Vous êtes nombreux à nous interpeller sur la raison pour laquelle Sea Shepherd n’intervient pas pour venir en aide à l »orque qui évolue dans la Seine depuis plusieurs jours. Les services de l’État et le GECC se concertent entourés de plusieurs acteurs aux compétences variées (scientifiques, acousticiens, vétérinaires…) afin de statuer sur la meilleure chose à faire pour la sauver, sachant que toute intervention humaine comporte des risques pour sa survie et que dans le même temps, rester dans une inertie prolongée pourrait également revenir à la condamner.
Tout revient donc à évaluer le rapport bénéfices/risques pour l’animal, dont seul l’intérêt doit rentrer en compte. Même si son pronostic vital est engagé, l’orque a été observée par le GECC en train de chasser, bien qu’amaigrie, elle ne se laisse donc pas mourir de faim et elle fait des plongées en apnée d’une quinzaine de minutes. Ces éléments laissent penser qu’il y a une fenêtre de quelques jours pour espérer qu’elle se rapproche de la mer par elle-même, ce qui serait de loin, sa plus grande chance de survie et lui épargnerait le stress d’une intervention humaine, qui serait vraiment l’opération de la dernière chance.

A ceux qui se demandent pourquoi nous ne sommes pas déjà en train d’intervenir, nous ne sommes pour l’instant pas inclus dans les réunions organisées par le Préfet et n’avons donc pas les dernières informations sur son état de santé qui permettraient de préjuger du bénéfice d’une intervention par rapport aux risques que cela lui fait encourir. Et nous n’avons par ailleurs, aucune autorisation pour approcher l’animal et encore moins pour intervenir.
« Nous considérons qu’il est urgent de tester la réaction de l’orque à l’approche d’un bateau en vue d’un éventuel drive vers la mer. Cette information est cruciale pour mieux évaluer ses chances de survie (réaction au stress, tendance à suivre ou fuir l’embarcation) en cas d’intervention humaine et devrait être réalisée sans tarder et avant que son état ne se détériore davantage. » dit Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France.
Sea Shepherd a une grande expérience des drives de dauphins et a pu mener vers le large plus d’une centaine de dauphins réfugiés dans des fjords aux iles Féroé et cela avec une seule embarcation de 5 mètres de long. Le contexte est ici très différent, l’animal est isolé et il est en détresse dans un milieu qui n’est pas le sien. Mais nos pilotes ont les compétences et la volonté pour se mobiliser et se relayer jour et nuit pendant plusieurs jours si nécessaire, afin de tenter un drive vers le large. Nous pouvons également mettre à disposition de cette opération, trois bateaux dont ceux utilisés aux iles Féroé pour sortir les dauphins des Fjords.
En parallèle de ce communiqué, notre proposition est envoyée au Préfet de Seine Maritime qui organise une réunion à ce sujet aujourd’hui à 15h30. La décision finale lui reviendra.