ShepherdLe F/V Hai Lung en détention à côté du F/V Labiko 2, autre braconnier notoire arrêté il y a quatre mois. Photo de Katie Mahler/Sea Shepherd

Le Nigéria condamne un chalutier « certifié pêche durable » arrêté dans les eaux du Libéria

Prenant les accusations de pêche illégale au sérieux, le gouvernement du Nigéria a rappelé un crevettier « certifié pêche durable » arrêté dans les eaux libériennes en 2017 et l’a maintenu en détention pendant trois mois le temps que le propriétaire du navire licencie le capitaine et l’ingénieur en chef.

La garde-côtière libérienne se prépare à l’abordage du Star Shrimper XXV. Photo Alejandra Gimeno/Sea Shepherd

Le 13 mars 2017, la garde côtière libérienne arrêtait le navire sous pavillon Nigérian (F/V) Star Shrimper XXV, avec l’aide de Sea Shepherd, pour de multiples infractions. Il pêchait activement sans licence de pêche libérienne, a été appréhendé dans une zone d’exclusion côtière (IEZ) réservée à la pêche artisanale locale, et n’était pas équipé d’un dispositif d’exclusion des tortues (TED), pourtant obligatoire pour tous les crevettiers « certifiés pêche Durable ».

Le Star Shrimper XXV fait partie d’une flotte de navires de pêche appartenant à l’Atlantic Shrimpers Ltd, une entreprise autorisée par le Département d’Etat des Etats-Unis à exporter des crevettes aux Etats-Unis. La certification impose l’utilisation de TED (Dispositif d’Exclusion des Tortues) pour réduire les prises accessoires, dont les tortues. Baptisé « Section 609 » du processus de certification, ce programme étend l’obligation des TED aux navires de pays qui importent des crevettes aux Etats Unis. Le TED est un système adaptable aux chaluts de pêche aux crevettes qui empêchent les tortues et d’autres animaux marins d’être pris dans le filet. Etant donné que les Etats-Unis sont le premier importateur mondial de crevettes, le programme de la Section 609 constitue un outil essentiel pour la protection des tortues (et d’autres créatures marines) à travers le monde.

Suite à l’arrestation du Star Shrimper XXV, Sea Shepherd Global a travaillé avec Sea Shepherd Legal pour demander une enquête officielle du Département d’Etat sur les pêcheries « durables » de crevettes au Nigéria. (https://www.seashepherdglobal.org/latest-news/sea-shepherd-calls-on-us-department-of-state-to-in/).

Le 20 décembre, le Département d’Etat a informé Sea Shepherd Legal qu’après avoir été condamné à une amende puis relâché par les autorités du Libéria au sortir de plus de deux mois de détention, le Star Shrimper XXV a rappelé au Nigéria, pays sous la loi duquel le navire est enregistré.

Selon des informations fournies par le Département d’Etat, le gouvernement du Nigéria a pris des mesures immédiates à l’encontre du Star Shrimper XXV : il a été saisi dès son arrivée puis détenu durant trois mois, tandis que son propriétaire, Atlantic Shrimpers Ltd, a suspendu l’équipage pour 90 jours et renvoyé le capitaine et l’ingénieur en chef.

Pour avoir pêché dans les eaux du Libéria sans licence, le Star Shrimper XXV a été notamment interdit de pêche pour six mois, ce qui a un effet dissuasif sur les autres bateaux et sauve la vie de nombreuses tortues marines. Sea Shepherd en appelle au gouvernement du Nigéria pour qu’il prenne pleinement ses responsabilités en tant qu’Etat du pavillon.

« Nous sommes heureux que des mesures aient été prises contre le Star Shrimper XXV, à la fois par le Libéria et l’Etat du pavillon. Sachant que ce navire appartenant à Atlantic Shrimpers Ltd fait partie d’une importante flotte de 70 crevettiers nigérians, nous espérons que cette condamnation dissuadera de futures activités criminelles« , a déclaré Peter Hammarstedt, Directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Les partenariats de Sea Shepherd contre la pêche illégale

Depuis février 2017, dans le cadre de l’Opération Sola Stella, l’organisation de conservation marine Sea Shepherd assiste le gouvernement du Libéria dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en mettant à sa disposition ses bateaux de patrouille civils et ses équipages expérimentés pour opérer dans les eaux libériennes sous la direction du Ministère libérien de la Défense nationale. A ce jour, les patrouilles ont permis l’arrestation de huit bateaux de pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables face à la pêche INN, qui représente jusqu’à 40% des poissons capturés dans les eaux d’Afrique de l’ouest.

En 2016, Sea Shepherd s’est associée au gouvernement du Gabon pour l’Opération Albacore, qui a permis l’inspection de 40 bateaux de pêche en mer et l’arrestation consécutive de trois chalutiers congolais INN et d’un palangrier espagnol. L’Opération Sola Stella traduit la poursuite du travail de Sea Shepherd Global en association avec les gouvernements nationaux et leurs organismes chargés de l’application de la loi pour combattre la pêche INN.

