Du Pacifique Nord à la Méditerranée : Wally, le baleineau lanceur d’alerte d’un océan à l’agonie

Le baleineau Wally, originaire du Pacifique Nord (situé entre l’Alaska et la Basse-Californie), est perdu en Méditerranée depuis des semaines. Un périple inhabituel qui témoigne de la transformation des océans. « Du fait du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, il y a maintenant une possibilité de passer entre le Pacifique et l’Atlantique et il est probable que cette jeune baleine inexpérimentée » de 15 mois se soit « trompée de chemin », arrivant ainsi dans l’Atlantique puis en Méditerranée, a expliqué à l’AFP Eric Hansen, responsable régional de l’OFB sur la façade méditerranéenne.

Baptisé Wally, le baleineau est aperçu au large de la côte italienne en avril puis à Antibes quelques jours plus tard. Début mai, il réussit à se libérer seul d’un filet de pêche à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Amaigri et épuisé, il ne semble pas s’être alimenté depuis son arrivée en Méditerranée et pourtant, il ne cesse de se déplacer. Ses chances de survie sont très minces. Les baleines grises se nourrissent d’invertébrés qu’elles trouvent dans les fonds vaseux et le baleineau ne peut les trouver en Méditerranée.

Avant de quitter les eaux françaises, Wally a été escorté par la gendarmerie maritime et par un bateau du Parc Naturel du golfe du Lion dans le but d’éloigner les curieux et de lui montrer la voie vers l’Espagne. Les autorités espagnoles ont pris la suite mais la baleine est remontée et est aujourd’hui à l’agonie au large de Majorque. Même s’il parvient à rejoindre l’Atlantique, il lui faudra encore le traverser avant de retrouver les eaux du Pacifique.En Espagne, le débat porte sur l’abattage ou non du baleineau. Abréger ses souffrances ou laisser la nature faire son travail. Une nature que l’Homme ne cesse d’impacter …Que faire ? Les filets de pêche restent la plus grande menace qui pèse sur les baleines. Plus de 300 000 mammifères marins en sont victimes chaque année. A cela s’ajoutent la pollution plastique, chimique, sonore, le réchauffement climatique… Nos activités humaines ont transformé l’océan en un terrain miné.

« C’est par ce que nous décidons de mettre dans notre assiette que nous aurons le plus grand impact sur l’océan » rappelle Lamya Essemlali, Présidente Sea Shepherd France, Co-directrice Sea Shepherd Global.

Si l’agonie d’un baleineau n’éveille pas les consciences, il y a peu d’espoirs pour les océans et donc pour l’humanité.

Lire l’article de SudOuest.fr

Une possible nouvelle espèce de baleine sur la côte ouest du Mexique

Operation Divina Guadalupe

Les équipes de Sea Shepherd et les scientifiques à bord de notre navire le Martin Sheen ont peut-être découvert une nouvelle espèce de baleine !

La mission Divina Guadalupe se déroule sur la côte ouest du Mexique et permet de mener avec l’aide de nombreux chercheurs renommés des recherches sur les baleines à bec.

« Sea Shepherd croit fermement au rôle essentiel que joue la recherche scientifique pour soutenir une action de conservation forte. Pour protéger correctement quelque chose, il faut l’aimer ; et on ne peut pas aimer ce que l’on ne connaît pas. La découverte d’une nouvelle espèce de baleine à bec prouve combien de mystère il reste à découvrir dans les océans pour lesquels nos capitaines, nos équipages et nos partenaires de recherche se battent » Peter Hammarstedt, directeur des campagnes pour Sea Shepherd.

Pour en savoir plus 👉 https://seashepherd.org/news/sea-shepherd-research-mission-discovers-possible-new-species-of-whale-in-mexico/

Flucker, sa lente agonie attire l’attention sur le sort tragique des mammifères marins

La plupart des baleiniers ont rangé leurs harpons (à l’exception de certains irréductibles qui chassent encore dans leurs eaux territoriales). Mais le spectre qui menace aujourd’hui les baleines, et les mammifères marins dans leur ensemble, est bien plus discret et sournois que les harpons explosifs. Pas de bains de sang, mais une morte lente, douloureuse. L’extermination des doux géants est désormais silencieuse.

