Un site de nidification de tortues marines débarrassé de plus de 4 tonnes de déchets plastiques

Une opération de nettoyage de plage de trois jours, organisée par Sea Shepherd et l’organisation cap-verdienne Biosfera, a permis de récolter plus de quatre tonnes de déchets plastiques sur une île isolée située dans l’archipel du Cap-Vert, en Afrique de l’Ouest. Cet archipel constitue l’un des plus importants sites de nidification de la tortue caouanne, espèce considérée comme vulnérable.

Œuvrant à bord du navire Bob Barker de Sea Shepherd et du navire Jairo Mora Sandoval, cédé à Biosfera par Sea Shepherd en 2016, plus de 40 bénévoles internationaux et locaux ont ramassé des débris marins sur les plages de l’île de Santa Luzia. Sans cette opération de nettoyage, les tortues marines auraient été empêchées de nidifier au mois de juin, début de la période de ponte.

Entre septembre et décembre 2018, Biosfera a répertorié 5 500 nids de tortues marines à Santa Luzia, ce qui fait de cette île protégée l’un des principaux sites de nidification de la tortue caouanne dans le monde. Le Cap-Vert constitue en effet le troisième plus grand site de ponte dans le monde pour cette espèce.

Classée comme vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la tortue caouanne est presque en voie de disparition. Sa population diminue en raison du braconnage et de l’enchevêtrement dans les engins de pêche dont elle est victime. Six des sept espèces de tortues marines sont classées comme menacées ou en voie de disparition par l’UICN.

Environ 80 % des déchets plastiques récupérés sur l’île de Santa Luzia étaient des engins de pêche abandonnés.

Pour alerter sur l’urgence de protéger la faune exceptionnelle du Cap-Vert, les déchets plastiques vont être exposés dans le port de Mindelo au cours d’un événement qui réunira des hommes politiques et des médias locaux.

L’île de Santa Luzia fait partie de la Réserve marine de Santa Luzia à Cabo Verde. Cette biorégion, dont la richesse écologique est essentielle, a été explorée par Charles Darwin au cours de la célèbre expédition HMS Beagle qui le conduisit aux îles Galápagos et jeta les fondements de L’Origine des espèces.

Le navire Jairo Mora Sandoval a été baptisé ainsi en hommage à l’écologiste du même nom sauvagement assassiné par des braconniers tandis qu’il assurait la protection de nids de tortues luth dans la province de Limón, au Costa Rica.

L'équipe de nettoyage sur la plage de Santa Luzia. Photo de Tony Fenn James/Sea ShepherdL’équipe de nettoyage sur la plage de Santa Luzia. Photo de Tony Fenn James/Sea Shepherd

Sauvetage d’une tortue en voie de disparition le Jour de la Terre

L’équipage de Sea Shepherd sauve la vie d’une tortue luth adulte emmêlée dans un filet maillant illégal dans le golfe supérieur de Californie, au Mexique – une zone protégée par le gouvernement fédéral et inscrite à l’UNESCO.

SAN FELIPE, BASSE-CALIFORNIE, MEXIQUE – 22 avril 2018, Jour de la Terre – 13h41 PST, alors qu’il patrouillait dans le refuge de la Vaquita, le navire Farley Mowat de Sea Shepherd est tombé sur un filet maillant illégal. Les membres de l’équipage effectuaient des opérations de récupération de filets maillants quand ils aperçurent une masse inhabituelle qui semblait être coincée dans le filet. Après inspection, il a été déterminé qu’il s’agissait d’une très grosse tortue luth (Dermochelys coriacea), montrant encore des signes de vie.

Deux navires de Sea Shepherd couvrent la zone dans le golfe supérieur de Californie pour mener à bien l’Opération Milagro IV, une campagne de défense du marsouin vaquita, le mammifère marin le plus menacé au monde. Les vaquitas et d’autres animaux tels que cette tortue luth s’emmêlent dans des filets maillants destinés à attraper une autre créature marine en danger critique d’extinction, le poisson totoaba. Le totoaba est ciblé pour sa vessie natatoire, qui est vendue jusqu’à 20 000 dollars US l’unité sur les marchés noirs asiatiques, à des fins prétendument médicinales.

Les braconniers coulent leurs filets illégaux à totoaba pour ne pas se les faire retirer par Sea Shepherd ou par les autorités mexicaines ; une fois pris dans ces filets, les animaux de surface ne peuvent donc survivre très longtemps.