L’équipage de Sea Shepherd note les coordonnées GPS du navire de pêche dans les eaux libériennes. Photo de Michael Rauch/Sea Shepherd
La garde côtière libérienne sur le pont du Star Shrimper XXV. Photo de Michael Rauch/Sea Shepherd

Opération Sola Stella : Arrestation d’un navire braconnier de requins au Libéria

Sea Shepherd vient d’assister les autorités du Libéria dans l’arrestation d’un navire braconnier de requins. Ce navire tue plusieurs centaines de milliers de requins chaque année pour extraire l’huile de leur foie, une industrie qui pourrait mener les espèces ciblées à l’extinction.

La garde-côtière libérienne, grâce au navire de Sea Shepherd, le Sam Simon a pu arrêter le Labiko 2 navire braconnier sur liste noire internationale. Cette opération permet de lever le voile sur les pratiques douteuses et largement illicites de l’industrie de l’huile de foie de requin. Après avoir été boutés hors des eaux européennes, ces propriétaires et opérateurs sans scrupules, principalement basés en Espagne, ont jeté leur dévolu sur l’Afrique occidentale.

Dans le milieu des années 1990, une flotte d’environ 50 navires de pêche de requins benthiques, détenue majoritairement par l’Espagne, a fait des ravages dans l’océan Atlantique nord-est. Pendant près de dix ans, les filets maillants de ces bateaux ont ratissé le plateau continental au large du Royaume-Uni, si bien que la population de requins de fond est tombée à 20% de ses effectifs d’origine. Les scientifiques spécialistes de la pêche estiment que la longueur cumulée des filets déployés par cette flotte à chaque passage était comprise entre 5800 et 8700 km, soit la distance entre l’Espagne et les Etats-Unis.

L’activité de la flotte de pêche, majoritairement basée en Espagne, était mal connue, peu d’informations ayant été transmises aux autorités de pêche sur les prises et les prises accessoires. L’abandon de filet en mer, à la fois par perte involontaire et par lâcher délibéré, était une pratique courante. Chaque bateau perdait environ 30 km de filets maillants à chaque sortie, qui durait de 4 à 8 semaines. Ces filets, aussi appelés « filets fantômes », peuvent continuer de tuer tout ce qu’ils « attrapent » pendant des années. Ils représentaient également 750 tonnes de déchets plastiques rejetés en mer chaque mois.

La quantité de matériel de pêche utilisée, associée à la quantité de matériel perdu, a conduit à l’effondrement des populations de requins benthiques.

Par conséquent, le Conseil international pour l’exploration de la mer a fixé le taux admissible de capture (TAC) à zéro pour les requins de l’Atlantique nord-est, interdisant de fait la capture de requins d’eaux profondes. La pêche de requins benthiques en Afrique de l’Est et en Inde a eu le même effet que dans l’Atlantique nord-est.

La découverte d’une unité de production d’huile de foie de requin à bord du Labiko 2 au Libéria démontre que les pilleurs de requins se sont tournés vers l’Afrique de l’Ouest.

Quand le Labiko 2 a été abordé par la garde-côtière libérienne avec l’assistance de Sea Shepherd, il a été rapidement établi que ce bateau n’utilisait pas de palangres, comme sa licence l’indique, mais des filets maillants de pêche en eau profonde, utilisés pour cibler des requins benthiques. Il s’avère également que ce bateau, sous son précédent nom « Maine », figurait sur la liste noire internationale de trois organismes régionaux de gestion des pêches. Pour obtenir sa licence au Libéria, le Labiko 2 avait soumis ce que l’on appelle au sein des autorités de régulation des pêches « une demande cheval de Troie », c’est-à-dire une demande pour pratiquer une autre pêche que celle qui est déclarée, pour dissimuler la destruction engendrée par leurs activités réelles.

« Les propriétaires et les opérateurs du Labiko 2 ont conspiré pour contourner les lois du Libéria, détruisant par la même occasion l’environnement marin de ce pays. Je l’ai déjà dit et je le répète, la République du Liberia n’est pas ouverte aux pilleurs« , a insisté l’honorable Brownie Samukai, Ministre de la Défense du Liberia.

Une unité de production d’huile de foie de requin se trouvait à bord du Labiko 2. D’après les documents examinés à bord, les précédentes sorties en mer avaient permis de capturer 40, 52 et 60 tonnes d’huile de foie de requin. Quarante tonnes d’huile de foie de requin correspondent à environ 53 000 requins tués. La durée moyenne d’une sortie du Labiko 2 est comprise entre 15 et 18 jours, ce qui signifie que le Labiko 2 tuait au bas mot plus de 500 000 requins par an.

« Le Labiko 2 est une catastrophe écologique flottante. La garde-côtière du Liberia et Sea Shepherd ont sauvé des centaines de milliers de requins à travers l’arrestation de ce braconnier notoire. Il incombe désormais au Liberia d’intenter une action en justice contre le Labiko 2 pour s’assurer que les populations de requins au Liberia ne subissent pas le même sort que les requins benthiques en Europe, en Afrique de l’Est et en Inde« , a alerté le directeur de la campagne Peter Hammarstedt.