Flucker est victime des « activités humaines », à l’instar de milliers d’autres. Sa lente agonie permet de braquer les projecteurs sur son triste sort là où ses nombreux congénères meurent dans l’indifférence générale.

Une fois que l’on a fait ce constat, que faire ? D’abord, il s’agit d’identifier quelles sont ces « activités humaines » qui font tant de tort aux cétacés.

La première menace, c’est la pêche. Industrielle ou artisanale peu importe, c’est la méthode de pêche qui compte. La mer Méditerranée où évolue Flucker est la mer la PLUS SURPECHEE AU MONDE et pourtant, 92% des bateaux de pêche font moins de 12 mètres et pratiquent une pêche locale. Quand on aura compris que « petite pêche locale » ne rime pas forcément avec « durable ou éthique », on aura fait un grand pas en avant.

Ensuite, vient la pollution. Là encore pour ce qui est du plastique, 70% des macro déchets plastiques dans l’océan sont des résidus d’engins de pêche. S’ajoutent à cela bien sur les déchets plastiques à usage domestique.

Puis vient tout le reste, changement climatique, trafic maritime, pollution sonore, acidification de l’océan, zones mortes dues à l’élevage intensif…

Commencer par bien identifier les causes est un préalable indispensable pour bien identifier les solutions.

Pour ce qui est de la Méditerranée, Sea Shepherd s’efforce d’acquérir un navire supplémentaire qui sera spécialement dédié à la défense et à la protection de cette mer très fragile. Ce navire sillonnera la méditerranée et mènera des missions contre la pêche illégale et la récupération de filets fantômes. (Filets de pêche perdus ou jetés en mer qui continuent à décimer la vie marine)

Si le sort de Flucker émeut à juste titre, que son agonie serve à nous éveiller au sort tragique que subissent les mammifères marins du fait de notre comportement collectif. Puisque nous sommes à l’origine du problème, la solution ne pourra venir que de nous.

NB : à ceux qui nous demandent s’il n’est pas possible d’abréger les souffrances de Flucker. En toute humilité, ça n’est clairement pas notre domaine de compétence. Euthanasier un animal de cette taille, en pleine mer n’a sans doute jamais été fait et le faire « proprement » est compliqué. Quant à lui fabriquer une prothèse (solution qui nous séduit le plus dans l’idée) ça n’est là non plus pas notre expertise. Nous luttons pour empêcher que ce genre de situations se reproduise. Nous laissons les scientifiques et ceux dont c’est le domaine de compétences tenter quelque chose, si tant est que quelque chose soit encore possible. Nous pouvons simplement mettre à disposition un bateau si besoin.

Lamya Essemlali
Présidente Sea Shepherd France

Sauvetage d’une baleine à bosse dans le Refuge des vaquitas

Sea Shepherd et les autorités mexicaines ont travaillé d’arrache-pied pour sauver le mammifère marin, coincé dans le type d’engin de pêche qui est responsable du déclin des vaquitas.

Le 21 février au matin, Sea Shepherd a été averti de la présence d’une baleine en danger de mort dans le Refuge des vaquitas, une zone protégée au niveau fédéral dans le nord du golfe de Californie, au Mexique.

Cette baleine à bosse s’était gravement enchevêtrée dans un filet de capture illégal de totoaba. Le filet, long de plusieurs centaines de mètres, était étroitement enroulé autour de la tête, du corps et de la queue de l’animal, l’empêchant de bouger. Vivant mais épuisé, cet animal, blessé à de nombreux endroits sur la nageoire pectorale et la queue, était incapable de plonger, sous l’étreinte du filet maillant. Il était urgent de l’aider.

Deux navires à haute vitesse de Sea Shepherd, le M/V Sharpie et le M/V Farley Mowat, ont été envoyés sur les lieux pour participer à la tentative de sauvetage organisée par la Marine mexicaine (SEMAR) avec le soutien de la Commission nationale des aires naturelles protégées (CONANP), le Bureau juridique fédéral de protection de l’environnement (PROFEPA), et la police fédérale. Trois navires de la marine étaient présents pour aider au sauvetage : un defender, un intercepteur et un navire de guerre.

Sea Shepherd a mis son annexe à l’eau et, travaillant aux côtés des agents mexicains, l’équipage s’est activé pour libérer la baleine, retirant avec précaution le filet qui l’empêchait de bouger.