Sea Shepherd a rapidement agi après avoir vu que la tortue était encore en vie. Ses biologistes se sont prudemment approchés de l’animal vulnérable et ont pu l’identifier comme étant une tortue luth femelle du Pacifique Est, une espèce en danger critique d’extinction. La tortue a d’abord été effrayée et a plongé en profondeur pendant quelques minutes. Après avoir refait surface, elle est restée calme assez longtemps pour permettre à l’équipage de couper le filet qui s’était enroulé autour de son cou et de sa carapace.

« La tortue était très forte et vive. Après que nous ayons dégagé son cou et son corps, elle a réussi à se libérer du reste du filet qui entourait encore l’une de ses nageoires », a déclaré Patricia Gandolfo, leader de la campagne et biologiste. Ajoutant « La tortue a juste dû s’emmêler. Si elle s’était débattue dans le filet, on aurait retrouvé des marques sur son corps, ce qui est très commun chez la plupart des animaux que nous trouvons dans cette situation désastreuse ».

On a estimé que la tortue luth mesurait 1,45 mètre (4,7 pieds) et qu’elle avait environ 20 ans.

La tortue marine luth est la plus grande espèce de tortues sur Terre. Ces reptiles existent depuis 100 millions d’années et ils ont vécu avec les dinosaures, mais leur avenir est incertain. Au cours des trois dernières générations, 97 % des sous-espèces de la tortue luth du Pacifique Est ont été décimées. L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) estime que les prises accessoires de la pêche sont toujours le principal obstacle au rétablissement de la population.

Un autre problème auquel ces tortues sont confrontées est celui des plastiques dans les océans, puisqu’elles se nourrissent presque exclusivement de méduses et qu’elles confondent souvent les sacs en plastique, les ballons et autres plastiques avec leur nourriture.

« Chaque jour est le Jour de la Terre pour nous qui luttons pour la survie des océans. Nous sommes ici pour protéger deux espèces gravement menacées d’extinction, la vaquita et le totoaba, mais nous sommes déjà tombés sur d’autres espèces en voie de disparition qui sont victimes de la pêche illégale, comme cette tortue luth et le requin-marteau halicorne. » a déclaré Thomas Le Coz, capitaine du Farley Mowat. Et d’ajouter « Ceci est un exemple de l’impact négatif que les opérations de pêche illégales ont sur la vie marine ; nous devons agir maintenant et nous devons agir tous les jours ».

En collaboration avec les autorités mexicaines, Sea Shepherd a à ce jour retiré 748 engins de pêche illégaux de la mer de Cortez depuis que l’ONG a commencé à agir pour protéger le marsouin vaquita en 2015, sauvant ainsi 2926 animaux. Cela représente plus de 100 kilomètres (62 milles) de filets retirés, soit la distance de la Terre à l’espace et une hauteur correspondant à sept monts Everest. Sea Shepherd travaille avec les membres de son réseau de partenaires pour s’assurer que ces filets illégaux seront recyclés de façon responsable et qu’ils ne se retrouveront plus jamais dans l’océan.

Une tortue rare : la dernière victime des filets anti-requins du nord de la Nouvelle-Galles du Sud

Le vendredi 6 avril, une tortue luth menacée d’extinction s’est échouée sur une plage de Yamba, en Nouvelle-Galles du Sud. L’animal a subi des blessures importantes. Il lui manquait des nageoires et les filets avaient laissé des marques visibles autour de son corps et de la nageoire qui lui restait.

À peine trois jours plus tôt, le ministère des Industries primaires de la Nouvelle-Galles du Sud confirmait qu’une tortue luth avait été trouvée dans le filet anti-requins de Shelly Beach, puis relâchée.

Allyson Jennings, porte-parole de Sea Shepherd a déclaré :

« Il y a de grandes chances que cette tortue se soit débattue dans le filet en essayant de remonter à la surface pour respirer et, bien qu’elle ait été relâchée, elle a sûrement succombé à ses blessures et au traumatisme d’avoir été submergée pendant si longtemps. Lorsqu’elles sont stressées, ces tortues ne peuvent rester que 30 minutes sous l’eau, avant de devoir remonter à la surface pour respirer ».