L’intervention d’urgence a duré plusieurs heures et les efforts de sauvetage ont continué jusqu’au coucher du soleil. Dans les environs de 18 heures, le filet a été retiré de la tête et du corps de l’animal, lui permettant de plonger dans les profondeurs, hors de vue. Quand l’animal a été aperçu pour la dernière fois, un morceau de filet était toujours enroulé autour de sa queue, menaçant potentiellement sa survie à long terme. Les autorités mexicaines ont alerté les scientifiques et les communautés locales de la situation de cette baleine afin que les efforts de sauvetage reprennent au cas où la baleine referait surface, en détresse.

« Aujourd’hui, nous avons été les témoins de première ligne de la cruauté potentielle de ces filets », déclare Jacqueline Le Duc, capitaine du M/V Sharpie de Sea Shepherd. « Ces filets sont mortels, et la présence de Sea Shepherd ici, dans le nord du golfe de Californie, n’a jamais été aussi vitale. »

Ce n’est pas la première fois que Sea Shepherd trouve une baleine coincée dans un filet maillant dans cette région. En février 2016, le navire R/V Martin Sheen de Sea Shepherd a sauvé une baleine à bosse piégée dans un filet maillant à l’intérieur du Refuge des vaquitas. En mars 2017, le M/V Sam Simon a trouvé un cadavre de rorqual de Bryde coincé dans un filet maillant de totoaba.

Le Refuge des vaquitas est un site du Patrimoine mondial de l’UNESCO dans lequel la pêche au filet maillant est interdite. Cet incident est apparu dans la « zone critique » du Refuge des vaquitas – une zone de haute priorité pour les scientifiques, les défenseurs de l’environnement et les autorités mexicaines dans laquelle plusieurs vaquitas vivants ont récemment été repérés. C’est dans cette même zone que les braconniers ont ouvert le feu sur un navire de Sea Shepherd plus tôt ce mois-ci et que Sea Shepherd a découvert un cadavre de vaquita piégé dans un filet maillant en mars dernier.

Les filets maillants sont la menace la plus importante pour les vaquitas, une espèce endémique au bord de l’extinction. Entre 6 et 18 vaquitas seulement sont encore en vie, uniquement dans le nord du golfe de Californie. Les braconniers posent des filets maillants dans cette zone dans le but de capturer des totoabas, une espèce protégée dont la vessie natatoire se vend à prix d’or sur le marché noir chinois. Les vaquitas, les baleines et bien d’autres espèces présentes dans ces eaux riches sont victimes de ces filets et sont capturées en tant que prises accessoires.

« Cet incident confirme une fois de plus l’importance de continuer à protéger le Refuge des vaquitas contre la pêche illégale », déclare Octavio Carranza, capitaine du M/V Farley Mowat de Sea Shepherd. « C’est également un triste rappel du type d’obstacles qui se dressent quotidiennement dans la lutte des vaquitas pour leur survie. »

Cela fait six ans que Sea Shepherd collabore avec les autorités mexicaines en retirant les filets maillants illégaux, qui sont une menace pour la survie des vaquitas et pour toute la biodiversité marine des environs. Jusqu’à ce jour, plus de 1000 filets de pêche illégaux ont été retirés du Refuge des vaquitas, ce qui a directement sauvé les vies de plus de 4000 animaux dont 137 en danger d’extinction.

Refus de permis de chasse en Islande : une victoire pour les cétacés

Cette année, plus de 150 rorquals communs seront sauvés du massacre.

Reykjavik, Islande – 8 juin 2019 – Le gouvernement islandais n’a pas délivré de permis de chasse à l’entreprise de pêche Hvalur Hf, évitant ainsi un massacre de 150 rorquals communs. Le ministère de la Pêche islandais a en effet publié les quotas de chasse au mois de février dernier sans pour autant remettre de permis à Hvalur.

En 2018, Sea Shepherd a surveillé étroitement les activités de Hvalur et a pu répertorier la mort d’au moins 146 cétacés, dont deux spécimens rares hybrides rorqual bleu/commun et 21 rorquals en gestation. Au cours de la saison 2018 comme dans les années précédentes, l’entreprise de pêche a enfreint de nombreuses réglementations. Le gouvernement islandais a été averti de chaque infraction observée.

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Il a également été informé de la publication d’une nouvelle étude qui révèle que les quotas de chasse islandais reposent sur des évaluations de populations extrêmement surestimées.

Lors de la journée mondiale des océans, Paul Watson, capitaine et fondateur de Sea Shepherd, a déclaré à New York : « L’engagement de Sea Shepherd en matière de protection des cétacés est indéfectible. Notre principal objectif est l’éradication totale de cette pratique barbare qu’est la chasse baleinière, peu importe les acteurs ou les motifs. »

Des enquêtes sont en cours sur les infractions de Hvalur Hf en matière de bien-être animal et d’hygiène, entre autres, ainsi que sur le refus de l’entreprise de remettre ses registres de chasse aux autorités de pêche islandaises contrairement aux réglementations en vigueur.

Malheureusement, le gouvernement islandais tarde à examiner et à sanctionner la société Hvalur pour ses transgressions, ce qui pousse des groupes de pression à soumettre une pétition au Althing Ombudsman, un organisme de surveillance des instances islandaises, afin que celui-ci ouvre une enquête sur les manquements administratifs du gouvernement islandais relatifs à l’instauration d’une politique de chasse baleinière adaptée.

Le gouvernement islandais ne peut délivrer de permis de quelconque nature à l’entreprise Hvalur Hf tant que les affaires juridiques en cours sur les activités de chasse de cette dernière ne sont pas closes.

« Compte tenu de la longue expérience de Hvalur en matière d’infraction à la législation, de l’aspect à la fois inhumain et archaïque de la chasse aux cétacés à laquelle la majorité des Islandais s’oppose, mais aussi de la protection apportée aux rorquals communs par la convention CITES sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, il serait à la fois déraisonnable et irréfléchi que le gouvernement islandais délivre un jour un autre permis de chasse au rorqual commun » , a déclaré le capitaine Lockhart Maclean, directeur des Opérations Marines de Sea Shepherd.

Sea Shepherd s’oppose activement aux activités de chasse baleinière en Islande depuis plus de 30 ans. Cette lutte a notamment permis d’interrompre pendant 17 ans les activités illégales de chasse aux cétacés de Hvalur après que la moitié de sa flotte a été coulée en 1986.

Cette semaine, le M/V Brigitte Bardot, navire intercepteur de Sea Shepherd, partira d’Halifax au Canada à destination de l’Islande afin de surveiller les activités de chasse à la baleine de Minke du baleinier Hrafnerydur programmées pour la fin du mois de juin. L’été dernier, le bâtiment, qui n’appartient pas à l’entreprise Hvalur, avait massacré six baleines de Minke.

Chasse à la baleine : Sea Shepherd retourne en Islande

Sea Shepherd lance l’Opération Northern Exposure en Juin prochain pour exposer aux yeux du monde entier la chasse à la baleine en Islande.

Sea Shepherd Islande, Sea Shepherd France et Sea Shepherd Royaume-Uni envoient le navire Brigitte Bardot sur le terrain de chasse de Kristjan Loftsson et de ses deux baleiniers pirates.

L’été dernier (2018) Sea Shepherd a documenté le dépeçage à quai de 144 rorquals communs, d’une baleine bleue, espèce en danger critique d’extinction et d’un spécimen rare, hybride entre un rorqual commun et une baleine bleue.

photo : Sea Shepherd

Cet été le Brigitte Bardot patrouillera, documentera et diffusera en direct, à l’aide de drones, 24 heures sur 24, chaque coup de harpon explosif à plusieurs miles nautiques des côtes islandaises.

Armé de caméras et de drones, l’équipage du Brigitte Bardot, exposera à la vue du monde entier ce massacre barbare que M. Loftsson a jusqu’ici réussi à perpétrer sans témoins.

Durant l’opération Northern Exposure, ni les navires ni les équipages de M. Loftsson ne seront jamais physiquement pris à partie ou perturbés, mais cette campagne va documenter et diffuser en direct leurs moindres faits et gestes à travers une exposition médiatique globale et une campagne sur les réseaux sociaux.

photo : Sea Shepherd

L’assassinat de baleines par l’islandais Kristjan Loftsson se fera désormais au vu et au su de tous.