« Trop, c’est trop. Il faut que le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud mette fin à cette expérience révoltante qu’ils présentent sous forme de mesure de sécurité publique. Combien d’autres espèces protégées doivent encore mourir pour qu’ils décident de renoncer à ces essais incohérents ? »

« Cette expérimentation est un échec évident : environ 97 % des captures sont des animaux non ciblés. Le MIP de la Nouvelle-Galles du Sud doit, au minimum, commencer à marquer chaque tortue capturée dans leurs filets anti-requins et relâchée, afin d’accroître la transparence de l’effet que les filets ont sur la faune marine. »

Kathrina Southwell, responsable de l’Australian Seabird Rescue, a ajouté :

« Cette tortue est protégée et en voie de disparition. Elle aurait pu survivre si elle nous avait été remise pour qu’on la soigne. Au lieu de cela, le MIP de la Nouvelle-Galles du Sud a permis à un animal blessé de s’enfuir, le condamnant à une mort atroce. C’est un animal très rare. Je n’en ai jamais vu un vivant dans cette région. C’est déchirant pour nous, à l’ASR, d’être témoins de ces morts inutiles, alors que nous déployons tant d’efforts pour veiller à leur réadaptation. »

La tortue luth est la plus grande espèce de tortue marine au monde et passe la plupart de son temps à se nourrir en haute mer de méduses, de calmars et d’autres animaux à corps mou. Elles peuvent atteindre 2,2 m de long et peser jusqu’à 700 kg. On en sait très peu sur ces tortues, en raison de leur mode de vie pélagique.

« Perdre un géant de nos océans d’une manière si tragique est inacceptable. Cette grande tortue aurait été un élément important pour son espèce, qui souffre des impacts de la pollution plastique, de la pêche et d’autres activités induites par l’homme, y compris des programmes de contrôle des requins. La tortue aurait dû être remise à l’Australian Seabird Rescue pour recevoir des soins, et non pas relâchée de façon irréfléchie dans l’océan, alors qu’elle était blessée. »

« Sea Shepherd exhorte le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud à renoncer immédiatement à cette expérimentation de filets anti-requins. Cessez d’induire le public en erreur et de gaspiller de l’argent dans un programme qui ne fait que donner un faux sentiment de sécurité », a déclaré Mme Jennings.

Allyson Jennings
Coordinatrice de l’Opération Apex Harmony, NSW

Opération Apex Harmony : Une tortue Caouanne, espèce menacée, dernière victime en date des filets anti-requins de Ballina

Lundi 18 décembre au matin, l’équipage de l’Opération Apex Harmony se trouvait en face de Lighthouse Beach à Ballina pour récolter des données, quand ils ont aperçu une tortue emmêlée dans un filet. Un examen rapproché a permis de déterminer qu’il s’agissait d’une tortue Caouanne vivante, en voie de disparition.

Le coordinateur du Queenland, Jonathan Clark a immédiatement contacté la Ministère des industries primaires de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), mais le prestataire des SMART drumlines (filet d’alerte en temps réel de présence de requin) qui était dans les parages s’est rendu sur place et a aidé à libérer la tortue.

Allyson Jennings, responsable de l’Opération Apex Harmony en NSW a déclaré : « Une fois encore, les filets ont piégé sans distinction une tortue Caouanne, en voie de disparition, et sans la présence de notre équipage, elle serait probablement morte noyée. Est-ce cela que nous voulons montrer au monde ? Que nous tuons la vie marine pour procurer un pseudo sentiment de sécurité aux usagers de l’océan ? La saison de reproduction de cette espèce bat son plein, chaque individu compte. »

M. Clark a ajouté : « Nos équipages ont découvert 7 animaux non ciblés dans les filets en 6 sorties cette semaine. Ces découvertes et les données du premier essai prouvent que ces filets sont un échec total pour la sécurité des usagers de la mer et tuent inutilement des animaux marins« .

« Il est temps que le maire de Ballina, David Wright, et le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud se réveillent et admettent les conclusions du rapport du sénat fédéral, selon lesquelles ces filets sont inefficaces pour la sécurité dans l’océan et ternissent notre image de pays proche de la nature, ici et partout dans le monde« , a demandé Mme Jennings.

Tortue Caouanne, espèce menacée, prise dans un filet à requin à Ballina, Nouvelle-Galles du Sud