Une grande partie du peuple islandais ne soutient pas la chasse à la baleine. De nombreux enfants d’Islande ne soutiennent pas la chasse à la baleine. Les enfants du reste monde ne soutiennent pas la chasse à la baleine. Les citoyens du monde ne soutiennent pas la chasse à la baleine.

La caméra est notre arme la plus puissante. Le monde entier et le peuple d’Islande verront l’horrible brutalité du massacre de baleines perpétré par Kristjan Loftsson, ils entendront les déchirants cris d’agonie des rorquals lorsque leurs corps sont violemment déchiquetés par les harpons explosifs.

Cet homme et son entreprise sont responsables de toutes ces morts et toute cette cruauté. Cet acharnement à causer tant de souffrances inutiles doit cesser. La chasse baleinière n’a plus sa place au XXIème siècle

Une société baleinière islandaise tue une baleine bleue, espèce menacée

Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière « Hvalur hf » à Hvalfordur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet. Ce rorqual était la 22ème baleine d’une espèce menacée tuée et dépecée par la société baleinière commerciale de Kristján Loftsson, depuis le 20 juin, pour être exportée au Japon.

Bien que les 21 premières baleines tuées étaient des rorquals communs, une espèce également menacée – que le gouvernement islandais a permis à la société de M. Loftsson de massacrer malgré son statut d’espèce menacée et le moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine – ils n’ont aucune autorisation pour tuer des baleines bleues.

Aucune autre nation, pas même le Japon ou la Norvège, ne tuent de rorquals communs et il n’y a pas eu une seule baleine bleue harponnée par qui que ce soit depuis 50 ans jusqu’à celle-ci, harponnée par le Hvalur 8.

Les employés de la station baleinière de M. Loftsson ont pris la pose pour des photos à côté et même sur la baleine, signe qu’ils savaient pertinemment qu’il s’agissait d’une baleine bleue rare. Kristján Loftsson a ensuite donné l’ordre à ses employés de dépecer la baleine, comme s’il s’agissait d’un autre rorqual commun. La viande, la peau, les os et la graisse étant désormais mélangés avec ceux des autres rorquals communs chassés précédemment, il sera extrêmement difficile, voire impossible de l’identifier lors d’éventuelles inspections par les autorités.

La Commission Baleinière Internationale (CBI) a interdit toutes les activités commerciales de chasse à la baleine. Les baleines bleues et les rorquals communs sont protégés par la Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Menacées (CITES).

Les photos et vidéos prises par l’équipe de Sea Shepherd UK (Royaume-Uni) sur le terrain, à proximité de la station baleinière, rendent possible l’examen des facteurs d’identifications des espèces comme la couleur et les motifs de la peau, la couleur des fanons, la forme de la nageoire dorsale et caudale. D’après plusieurs experts scientifiques, spécialistes de l’identification des baleines, contactés par Sea Shepherd, il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien d’une baleine bleue.

« Bien que je ne puisse pas totalement écarter la possibilité que ce soit un hybride, je ne vois aucune caractéristique qui suggèrerait cela. D’après les photos, toutes les caractéristiques d’une baleine bleue sont présentes ; cela implique – notamment le motif de coloration – qu’il n’y a quasiment aucune chance qu’un observateur expérimenté ait pu confondre en mer cette espèce avec une autre » – Dr Phillip Clapham, NOAA Centre scientifique des pêcheries d’Alaska.

Le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, en appelle aux autorités islandaises pour mettre un terme aux crimes contre l’environnement de Kristján Loftsson. « Cet homme doit être empêché de violer implacablement, comme il le fait, les lois internationales de conservation et de porter un tel discrédit à la nation islandaise. Il ne saurait y avoir aucune justification légale pour un tel crime« .

Le capitaine Paul Watson a passé plus d’un demi siècle à protéger les baleines. Après avoir vu les photos et vidéos prises par ses équipes en Islande il a déclaré : « J’ai vu de nombreuses baleines bleue à la surface et plongé avec elles sous la surface en Australie de l’Ouest, au large de la Californie, dans l’océan Austral et dans les eaux de Terre-Neuve. Je sais reconnaître une baleine bleue lorsque j’en vois une et cette baleine massacrée par Kristján Loftsson est bien une baleine bleue« .

Le leader des opérations de Sea Shepherd UK, Rob Read a dit : « Le crime commis contre cette baleine emblématique doit donner lieu à une enquête approfondie par des inspecteurs indépendants, avec des échantillons d’ADN pris sur la viande et les restes stockés dans la station baleinière et les entrepôts de M. Loftsson puisque la baleine a été dépecée et retirée de la vue pour potentiellement cacher les preuves puisque M. Loftsson n’a aucune autorité (même en Islande) pour tuer une baleine bleue. En plus, des échantillons d’ADN environnemental devraient être prélevés sur les équipements et les containers de la station baleinière pour rechercher des traces d’ADN de baleine bleue, au cas où les parties dépecées auraient été évacuées pour masquer cette dernière atrocité« .

Sea Shepherd a une équipe sur le terrain depuis le début du massacre des rorquals communs le 20 juin. Leur but est de documenter chaque prise de baleine pour la totalité de la saison de chasse.

Sea Shepherd met au jour la chasse commerciale au rorqual commun en Islande

Les bénévoles de Sea Shepherd UK présents en Islande témoignent du massacre de sept rorquals communs, espèce en danger, par l’entreprise de chasse baleinière Hvalur hf.

Les bénévoles de Sea Shepherd UK opèrent en Islande depuis la mi-juin afin d’observer les activités de la tristement célèbre entreprise de chasse à la baleine « Hvalur hf », détenue par le richissime Kristján Loftsson, magnat de la pêche et chasseur de baleine de deuxième génération. Cette société possède une vaste station baleinière sur la côté nord de Hvalfjörður ainsi que deux navires baleiniers anciens de facture norvégienne, le Hvalur 8 (construit en 1948) et le Hvalur 9 (construit en 1952), qui chassent exclusivement une espèce menacée, le rorqual commun, deuxième plus grand animal de la planète après la baleine bleue.

Le quota de 2018 attribué par le gouvernement islandais à Hvalur hf atteint le nombre sidérant de 161 rorquals communs, plus 30 rorquals reportés du quota 2017, non atteint. Ils peuvent être tués à partir du 10 juin pendant une période de chasse de 100 jours.

La dernière fois que l’entreprise de Loftsson a chassé des rorquals communs, c’était en 2015 ; ses deux navires avaient alors tué 155 baleines. Loftsson et son entreprise se sont toutefois heurtés à des difficultés ultérieures pour exporter la viande et pour l’écouler au Japon (le premier marché pour la viande et les produits de rorqual), car les résultats des contrôles réglementaires alimentaires du pays montraient des taux de contaminants excessifs, ce qui a empêché la vente du produit de la chasse de 2015. Cela a effectivement mis un coup d’arrêt aux importations de produits de baleines islandais et ses deux navires sont restés amarrés dans le vieux port de Reykjavík de septembre 2015 au 19 juin de cette année ; ce jour-là, le Hvalur 8 quitta Reykjavik, s’empressa de récupérer du matériel à la station baleinière de Hvalfjörður (où il fût photographié par notre équipe) avant de prendre la mer pour la première chasse de 2018.

À ce jour, le Hvalur 8 a ramené sept rorquals communs, espèce en voie de disparition, en cinq voyages, chacun d’environ 36 heures, jusqu’au secteur de chasse à la baleine dans la zone d’exclusion économique de l’Islande, à environ 150 milles nautiques de la station baleinière. Depuis le 19 juin, les bénévoles de Sea Shepherd ont gardé l’approche sous surveillance jusqu’à Hvalfjörður et s’est donc trouvée sur place pour couvrir (en vidéos, photos et, quand c’est possible, en direct sur les réseaux sociaux) chaque retour du Hvalur 8 et le massacre des rorquals à la station baleinière de Hvalur hf.

« Le baleinier Hvalur 9 a terminé ses réparations le 27 juin et a été photographié sortant du port de Reykjavik dans la matinée du 29 juin« , a déclaré Robert Read, directeur des opérations de Sea Shepherd UK. « Il sera bientôt à la chasse avec son jumeau le Hvalur 8, ce qui demandera deux fois plus de travail à nos bénévoles venus en Islande de quatre pays pour révéler cette chasse commerciale archaïque de baleines en danger.«